Réseau pour adulte

L’Angleterre parle de protéger l’enfant des effets néfastes du réseau social. (Online Safety Act.)

Le réseau social ou la tentation du capitalisme ? Faire des affaires en exploitant les faiblesses de l’homme ?

Les travaux portant sur l’escroquerie montrent que l’escroc (avec une forme d’honnêteté) tire parti de nos failles inconscientes. Il semble en effet que notre action soit influencée par ce que Descartes, peut-être, appelait des « passions », ou ce que la science moderne nomme des « biais ». Dans mon cas, il s’agit notamment d’une forme de paresse intellectuelle, qui m’empêche de critiquer une démonstration bien construite ou un désir pathologique de ne pas contredire mon interlocuteur.

Il est possible de prendre conscience de ses défauts, peut-être de les corriger. Peut-on aller jusqu’à ne plus être manipulable ? En tous cas ce travail paraît douloureux à certaines personnes. Fameuse dissonance cognitive : plutôt que de reconnaître ce qu’ils croient faussement un tort, ils persévèrent dans l’erreur et, paradoxalement, cherchent à se venger sur quelque innocente victime.

Une observation personnelle. Loi de la nature ?

Esprit d’entreprise

Les universitaires du management disent généralement que, sans stimulation extérieure, l’entreprise tend à stagner. Voilà qui n’est pas le discours que l’on entend aujourd’hui.

C’est vrai que l’on parle des vertus de la concurrence. Seulement, elle disparaît bien vite : le monopole semble le destin naturel de l’économie de marché. Car la loi du marché, c’est l’investisseur, et sa loi, à lui, c’est le profit à court terme ?

Ce qui fait que, nouveau paradoxe, les grandes ères de développement économique ont été des périodes de planification étatique. Elle a imposé la modernisation de l’entreprise, souvent par nationalisation ! USA et Europe d’après guerre, Japon et Chine modernes, par exemple. La Start up nation française est obtenue à coups de fonds publics, de même que le « new space » américain.

Faux jumeaux

On entend beaucoup parler, depuis pas mal d’années, du « jumeau numérique ». Désormais il est possible de faire un double numérique de n’importe quoi.

En fait, me disait-on, c’est grossièrement faux. On ne sait pas reproduire le comportement de beaucoup de matériels. Même un logiciel existant pose des difficultés. Il peut être obsolète ou il peut faire l’objet d’un contrat qui en limite l’usage.

Faute d’avoir une panacée, on continue à faire comme on a toujours fait : un modèle du « problème à résoudre » au coup par coup, avec les moyens du bord (souvent « physiques »).

Nous vivons à l’ère du marketing et du mensonge. Mais personne n’en éprouve aucune honte. Consternant.

Bulle 5G

Ce blog n’a pas toujours tort. Il dît que la 5G était une bulle spéculative, et il semble bien que ce soit le cas.

Depuis que je suis entré dans la vie active, avec la « 5ème génération », « l’intelligence artificielle va changer le monde », je ne vois que mode de management après mode de management.

Ce qui est fascinant est la capacité de nos faiseurs d’opinion, de notre élite intellectuelle auto-proclamée, journalistes, hommes politiques, meilleurs diplômés de nos meilleures grandes écoles… à les avaler sans aucun esprit critique. Et à entrer en transe. Et à n’avoir aucune mémoire.

After astronomic levels of hype, the fifth generation of mobile networks has been a letdown. What happened? And will 6G be any better?

After astronomic levels of hype, the fifth generation of mobile networks has been a letdown. What happened? And will 6G be any better?

Business Insider (@businessinsider.com) 2025-03-14T20:44:24.328Z

Pizza d’Amazon 

Des beaux esprits nous expliquent à longueur de billets que M.Bezos dit que dès qu’une équipe a besoin de plus d’une pizza, elle est trop grande. Mais qu’attend notre administration pour appliquer ce principe ? (Je note qu’il me faut une pizza pour moi tout seul…)

Or, je lis que le mal d’Amazon est sa bureaucratie ! (Ce que confirme un ami qui en a démissionné il y a quelque temps, extrêmement frustré justement pour cette raison.)

Amazon is laying off dozens of people in its communications department, the latest culling of the corporate workforce amid executives’ efforts to cut costs and reduce bureaucracy

Bloomberg (@bloomberg.com) 2025-01-29T19:41:26.412Z

L’enseignement que j’en tire ne concerne pas Amazon. Il s’agit du phénomène « fausse nouvelle ». Il est beaucoup plus répandu qu’on ne le pense. Par manque de rigueur intellectuelle et d’esprit critique, nous sommes tous en danger d’en être coupables.  

Anti woke

La ligne de M.Trump est finalement simple, lis-je : c’est « anti woke ».

Tout ce qui, de près ou de loin, rappelle les idées de ce mouvement est révoqué systématiquement. Le mouvement woke est le fait d’un petit groupe de « gosses de riches ». Seulement, il paraît avoir mis l’ensemble des démocrates dans le même sac.

Un genre de nettoyage ethnique. Le plus curieux est, lorsque l’on se souvient de la « cancel culture » et de la capacité de ce mouvement à imposer ses idées à la société, que M.Trump ne rencontre apparemment aucune opposition, mais, plutôt, un grand soulagement.

Target becomes latest big US company to end diversity initiatives
Retailer’s decision comes days after Trump restricted similar programmes within the federal government

Financial Times, 24 janvier

Beauté du diable

Amazon is the latest Big Tech company to donate $1mn to Trump fund
Contribution to inauguration effort comes as founder Jeff Bezos and others attempt to build ties with the president-elect

Financial Times, 13 décembre

Comme les opinions changent, décidément. Trump a vaincu, ses critiques sont devenus inaudibles. On lit ailleurs :

TRUMP ON MELONI: FANTASTICA! “She’s fantastic. She’s a fantastic leader and person,” once-and-future U.S. President Donald Trump told a reporter asking if he had a message for Italian Prime Minister Giorgia Meloni (our No. 1 most-powerful person in the POLITICO 28 Class of 2025). Asked if he’d work with her, Trump shouted, “Yes!”

Politico.eu, 13 décembre

Mme Melloni, que l’on disait fasciste, soit le mal absolu, est désormais l’homme fort de l’Europe.

La « pensée 68 » défaite en rase campagne ? Curieusement, cela rappelle un thème de 68, que l’on trouve à répétition dans les films de Roman Polanski : le mal n’est pas ce que l’on nous en dit !

Charles Paris

Ne pas avoir de mémoire est une chance : on peut écouter plusieurs fois une émission, avec un égal intérêt. Particulièrement les enquêtes policières.

Ce fut le cas d’un épisode des aventures de Charles Paris. Charles Paris est une des multiples variantes de l’enquêteur amateur. Lui est comédien.

En fait les deux versions que j’ai entendues étaient différentes. L’une date des années 80, l’autre est contemporaine.

Dans le premier cas, Charles Paris est un détective conventionnel, autrement dit quelque-peu surhomme. Artiste exigeant, il refuse le cinéma. Si bien qu’il a du mal à trouver un emploi. Par ailleurs, en dépit d’un âge avancé (une quarantaine d’années ?), c’est un tombeur. Il est marié mais lui et sa femme son séparés, tentant de se rapprocher de temps à autre.

Dans la seconde version, c’est un pochard, un artiste raté, qui vit aux crochets de son épouse.

Le personnage a gagné en originalité. Mais son évolution en dit aussi peut être long sur l’évolution de l’image que la littérature veut désormais nous donner de l’homme ?

(La BBC diffuse les enquêtes de Charles Paris.)

Trump y es-tu ?

If Donald Trump takes office, a trade war, higher prices, labor shortages, a gaping deficit, and a showdown between the White House and the Fed all seem highly likely.

The New Yorker, 2 novembre

Faut-il croire The New Yorker ? L’effet des attaques contre Trump semblent avoir fini par s’émousser. A tel poit que ses opposants, pris dans une sorte de surenchère, paraissent s’approcher de la « théorie du complot ». « Ivan Raiklin calls himself the secretary of retribution,” compiled a “deep state target list,” and wants Republican lawmakers to “hand their states’ electors to Trump.” » (The Atlantic) « Conservatives behind an extensive plan for reshaping the US government known as Project 2025 see it as a resource for Donald Trump’s next presidency. » (Bloomberg)

A crier au loup… ? Mais cela peut aussi desservir Trump : volontairement ou non ses provocations, parce qu’elles étaient largement reprises, lui faisaient de la publicité. Maintenant, il peut dire ce qu’il, cela n’émeut plus personne.