Mon ami chatgpt

Je suis entouré de gens très intelligents, très bien éduqués, avec, en outre, une expérience pratique hors du commun, et je suis surpris de la façon dont ils utilisent chatgpt.

Dernièrement l’un a demandé à chatgpt ce qu’il devait faire de sa vie professionnelle. Celui-ci lui a répondu « effet miroir pour dirigeant de PME ». Il était enchanté.

Je lui ai fait remarquer que le dirigeant de PME, qui a généralement le profil d’un chef d’atelier, était inaccessible et qu’il n’achetait pas de conseil, encore moins de ce type là. Ce dont il a convenu.

Autre exemple. Cette fois, on utilise chatgpt pour évaluer son entreprise, unipersonnelle, qui vivote. Il lui trouve une grande valeur. Seulement, il semble oublier que les prix sont faits par l’offre et la demande. Et qu’à l’heure de Trump il ne fait pas bon être faible.

Depuis le début, je pense qu’il serait intéressant de chercher à comprendre les lois auxquelles le comportement de chatgpt obéit. En attendant, il me semble qu’il a un talent fou pour exploiter nos prejugés et nos faiblesses. Le champion du « biais comportemental » ? Le super intelligent serait-il un super escroc ?

Paul Veyne

Paul Veyne ou la « contre-histoire » de l’antiquité ? (Ce qui m’apporte une certaine satisfaction : mes opinions ne sont pas aussi isolées que je le pensais.)

Socrate était, au fond, un pauvre type. Il croyait dur comme fer aux superstitions de son temps. Il a seulement essayé de faire des dieux à son image. Comme souvent, « c’est celui qui le dit qui l’est » : il ne se connaissait pas lui-même, il était prisonnier d’idées reçues. C’est pourquoi il a bu la cigüe. Quant à Platon, il s’est trompé sur toute la ligne. Mais il a eu le mérite de poser de bonnes questions.

Et les Grecs se sont emparés de l’empire romain. Revanche de l’intellectuel sur le rustre.

Paul Veyne ou l’histoire de « l’aliénation » ? L’homme est entre les mains d’a priori dont il n’a aucune conscience ? Ou encore de la séduction trompeuse de l’idée ?

Vérité

J’entendais un historien dire qu’il avait eu beaucoup d’ennuis lorsqu’il a écrit que la guerre de quatorze avait fait l’unanimité. Si j’ai bien compris, la thèse officielle était que c’était une question de « domination ». Etrange thèse, puisqu’elle contredit tous les témoignages de l’époque. (Y compris celui de mon grand père, qui avait dit à une tante, qui l’avait accompagné voir les soldats s’embarquer pour la guerre de 40 : nous avons perdu, ils pleurent, nous chantions.)

Cela m’a rappelé la remarque d’un cadre d’une institution semi-publique dont on avait supprimé des missions. On avait appris que les personnels qui, de ce fait, en étaient sortis, « accompagnés » par un programme fort généreux étaient extrêmement heureux de leur nouvelle situation. Certes, me dit-elle, « mais il ne faut pas le dire ».

Pourquoi nier la vérité ? Je me demande si cela ne tient pas à la croyance selon laquelle nous devons former les nouvelles générations en leur racontant des histoires édifiantes. C’est aussi ce que l’on pensait au temps de l’affaire Dreyfus : blanchir Dreyfus, c’était condamner l’armée, pilier de la société ? C’est, encore, la raison pour laquelle, il a été longtemps inconcevable de condamner une femme ?

Seulement, je me demande si une des lois de la nature n’est pas que l’homme ne peut supporter d’être manipulé, même si c’est pour son bien. La raison de sa recherche de la vérité ?

Super intelligence

Grand thème de discussion du moment : l’intelligence artificielle va ridiculiser l’intelligence humaine, faut-il laisser faire ?

Extraordinaire coup de publicité auquel ses auteurs croient. Une partie de la société a une fascinante capacité d’auto persuasion. Et le journaliste en fait partie. Même le scientifique a été acheté : s’il ne parle pas d’une idée à la mode, sa recherche n’est pas financée.

Psychologie de l’escroquerie : on croit à ce en quoi on a intérêt.

Ce qui pose la question de la manière d’éviter ce phénomène (autrement que par la crise).

Urgence

Je reçois un mail qui parle « d’urgence climatique ».

Cela m’a rappelé une maxime de l’ancien trésorier de mon association, un patron de PME : « ne pas confondre urgent et important ».

Il est possible que c’ait été l’erreur commise par les militants de la transition climatique, la raison pour laquelle on assimile celle-ci à une mode imposée par la contrainte de la norme. Une mode qui a fait son temps.

Si l’on en croit ce que l’on entend et ce que l’on lit, les partis politiques ont ignoré les revendications de leurs populations. Ce qui a provoqué une poussée dite « populiste », opposée, en particulier, à la transition climatique.

Enseignement ? Ecouter le citoyen est important.

Gauche droite

Aux USA, Trump semble faire régner la terreur. Curieusement, la gauche, qui jusque-là faisait l’opinion, est soudainement inaudible. La « cancel culture » a brutalement changé de camp.

Etrange phénomène. C’est la « dialectique » de Hegel à l’oeuvre. Mais ce n’est qu’un constat, qui a une explication ? Comment se fait-il que ce qui devrait être le propre de la démocratie, le débat, soit impossible ? Qu’une opinion en remplace une autre ?

En France, la gauche a conservé son influence sur les médias, mais, dans les faits, plus personne ne croit à ses projets. Coeur à gauche, portefeuille à droite ? Eternelle hypocrisie française ?

Sartre et l’intelligence artificielle

Sartre aurait expliqué le nazisme par l’homosexualité. (Entendre par là que les Nazis auraient été des sous-hommes ?) Serait-ce une blague ? me suis-je demandé en entendant cela d’une ancienne émission.

Eh bien non. Une enquête montre que c’est une théorie qui a connu les faveurs de l’après-guerre.

A chaque fois qu’une mode apparaissait, Sartre en devenait l’expert ? Il fut successivement homophobe, existentialiste, communiste… Il serait aujourd’hui expert en intelligence artificielle ?

Opium du peuple

Une émission célébrant Tzvetan Todorov (avoir raison avec Tzvetan Todorov, 2017) m’a fait penser, une fois de plus, que les opinions des hautes sphères de la société sont beaucoup moins simplistes que celles que l’on entend à notre niveau.

Cela m’a rappelé l’attitude de la France de la 3ème République : elle combattait la religion chez elle, mais la trouvait très utile pour asservir ses colonies.

Armes politiques

La population n’a aucune confiance en ses politiques. Pourquoi ?

Il est souvent question de Gramsci dans ce blog. Il aurait pensé que le peuple ne sait pas ce qui est bon pour lui. Pour le guider, il faut jouer sur ses affects, sur son irrationalité. Cette technique de gauche a été adoptée par la droite, sous M.Sarkozy.

C’est une technique, effectivement, qui marche, peut-on constater. Nous nous faisons aisément manipuler. Et, lorsque deux camps l’utilisent, cela conduit au chaos. Ce que n’avait pas prévu Gramsci.

(Le cas avait été étudié par Aristote, qui l’appelait « populisme ». En brossant le peuple dans le sens du poil, on l’amène à détruire la constitution de la cité, le garant du bien commun. Ce qui nous est probablement arrivé : que demeure-t-il du projet républicain fondé sur les droits de l’homme ?)

Différences irréconciliables

Pourquoi le parti socialiste veut-il faire tomber le gouvernement ? La lettre de mon député, dont je parlais précédemment, permet de faire quelques hypothèses.

Il pourrait y avoir un affrontement concernant la « valeur travail » et « le premier de cordée ».

Le gouvernement aurait tenté d’attaquer les acquis de la gauche : la réduction massive du temps de travail, le travail étant un mal. La gauche contre-attaquerait en s’en prenant au pilier de l’idéologie macronienne : c’est le riche qui crée la richesse, plus il est riche mieux c’est. Dent pour dent.

Tant que la droite et la gauche profiteront de la crise pour se porter des coups bas, le chaos est inévitable ?