Inflation

Qu’est-ce que l’inflation ? Le professeur Duncan Needham, de mon ancien collège anglais, comparait la « sur inflation » anglaise de 1972 avec le coup de folie récent. Il n’y avait pas parfaite concordance des temps, mais, dans les deux cas, il s’agissait d’une politique gouvernementale à contre-cycle. (https://youtu.be/hPlOqVEB_Tw.)

Ce webinaire posait une question importante : comment liquider les dettes, et ne pas être victime de l’inflation ?

Car ce qui a tué l’inflation anglaise, sous Mme Thatcher, a aussi tué l’économie. Or, ce qui avait éliminé la dette de guerre anglaise (250% du PIB) fut essentiellement la croissance, et, pour beaucoup moins, l’inflation.

Nombre de nations ont dettes, inflation et chômage. Une politique monétaire stoppant l’inflation en arrêtant l’économie augmente la dette, le chômage, et fait baisser le niveau de vie. Ce serait le cas en Angleterre, en conséquence de l’affaiblissement de ses syndicats, disait la conférence.

M.Biden est victime de ce mal. Affaires étrangères, de France culture, expliquait qu’il a fait comme le gouvernement anglais dont il est question plus haut. Pour prendre ses électeurs à M.Trump, il a fait une relance de deux mille milliards de dollars. Ce que ne pouvait supporter l’économie. D’où inflation. Elle va lui faire perdre les élections de mi mandat.

Et s’il existait une croissance non inflationniste ? me suis-je demandé.

La systémique parle de « changement d’ordre 2 ». Il s’agit, avec les mêmes ressources, de « faire autre chose », qui rapporte plus. Cela est possible : les entreprises ont tout un bouquet de savoir-faire, dont elles n’ont généralement pas conscience.

(Un exemple ? Il y a fort longtemps je suis arrivé, par le plus grand des hasards, dans un cabinet d’études de marché. En lisant les rapports du cabinet, ce que personne n’avait fait avant moi, j’ai découvert les besoins de ses clients. Ils révélaient leurs inquiétudes. Les temps étaient troublés. Ce qui m’a amené à leur proposer des études stratégiques. Elles ont eu un gros succès. Et, en plus, elles étaient mieux payées que les études de marché traditionnelles. Je me flatte, à tort ou à raison, d’avoir doublé la rentabilité de la société, en pas beaucoup plus d’un an.)

Fin de bulle ?

Les changements se succèdent. Quel sera le prochain ? 

Celui de la spéculation ? 

Nous avons subi une succession de bulles spéculatives, « bulle internet », « sub primes » et autres. A chaque explosion de bulle, les banques centrales ont réinjecté des masses de cash pour relancer l’économie. Ce cash a très peu atteint sa cible, ce qui explique qu’il n’y ait pas eu d’inflation, mais est resté coincé dans les couches spéculatrices. Le modèle qui en a résulté est celui dit de « l’open innovation », encore connu sous le nom de « start up » ou de « X tech » (remplacer X par le nom d’une nation). 

Le départ d’inflation force les banques centrales à faire machine arrière. Il risque de devenir très difficile de lever des fonds pour un nouveau projet. Il va falloir faire avec les moyens du bord. Après les traders et les bateleurs, façon Musk, les entreprises et les personnes qui ont conservé un savoir-faire pourraient elles être les gagnantes du changement ?

(NB. « l’inflation » est une mesure théorique, qui exclut énormément de choses. Ce qui explique que le prix des actions ou de l’immobilier puisse s’envoler, sans qu’il y ait d’inflation.)

Inflation

Il n’y aura pas d’inflation, disaient les économistes… Nouvelle démonstration que le ridicule ne tue pas ?

Pour autant, faut-il avoir peur de l’inflation ? Peut-être, seulement, si l’on s’en tient à ce que nous en disent les économistes. 

L’inflation n’est pas homogène. Il n’y a pas « une » inflation. D’ailleurs, ce que l’on appelle « inflation » ne touche que le panier de la ménagère. (Cela n’a même pas encore été ébranlé par la théorie du genre.) Que l’immobilier ou les actions s’enflamment, on s’en fiche. 

Du coup, une grosse partie de la population peut absorber l’inflation sans dommage. Ce qui est plus grave est le sort de celle qui est à la limite du niveau de flottaison (Gilets jaunes ou autres). Et c’est pourquoi les gouvernements essaient d’amortir le choc, avec des programmes qui visent à la protéger. Ils espèrent ainsi enrayer le cercle vicieux de l’inflation : la hausse de salaire qui a pour seule raison de devancer la hausse des prix. 

Pour donner raison aux économistes, il ne faut pas suivre leurs recommandations ? Ce qui est déjà une indication utile ?

Inflation : les ennuis commencent ?

« L’augmentation des taux est préoccupante pour les pays lourdement endettés de la zone euro« , disait le Financial Times, dimanche. 

Effectivement, ce que craignait ce blog est arrivé. La France est considérablement endettée. Elle va devoir lever toujours plus de dettes pour payer l’intérêt de sa dette, et rembourser les dettes échues. 

Voilà qui va poser de sérieuses difficultés à nos gouvernants. Car ils ne savent qu’utiliser deux outils : la hache et la douche. Ils se lancent dans de grandes réformes utopiques, et quand leurs conséquences produisent un soulèvement populaire, ils le noient sous l’argent public. C’est, quasi certainement, ce qui a produit la situation dans laquelle se trouve le pays. 

Le psychologue Adam Grant pense que le changement est quasiment impossible pour un esprit d’élite. Croyons au miracle ?

Inflation

Quand nos autorité de la science économique nous ont affirmé qu’il n’y aurait pas d’inflation, on pouvait se douter de ce qui allait arriver.

Une chose n’a pas changé, en tous cas : elles sont toujours aussi sures d’elles-mêmes. 

Et si, au lieu de nous donner des leçons, elles commençaient par apprendre ? Au fond, tout le monde parle de l’inflation, mais sait-on de quoi il s’agit ? 

L’inflation est-elle ce qu’elle fut ? L’inflation est terrible lorsqu’elle touche les biens essentiels pour la survie. Mais, la société de consommation a fait que ces biens pèsent de moins en moins dans notre budget. 

Quel est le rôle de la communication dans l’inflation ? par exemple. On entend, maintenant, la presse nous répéter : « inflation, inflation ». Pousse au crime ? Quid de la spéculation ? 

Son véritable danger ? Contrairement à ce que l’on lit dans les ouvrages des économistes, cela semble un phénomène extraordinairement hétérogène. Certains sont incapables de répercuter l’augmentation de la vie, d’autres semblent en profiter. Et surtout, ça a des effets imprévisibles. Cela bouscule les équilibres que l’on avait oubliés. Par exemple cela peut torpiller les assurances vies, lisais-je. 

C’est peut-être là qu’est le véritable danger de l’inflation. Il disloque la société ? Et il en appelle aux instincts les plus vils de l’homme ? 

Dans ces circonstances que doit-on craindre le plus ? Les certitudes de nos autorités ?  

Les difficultés commencent ?

Le problème de ce blog est que, quand il n’a pas tort, il n’a pas de solution à proposer…

Ce qu’il craignait depuis longtemps survient. L’inflation signifie que les emprunts ont de nouveau des taux d’intérêt positifs. Donc que la France, qui est lourdement endettée, va l’être encore plus. 

Or, il semble que notre gouvernement, avec les Gilets Jaunes, a repris la fâcheuse habitude de ses prédécesseurs : noyer les mécontents sous l’argent public. Après solidarité Covid, il va y avoir un bouclier de protection contre l’inflation… Il s’est mis, lui aussi, à creuser les déficits. 

Pour se tirer d’affaire, il ne faut pas supprimer du fonctionnaire, mais faire redémarrer l’économie du pays. Car le revenu de l’Etat, c’est l’impôt, et il vient des bénéfices des entreprises, et des revenus des citoyens. 

Et tout cela ne sera pas obtenu par le « laisser faire » libéral…

Le monde devient instable ?

Epidémie de coronavirus et ses variants, le monde s’arrête. La Russie envahit l’Ukraine. On tente en catastrophe de réorganiser la supply chain mondiale. Risque d’accident nucléaire. L’inflation repart, alors que nous avons désormais beaucoup d’indépendants et de précaires. Trump et ses équivalents ont le vent en poupe. Et ensuite ? 

Une secousse succède à une secousse. A chaque fois, c’est plus violent. Où va-t-on ? 

Nos pères pensaient que la seconde guerre mondiale n’était qu’un début. Il fallait agir en urgence, pour éviter l’extinction de l’humanité. Ils ont construit des remparts. Les générations qui les ont suivis ont expliqué que le problème, c’était ces remparts. Pour les intellectuels, ils gênaient l’épanouissement de l’individu, pour les hommes d’affaires, ils empêchaient la croissance. 

Relation de cause à effet ? 

Après la destruction, la création ? 

Angleterre sans chauffeurs

Stations sans essence. La Grande Bretagne manque de conducteurs de poids lourds. Certaines stations, dans les zones densément peuplées, ne sont plus approvisionnées. Avec l’augmentation soudaine du prix du gaz, c’est le drame du moment, si j’en crois la BBC. Beaucoup de gens ne peuvent vivre sans voiture. 

Causes ?  Nombreuses, probablement. 

  • Brexit et dépendance vis-à-vis d’étrangers de l’UE, qui ne reviennent pas. 
  • Examens de permis de conduire qui n’ont pas pu se faire du fait du virus. 
  • Achats en panique. Certains accumuleraient les litres d’essence. On entend que des pompes ont vendu 5 fois les volumes habituels. 
  • Système de juste à temps, qui ne supporte pas le moindre aléa. 
  • Conditions de travail des chauffeurs qui se dégradent, depuis longtemps, sans que rien ne se fasse. (La raison d’être de l’appel massif aux immigrés ?)

Et il va bientôt y avoir Noël.

On parle de visas temporaires pour immigrés, d’augmentation du temps de travail des chauffeurs, d’appel à l’armée…

Recruter localement pourrait avoir un gros impact sur l’emploi : le manque est de plus de 100.000 conducteurs, dit-on… Mais aussi sur l’inflation : pour les attirer, il faut augmenter les salaires, et améliorer les conditions de travail, y compris l’infrastructure d’accueil. 

Au fond, le Brexit méritait bien son nom ? La Grande Bretagne a eu recours (comme beaucoup certainement), pendant fort longtemps, à des expédients. Ils l’ont amenée à la limite de la rupture ? 

Inflation ?

La demande est supérieure à l’offre. C’est vrai pour les matières premières, mais cela semble toucher, comme le disait un précédent billet, aussi les hommes. Car je soupçonne que, contrairement à ce que croient les économistes, on entre dans un changement structurel.

Dans ces conditions, on peut soit faire « mieux avec moins », ou « payer plus cher », pour éviter d’avoir à changer, et c’est l’inflation. 

L’inflation est une bonne nouvelle, disent les éconistes. Réellement ? Seuls les forts (individus ou groupes de pression) ont une capacité de nuisance suffisante pour maintenir leur pouvoir d’achat. Aux autres les actes désespérés. Et notre pays est faible et endetté et il aura besoin de s’endetter encore plus pour éviter que les faibles ne soient désespérés… 

Le Français est très malin individuellement, mais très bête collectivement. C’est probablement ce qui doit changer, si l’on veut éviter des moments difficiles. 

(PS. Quelques chiffres, concernant les matières premières.)

Inflation ?

La Deutsche Bank s’inquiète d’un risque d’inflation. L’inflation partirait des USA et gagnerait le monde. En revanche, la plupart des économistes pensent qu’il ne s’agit que d’une inflation conjoncturelle. 

Qui croire ? Le plus important est peut être de commencer par considérer ce que seraient les conséquences d’une vague inflationniste. Comme le dit la Deutsche Bank, il faut en revenir aux années 70. L’inflation a été le fléau de mes années d’adolescence. Le pays a beaucoup souffert alors. Ne souffrirait-il pas encore plus aujourd’hui, à l’heure où l’on parle tant d’inégalités ? Et surtout que deviendrait le fardeau de dettes de l’Etat, s’il devait les payer de plus en plus cher ? 

Un départ d’inflation paraît une question hautement irrationnelle. Les paniques, bien souvent, ne semblent pas avoir de cause bien sérieuse. Keynes parlait « d’instincts animaux », et cela s’applique probablement à tout ce qui touche à la finance. 

(« US consumer prices climb at the fastest pace since 2008 US consumer prices accelerated by the most in nearly 13 years in May as pent-up demand combined with higher prices for goods to stoke concerns about inflationary pressures » Financial Times, jeudi dernier.)