Les raisons de Trump

An April 12-14 poll from Echelon Insights found that 57 percent of all voters somewhat or strongly disapproved of the way Biden is handling the economy, and favored Trump on making the economy work better by 48 percent to 40 percent. That’s only a recent example of what surveys have routinely shown: Voters aren’t happy with Biden’s handling of the economy.

Article.

En cherchant à me renseigner sur les raisons pour lesquelles le président Biden n’est pas aimé, j’ai découvert que je souffrais de désinformation.

Je pensais que le vote Trump était idéologique. En fait, l’article en question parle d’une enquête menée auprès d’électeurs hésitants. Tous expliquent qu’ils vivaient mieux sous Trump. Ceux qui désirent voter Biden le font parce qu’il n’est pas Trump.

La « diabolisation » de Trump est donc une stratégie efficace. Et, paradoxalement, le vote idéologique aurait changé de camp.

Mais, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais : les raisons de la dégradation des conditions de vie de certains Américains, alors que, globalement, l’économie américaine se porte bien. La politique de M.Biden aurait-elle prolongé les effets des précédentes en poursuivant le « creusement des inégalités » ?

Prochaine guerre

Forget boomers vs millennials, the next conflict is millennials vs each other
Growing wealth inequality between thirtysomethings could soon displace tensions between young and old

Financial Times du 12 avril

Eh oui, la « lutte des classes » semble de retour. C’est probablement un phénomène propre à la démocratie lorsqu’elle n’est pas capable « d’aller de l’avant », chacun y poussant son intérêt, et la société n’étant pas un magma mais une hiérarchie, il est tentant d’exploiter sa position pour écraser le voisin.

Mais notre situation a tout de même quelque-chose d’unique : il y aurait, en plus, conflit des sexes (cf. précédents billets). Ce qui serait sans précédent.

Devons-nous nous préparer au chaos. Ou, au contraire, avons-nous atteint les limites de l’absurde ?

Aspiration

Une étude réalisée pour six associations spécialisées dans l’égalité des chances met en lumière la difficulté des élèves des territoires ruraux et des quartiers populaires à se projeter dans les études supérieures.

Article

Est-ce anormal ? Jadis, n’était-ce pas les enseignants qui « projetaient » les enfants pauvres dans les « études supérieures » ?

(D’ailleurs est-ce systématiquement une bonne chose ? Nos intellectuels supérieurs sont-ils heureux ?)

Milliardaire

Qui sont les milliardaires ? Une émission de BBC 5 (Good, bad billionnaire).

A moins de 100 milliards, on n’est rien. Depuis la naissance de Bill Gates, le premier des milliardaires de nouvelle génération, la fortune du milliardaire a été multipliée par 15. A quand les mille milliards ?

L’émission parlait de « création de valeur ». Mais elle ne semble pas avoir été uniformément répartie. Le pouvoir d’achat de la population ordinaire n’a pas augmenté. L’hypothèse de ce blog est que cette fortune vient des banques centrales qui ont imprimé beaucoup d’argent. Il s’est déversé sur « l’élite », qui, elle même, l’a investi dans l’entreprise à la mode.

Cette inflation a, d’ailleurs, eu l’intéressante conséquence de faire de gens quelconques des (petits) milliardaires. Au moins aux USA. C’est le phénomène « people » : dès que vous êtes connu, vous devenez une agence de promotion. Les marques viennent vous voir pour que vous parliez d’elles. Et vous pouvez créer votre propre gamme de produits. On est désormais célèbre pour être célèbre. Certaines personnes donnent leur vie (en particulier sexuelle – étonnant pour un pays puritain) en spectacle. Et si elle plait au peuple, ils sont milliardaires.

Quant aux très grandes fortunes elles sont celles de gens qui étaient au bon endroit au bon moment. Les Russes ont exploité la débâcle de leur Etat, Bill Gates les relations de sa mère avec les dirigeants d’IBM, Bernard Arnault l’incurie du gouvernement français. Et leur fortune s’est construite sur des biens culturels propres à leur nation. Mais ils ont aussi eu du talent. Celui d’exploiter les vents portants. On n’aurait pas attendu de l’austère Bernard Arnault qu’il soit « dans le coup ».

D’ailleurs, pour être au bon endroit, il faut être un « privilégié ».

Le milliardaire est un homme de notre temps.

Gangs suédois

Affaires étrangères de France culture parlait des « gangs » suédois. J’ai enquêté :

C’est le Far West. Wikipedia a même une page « Organised crime in Sweden ». La Suède serait devenue un des pays les plus dangereux d’Europe. Le taux de mort par arme à feu serait le second en Europe (à peu près dix fois ce qui se pratique en Angleterre ou Allemagne). Elle a dû faire appel à l’armée pour reprendre en main la situation.

Mais qu’arrive-t-il à cette si écologique et si civilisée Suède, volontiers donneuse de leçons de morale ?

On parle d’immigration. Mais le problème serait plutôt une question de pauvreté et d’inégalités, qui existent depuis suffisamment longtemps pour avoir fait toute une population à leur image. (Article du Guardian.) Le pauvre n’ayant pas d’espoir, se tournerait-il vers la violence ?

Apparemment, ce phénomène commencerait aussi à apparaître ailleurs en Europe.

La fin du monde aurait-elle fait oublier à la Suède la fin de mois ?

Egalité de puissance

Le concept « d’égalité » suscite des sentiments violents. Pour les Anglo-saxons, par exemple, c’est un mal français. Le Français veut raboter tout ce qui est grand et beau.

Rousseau a peut-être une solution au dilemme : il parle « d’égalité de puissance ».

Exemple : l’Ukraine ? Elle aurait dû être broyée par la Russie. Mais elle avait des alliés. Et la Russie, elle-même, n’est pas broyée, parce qu’elle a des alliés. Il en est de même de la Chine, qui a voulu imposer au monde son bon plaisir, en jouant sur sa puissance économique. Seulement, elle est aussi dépendante du reste du monde… (Et son économie semble extrêmement spéculative…)

L’égalité de puissance est une histoire de « relation », au sens premier du terme ? Une société réellement égalitaire serait-elle un « réseau » ?

Servage en Russie

L’originalité des Russes est d’avoir asservi leur propre peuple. Cela s’est fait relativement récemment, au 16ème et 17ème siècles. Le pays avait besoin d’une cavalerie de petits nobles, et ceux-ci avaient besoin de revenus pour faire la guerre. Alors on leur a donné des serfs.

La fin du servage tiendrait à la convergence d’un courant moderniste, ému de la défaite de Sébastopol et de ce qu’elle signifiait du retard russe, et d’un courant traditionaliste, qui considérait que le paysan était l’âme de la Russie.

In our time, de la BBC, remarquait que cette libération avait été relativement paisible, si on la compare à ce qui s’est passé aux USA, avec l’esclavage des Africains.

En tous cas, le servage a pris de multiples formes, au cours de l’histoire. Cela semble une tentation de l’humanité. Elle me rappelle ce que dit Rousseau de l’égalité. Pour lui c’était une égalité « de puissance »…

Egalité

L’apprentissage a le vent en poupe. Et il réussit, et il fournit de bons emplois. M.Macron en fait un élément essentiel de son programme.

Seulement, il pose un problème. Celui de l’égalité.

Notre nation a éliminé son ascenseur social qu’était l’école républicaine. Elle a désormais une classe dirigeante qui se reproduit. Faute de renouvellement, cela ne peut que conduire à un abêtissement général.

Comment éviter le maintien du statu-quo ?

Meilleur des mondes

Avant de désirer fortement une chose, il faut considérer le bonheur de celui qui la possède. (La Rochefoucauld.)

Ce qui me rappelle un souvenir. Dans ma prime jeunesse, mon bureau était en face de celui d’un grand patron. C’était Versailles. Une activité à QI nul. J’en ai déduit que mon travail était bien plus intéressant que le sien.

Voici aussi ce que l’on devrait enseigner au Français, que l’étranger accuse d’avoir l’égalitarisme envieux ?