La banlieue ne fut pas toujours ce qu’elle est devenue. Il y eut la banlieue des impressionnistes. C’était un lieu de liberté, mais aussi la résidence des « classes dangereuses ». Car, il s’y trouvait l’industrie.
On se demande aujourd’hui pourquoi notre industrie a disparu. Mais, elle était maudite. Au temps de la métropolisation, on a voulu l’éradiquer parce qu’elle nuisait au paysage qu’aimaient les démiurges que l’on voulait attirer. Mais, déjà, donc, au siècle dernier, on la jugeait dangereuse. En outre, on lit que les hauts fonctionnaires, qui en ont pris la tête après guerre, l’ont trouvée d’une complexité qui dépassait leurs capacités. (Contrairement à leurs équivalents allemands qui avaient été formés à l’intérieur des entreprises.) « Qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage » ?
On oublie aussi que les fameuses barres de béton que l’on trouve si laides furent vues comme un immense progrès, pour une population qui vivait dans des conditions précaires, sans chauffage, sans salle de bain, sans toilettes… C’est ce que rappelait Sandrine Bonnaire, qui n’est pourtant pas bien vieille.