Quantique

Je n’ai pas eu l’occasion d’étudier la physique quantique durant mes études, je vais donc parler de ce que je ne connais pas.

Je l’ai découverte grâce à Richard Feynman.

En le lisant, j’ai eu une curieuse idée : et si elle n’était pas aussi mystérieuse qu’on le dit ? Et si elle était simplement ce qui manque à « notre » physique, pour représenter les phénomènes que nous rencontrons ?

En effet, si nous étions composés d’atomes, nos pieds traverseraient probablement le sol.

En outre, lorsque l’on observe les débuts de la physique quantique, on découvre qu’ils sont exclusivement empiriques. Planck constate avec d’autres qu’il ne parvient pas à expliquer le « rayonnement du corps noir ». Alors, il ajoute « ce qu’il faut » pour que ça marche, et il débouche sur le quantique, sans autre forme d’explication.

Idem pour l’atome de Bohr. Bohr, avec d’autres, constate que le modèle planétaire de l’atome n’est pas durable. Alors, il ajoute un « coup » de quantique, histoire de voir si ça ne pourrait pas arranger les choses. Et il trouve, effectivement, des résultats qui correspondent aux observations.

Qu’est-ce qui pourrait ne pas aller dans « notre physique ». Je hasarde une hypothèse…

Elle est basée sur la notion « d’individu ». De « choses » bien distinctes les unes des autres. Dans ce modèle, même les forces sont représentées par des particules. Or, la notion de « frontière » n’existe pas. Où commence et où finit un homme, par exemple ? Et qu’est-ce qu’un homme, d’ailleurs, puisqu’il n’arrête pas de se remplir et de se vider ?

La relativité d’Einstein, que je ne connais pas mieux, semble ne recourir qu’à une modélisation spatiale. Une solution ?

Après une physique du discontinu, une physique du continu ?

L’individualisme est un mauvais calcul

Mon travail avec les interpreneurs me montre des PME qui souffrent du « syndrome de Peter Pan ». Même lorsqu’elles en ont l’occasion, elles ne veulent pas grandir. Pourquoi prendre des risques ?

Du coup, notre économie est faible et le pays est gravement endetté.

Ce qui me fait penser qu’être individualiste, c’est vivre au dessus de ses moyens. Car, notre train de vie correspond à une société dans laquelle tout le monde donne le plein de son talent.

L’individualiste fait un mauvais calcul pour une autre raison. L’esprit d’équipe : il y a du bonheur à partager.

Marche des fiertés

« Les esprits médiocres condamnent d’ordinaire tout ce qui passe leur portée. » (La Rochefoucauld.)

Voici une maxime que tout enseignant devrait écrire au tableau le jour de la rentrée des classes !

J’ai observé un curieux phénomène. Dans ma jeunesse, on pensait être idiot quand on ne comprenait pas quelque-chose. J’ai l’impression, maintenant, que lorsque l’on ne comprend pas ce que dit quelqu’un, l’on pense qu’il est idiot.

Le propre de temps individualistes, c’est une médiocrité décomplexée ?

La cigale de 68

Et si la « valeur travail » avait révulsé la génération 68 ? Et si elle avait réussi son coup, en faisant travailler pour elle ses enfants et petits enfants ? Et si elle avait « rationalisé » ses envies sous la forme de pseudo théories philosophiques qui ont abusé la population ?

D’où parles-tu camarade soixante-huitard ?

Cela expliquerait pourquoi tout notre pays est « monté à l’envers » ?

(Conséquence du billet précédent et de l’analyse de Nicolas Dufourcq.)

Grève et individualisme

La grève semble être une maladie de la raison. Particulièrement quand elle touche la SNCF. Car le discours, pseudo marxiste, du syndicat tourne à vide : c’est un service public. A croire qu’il veut que les chemins de fer soient privatisés, afin de se retrouver dans une lutte des classes consubstantielle. 

En fait, c’est probablement une maladie de notre structure sociale. Les dirigeants de la SNCF et du reste du pays, sont construits sur le modèle de l’ancien régime. Ils dirigent par la seule vertu de leur naissance, certifiée, désormais, par l’Education nationale. Etant incapables de comprendre quoi que ce soit à ce qu’ils font, la désorganisation et le conflit sont inévitables. Les syndicats sont les maîtres de la SNCF.

L’Allemagne a, depuis longtemps, modélisé la question : nous sommes une « société d’individus » (ce qui est un oxymore). Chez elle, syndicat et patronat sont dans le même bateau. De même, d’ailleurs, que tous les Allemands. 

C’est en écoutant la BBC que je pense à cela. L’Angleterre s’affiche beaucoup plus ouvertement que la France comme une société de classes. Il y a, d’un côté, une élite assez large, qui est très habile à maintenir ses privilèges et ses institutions (en particulier ses grandes écoles), et de l’autre, une masse animale. Cette dernière est maintenue dans l’ignorance, ce qui la rend facile à gouverner. En revanche, lorsque sa situation s’aggrave, ses pulsions sont incontrôlables. 

Curieusement, le meilleur de l’intellect français a travaillé à cette question, au début du siècle dernier, mais sa pensée a été totalement oubliée. 

L'origine de la pensée grecque

France Culture rediffusait une ancienne émission, dans laquelle Jean-Pierre Vernant expliquait sa théorie concernant l’émergence de la pensée grecque. Elle serait liée à la cité et à la démocratie, une invention sans précédent. 

Pour gérer ce que je nomme la « copropriété », il a fallu recourir au débat d’idées, et au raisonnement. Dans un second temps, le Grec aurait appliqué à la nature le mode de pensée qui lui avait servi à organiser la vie collective. 

Ingénieuse idée. Il semble effectivement que nous tirions de notre expérience une « modélisation » du monde. Nous dressons des parallèles entre ce à quoi nous sommes habitués et la nouveauté. 

Mais, ce que je vois comme l’invention grecque est, plutôt, l’individualisme. Et s’il y avait eu co évolution entre cet individualisme et la seule organisation qui lui permettait d’exister ? 

Nés sous le signe d'Alésia ?

La France est universellement critiquée. Et, certainement, à la fois l’histoire et l’actualité donnent de nous une piètre image. 

Dans ces conditions, comment la France a-t-elle pu engendrer autant de nationalistes ? Comment ne peut-on pas être honteux d’être français ?

Mais, le plus surprenant, est l’étranger, en particulier de culture protestante, qui vit en France. Il est extraordinairement critique. Seulement, aucun Français ne pourrait se comporter comme lui, sans perdre la face. Il est impoli – il ne respecte pas les usages de la société qui l’accueille, tout en profitant au mieux des avantages sociaux qu’il dénonce ; il n’arrive pas à l’heure aux réunions ; sa parole ne l’engage pas ; il manque totalement d’autonomie… (Si j’en crois mon expérience.) 

Enseignement ? La force d’une nation, c’est l’intelligence collective. Pas le génie de ses individus. La France a des joueurs, mais pas d’équipe ? Résultat : Alésia ?

Liberté et rationalité

Mon prénom est le symbole d’inintelligence de l’individu laissé à lui-même. Il est arrivé un moment où, apparemment, on s’est dit qu’il fallait donner un joli prénom à son enfant. Si bien que tous les enfants ont eu le même prénom. Le mien a tenu la tête du hit parade pendant au moins dix ans. Je ne pense pas que j’ai un joli prénom.

Plus l’individu pense penser par lui-même, plus il pense comme les autres. Et cela pour la bonne raison que les mêmes causes produisent les mêmes effets. 

Vive la dictature ? Quand l’individu ne pense pas, la société n’est pas plus intelligente. 

Le juste milieu est probablement quelques-chose ressemblant à ce que j’ai appelé « l’ordinateur social » : il s’agit d’identifier les questions qui se posent à la société, et, pour y répondre, de proposer à un groupe de gens ayant l’expérience appropriée, un processus de réflexion rigoureux, qui les amène à les résoudre en faisant évoluer l’organisation de la société, la façon dont elle « marche ». 

Alternativement, il y le « changement planifié ». Des personnes observent la population et font émerger à la fois ses préoccupations et les moyens d’y répondre, et lui proposent alors un plan qu’elle va mettre en oeuvre. La planification d’après guerre peut s’interpréter ainsi, selon moi. 

Qu'est-ce que l'humanisme ?

Je lisais que Camus n’était pas un « existentialiste », mais un « humaniste ». Qu’est-ce qu’être humaniste ? me demandé-je. 

Serait-ce une question « d’homme » ? Faux ami ? Si « homme » est entendu comme « individu », on débouche sur un état contre nature : homme loup pour l’homme (billet précédent). L’existentialisme est, en grande partie, un individualisme. 

« Je me révolte, donc nous sommes », dit Camus. Si « humanisme » évoque « humanité » comme on l’entend dans « crime contre l’humanité », tout est différent. L’humanité, dans ce cas, est l’hypothèse selon laquelle nous partageons tous une nature commune. L’attaquer c’est tous nous attaquer. C’est ainsi que la maltraitance d’un enfant peut être un crime contre l’humanité. Pas besoin de génocide pour être criminel.

Mais avons-nous une nature commune ? Et où commence et s’arrête le crime contre l’humanité ? Un sujet pour Yeshiva ? Peut-être que la fin justifie les moyens : nous serons plus heureux avec cette hypothèse que sans elle ? Et que ce qui compte réellement est de l’utiliser pour éclairer nos actes ?

Une solution au mal américain

Le découpage électoral est défavorable au parti démocrate, parti d’urbains, disais-je dans un précédent billet. 

Mais alors pourquoi l’urbain n’irait-il pas s’installer à la campagne comme il le fait en France ? 

Cela aurait un autre avantage. Si cela facilitait le mélange des populations, cela ferait peut-être des démocrates et des républicains moins radicaux ? C’est le ghetto qui fait la guerre civile ?