Qui sont les ultra-riches ?

Les ultrariches sont des diplômés qui ont réussi dit une enquête de The Atlantic.
Comme Khodorkovsky, avant son emprisonnement, ils pensent que leur succès est dû à leur intelligence supérieure. Pour eux la valeur de l’homme est représentée par son salaire, tel que déterminé par le marché. Le salarié américain, par exemple, vole le monde, puisqu’il est mieux payé que l’indien.
Ils passent beaucoup de temps à leur travail et dans les avions ; leurs loisirs sont studieux : ils côtoient les grands esprits ; ils possèdent des fondations dont la mission est d’appliquer leur génie aux problèmes planétaires.
Ils forment une classe apatride et voient l’humanité comme une masse d’êtres indiscernables (sinon par leurs salaires, qui doivent être le plus bas possible). Que leur chaut que l’Américain s’appauvrisse puisque la Chine et l’Inde se développent : globalement le marché grossit.

Fin du microcrédit ?

Le microcrédit, comme tous les crédits, serait victime de bulles spéculatives. D’où surendettement et suicide. Et les taux demeurent très élevés (plus de 30%). Les gouvernements s’en émeuvent. (Under water.)
C’est peut-être une mauvaise nouvelle pour l’idéologie libérale. Je soupçonne que l’Inde et les pays de sa région, avec leurs légions d’économistes, offraient au monde un capitalisme nouveau qui aurait trouvé un antidote à sa malédiction : la pauvreté. 
Eh bien la pauvreté ne semble pas prête à disparaître par miracle. 

Corruption en Inde

The Economist juge généralement que l’Inde est, plus que la Chine, la puissance de demain.
Mais comment pourra-t-elle l’être si « les de plus en plus matérialistes indiens deviennent complètement corrompus » ? Ce qui semblerait lié à l’exacerbation des inégalités amenée par la croissance économique.
Dernier scandale en date. Une mise aux enchères de fréquences télécom aurait fait perdre à l’État 40md$.

L’avenir de l’Inde

Le journalisme anglo-saxon est remarquable. Alors que The Economist pense que l’Inde va dominer le monde, un article qu’il lui consacre peut-être lu comme démontrant le contraire.
Déficit de compétences (40% illettrés + 40% qui n’ont pas fini leurs études) ; 200 districts sur 588 attaqués par un mouvement maoïste ; une navrante tendance au « populisme » d’un gouvernement  « sensible à la colère du pauvre » ; corruption (30% de la population ?) ; une démocratie « imprévisible » ; « chaos désinvolte ». (A bumpier but freer road).
Surtout, il semblerait que l’Inde manque terriblement d’enseignants. Dans ces conditions, sa démographie débordante sera-t-elle économiquement productive ?

L’Inde dépasse la Chine ?

The Economist croit pouvoir dire que l’Inde dépassera bientôt la Chine. Raisons : démographie galopante et démocratie. Un État faible, mais des entreprises dynamiques. « Le capitalisme individualiste indien pourrait être plus robuste que le dirigisme chinois ».
Les arguments sont recevables mais je ne les trouve pas décisifs. 
  • L’Inde est avant tout un pays déstructuré. Peut-on construire longtemps sur du sable mouvant ? Même la conquête du Far West était guidée par l’éthique protestante. Le passé indien ne semble pas non plus bien augurer de l’avenir. L’Inde semble avoir toujours été une sorte d’édifice féodal assez informe, et pas franchement expansionniste. 
  • Peut-on confier un peuple à des entreprises ? Le Taylorisme des services qui lui est imposé pourra-t-il longtemps durer ? S’il y a transition, comment se passera-t-elle ? D’ailleurs, le capitalisme indien sera-t-il longtemps créatif ? Ne risque-t-il pas de tourner à l’exploitation de l’homme par l’homme, vice de tout « capitalisme individualiste » ?
  • Le pays est dans un état sanitaire critique, où va conduire la pression démographique ?
Compléments :
  • John Stuart Mill pensait que pour qu’une démocratie fonctionne, il faut qu’elle ait appris une forme de discipline. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas de l’Inde.
  • Histoire de l’Inde.
  • L’estime de The Economist viendrait-elle de ce que l’Inde est le meilleur élève émergent du capitalisme anglo-saxon ?

Stuxnet

Le virus informatique Stuxnet a l’intéressante caractéristique de jouer sur 4 failles de Windows pour ensuite pouvoir s’en prendre à un logiciel de Siemens, utilisé pour superviser les processus d’une centrale nucléaire. Il est particulièrement présent en Iran, mais aussi en Indonésie, en Inde, en Azerbaïdjan, et même aux USA.
Alors, doit-on se passer d’Internet et des logiciels du marché, pour certains systèmes critiques ? Ne serait-il pas justifié de développer des logiciels spécifiques, comme on le faisait jadis ? J’imagine que l’on me répondra non, ça coûterait trop cher. Oui, mais quel est le prix d’un accident nucléaire ou de l’arrêt de l’approvisionnement en énergie d’un pays ?
Compléments :
  • C’est curieux mais toutes les innovations semblent avoir un coût caché. Parfois monstrueux. Leur attrait vient de ce que nous ne le voyons pas. 
  • Hervé Kabla, sur le même sujet.

Jeux du Commonwealth (suite)

Les premières équipes nationales qui ont reçu un logement à Delhi en disent du bien. Les rumeurs sur la désorganisation indienne étaient elles exagérées ?
En fait, les « grandes équipes » ont des appartements luxueux, les pays pauvres, eux, ont droit à du pas fini. Après tout n’y sont-ils pas habitués ?
Et il reste le problème de la sécurité, qui n’est pas résolu.
Mon billet sur Nungesser et Coli avait tort. Les peuples modernes n’ont pas perdu le goût du danger.
(D’après la BBC ce matin.)

Jeux du Commonwealth

Depuis quelques temps, la presse anglo-saxonne dresse un tableau effrayant de la préparation des jeux du Commonwealth par l’Inde. Plafonds et passerelles qui s’effondrent, logements abjectes…
La corruption est partout (le cours du rouleau de papier de toilette atteint les 90$), ainsi que le terrorisme que l’État semble incapable de combattre. (Explication : c’est une démocratie, comme si cela justifiait l’anarchie.) (The games people play (or not).)
Bizarre spectacle, lorsqu’on le compare à celui qu’ont donné la Chine et l’Afrique du Sud – un État pourtant bien fragile. De tels événements ne sont-ils pas susceptibles de jeter un doute légitime sur la qualité de la production de ce pays ? Ne serait-ce pas ce qui serait arrivé à n’importe qui d’autre en pareille occasion ?
Pourquoi, donc, l’industrie occidentale s’est-elle précipitée en Inde ? Intérêt avant tout ? Pourquoi en dit-on tant de bien ? Parce que c’est un converti modèle au libéralisme anglo-saxon ?…

Insead indien

L’Institut Européen des Affaires (Insead) change de doyen et choisit, comme Harvard, un Indien.
Imitation ? Poids statistique de l’Inde, pays où l’on est aussi à l’aise dans les sciences du management qu’en informatique ? Son prédécesseur était Américain : l’Amérique n’a plus la cote ? En cette période de crise morale du libéralisme, la culture indienne – qui tempère, certainement, le capitalisme le plus pur par sa sagesse mystérieuse – ne peut qu’être salutaire ? Signe à destination des millions de clients potentiels des pays émergents ? (Qui se préoccupe encore de ces has been d’Européens ?) Et en plus cela fait discrimination positive ?…
En attendant HEC grimpe dans le classement de The Economist et entre dans les 10 premiers. Exemple d’un changement réussi, du modèle français de grande école à celui, américain, du MBA ?