Entreprises indiennes et américaines

Harvard Business Review essaie de comprendre le succès de la multinationale indienne. (Leadership Lessons from India)

L’étonnement manifesté par l’article devant le dirigeant indien, qui croit « qu’en dernière analyse tout est une question de capital humain », montre, peut-être, à quel point le système économique américain s’est déshumanisé.

Les entreprises américaines ont largement abandonné l’investissement dans l’homme, en particulier la formation des cadres, de peur qu’il soit perdu quand il part. Des statistiques suggèrent qu’environ un quart des nouveaux embauchés ne reçoivent aucune formation, de quelque forme que ce soit, dans leurs deux premières années de travail.

Branlants pays émergents

La Chine présente des signes extrêmement inquiétants, à savoir les symptômes d’une bulle immobilière en train d’éclater, voila ce que dit Paul Krugman (Will China Break? – NYTimes.com).

Quant à l’Inde elle serait vacillante. Son économie s’essoufflerait et son gouvernement serait incertain (India’s economy: Slip-sliding away | The Economist).

Où cela va-t-il nous mener ?

Tout le développement économique de ces dernières décennies n’a été qu’une sorte d’illusion, qui serait en train de se révéler ? 

Grande distribution en Inde

L’Inde refuse l’entrée des grandes surfaces occidentales. (Off their trolleys)

The Economist en est désolé. Elles auraient rationalisé les circuits de distribution des produits de grande consommation et amélioré leur qualité. Et cela aurait relancé la croissance indienne à un moment où elle faiblit.
Certes, mais cela aurait aussi mis à la poubelle une nuée de petits distributeurs. Or, leur nombre leur donne un pouvoir politique important. C’est étrange que, pour une fois, The Economist ne se réjouisse pas que l’Inde soit une démocratie.

Compléments :

Solution finale ?

Curieux. Alors que la France est fort calme, la presse étrangère voit s’ouvrir un gouffre béant. The euro zone: Is this really the end? | The Economist

Comme le dit l’article, j’ai l’impression que le secteur financier craque de partout. Je ne m’étais pas rendu compte à quel point il avait acheté de la dette grecque et autres actifs devenus dangereux. Et ce même pour ses activités qui paraissaient pourtant les moins exposées à ce risque (cf. le Crédit foncier, les assurances…). Même les petits ont été pris d’un gros coup de folie.

Tout ce monde cherche maintenant à se remettre à flots en se débarrassant de ses actifs dans la panique, en arrêtant de prêter. Cela va faire un gros trou d’air pour les pays émergents européens, et pour les entreprises.
 
Le danger n’est pas tellement la disparition de l’euro, et probablement de l’Union Européenne, mais des faillites en masse, un chômage sans précédent, des millions de SDF.

Comment réagira la population, totalement impréparée ? Que fera la Chine si ses exportations s’effondrent et son peuple se révolte ? Et la région indienne, qui est déjà une poudrière ?…

Le monde va-t-il se mobiliser pour éviter cette nouvelle solution finale allemande ?

Compléments :

Corruption et capitalisme

La corruption indienne croit avec sa prospérité. (En Inde, une gigantesque affaire de corruption ébranle le gouvernement – LeMonde.fr)

Comme le constate régulièrement ce blog, elle désoriente The Economist. Elle a quelque chose d’indécent, venant d’une démocratie modèle. Il lui faut un coupable : la bureaucratie indienne.

Curieux. L’Anglo-saxon ne pense-t-il pas que c’est du mal que vient le bien, comme l’a dit Adam Smith ? Plus l’Indien a de vices, plus cela devrait profiter à l’humanité.

En fait, si le principe de fonctionnement de la société est que ce qui rend des services administratifs effectue des prélèvements sur l’économie, il n’y a rien d’étonnant à ce que cette ponction croisse avec le PIB. D’ailleurs, la logique du capitalisme n’est-elle pas celle de l’offre et de la demande ? N’est-il pas logique que le fonctionnaire en situation de monopole maximise son utilité ? 

Révolution et pays émergents

La prospérité des pays émergents a créé une énorme classe moyenne. Et cette classe s’en prend à la corruption des régimes qui la dominent, quels qu’ils soient (Chine, Inde, Brésil…). La situation est explosive.
Comme Marx le pensait, cela serait-il le chemin qu’emprunte partout le capitalisme : développement d’une classe bourgeoise, puis révolution ? (The new middle classes rise up)

Peu brillante Nano

Pourquoi la Tata Nano, voiture à 2200$, n’a-t-elle pas conquis le monde ? Ne nous dit-on pas que les Indiens vont balayer nos industries ?
« Quelques voitures se sont enflammées », mais ce fut surtout à cause d’un problème de marketing, un art que les Indiens ne maîtrisent pas encore.
Curieusement la seule personne qui soit à l’origine d’un succès à l’indienne est Carlos Ghosn (avec la Logan). (Stuck in low gear)

Chaos indien

L’Inde a toujours été un chaos : « de mouvements sécessionnistes à des pogromes sectaires », en passant par des « conflits territoriaux avec la Chine et la Pakistan ». Mais, aujourd’hui, à tout ceci vient s’ajouter la corruption de ses politiques, qui « n’est pas nouvelle, mais l’échelle et l’omniprésence de ces problèmes est réellement sans précédent ».

Raison ? enrichissement et réforme « qui a été définie en termes commerciaux restrictifs, comme signifiant le retrait de l’État de l’activité économique ».

L’Inde « n’est pas la puissance de demain, ou même une puissance émergente. C’est simplement une, complexe, fascinante et peut-être unique, expérience de nation et de démocratie, dont les dirigeants doivent encore et toujours faire attention aux failles, plutôt que prétendre conquérir le monde » dit Ramachandra Guha.

Inde : émergent chaos ?

L’Inde émerge-t-elle aussi irrésistiblement que l’on veut bien l’affirmer ?

(Le gouvernement) a, disent ses critiques, était incapable de contrôler la corruption et l’endettement public, pris du retard dans la construction d’infrastructures. (Mais aussi) les coûts du travail ont crû, particulièrement chez certaines entreprises contrôlées par l’État : la facture salariale de Steel Authority of India a augmenté d’un énorme 41%, l’année fiscale dernière. Indiscipline et croissance plus faible que prévue ont réduit les profits dans des secteurs tels que le ciment, la construction, l’immobilier et les télécommunications.

Selon The Economist.
L’Inde est-elle la puissance de demain ou un chaos en construction ?