The Economist contre Internet

Qu’arrive-t-il à The Economist ? La semaine dernière il reconnaissait qu’avoir donné le pouvoir aux hommes d’affaires était une erreur. Cette semaine, trois articles s’en prennent à Internet.
On y lit que l’usage de Facebook cause la déprime chez les adolescents : chacun n’y parlant que de ses triomphes cela renvoie le lecteur à sa médiocrité. (« L’émotion la plus fréquemment suscitée par l’usage de Facebook est l’envie. ») La relation directe, au moins, nous met en face des hommes tels qu’ils sont. On y lit aussi qu’Internet produit stress et désorganisation, avec pour premières victimes les créatifs. Tout d’abord parce que le traitement des mails prendrait un quart de la journée, en moyenne. Mais surtout parce que l’homme vit en permanence son travail. Bref, on pensait utiliser Internet au service de l’homme, et c’est le contraire qui s’est produit. « Il y a certainement des raisons d’en faire beaucoup moins – de rationner les emails, de réduire le nombre de réunions, de se débarrasser de quelques dirigeants excessivement zélés. Depuis quelques temps s’impliquer dans son travail a un retour sur investissement négatif. Il est temps d’essayer une stratégie bien plus radicale : prendre du recul. » Mais ce serait surtout en dehors de l’entreprise que la perte de productivité produite par Internet serait la plus violente. Internet a remplacé l’emploi fixe traditionnel, par un emploi précaire, peu productif. « Les auto-entrepreneurs (40% de la création d’emploi en Angleterre) travaillent plus longtemps – 6 % de plus que les employés – mais leurs revenus horaires moyens sont moins de la moitié de ceux des employés. » Internet a aussi « transformé certaines branches de l’économie – la vente de détail, la musique et l’édition, par exemple -, en grande partie en détruisant des modèles économiques existants. » « Internet, par opposition (à l’usine), semble atomiser la force de travail. En donnant un plus grand contrôle au possesseur de capital, il pourrait expliquer pourquoi les profits aux USA sont au plus haut depuis l’après guerre. »
Pour le reste, pas grand-chose de neuf. L’Egypte semble partie pour un scénario algérien. Que ce soit du côté des frères musulmans ou de celui de l’armée, l’affrontement stimule, en quelque sorte, les forces du mal. Des composants extrêmement dangereux, masqués jusque-là, s’affirment et s’affrontent. Inde / Pakistan. L’économie pousse les deux pays à s’entendre. Mais c’est tout. L’avenir ? Peut-être des « décennies de troubles – « une série de crises ponctuées par l’apathie » ». En attendant, l’Inde construit une marine de guerre moderne avec porte-avion, et sous-marins nucléaires. Israëlmodifierait sa politique d’implantation. De la Cisjordanie, elle irait vers le Néguev. Mais, une fois de plus, c’est au détriment des populations locales (Bédouins). Israël, par ailleurs, relâche une poignée de prisonniers, en signe de bonne volonté. Ce qui n’est pas suffisant pour les Palestiniens, pour qui les prisons israéliennes ont quelque-chose d’un rite de passage (« 750.000 Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes (depuis 1967) » « 5071 Palestiniens seraient derrière les barreaux, pour des actes de violence ou de subversion à motivation politique. »). Pour sa part, l’Amérique, est le premier incarcérateur mondial, loin devant la Chine. « Un Américain sur 107 était derrière les barreaux, en 2011 – le taux le plus élevé au monde – et un sur 34 était sous « surveillance correctionnelle » (soit sous les verrous, soit sous probation, soit en liberté conditionnelle). Un noir a 3,6 fois plus de chances d’aller en prison en Amérique qu’en Afrique du Sud, en 1993, juste avant la fin de l’Apartheid. » Mais le pays a décidé de se réformer. « Le coût élevé de la prison a attiré l’attention à la fois de la gauche et de la droite. » La vertueuse Suède pourrait passer à gauche. Le parti au gouvernement est pris entre une montée du chômage (8%) et un mouvement anti immigration.
L’industrie des médias commencerait à profiter d’Internet. Les revenus passeraient de « produits physiques » au numérique, téléchargement et streaming, de la vente à la location. (Remarque : aux USA, les livres électroniques représenteraient 30% des ventes totales.) Aussi, l’industrie sortirait de ses activités traditionnelles. « Les journaux entrent dans de nouveaux métiers tels que le marketing et les conférences. » Quant aux fonds activistes ils en ont après les entreprises de haute technologie, comme Apple. Pourquoi ? Parce qu’elles sont remplies d’un argent qu’elles ne savent pas utiliser. Et qu’elles ont du mal à changer assez rapidement (cf. Microsoft). Qui a tué par le glaive… ? L’Europe cherche à développer le fret ferroviaire. Pour cela, il s’agit d’aménager des « corridors » aux travers de l’Europe. Mais cela coûte cher, demande des collaborations entre Etats, et, de toute manière, le rail est moins flexible que la route. En tout cas, il semblerait que ce marché doive-t-être dominé par les chemins de fer allemands. Pour sa part, un entrepreneur américain envisagerait de construire des trains sous vides.
Et les groupes d’oiseaux n’entreraient pas en collision en se posant, parce que, grâce à leur capacité à repérer le champ magnétique, ils adoptent tous le même angle d’atterrissage. 

Chine et écologie, délocalisation indienne et la politique ne doit pas être laissée à l'homme d'affaires…

Une fois de plus la Chinechange. Elle s’en prend à sa pollution. Ce n’est pas facile d’autant que pour la population cela demeure une préoccupation secondaire. Mais « ses leaders comprennent le défi du changement climatique mieux que leurs prédécesseurs et peut-être mieux que leurs équivalents internationaux. Ils sont bons pour passer à l’action dans les situations d’urgence. Parce que le pays arrive après les autres, il devrait pouvoir apprendre de leurs erreurs (…) La Chine a un marché intérieur énorme, des capitaux peu chers et des déserts ensoleillés et ventés, un environnement idéal pour bâtir un système qui n’émette pas de carbone. »
La fin des illusions ? « Plutôt que d’utiliser ses compétences d’homme d’affaires pour relancer l’économie italienne, M.Berlusconi a utilisé ses compétences politiques pour protéger ses intérêts d’homme d’affaires. » Faillite du partenariat public-privé. Partout dans le monde cela a été la même chose. On espérait qu’avec des hommes d’affaires au gouvernement, l’économie irait mieux qu’avec des hommes politiques. C’est le contraire qui s’est passé. Fin d’une ère en Israël ? L’armée de citoyens céderait la place à une armée de métier de haute technologie. Adaptation à la dislocation des pays voisins, mais aussi aux aspirations de la population. Barak Obama ferme ses ambassades au Moyen-Orient et en Afrique du nord. Contrairement à ce qu’il croyait, Al Qaeda n’est pas en recul. Au contraire, le chaos régional est favorable à son expansion. L’économie syrienne est en apnée. On se dirige vers une économie de subsistance dominée par des seigneurs de guerre. Fin d’une ère en Italie ? Berlusconi semble avoir été affecté par sa dernière condamnation. Il n’aurait pas de remplaçant à la tête de son parti. Avenir national incertain. (Recomposition de l’Italie politique en vue ?) En tout cas, l’Industrie italienne, jadis puissante, est dans un cercle vicieux. Plus ses entreprises se délocalisent, plus elles tendent à former des sous-traitants étrangers, plus le pays perd en compétence, plus le chômage monte, et plus le marché se rétrécit. La Grèce, le Portugal et l’Irlande vont avoir besoin de la solidarité de la zone euro. On attend l’élection de Mme Merkel pour le dire. « 52% des Anglais ont du mal à joindre les deux bouts. » En Angleterre, il y a de la place pour les gros salaires et pour les très bas. Les qualifications intermédiaires souffrent (apparemment 40% de la population). L’Etat aurait masqué le phénomène par le crédit d’impôt. Et cette population serait surendettée. (Miracle thatchérien ?) L’Inde étant un pays où apparemment rien n’est facile, les hommes d’affaires délocalisent ce qui est compliqué à réaliser ou mal fait en Inde vers d’autres pays (Doubaï, Singapour, l’Ile Maurice, le Sri Lanka, l’Angleterre et même la France).

Achat du Washington Post par Jeff Bezos. L’affaire pourrait réussir. Les journaux sont devenus très bon marché (un dixième de leur prix d’antan). Ils doivent réinventer leur modèle économique. Plus question de compter sur la publicité. Les revenus doivent venir des consommateurs. Et M.Bezos a montré qu’il savait les comprendre. Mais, pour qu’un journal comme le Washington Post continue à faire trembler les hommes politiques. Il doit attirer à lui un lectorat important. Il doit convenir à beaucoup de goûts.

Google Chrome a dépassé Explorer. Fin d’une ère ?


Start up. Une nouvelle activité voit le jour : les entreprises envisagent de monter des contre-attaques contre les pirates informatiques. Il y a aussi un marché de stimulation de l’intellect vieillissant inspiré par les dernières découvertes en neurosciences. Et on est maintenant capable d’utiliser du papier pour imprimer en 3D. Ce qui donne des résultats aussi durs que le bois.
La consommation de poisson explose. Elle est tirée par les pays émergents. Les quantités issues de la pêche sont constantes. La pisciculture est en plein développement.

Attention, l’inactivité est dangereuse. Pour bien se porter, il faudrait maintenir une activité de « basse intensité » (marcher, travailler debout, par exemple). Enfin, on étudie en laboratoire les mutations des virus. Cela permet de se préparer aux éventuels dangers que peuvent présenter leurs évolutions.  

Nouvelle semaine de crise

The Economist s’intéresse aux banques d’investissement. Les belles années de la profession semblent derrière elle. Quelques banques américaines sont sorties victorieuses de la crise. (Ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour le contribuable américain qui devra sauver ces monstres de la faillite.) Comme d’habitude, les européennes ont pris un bouillon. (Y aurait-il quelque-chose que l’Europe n’a pas compris dans les règles du jeu de l’économie mondiale ?) En particulier les banques françaises semblent sous-valorisées. Toujours est-il que les class actions gagnent l’Europe.

La productivité mondiale devrait baisser avec le vieillissement de sa population. A court terme, l’Europe va particulièrement mal, mais toutes les économies sont plutôt en recul. Cela pourrait s’améliorer un peu l’année prochaine. (Parce que ça ne peut pas être pire ?) Mais pas à long terme. D’après l’économiste en chef de HSBC, les gouvernements ont compensé le manque de croissance par des expédients. Situation malsaine, difficile à réformer sans susciter nationalisme ou révoltes populaires. (Question : les systèmes sociaux qu’apparemment l’on ne peut plus se payer, n’ont-ils pas été utilisés pour masquer aux pauvres qu’ils vivaient à crédit alors que les riches s’enrichissaient ? Les dits pauvres ne seraient-ils pas quelque-peu les dindons de la farce ?) Pas d’avenir pour l’OMC ? La mode serait maintenant à des négociations bloc à bloc.

Les Indiens ne paraissent pas beaucoup se préoccuper de l’emploi des masses de jeunes qui vont arriver sur le marché du travail. L’Inde est un pays difficile à faire évoluer.

Barack Obama a une majorité du pays pour lui, mais pas ses élus. Le découpage électoral les protège de l’opinion publique nationale. M.Obama se demande comment utiliser ses techniques de campagne pour les ébranler. Par ailleurs, on se demande quel va être l’impact de ses lois sur la santé, sur une industrie qui emploiera en 2020 « un travailleur américain sur 7, sans compter les entreprises auxiliaires, telles que les sociétés informatiques ou les cabinets de conseil spécialisés ». L’Amérique veut se concilier les économies asiatiques. Mais sa politique militaire semble hésitante et contreproductive. « La Chine est inquiète, mais les alliés de l’Amérique ne sont pas rassurés. » En tout cas, les relations américano-coréennes sont excellentes.

Le président du parlement européen désirerait que ce parlement élise le président de l’Europe. Ce pourrait être lui. Ou cela pourrait servir sa carrière en Allemagne, si je comprends bien. Allemagne où les manœuvres politiques sont toujours aussi compliquées à suivre (dernier épisode : les Verts sont en faveur d’une redistribution vigoureuse) et l’issue des prochaines élections, incertaine.

En Lybie, les milices semblent gouverner le pays.

Les revenus des 3 grands cabinets de conseil en stratégie ont cru fortement l’an dernier (17,3% pour Bain). Leur métier a évolué. « Ils tirent maintenant la plus grande part de leurs revenus de la mise en œuvre d’idées, de l’amélioration des processus internes de leurs clients, et d’autres missions non considérées traditionnellement comme du conseil en stratégie ». Si bien que les 4 grands cabinets d’audits essaient de les concurrencer, en achetant d’autres cabinets de conseil en stratégie. Windows 8 va mal. Décidément Microsoft semble incapable de sortir du marché du PC. Une start up lance un appareil qui photographie tout ce que vous voyez. Et il existe des systèmes d’évaluation des navires marchands. Apparemment, les fonds d’investissements s’intéresseraient au marché de l’occase navale.

Le dioxyde de carbone n’arrête pas de s’accumuler dans l’atmosphère. Personne ne s’en préoccupe. 

Victimes expiatoires, timide puissance indienne et tiédissement climatique

Chypre est un précédent fâcheux, dit The Economist. Outre le fait que l’île est dévastée, le traitement qu’elle a subi est l’annonce que l’épargne n’est plus sûre. C’est aussi un précédent en termes de contrôle des flux financiers au sein d’une union monétaire. Mais il y a pire. « La plus grande menace à la survie de l’euro vient de sauvetages qui provoquent des débats politiques de plus en plus toxiques, à la fois au sud et au nord. » Et s’il était temps que les durs de la zone euro, comme la Finlande, remisent leur haine de l’Europe du sud ? Certes, ils ont connu leurs propres crises et s’en sont sortis, dit The Economist, mais il n’est pas certain qu’ils auraient pu y arriver s’ils s’étaient trouvés dans une union monétaire. En tout cas, les autres paradis financiers européens pourraient avoir des soucis à se faire, le régulateur européen va s’occuper d’eux. D’ailleurs il a commencé à vouloir limiter les rémunérations des financiers. Il s’attaque aujourd’hui aux gestionnaires de hedge funds. C’est irrationnel. Mais il a besoin de victimes.

The Economist encourage l’Inde à devenir une grande puissance. C’est-à-dire à s’aligner sur l’Occident. L’Inde n’y voit pas son intérêt.

Le parti travailliste anglais courtise les PME, dont les valeurs et les intérêts sont proches des siens, contrairement à ceux des grandes entreprises. Un modèle à suivre pour le PS français ?

Michael Dell veut prendre le contrôle de son entreprise. Il affronte d’autres capitaines d’industrie. Fascinant spectacle que celui des géants de la finance anglo-saxonne se déchirant pour une entreprise. Que celle-ci, et ses hommes, comptent peu ! Peut-être en a-t-il été de même en Russie, au temps des oligarques ? Produit de la libéralisation des années 90, et du Far West qui l’a suivie, le mathématicien Boris Berezovsky rêvait d’être le grand manipulateur de la société russe. L’individu contre la société, comme chez Shakespeare.

Apparemment, l’industrie du panneau solaire chinoise boit la tasse, Suntech en tête. « Les centaines d’entreprises chinoises du solaire perdent presque toutes de l’argent ». Mais l’Etat ne va pas les laisser sombrer. Et, soudainement, le réchauffement climatique ne devient plus aussi certain qu’on l’a dit. Les modèles, des météorologues comme ceux des financiers, se seraient-ils trompés ?

Economie américaine : contre mauvaise fortune bon coeur?

The Economist cherche-t-il à se rassurer ? Veut-il nous montrer que sa maison-témoin, les USA, est increvable ? Un rapport montre que, si le gouvernement fédéral est bloqué, les Etats se débrouillent, et l’entrepreneur innove. Mais la santé américaine paraît bien relative. Et pas vraiment le fait d’un mouvement de fond. L’Amérique a l’intelligence d’avoir évité la rigueur européenne. Pour le reste, sa croissance semble surtout portée par le gaz de schiste. Comme en Afrique, autre raison de se réjouir pour The Economist, la croissance mondiale semble bien peu innovante ?

La clé de la survie de l’UE pourrait être de rapidement remettre sa population au travail. Sinon, elle risque de faire l’unanimité contre elle. Quant à Chypre, en faillite pour avoir prêté à l’oligarque russe, The Economist pense que le mécanisme de stabilité bancaire doit sauver ses banques, sans mouiller son gouvernement. Les autres solutions n’ont que des inconvénients. Malheureusement, ce sont elles qui ont les faveurs européennes.
En Angleterre, la famille traditionnelle ne survit que chez les riches, et les immigrés. Ailleurs, elle a explosé. Apparemment, ça ne poserait pas de problème aux enfants.

Moment périlleux pour la Chine ? Rejouerait-elle la scène de l’Ancien régime et de la Révolution ? Aurait-elle besoin de réformes qui pourraient avoir l’effet de celles de Louis XVI ? En tout cas, la politique de l’enfant unique chancellerait.
En Iran, on donne dans le trafic de voitures. L’inflation galopante en ferait une valeur refuge. Pas brillant, mais cela ne donne pas l’image d’un régime totalitaire.
Un livre sur la situation irakienne. La succession de mesures prises par l’Occident, pour transformer l’Irak en démocratie, l’a enfoncé, à chaque fois plus fortement, dans le chaos et la division. La constitution donnée par l’Amérique aurait été une sorte de bouquet final. L’intérêt individuel est devenu roi. Curieusement, le premier ministre actuel est parvenu à tromper tout le monde, et à s’assurer un pouvoir stable.
L’Inde va-t-elle être un géant de l’Internet mobile ? « Le gouvernement est un obstacle. »
L’ascenseur aurait le vent en poupe. De plus en plus de villes et d’immeubles. Et surtout les revenus récurrents de la maintenance. Oligopole et grosses marges. Cela va-t-il attirer de nouveaux entrants ?

The Economist enjoint le nouveau pape de délocaliser son organisation managériale. La dirigeante de Facebook viserait une carrière politique. Sur les traces d’Obama.

Apparemment la science aurait trouvé de nouveaux moyens de recherche. D’abord, il semble que l’on puisse faire des modèles réduits des grandes questions cosmologiques, à commencer par le comportement des trous noirs. Ensuite, l’espace, du fait de l’espacement entre les molécules qui s’y trouvent, permettrait de voir des réactions chimiques difficiles à apercevoir chez nous. 

Inde, viol et changement

Un effroyable viol secoue l’Inde. La réaction qu’il suscite serait-il un révélateur des transformations du pays ?

Le viol serait pratique courante en Inde, parce que la femme y est peu considérée. Mais aussi parce que l’évolution du pays fait qu’elle est maintenant amenée à sortir de chez elle, et que des masses de jeunes hommes à la recherche d’emplois sont jetés en ville. Et l’on manifeste aujourd’hui, parce que la victime est une étudiante, et qu’une classe moyenne a émergé, et qu’elle a les moyens de défendre ses intérêts.

Le statut de la femme va se transformer en Inde, probablement. La femme étant le pivot de l’édifice social, les bouleversements ne font que commencer. Peut-être serait-il une bonne idée de les anticiper, plutôt que de punir ceux qui les subissent ? 

L'espèce humaine et ses mystères…

Numéro spécial de The Economist, qui se penche sur quelques questions curieuses :

  • L’Enfer. D’où vient-il, qu’est-il devenu ? L’enfer semble avoir été conçu pour des dieux. Avant d’être étendu à une espèce humaine qui ne trouve jamais de vengeance assez cruelle pour ses semblables. Puis de devenir individuel et intérieur. L’enfer serait-il l’expression culturelle de la haine de l’autre ?
  • Le Saint Empire Romain Germanique, a été l’UE avant l’UE. Avec quasiment tous les problèmes et les solutions trouvés par l’UE. On y était apparemment heureux. Pourquoi s’est-il disloqué ? Du fait de la montée des nationalismes (notamment de la Prusse). Peut-on en tirer un enseignement en ce qui nous concerne ?
  • Pourquoi des gens participent-ils à des courses de plus de deux cents km sous une chaleur suffocante ? Mystère de la construction de la motivation qui fournit un sens à notre existence.
  • Pourquoi les peuples s’égorgent-ils pour des questions obscures  de théologie ? Peut-être parce que leurs conséquences ne le sont pas. Si, par exemple, un homme peut être porteur de l’énergie divine, l’édifice social peut être mis en cause.
  • Bidonville au Kenya. Un million d’habitants. Tous entrepreneurs. Tout y est payant, on y est anonyme, et on y travaille nuit et jour. Mais c’est encore mieux qu’à la campagne… Miracle du capitalisme triomphant ?
  • A la Nouvelle Orléans, l’apartheid semble toujours de mise. Comme le montre ses défilés de Mardi gras.
  • Curieusement, les guerres d’Amérique du sud n’ont pas fait beaucoup de bruit. Pourtant, certaines ont été particulièrement sauvages. L’une d’entre-elles a failli rayer le Paraguay de la carte (1870).
  • Les îlots que se disputent la Chine et le Japon. A qui appartiennent-ils ? Leur sort dépendra probablement plus d’un rapport de force que d’une illusoire rationalité.
  • Magna de la presse japonaise (Matsutaro Shoriki). Journal, télévision, il a tout dominé. Il a même fait du base ball un sport national, et du Japon une puissance nucléaire. Ambition personnelle, nationalisme, volonté de modernisation en marche forcée… Réaction du Japon à sa rencontre avec l’Ouest ?
  • La Chine serait-elle devenue démocratique, si elle n’avait pas assassiné le président qu’elle s’était donné, en 1913 ? Je soupçonne qu’il est difficile pour un seul homme de transformer une culture…
  • Spéculation dans les années 1820, en Angleterre. Comme d’habitude, il y a de l’argent, mais pas de placement juteux. Ce fut le temps de grands escrocs. Dont un qui a inventé un pays. J’en retiens surtout que les bons escrocs croient ce qu’ils racontent, et tendent à profiter de liens de confiance sociaux. On n’arnaque bien que les siens ?
  • Pourquoi l’Inde ne parvient pas à construire l’infrastructure de transport dont aurait besoin son développement ? Pas uniquement pour des raisons de corruption. Mais parce que tout y est infiniment compliqué. Finalement, beaucoup de gens y ont énormément de pouvoir de nuisance. L’Inde aurait besoin des techniques dont parlent mes livres. A la puissance 10 !
  • J’ai appris que Gatsby le magnifique de Scott Fitzgerald était inspiré du Grand Meaulnes (Le Great de Great Gatsby étant une traduction du Grand de Grand Meaulnes).
Quant à la vie du monde :
  • The Economist vote Manuel Valls, réincarnation de Nicolas Sarkozy.
  • Les frères musulmans égyptiens mobilisent de moins en moins d’électeurs et vont devoir faire face à une crise économique. Leurs jours seraient-ils comptés ?
  • L’université américaine, en crise, innove. Elle tenterait de réinventer l’éducation à coup de nouvelles technologies (Massive Open Online Courses). L’université française, qui cherche désespérément à imiter le (précédent) modèle américain, aurait-elle une nouvelle guerre de retard ?
  • La globalisation serait en recul.
  • Et la main a été conçue pour nous donner des poings. Il s’est trouvé que c’était aussi pratique pour tenir des instruments. 

Sciences po infiltré, Mal américain, et indien, et création des espèces

Richard Descoings était en passe de transformer Sciences Po en plaque tournante de l’enseignement international. The Economist regrette que ses successeurs veuillent que l’école retrouve sa mission initiale. Alors, Richard Descoings, mieux que Philby ? Le centre névralgique du modèle français aux mains d’une taupe anglo-saxonne ? De la redoutable efficacité du soft power américain ? Mais, avant de réformer notre école ne serait-il pas judicieux de s’interroger sur le modèle qu’on lui a choisi ? Car  l’Université américaine va mal. Le coût de son enseignement a explosé, sa qualité a baissé, ses élèves, qui pour une part significative sortent sans diplôme, sont surendettés, parfois en faillite (pour plus de 30% d’entre eux, dans le cas de 200 universités). Il va falloir penser au gain de productivité. Cours en ligne, et achat à la carte, un module par ci, un autre par là.
Bataille entre Google, Amazon, Apple et Facebook. Chacun veut entrer sur le terrain de l’autre, et protéger son territoire. En fait, attention au régulateur. Mais toute l’Amérique n’est pas aussi combative. L’inventeur des drones, israélien, juge l’industrie américaine de la défense comme von Braun, en son temps. A savoir, des entreprises incompétentes, parasitées par l’intérêt personnel qui voit l’innovation comme un danger. A ce sujet, l’impression 3D va-t-elle être tuée par la peur de la copie ? Heureusement, les réformes de la santé d’Obama créeraient un appel d’air pour les start ups. (Une politique du durable ne pourrait-elle pas avoir le même effet ? me suis-je demandé.)
La France menace de nationaliser Florange, qui n’est pas rentable. Retour à l’ère Mitterrand ? Plutôt artifice de négociation. En tout cas, les grandes entreprises indiennes, conglomérats gigantesques et hétéroclites, vont mal. En particulier Mittal. Certes, elles ne sont pas poussées par le profit (« notre objectif est la construction d’une nation, l’emploi et l’acquisition de compétences »), mais leur manque de rentabilité ne peut que paralyser leur développement. Elles n’ont donc plus les moyens d’investir en Inde. Ce qui est mauvais pour le  pays.
Le FMI, à contre-emploi, aide le Grec enseveli sous les dettes. La banque d’Angleterre recrute son nouveau directeur dans ses colonies. En Egypte, la situation se tend. D’un côté des islamistes qui se donnent des pouvoirs dictatoriaux, de l’autre une coalition d’opposants bien plus décidés et puissants qu’on ne l’aurait attendu. En Syrie, l’opposition gagne du terrain. « Militairement, il y a eu de grands progrès (…) mais nous appréhendons tous ce qui viendra après ». Mais, qu’ils n’attendent pas de secours de M.Obama. Seule l’Amérique l’intéresse.
Comment recruter un dirigeant ? « Éviter les gens de l’extérieur, si les choses vont bien ». Sinon, le mieux est de recruter un ancien membre de la société qui a réussi ailleurs, ou, à défaut, d’acclimater un extérieur pendant quelques temps avant de lui donner le pouvoir.
Les virus seraient-ils à l’origine des espèces ? Certains d’entre eux s’insèrent dans des parties de l’ADN, négligées par la science jusqu’ici. Elles agiraient sur les caractéristiques de l’individu. 

Politique, pharmacie, Warren Buffett, retraités et quelques autres

Affligeants politiques, semble dire The Economist. Ils n’obéissent qu’à leur seul intérêt, d’une inconcevable médiocrité. Caractéristique certaine : s’opposer à l’intérêt général. Ici Mme Merkel détricote le mécanisme que la zone avait mis en place pour éviter la dislocation. Là, M.Rajoy fait preuve à la fois d’incompétence et d’un sens del’honneur pitoyable. Et que dire de l’Inde ? Un magma de partis corrompus. On a retrouvé M.Kohl. Dans une chaise roulante, incapable de parler. Il a été victime d’un accident de cuisine. Visiblement c’était un tyran domestique, haï des siens. Curieusement, l’article se fait l’écho d’une de mes théories : sa gestion de la réunification allemande pourrait être à l’origine de la crise de l’euro. Il y a aussi des élections en Géorgie. Un suppôt de Bush y affronte un milliardaire inquiétant. Aux USA, les élections ne sont plus une question d’idées mais de logistique : chaque camp recrute des électeurs avec des moyens et une efficacité américains. La perfide Albion partage ses ambassades avec sa colonie canadienne. Décidément, elle n’est pas européenne. Le LDP japonais choisit comme candidat premier ministre un ancien premier ministre qui s’est ridiculisé, ce que compense sa haine des Chinois. En Argentine, où l’inflation atteint 25%, la présidente, qui vit d’expédients, est chahutée. Mais la situation économique du pays devrait s’améliore, et la sauver. En politique, le crime ne tue pas. C’est peut-être Hugo Chavez qui paraît le plus honnête de la bande. Certes, il ne laisse pas de place à l’expression de son opposition, mais au moins les élections sont libres.
Il y a pire que la politique : l’industrie pharmaceutique (chronique du livre Bad Pharma de Ben Goldacre). Le processus d’approbation et de diffusion des médicaments serait parfaitement manipulé. Si bien que le médecin a peu de moyens de connaître le degré de nocivité ou d’efficacité de ce qu’il prescrit : « des gens (…) meurent pour rien ». On a d’ailleurs expliqué pourquoi la pharmacie mais aussi l’éducation consomment de plus en plus de nos revenus. Elles ne connaissent pas de gains de productivité. Mais leurs salaires suivent ceux des industries qui en connaissent. Intelligent, mais ça ne me semble pas toute la réalité. « Les industries à productivité » l’ont trouvée dans l’exploitation des pays émergents. Les couches supérieures de l’entreprise se sont enrichies au détriment des couches inférieures. Les universitaires, les cadres du pharmaceutique… voyant que des gens de même diplôme gagnaient beaucoup ont voulu faire de même.
Le secret de Warren Buffett est connu ! Les fonds de retraite n’ayant pas le droit de s’endetter, pour ne pas prendre de risques, ils sont contraints d’acheter des actifs risqués pour avoir un fort retour sur investissement. Ce qui laisse à Warren Buffet les titres sans risque, et sous évalués ! En outre, il possède une activité d’assurance, qui lui permet d’emprunter à un taux record. D’où gros « effet de levier ». Malin.
Tout aussi lucratif. Les Baby boomers arrivent à la retraite, après un hold up. Ils ont beaucoup gagné, parce qu’ils ont eu peu d’enfants, et ont été jeunes à une époque où il y avait peu de retraités. Maintenant, ils utilisent leur poids politique pour faire payer les jeunes. Le déséquilibre ne sera bientôt plus tenable. Nous aurions le choix entre l’inflation et la crise. En revanche, Steve Jobs est bien mort. Pour la première fois, Apple sort un produit, un logiciel cartographique, qui n’est pas au point (ce que je confirme). Apple devient une entreprise ordinaire ?
Article sur l’Inde. Elle aurait tout accepté de l’Occident, sauf la logique économique, qui lui est imperméable. Ce que regrette The Economist, qui lui prédit l’avenir des USA, si elle se transforme. N’a-t-elle pas tout pour lui ressembler ? Sauf un rêve : s’enrichir. En Chine, il ne fait pas bon être dans le hit parade des milliardaires : cela attire sur vous l’attention de l’Etat…
Une histoire de robots, pour finir. On aurait trouvé le moyen de réduire massivement leur prix (22.000$). Bonne nouvelle pour l’automobile, qui en consomme beaucoup. Apparemment, le nouveau robot serait capable de détecter les obstacles et aurait des articulations non rigides, faciles à guider manuellement. Donc, plus besoin de système de programmation compliqué et de protection.  

France désemparée, Inde libérale, Chine belliqueuse, calotte fondante…

The Economist félicite la France. Finies les fanfaronnades, son gouvernement embrasse la raison économique. Encore faut-il qu’il passe à l’action immédiatement. Mais peut-être avec un peu moins de brutalité qu’au Portugal, qui se révolte contre la rigueur. L’Inde, aussi, se libéralise. Moins de subventions pour le diesel, les investissements étrangers sont autorisés, la grande distribution internationale va rationaliser le marché indien. Des myriades de petits boutiquiers inefficaces vont mordre la poussière. (On ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs ?)

Les banques centrales ont fait ce qu’attendait d’elles le marché, à savoir exprimer clairement leurs intentions. La FED attaque le chômage, et la BCE défend l’euro. Mais le journal n’est pas satisfait des gouvernants européens. Ils se sont embarqués dans la construction d’une Europe utopique, alors qu’ils devraient se préoccuper des besoins immédiats de l’économie. Et ce n’est pas mieux aux USA. On s’insulte entre prétendants à la présidence, ce qui ne présage rien de bon quand au désamorçage de la bombe budgétaire de fin d’année. Et Romney fait gaffe sur gaffe. Mais cela affecte moins l’électorat que la santé de l’économie. (Je m’interroge : ne serait-il pas utile de chercher une explication à ses gaffes : travestit-il la réalité pour faire plaisir à son public du moment ? Est-il idiot, ou incapable de préparer un dossier ? Demain, prendra-t-il des décisions sans comprendre ce qu’il fait ?…)

La Chine et le Japon vont-ils entrer en guerre pour des îlots inhabités ? Parallèle avec l’Allemagne d’avant guerres, puissance montante et revancharde ?

Grand chambardement dans l’industrie du transport. Internet a remplacé la voiture dans la culture occidentale. Ce n’est plus la bagnole qui fait l’homme. Les émergents continueront à s’équiper, certes, mais vont vite suffoquer sous les embouteillages d’un monde hyperurbanisé. Bref, l’avenir serait à la voiture sans chauffeur, au partage, au vélib et au transport en commun.

EADS va-t-il s’unir à BAE ? Cela dépend des gouvernements européens. Pour ma part, je me demande si ce n’est pas un marché de dupes. Et si le patron d’EADS voulait surtout devenir gros ? Et si, pour cela, il absorbait un BAE vacillant et survalorisé ? D’ailleurs, qu’un si gros morceau de l’industrie aéronautique européenne soit entre les mains d’une seule entreprise n’est-il pas dangereux ? Et si elle faisait faillite ?… Ici, comme pour sa politique économique, notre gouvernement semble désemparé. Se fait-il rouler dans la farine ? En est-il réduit à adopter les idées de ceux qui en ont ? Patrons ici, économistes libéraux, là ?

Pour finir, la calotte glacière bat tous les records de fonte estivale. Le climat mondial pourrait en être bouleversé. Mais rien ne s’est encore passé. L’économie va-t-elle profiter du dégel ? Le comportement des éléments est trop incertain pour cela.