Chine : début de la fin ?

Evergrande, gigantesque promoteur immobilier chinois, est en difficulté. Lehman Brothers chinois ? Faut-il craindre une crise mondiale ? J’entendais un interviewé de la BBC (jeudi dernier) dire que le risque était plutôt un ralentissement de croissance de l’économie chinoise : cette crise appauvrissant le citoyen. Or, la croissance chinoise est le moteur du monde…

Cela m’a rappelé une de mes anciennes prédictions. J’ai pensé que Chine et Japon se ressemblent par leur culture. Et que la Chine connaîtrait un repli après une forte croissance. Or, il se trouve que le repli japonais a commencé par une crise immobilière… Y a-t-il plus qu’une coïncidence ? 

Aide à la personne et aide à la pierre

La spéculation immobilière est un mal mondial. Elle éjecte les pauvres des bassins d’emploi, elle les appauvrit, voire en fait des chômeurs. Mais le pauvre n’en a pas conscience.

Le problème vient de ce que l’on a transformé l’aide à la pierre, en aide à la personne, entend-on dire. Dans le premier cas, la collectivité construit des habitations et les loue. Dans le second, on donne de l’argent à une personne pour qu’elle finance un achat. Dans le premier cas, les loyers sont bas ; le second produit une bulle spéculative qui a pour effet pervers un appauvrissement de celui qui est aidé. Le phénomène que l’on observe aujourd’hui. Seulement, personne ne veut de la première solution. Je désire avoir ma maison, à moi.

Le gouvernement semble vouloir supprimer l’aide à la personne. Seulement, ce n’est pas le seul facteur spéculatif. Et il y a peut être des gens qui ont besoin d’aide.

Bonne solution ? Un mélange des deux ? Des zones hors marché, où certains sont subventionnés pour construire leur habitat. C’est, plus ou moins, la solution qu’avait trouvée le capitalisme paternaliste. Ainsi, il avait un personnel fidèle, et pas cher. Et ce serait encore le cas : les entreprises ont tout à gagner à ces mesures. Comme quoi, l’interventionnisme peut-être bon pour l’économie ?

(Ce que j’affirme concernant la capitalisme paternaliste est partiellement faux : il faisait de l’aide à la pierre, il construisait les maisons de ses ouvriers et de ses cadres. Mais il leur laissait des jardins, et possédait des maraichers, par exemple, ce qui faisait que l’employé jouissait d’une forme de liberté de choix et de droit de propriété. C’est, du moins, la pratique de la famille Lafarge, qui habitait près de chez moi.)

Location d'appartement et économie comportementale

AirBnB chasse le pauvre des villes, entend-on dire. Il se trouve que j’ai fait une mission dans le monde de la location d’appartements, il y a quelques années, et que j’en ai tiré une vision de la question un peu plus nuancée.

En lisant une revue de mon assureur, je vois que dans un cas sur deux, un propriétaire a des difficultés avec son locataire (assurez-vous !) : diantre. Effectivement, dans mon cercle étroit, j’entends des histoires horribles de dégradation d’appartements, et même d’escroquerie organisée, et même d’agent immobilier ne reversant plus les loyers qu’il perçoit (on gère mal son argent dans ce métier ?). Il y a des gens qui s’en sortent très bien, parmi ceux que je côtoie. Mais ils ont fait de la location un métier, quasiment.

En fait, il n’y a pas de bons propriétaires et de mauvais locataires. Les locataires souffrent aussi, sérieusement. J’en déduis qu’il y a une culture de la location, et qu’elle est sauvage. Je m’y ferais plumer.

Si l’on déduit les impôts et les coûts de remise en état des appartements des loyers, le rendement du capital investi est très faible. Eh oui, ce qui détermine le prix du loyer, ce n’est pas tant AirBnB que la spéculation immobilière, qui augmente le prix des biens. Dans ces conditions, mieux vaut ne pas louer ? C’est là où la location de courte durée (AirBnB n’est qu’une des solutions possibles) entre en jeu. Car, non seulement elle peut rapporter plus qu’une location normale, mais elle est associée à une remise en état permanente des locaux.

Apparemment, la mairie de Paris s’en est pris aux loueurs de courte durée (hors AirBnB). Je doute que ce soit la bonne façon de faire pour réduire le prix de la location à Paris.

La Russie veut briser l’Europe

Ce qui se livrerait en Ukraine, ce serait le choc des civilisations. D’un côté, le modèle occidental de la liberté individuelle, de l’autre son antithèse, et son champion, Poutine. Il se bat pour les « valeurs » de la Russie, « la plus importante étant le monopole de l’Etat sur le pouvoir ». « Le rôle joué par l’idéologie communiste a été en grande partie remplacé par celui de l’Eglise orthodoxe, qui, comme l’Etat lui-même, s’est transformé en quelque chose qui ressemble à un monstre. » Il cherche à exporter son « idéologie », « de même que jadis, il exportait le communisme ». Dans cette guerre, la stratégie de M.Poutine est de diviser l’Europe. Pour ce faire, il finance les partis extrémistes (droite et gauche) et les écologistes européens. Dernièrement, il est devenu le financier du Front National. « Il veut exercer une pression sur les maillons faibles de l’Europe pour briser l’unité européenne. » Et l’un de ces maillons faibles est la Hongrie, « Etat illibéral », dépendant du gaz russe. Grande tentation : attaquer un pays balte, à forte minorité russe, mais d’une manière ambiguë, qui n’entraîne pas une interprétation évidente du traité d’entraide de l’OTAN, et donc produise un déchirement de l’alliance.

En Europe, Mme Merkel est assise sur un tas d’or. Elle laisse son pays tomber en ruine. Et l’Europe sombrer dans le cercle vicieux de la dépression. DSK explique que, trop occupé à « sauver le monde », il n’avait pas la tête à vérifier la nature, payante ou non, de ses distractions libertines. Cela va-t-il pousser les Français à se préoccuper de la vie privée de leurs gouvernants ? Et l’armée anglaise est en déshérence « la Grande Bretagne n’a plus une idée très clair d’à quoi servent ses forces armées ». D’ailleurs, elle a disparu de la scène internationale ! La Grèce a subi « un effondrement économique équivalent à celui qu’a connu, de l’autre côté de la Méditerranée, la Lybie ». Son gouvernement est pris entre le Charybde de ses créanciers, et le Scylla de ses alliés de gauche et de droite, sans compter l’espoir renaissant de son peuple.

En Inde, la croissance, pour peu que les chiffres soient fiables, dépasserait celle de la Chine. Par ailleurs, l’amour de l’électorat pour son arrogant nouveau premier ministre semble tiédir. Aux USA, contre toute attente, les pouvoirs militaires du président ne font que croître.

Un moyen d’améliorer l’école des pauvres ? Un programme qui transforme en enseignants, pour deux ans, d’excellents élèves doués d’un tempérament de leader. En revanche, l’Anglais est particulièrement mal enseigné. Cause ? Des enseignants qui ne parlent pas anglais…

Le « crowdfunding » lève 72m$ pour un jeu vidéo. L’industrie de la mode utilise ses défilés comme moyen de communication, permettant de vendre au consommateur électronique final.

La baisse des cours du pétrole a fait boire un bouillon à beaucoup de fonds d’investissement. Ce qui fait des affaires pas chères à récupérer par leurs collègues. L’immobiliera la faveur des investisseurs. Il n’est pas encore spéculatif…

L’innovationserait le fait d’une forme de sélection naturelle agissant sur de petites évolutions aléatoires. Au moins en ce qui concerne le violon. Le système monétaire pose un problème : pour qu’il fonctionne correctement, ce qui semble signifier une forme de monnaie unique, il demande au peuple une « discipline » qu’il est rarement prêt à accepter. 

Les robots arrivent…

Les robots vont-ils envahir le monde ? L’invasion serait plus une question de robotisation que de robots. L’avenir serait à des robots bêtes et pas chers ; des robots partiellement dépendants de l’homme ; une « robotisation » accrue de parties mais pas du tout. Selon The Economist, ce serait suffisant pour liquider un grand nombre d’emplois.

Ukraine. M.Poutine désirerait étendre l’empire russe. En commençant par l’Ukraine de l’Est. Les russophones du monde entier s’en réjouissent. Les pays baltes craignent d’être les prochains sur sa liste. Et, grâce à lui, les USA et l’Europe se rapprochent et l’OTAN a retrouvé une raison d’être.

Explosive Irlande du Nord : « Les principales raisons qui expliquent l’échec de l’Ouest à remodeler les sociétés en Irak, en Afghanistan et ailleurs étaient visibles depuis toujours dans ce coin de Grande Bretagne : l’histoire et la culture, les orphelins d’une politique néoconservatrice, ont presque toujours le dessus sur ses favoris, la démocratie et la prospérité. »

Raidissement du pouvoir en Turquie, prise de pouvoir de l’armée en Egypte et Obamacare dysfonctionnel, course en avant.

Amérique latine. Ralentissement en Chine. Fin de la croissance tirée par les matières premières. Heureusement, les pays de la région ont été un peu moins cigales que d’ordinaire. Mais, ils innovent peu, et leur infrastructure de transport est mauvaise. « Le risque que coure la région n’est pas, comme avant, une crise, mais un choc entre une croissance faible et le réveil des attentes d’une classe moyenne en pleine expansion. » Les entreprises africaines emploient peu. Taux de change surévalués, main d’œuvre exceptionnellement peu productive, gouvernements qui rançonnent les grandes entreprises et poids de l’agriculture, privée d’investissements.

Elections en Afghanistan. « Beaucoup d’Afghans ont peur de perdre dans le changement de gouvernement – une menace qui apparaît à certains plus grande que celle d’un retour des Talibans. » La Chine, curieux pays. Riche (collectivement) et pauvre (individuellement) à la fois, et qui s’endette pour pouvoir économiser…

Bataille contre les cartels. Ils s’établiraient dans des métiers dominés par 3 ou 4 entreprises. Le cartel serait une « réaction à une menace existentielle », des donneurs d’ordres exerçant une trop forte pression sur leurs fournisseurs. On les attaque en divisant pour régner. C’est-à-dire en promettant l’impunité à ceux qui balancent leurs comparses. Stress tests. Apparemment, les banques centrales cherchent à créer, par leurs tests, des crises fictives. Et ce afin que les banques ne puissent s’endormir. Immobilier d’entreprise : bulle ? Les bas taux d’intérêt font que l’on construit des immeubles, sans demande (notamment à la Défense). Les investisseurs forcent les entreprises à s’intéresser aux risques environnementaux (la législation en étant un). Toujours pas assez d’inflation. Les banques centrales doivent viser plus haut.
J’imagine que Mark Zuckerberg doit laisser des pourboires d’un m€. Il vient d’acheter 2md$ une nouvelle start up. Il obéirait, comme ses pairs, à deux modes. Celle de la plate-forme, et celle de la réalité virtuelle, la prochaine plate-forme. Uber, service de taxis en ligne, fixe ses prix selon l’offre et la demande. Si bien, qu’ils atteignent des sommets quand tout le monde a besoin de se déplacer. (Invention du taxi pour les riches ?) De grands journaux numériques apparaissent aux USA, capables de faire du vrai journalisme. Mais ça n’a pas profité à la presse locale. Et il y a de moins en moins de journalistes.

Bricolage génétique. On reconstruit les chromosomes de la levure, en éliminant ce qui ne semble pas utile, et en ajoutant ce qui pourrait l’être. Demain, c’est au tour de l’homme. On découvre que les confins du système solaire ne sont pas ce que l’on croyait. Par des exercices, ont parvient à éduquer le cerveau et à guérir des maladies (certaines dystonies).

Guerre de 14. Histoire d’un changement ? La guerre a été d’un degré de complexité sans précédent. Les armées ont dû s’adapter. La responsabilité de son déclenchement irait à l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et la Russie. 

Croissance fictive et immobilier

Nouvelle preuve à l’appui de la théorie d’une croissance fictive créée par l’Etat ? Un agent immobilier m’explique que la bulle immobilière actuelle est créée par les prêts à taux zéro de l’Etat. Ils ont donné à beaucoup de gens l’envie d’acheter des logements. L’offre n’ayant pas suivi la demande, cela a maintenu artificiellement élevés les prix.

J’imagine que cela a dû coûter fort cher à l’Etat : non seulement il a financé les prêts, mais en plus ces prêts ont servi à acheter des biens au dessus de leur valeur.

Pauvres Allemands, riches Chypriotes, ou les illusions de l'euro

Les Grecs, les Chypriotes et les Espagnols sont ils (beaucoup) plus riches que les Allemands ? Depuis quelques temps on parle d’une étude qui le montrerait.

A y regarder de plus près, on découvre que ce qui fait la fortune du sud, c’est une bulle immobilière spéculative. Et que les Chypriotes dépensent 30% de leurs revenus en alimentation contre 15,6% pour les Allemands. Autrement dit, ce que nous valons en euros n’a aucune signification.

L’étude révèle aussi de fortes inégalités en Allemagne même. Serait-ce pour cela que ce pays est aussi hargneux ? Son apparente prospérité masque la souffrance d’une partie de son peuple ?

Doit-on lire ces chiffres comme la démonstration qu’une économie construite sur les lois du marché n’est qu’un miroir aux alouettes, et que les réformes allemandes ne sont pas une solution, mais un problème ?

Famille américaine : retour aux années 90

Une famille hypothétique, plus riche que la moitié des familles de la nation et plus pauvre que l’autre moitié, avait une richesse nette de 77.300$ en 2010 contre 126.400$ en 2007, a dit le Fed.

Intéressante analyse. La classe moyenne américaine n’est pas plus riche que dans les années 90 ! La richesse de la classe moyenne, c’était sa maison, dont le prix s’est effondré. Celle des plus riches vient des revenus du capital, qui se sont apparemment maintenus. Celle des plus pauvres vient en partie des subventions de l’Etat, qui ont augmenté… (Family Net Worth Drops to Level of Early ’90s, Fed Says – NYTimes.com)

Bref, les classes moyennes se sont faites écrabouiller. Curieuse situation pour quelqu’un comme moi qui vient d’une ère où l’on ne parlait que d’un progrès continu. Curieux aussi si l’on se souvient du discours qui a été tenu récemment sur les vertus du libéralisme triomphant.

Je me demande si le danger de notre situation actuelle n’est pas que, même si les solutions qu’ils proposent sont pires que le mal, seuls les partis politiques extrêmes parlent de la réalité. Les partis traditionnels sont dans l’idéologie et le déni.

Comment sauver l’Espagne

Comment sauver l’Espagne ? se demande The Economist.

La Grèce, cas désespérant, ayant été plus ou moins enterrée, il faut se préoccuper de l’Espagne qui, elle, constitue un sérieux danger pour l’Europe.

Apparemment, le gouvernement espagnol soignerait le déficit du pays, alors qu’il devrait recapitaliser ses banques, qui chancellent sous les conséquences de la spéculation immobilière qu’elles ont alimentée. D’ailleurs, l’État espagnol était relativement peu endetté avant la crise. Mais maintenant il l’est. Comment s’endetter plus ? L’Europe, l’Europe ?
Compléments :