Immigration

L’anthropologue Marc Augé observait que l’Occident globalisé et métropolisé avait exercé une fascination sur le reste du monde, à l’image de celle qu’ont exercée, jadis, les villes sur les campagnes.

Même cause, même effet : immigration. Une explication originale.

Ce qui m’a rappelé mon père, qui, quelque temps avant sa mort s’était acheté sa première télévision. Il regardait des Westerns, pas pour l’histoire, mais pour le paysage. C’était un amoureux de la nature. Pourquoi l’avait-il quittée ? Drame de l’immigré ?

Sang neuf

J’entends souvent que le Français de la métropole est paresseux et qu’il faudrait rapatrier l’expatrié. Ce serait un entrepreneur.

Je ne prétends pas avoir une vision exhaustive du sujet, mais j’ai tout de même dans mes relations plus ou moins proches pas mal d’expatriés, aux USA ou au Canada, dont certains sont à l’origine de start-up qui valent 50md.

Eh bien, tous ces gens ont un point en commun : ce ne sont pas des entrepreneurs, mais des immigrés.

Ils ont apporté aux USA des compétences (souvent la formation des grandes écoles) qui manquaient. Ils ont profité de très hauts salaires, alors qu’ils avaient des besoins français. Si bien que souvent ils ont abandonné une carrière qui aurait pu être brillante pour faire des sortes de « petits boulots » techniques, dont ils vivent très bien. J’en connais qui aimeraient revenir en France, mais ils ont constaté qu’ils n’y trouveraient pas de travail. 

Petit bateau

Hier, il était interdit de parler d’immigration, maintenant, il n’est plus question que de cela.

La BBC interviewait des candidats à l’immigration installés en France et attendant un « petit bateau » pour venir en Angleterre. Explication : on trouve du travail en Angleterre, mais pas en France et en Allemagne. Voilà qui semble expliquer simplement pourquoi l’on ne peut pas mettre un terme à cette immigration.

Au passage, l’émission remarquait que les élus de l’autre côté de la Manche étaient quasiment tous RN. Lien de cause à effet ?

Energie du pauvre

Dans un précédent billet, je disais que le pauvre avait transformé le sport. Non seulement, il était devenu professionnel, mais, aussi, il avait battu tous les records. Il en est de même partout. Le progrès semble avoir besoin de sang neuf.

Actuellement, on est en période de « pénurie RH ». Or, les recruteurs ont découvert que le mal avait une solution quasi miraculeuse : la motivation. Une personne motivée est capable de quasiment tout apprendre ! Et très vite. Pour une société pour laquelle le diplôme est tout, voici un constat déprimant.

Ce qui fait la force du pauvre est probablement cette motivation. Mais aussi la caractéristique de l’autodidacte, qui poursuit toujours des objectifs plus élevés, parce qu’il met au compte de son incompétence son incapacité à les atteindre facilement. Et peut être aussi que, comme c’est le cas pour Martin Eden, vu de loin, ce que possède la classe privilégiée paraît bien plus beau qu’il n’est. Motivation décuplée.

Seulement, tout le monde n’a pas ce type de motivation, et la classe privilégiée, qui, elle, tend à s’endormir sur ses lauriers, cherche souvent à couper les ailes de celle qui ne l’est pas. Et à se reposer sur l’immigration, comme le firent les Athéniens, un temps.

Rien n’est simple ! Mais que donnerait une société d’égaux ?

Immigration réelle

Je me demandais comment il se faisait que les Britanniques recrutent autant d’immigrés (leur population augmente, de ce fait, de un pour cent par an). Affaires étrangères de France culture me répond : Boris Johnson. Il a conditionné l’acceptation de l’immigré de l’empire britannique à son niveau de qualification professionnelle. Niveau inexistant.

Apparemment les gouvernements européens, à commencer par l’italien, font la même chose. D’un côté, ils se disent férocement anti-immigration, de l’autre ils font appel en masse à l’immigration. Pourquoi ? Parce qu’elle est demandée par le patronat. Si bien que l’immigration est devenue économique. La victime de persécution est indésirable. L’envers de l’esprit européen.

Nouvel exemple d’énantiodromie ? Alors que l’on nous a rebattu les oreilles de la mission humanitaire de l’Europe, elle fait en pratique désormais l’exact inverse ! Et les militants de cette noble cause ? Ils sont inaudibles.

Raison de ce triste état de fait ? L’injonction paradoxale d’une organisation du travail qui n’est pas conçue pour l’homme, mais pour la machine, et à défaut pour la bête de somme et d’une ligne politique uniformémement partagée, qui affirme que la bête de somme est une vache sacrée ?

(Par ailleurs, l’immigration n’est pas une solution durable : l’immigré a pour vocation de subir le même sort que le natif. Si bien qu’il faudra toujours plus d’immigrés pour nourrir une population qui n’a plus envie de travailler.)

Immigration

Affaires étrangères de France culture souligne un paradoxe : les champions de la lutte contre l’immigration, comme Mme Melloni, sont en fait des champions du recrutement d’immigrés !

Il y a deux types d’immigration, celle qui est jugée « illégale », qui est combattue, et celle dont les entreprises ont besoin, en masse, qui est organisée au moyen souvent d’accords bilatéraux, qui sortent des traités européens.

Il y a une nouvelle dont la France devrait prendre conscience : plus un pays est industriel, plus il a besoin d’immigrés…

Et une autre que Mme Le Pen semble ne pas avoir saisie : moins les autochtones travaillent, plus tôt ils vont à la retraite, notamment, et plus il faut d’immigrés.

Au fond, il n’y a pas un parti politique pour rattraper les autres, tous sont « populistes » ? Aucun n’est capable de nous présenter la réalité de notre situation ?

Fluctuante immigration

Hier, la BBC annonçait que le premier ministre anglais, de gauche, rendait visite à Mme Meloni. Il fait du « benchmarking ». Il compte s’inspirer de la politique qu’elle a adoptée vis-à-vis de l’immigration.

La même émission disait que l’Allemagne n’avait pas pris des mesures de contrôle de l’immigration du fait de la montée de partis extrêmes mais sous la pression populaire. Le fait que des crimes récents aient été commis par des immigrés n’a pas amélioré leur image. Le CDU de Mme Merkel fait de l’immigration le fer de lance de sa reconquête du pouvoir.

Avant-hier, Mme Meloni, descendante directe de Mussolini, était le diable. Et l’immigré un opprimé. Que les discours officiels changent en peu de temps !

Fluctuante immigration (suite)

Depuis quelque temps, on entend que le gouvernement allemand ferme ses frontières à l’immigration. Et c’est un gouvernement de gauche.

Quel chemin parcouru ! Il n’est pas loin le temps où le gouvernement, de droite, de Mme Merkel encourageait l’immigré à venir chez lui !

Et tout cela venant d’un pays qui est, du fait de ses atavismes culturels, un extraordinaire donneur de leçons.

« Il faut bien que je les suive, je suis leur chef » ? La morale ne pèse pas lourd face aux contingences de l’existence ? Et ce parce que le moraliste n’a aucune expérience de la réalité, et donc aucun pouvoir sur elle, sinon son ramage ?

Fluctuante immigration

L’autre jour, un « petit bateau » de plus avait fait naufrage, dans la Manche. Le gouvernement travailliste anglais s’en prenait aux trafiquants d’êtres humains.

Il serait intéressant d’étudier l’évolution de ce qui est dit de l’immigration, au moins par la radio. Jadis, il était mal de condamner l’immigration, maintenant il est bien de condamner ce qui lui permet d’exister…

Ce n’est pas la girouette qui change… ?

Assassinat

Un jeune homme de 17 ans assassine trois petites filles lors d’une fête, en Angleterre.

Il est issu de l’immigration.

L’incident suscite des manifestations violentes. On casse et on brûle. On soupçonne la main de l’extrême droite.

Curieuse façon de traiter l’événement, me suis-je dit. Comment la BBC l’aurait-elle commenté si l’assassin avait été un natif, et ses victimes des immigrés ? Aurait-elle dénoncé les « casseurs » ou aurait-elle parlé d’une colère légitime ?

Et pourquoi ne s’intéresse-t-elle pas aux raisons qui poussent un jeune homme à détruire sa vie ? Et si les conditions d’existence qui sont offertes aux immigrés méritaient un examen ?