La fabrique du barreur

Dans un précédent billet, je disais que Le Monde avait perdu son barreur. Qu’est-ce qui fait les bons barreurs ?

Je me demande si le barreur ne demande pas une longue construction. Beuve-Merry ou de Gaulle sont arrivés tard au pouvoir, par le plus grand des hasards d’ailleurs, après une dure vie de combat qui les a forgés. Par contraste, le journaliste ou l’homme politique a été fait par ses études. Il est porteur des valeurs du milieu qui l’a formé. Ce sont, au mieux, des idéologies, au pire des modes. En dehors de sa « volonté de puissance », il n’a pas de colonne vertébrale ?

Histoire des idées

De la façon dont nous sommes gouvernés et de ses conséquences, suite.

Les bons élèves qui nous gouvernent appliquent les idées que leur apportent des travaux « scientifiques », celles qui font « consensus » (cf. commission Attali). Or ces idées ne sont pas fondées sur l’observation de la réalité. Elles ne sont pas « falsifiables » : on n’a pas tenté d’en vérifier les prédictions.

Elles ne sont que la « rationalisation » des intérêts, mal compris, de telle ou telle classe de la société. Mal compris car cette classe, isolée de la réalité, n’a pas compris qu’elle n’est rien sans la société.

Ces idées produisent, en conséquence, des drames. Ce n’est pas par hasard s’il y a eu Brexit et Trump. Les Anglais ont réformé l’Europe, et les Américains, le monde. Et ils ont été les premiers à subir les effets de leur idéologie.

Les bons élèves qui nous gouvernent ont appliqué ces idées avec enthousiasme.

Faut-il les condamner, ou leur en apporter de meilleures ? Des idées tirées de la réalité ?

Psychologie du cycliste parisien

Le cycliste parisien aurait pour pratique habituelle de frapper la carrosserie des véhicules qui le gênent, disait l’émission de la BBC dont il était question plus haut.

Le cycliste ne serait-il qu’une personne qui veut se déplacer ou un Jihadiste ? me suis-je demandé.

Cela m’a rappelé une histoire qui m’est arrivée à l’époque où je vivais à Paris. Je traversais, seul, un passage clouté d’une rue déserte lorsqu’un cycliste s’est offusqué que je ne fasse pas attention à lui ! Je me demande maintenant si ce n’était pas un de ces redresseurs de torts. En fait, j’ai été tellement surpris du spectacle ridicule qu’il donnait, il était déguisé en vieille grenouille jaune, que j’ai passé mon chemin.

Plus curieux, la bicyclette n’a pas attiré que les redresseurs de tort, leurs ennemis se sont joints à eux. Faire de la bicyclette a quelque-chose de « macho ». C’est un signe extérieur de jeunesse éternelle. J’ai fait la même remarque sur le tatouage. Etrangeté du comportement humain.

Bataille du vélo

La BBC consacre une émission à la bicyclette à Paris.

Elle commence par un meurtre. Un automobiliste écrase délibérément un cycliste. Elle se poursuit par une traversée d’un Paris qui ressemble à un no man’s land où aucune loi n’est respectée. Les voies cyclables ont été installées en dépit du bon sens, sans tenir compte des risques qu’elles font prendre aux uns et aux autres. La politique de la mairie a déclenché une forme de guerre civile. Mais, un élu, fort calme, explique que cela passera. Les commerçants se plaignent de ne plus avoir de clients ? C’est la faute d’Internet, pas de ce que l’on ne peut plus les atteindre en voiture. De toute manière, n’est-ce pas le sens de l’histoire ?

En écoutant l’émission, j’ai pensé que l’idéologie devrait être condamnée par la loi. Elle tue.

Vive la police !

L’autre jour la BBC s’interrogeait : pourquoi est-ce que la police anglaise est si mal aimée ?

En effet, elle a fait l’objet récemment d’actes de grande violence.

Ils étaient attribués à « l’extrême droite ». Curieusement, quand la dite « extrême droite » n’est pas concernée, le sort de la police inquiète peu la BBC. De même qu’elle ne s’interroge pas sur l’impact que peut avoir son interminable série d’enquêtes qu’elle consacre à ses « malversations ».

Qu’un comportement présente des contradictions ne serait-ce pas un signe que l’on suit une « idéologie », autrement dit que l’on ne pense pas ?

Les idées d’Erasme

Erasme, prince des humanistes, de France culture.

Erasme se serait fait dépasser par ses idées.

Je me demande si ce n’est pas un phénomène général. Je lisais qu’il en avait été de même de Luther. Et une biographie de Mme Thatcher semble penser qu’elle n’aurait pas approuvé ce que l’on a fait de ses idées. Il en était probablement de même pour Einstein et l’énergie atomique.

Je me souviens d’une photo d’une casse automobile, collée à côté d’une machine à café : conçu par des ordinateurs, construit par des robots, conduit par des Italiens.

Et si l’on ne devait pas s’arrêter à émettre des idées ? Et si l’on devait s’interroger sur ce que la société en fera ?

23andMe

Décidément, ce blog, c’est du réchauffé. Il y a déjà pas mal de temps que je me dis que je dois écrire quelque-chose sur 23andMe. (En outre, ce billet s’était perdu dans mes brouillons.)

23andMe, c’est l’histoire de notre temps. C’est créé par un membre de l’aristocratie de la Silicon Valley, le type de personne auquel on donne des sommes colossales pour financer ses idées, et qui se marie aux démiurges locaux (un des fondateurs de Google dans ce cas). 23andMe c’est, aussi, avant tout l’idéologie de la Silicon Valley. Peut-être celle de l’individualisme. Si l’on capte le patrimoine génétique de l’humanité, en le combinant à l’intelligence artificielle, on sera capable de guérir toutes les maladies. Car, comme on le sait dans la Silicon Valley, tout est génétique. Et la mort est une maladie comme les autres.

Tout a bien commencé. L’Anglo-saxon s’est enthousiasmé pour son patrimoine génétique. Seulement, analyser des crachats n’était pas suffisant pour faire vivre l’entreprise. Et les données collectées n’ont apparemment pas été jugées d’un intérêt suffisant pour payer ses dettes. Lorsque j’ai eu l’idée d’écrire ce billet, on parlait de faillite… L’idéologie ne vit que le temps d’une spéculation ?

Conflit de générations

Un entrepreneur mûr me parlait d’incommunicabilité. Il ne parvient pas à parler aux entrepreneurs jeunes. Pourtant, son métier est le développement durable.

Il donne une explication à laquelle je n’avais pas pensé : le jeune est convaincu que le vieux est coupable de l’état de la planète, et qu’en conséquence, ce dernier est un dangereux incompétent. Et, surtout, qu’il, le jeune, doit suivre ce qu’il a dans la tête. Tout ce qu’on peut lui dire ne compte pas, il est faux.

L’intérêt que je vois dans cette hypothèse est qu’elle donne un nouvel exemple d’une situation dans laquelle un homme peut se couper du reste de la société et, surtout, inventer une « vérité alternative », qui vient de nulle part. Au fond, c’est ce que l’on a appelé le « phénomène communautaire ». C’est peut-être, tout simplement, l’explication du fanatisme.

Quels en sont les ingrédients ? Personne coupée de la réalité ? Résultat à la fois du « libéralisme » qui rompt le lien social, par principe, et d’un bombardement de l’individu, isolé, de slogans idéologiques, quels qu’ils soient ?

C’est énergie que vent apporte

Pauvre Angleterre. Le vent ne souffle plus. Une fois de plus. Or elle dépend énormément de ses éoliennes. Et, il fait particulièrement froid. (Y aurait-il corrélation entre vent et froid ?) Donc, le prix de l’énergie est très élevé. Et elle doit faire, en quelque-sorte, feu de tout bois.

Non seulement cela pollue, mais des vies sont en jeu.

Pourquoi ne parle-t-on pas de ces questions ?

Et si l’idéologie nuisait gravement à la santé ?

(Dans son malheur elle a eu la chance d’être éliminée de la coupe du monde. Elle pourra économiser l’énergie en ne regardant pas la télé, et en se couchant tôt.)

C'est l'idéologie qui fait le clown

Alcatel ou la chronique d’une mort annoncée. Un ami s’y trouvait et me racontait, à chaque fois que l’on se voyait, le progrès du déclin, et ses efforts pour que ses dirigeants ne le précipitent pas par une nouvelle bêtise. Il les appelait « les clowns ». 

Le « fabless » d’Alcatel n’est pas propre à son dirigeant, il illustre la vision « post moderniste » de la France que son gouvernement s’applique à réaliser, avec une détermination remarquable. Notre pays serait-il dirigé par des « clowns » ? 

Qu’est-ce que cela signifie ? Le Français attend tout de l’Etat. Il a tort. Certains parlent de « Grand soir ». Ils croient qu’une idéologie peut en remplacer une autre. Or, c’est l’idéologie qui fait le clown.

Le Français doit tout attendre de lui-même. 

Responsabilité, Solidarité, Exemplarité, dit Dominique DELMAS.