L'âge de la schizophrénie ?

Je cherche un nom pour l’ère qui s’est achevée.

L’âge de la schizophrénie ? Je lisais un article sur « l’identitarisme ». Les blancs y sont anti blancs, les hommes anti hommes, les riches anti riches, les écologistes anti humanité, les défenseurs des droits de l’homme et de la « compassion » anti universalisme, et les intellectuels sans rigueur intellectuelle ! Une science sans conscience. Comment une société peut-elle engendrer un tel phénomène ? 

G.Bateson pensait que la schizophrénie venait de « l’injonction paradoxale » à laquelle était soumise l’enfant par sa mère. Elle lui disait l’aimer, tout en le repoussant. Est-ce cela ? Ou égoïsme triomphant ? Tout est bon pour imposer ses désirs ? A commencer par le langage ? Le phénomène décrit par Thucydide ?…

Mystère. 

Dialectique

Dialectique, drôle de mot. La dialectique est, peut-être, le mécanisme de pensée de l’humanité. C’est une pensée par contradiction. Un concept émerge, qui contredit ce que l’on croyait jusque-là, ce qui conduit à une meilleure idée… 

J’ai remarqué que l’idée qui émerge est généralement juste, mais interprétée de manière fausse. Par exemple, à un moment, on parlait de « pragmatisme ». Ce qui était probablement une bonne idée, sauf que la définition de pragmatisme est « utiliser ce qui « marche » sans que l’on sache pourquoi« , alors qu’à l’époque, « pragmatisme » signifiait : « utiliser ce qui ne marche pas (ma solution), parce qu’on n’a rien d’autre« . 

Je me demande s’il n’y a pas dans ce mécanisme quelque-chose de systématique, un moteur : l’individualisme. L’individu est en lutte contre la société. De ce fait, il trouve ses failles, qu’il exploite dans son intérêt. Mais, cette solution n’est pas viable, cela conduit à une réaction, d’où progression. 

L’exemple de minorité et d’universalisme (un précédent billet). L’universalisme des Lumières a une faille : il ne voit que « l’homme », mais pas la dimension collective de la société (la « culture » des anthropologues). L’individualiste exploite cette faille par la notion de « minorité dominée ». Puisque nous avons tous une « identité dominée », cela produit une guerre civile. On en déduit, alors, que ce n’est pas sain. On a peut être bien quelque chose en commun. L’essentiel. Du « multiple », on est revenu au « un ». Mais on a progressé : l’universalisme est mieux défini. 

Milliardaire dominé

Flaubert et Baudelaire seraient les ancêtres des Bobos, américains et français. 

Ils étaient très riches, et ont vécu de leurs rentes. Baudelaire, comme beaucoup de ses semblables, était un dandy. Il a dépensé un très gros héritage en un an. 

Serait-ce la caractéristique du Bobo ? Riche, mais « dominé » : on ne lui laisse pas faire ce qu’il veut : rien, ou dépenser de l’argent, magnifiquement ? D’où son combat « identitariste », pour défendre les « identités dominées », comme la sienne ? 

Universalisme et virus

Coronavirus, les experts s’affrontent. Il y a ceux qui distancient. Et il y a un groupe de plus en plus bruyant, qui dit que c’est contre-productif. Le démarrage de la seconde vague n’aurait rien à voir avec la courbe de la première. La politique des gouvernements serait uniquement guidée par un nombre de lits disponibles en hôpitaux. Il pourrait augmenter pour peu que l’on renonce à la politique gestionnaire, qui nous a laissés sans arme face à l’épidémie. Et, en dehors des personnes à risque, qui peuvent être protégées, il serait mieux pour le système immunitaire des autres qu’elles retrouvent une vie normale. (Article.)

Qu’en penser ? Peut-être que tout le monde, partout dans le monde, se pose les mêmes questions. En ces temps où l’on oppose identitarisme et universalisme, le virus nous a rappelé que tout homme avait tout de même beaucoup de choses en commun ! L’essentiel ? 

Religion et asservissement

Identitarisme. Mot laid. Mais c’est fantastique de découvrir un concept ayant un tel pouvoir d’explication. 

Depuis que je suis revenu en banlieue, je me suis découvert une identité dominée. Les trains ne fonctionnent plus, les avions passent en rase-motte. Et, en plus, les crimes qui se commettent dans les communes limitrophes font la une des journaux. Bientôt, on viendra visiter ma ville comme on le fait pour les lieux que fréquentait Jack l’éventreur. La banlieue a été méprisée par le politique. L’identité banlieusarde est la victime de l’identité bobo ! Le petit bobo naît avec, sur la conscience, un péché originel. 

Curieux comme l’identitarisme est proche de la religion chrétienne. Le péché originel aurait-il été une façon d’asservir la population ? Comment se fait-il que les pays du nord, moins royalistes que nous, aient opté pour le protestantisme ? Et que les Anglais, intermédiaires, aient choisi une forme de catholicisme sans pape ? Plus ça change… comme disent les Anglo-saxons ? 

Identitarisme, qu'est-ce que c'est ?

Les discours sont codés. On croit les comprendre. Mais c’est faux. Un exemple : identitarisme. Qu’entend-on par là ? Voici une citation trouvée sur le blog d’un artiste (identitarisme et mondialisation.)

Il y a quelque chose de paradoxal, par exemple dans le domaine sexuel, à faire des identités une typologie artistique. Chacun est alors renvoyé, explicitement ou implicitement, à sa prétendue identité sexuelle, identité qui rassemble elle-même des gens forts différents. La détermination sexuelle est alors considérée comme importante selon le raisonnement suivant : certains types sexuels ont été dominés, pour y résister il faut s’affirmer et être, comme on dit, fier. Bref, ne plus dissimuler discrètement l’objet de la discorde, mais le souligner afin de confronter la domination à son caractère arbitraire. Toutefois, la conséquence qu’on tire a des effets pervers. En effet, sans le vouloir, on confirme la domination parce qu’on accepte les catégories que celle-ci a érigées, même si on les fait passer d’une évaluation négative à positive. On a beau changer le contenu de la domination, celle-ci persiste parce qu’on a pas compris que son contenu réel est la catégorisation comme telle, non le contenu de cette catégorisation. Ainsi, on a beau troubler les identités, comme dans le cas du queer, on finit toujours par reconstituer une catégorie identitaire et par reconduire la domination.

L’identitarisme serait donc lié à une question de domination, et lutter contre cette domination consisterait à affirmer son « identité ». Voilà qui explique beaucoup de choses, dont la fameuse « gay pride » ou le tournant relativement agressif du féminisme moderne.