India über alles ? Alphabet (Google), Microsoft, IBM et Adobe sont dirigés par des Indiens. (Ce ne sont pas les seuls.) Qu’est-ce que ça signifie ?
Étiquette : IBM
Nous sommes tous Marine ?
Vieille Amérique
Après le chaos, la démocratie ?
Devons-nous revenir à un capitalisme entrepreneurial ?
Je lis un article des années 90 sur le changement. Une phrase me frappe : « la concurrence ne fait qu’augmenter ». Le succès qu’a eu cette idée est étonnant. Depuis des décennies la croissance continue de la concurrence va de soi. Le changement permanent est la norme du progrès.
Illustration ? Il y a quelques années, je présentais un entrepreneur à un investisseur. Le dernier a commencé par expliquer au premier à quoi il devait s’attendre : si j’investis chez vous, dans 5 ans vous serez peut-être très riche, mais la société ne sera plus la vôtre ; d’ailleurs, vous serez épuisé ; vous avez un choix à faire : soit un développement paisible et sans gloire, soit une croissance courte et explosive.
HP vend son âme
- KOTTER, John P., Leading change, Harvard Business School Press, 1996.
Entreprise : secret de la longévité
Francis Bernard
Impressionnante présentation de Francis Bernard, le fondateur de Dassault Systèmes. Et très élégant hommage à l’équipe dirigeante qui l’a remplacé (et qu’il a recrutée). Son explication du succès de DS m’a rappelé la pensée chinoise.
- D’abord, il y eut une formidable conjonction de phénomènes favorables. La guerre froide faisait que Dassault sortait un nouvel avion par an, d’où course en avant technologique. Puis fin de la guerre froide et globalisation qui a répandu l’innovante CFAO (et l’anglais que ni DS ni la plupart de ses clients ne parlaient alors !) partout dans le monde. Il y eut l’alliance avec IBM, alors plus grande entreprise mondiale. Elle a apporté un colossal réseau commercial et son savoir-faire de génie logiciel, puis s’est effacée, après 30 ans sans beaucoup de nuages. Il y eut la culture mathématique française…
- Mais DS a aussi su construire un formidable navire pour profiter de ce tsunami.
L’informatique se réorganise
Téléphonie mobile et pays émergents
The Economist consacre un dossier (Mobile marvels) à l’histoire de la téléphonie mobile dans les pays émergents (3/4 des mobiles mondiaux). Où l’on voit l’économie de marché à son meilleur :
Alors que l’on ne parle que de gratuité chez nous, chez les pauvres tout est payant. Sans compter que les plus grands succès ont été remportés sur quelques uns des marchés les plus incertains du globe. Et c’est pour cela que les entreprises de télécom ont fait preuve de génie là bas et pas chez nous. Elles rendent des services inestimables aux populations locales (météo ou conseils pour les paysans, transferts d’argent voire services bancaires (Beyond voice)…), et elles ont réduit leurs coûts en faisant preuve d’une créativité exceptionnelle : locations de téléphone, partages d’infrastructure… (Eureka moments.)
D’où émergences d’entreprises redoutablement efficaces. Les opérateurs indiens (The mother of invention) sont les champions de l’optimisation des coûts, ils sous-traitent tout (y compris à IBM dont les produits étaient si chers jadis !), partagent tout. Les équipementiers chinois (Huawei et ZTE) sont d’une immense inventivité. Ils devraient rapidement vider le marché de sa substance et faire table rase de leurs concurrents. Il semblerait même qu’ils soient trop rapides pour les aides de leur gouvernement (Up, up and Huawei). L’avenir est au tout Internet mobile (Finishing the job), ce qui promet de nouveaux trésors de créativité.
Mais le mieux c’est que cette innovation aurait élevé le niveau de vie de ceux qui ont pu en profiter.
Et nous là dedans ? Ce qu’il y a de surprenant, c’est que si tous ces gens semblent fort intelligents, ce qu’ils font n’est quand même pas très compliqué. Pourquoi sommes-nous à l’arrêt ? J’en suis revenu à une théorie qui semble se vérifier :
L’Ouest est dirigé par une élite de managers financiers, qui se figurait à la tête du monde. Elle pensait que le marché d’avenir était à l’Est. Donc non seulement elle pouvait se désintéresser de l’Ouest, mais encore elle devait délocaliser sa production pour jouir des coûts les plus faibles. Cette stratégie n’a pas eu les effets escomptés. Le marché de l’est est fermé à nos produits. Les transferts de technologie massifs, intelligemment exploités, ont rendu beaucoup d’industries locales non seulement autonomes mais surtout bien plus efficaces que les nôtres. D’autant plus que notre management financier, qui pensait avoir trouvé avec les délocalisations sa botte de Nevers, a asséché l’innovation occidentale. L’Ouest se retrouve donc avec un tissu économique anémié, et une population (donc un marché) appauvrie, d’autant plus que celle-ci doit alimenter un plan de relance qui permette à son élite d’éviter les conséquences de ses erreurs.
Il serait bien que cette élite arrête de jouer contre son camp.
Compléments :
- Trou noir, Grande illusion.
- Contraste entre le dynamisme des télécoms orientales et le manque d’imagination de l’industrie automobile occidentale : Recomposition de l’industrie automobile ? Irrationalité et industrie automobile.

