Dépecer l'Europe ?

L’Angleterre veut être Singapour. Singapour est une semi dictature. Cela ne colle pas avec la culture anglaise. 

Ce qui serait plus conforme à sa nature, serait d’être le porte avion des parasites de l’Europe. Aventuriers de toutes les nations, venez chez nous. Nous vous offrons une proie riche et bête. En échange, ayez la générosité de nous nourrir, en fonction de nos qualités. 

L’Angleterre aura-t-elle plus de succès à l’extérieur de l’UE qu’à l’intérieur ? à suivre. 

Drame de la richesse

Une fois de plus, le milieu intellectuel et l’héritage de Mai 68 sont mis au banc des accusés par un livre qui se situe à mi-chemin entre le roman autofictionnel et le document. (…) La presse people s’est aussitôt emparée de l’affaire pour taper sur toutes les figures publiques reconnaissables dans le livre et dénoncer « l’omerta » dont bénéficieraient les anciens soixante-huitards pour se livrer à leurs turpitudes. France Culture

Depuis quelques temps, on parle d’une nouvelle affaire de moeurs dans les cercles du pouvoir, de gauche. La France ressemble étrangement aux USA ? Nous avons nos Weinstein ? Quand on regarde la fiche de celui qui est au centre de l’affaire, on découvre que, dans ces hautes sphères, on se marie entre soi, entre anciens révolutionnaires et grandes fortunes. Qu’ils sont abyssaux les écarts entre le discours et les actes ! 

Mais aussi, il semble que, dans ces milieux, il y ait beaucoup de prédateurs. Et qu’il y règne, effectivement, une forme « d’omerta ». Pas étonnant que ces gens voient si facilement la théorie du complot partout ?

Ce qui amène a se demander ce que fut réellement 68. Si le révolutionnaire parlait autant de « domination » est-ce parce qu’il était, lui-même, ivre de domination ? Il ne pouvait supporter aucune contrainte ? Il voulait imposer son bon plaisir ?

(Fait social à la Durkheim ? La société hyper protectrice d’après guerre a créé les conditions d’une sorte de perversion narcissique à grande échelle ?) 

68 et le calife

Il y a quelque chose de paradoxal avec la génération 68. Elle a combattu l’autorité et la morale, et, une fois au pouvoir, elle a voulu nous imposer des figures d’autorité et une morale. Au fond, elle a voulu être calife à la place du calife : elle trouvait que ce que faisaient ses parents était tellement bien qu’elle a voulu le faire à leur place ? 

Au moins, elle nous aura apporté la méfiance des autorités, et de la morale, ce qui est le début de l’autonomie de la pensée ?

Perfide Albion

« Boris Johnson a accordé une interview au Telegraph dans laquelle il suggère qu’il existe plusieurs domaines dans lesquels la Grande-Bretagne pourrait diverger du bloc – mais son gouvernement a gardé le silence pour ne pas compromettre les négociations. 

« Nous n’avons pas forcément voulu en parler beaucoup car cela n’aurait peut-être pas été fructueux », a déclaré Johnson. «Ce que je dis à mes collègues, ce sont des ports francs ? oui ! ; des accords de libre-échange, des réglementations ? fantastique ! ; améliorer le bien-être animal ? formidable ! ; ces trucs nouveaux dans les données ou les produits chimiques ? Regardons ! 

Nous voulons voir ce que nous pouvons faire avancer. Nous ne voulons pas diverger pour diverger. Mais nous voulons faire les choses différemment lorsque cela est utile pour le peuple britannique.  » (Politico.)

Autrement dit M.Johnson ne compte pas respecter l’accord qu’il a signé. Et c’est ce qu’attend de lui l’opinion anglaise, puisqu’il le clame haut et fort.  

Et l’UE, comment voit-elle les attentes de ses citoyens ?

Baby boomers : la génération honteuse ?

Le paradoxe de notre temps : la génération d’après guerre est celle des parasites aux bons sentiments. Faut-il la condamner pour égoïsme et hypocrisie ? (Et destruction de la planète ?)

C’est l’histoire du jet de la première pierre. En effet, et nous, que laisserons-nous ? Car, eux nous ont laissés. Nous sommes leur cadeau à la planète, et, après tout nous ne sommes pas mal. Ils nous ont aussi laissé l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire et leurs bons sentiments. A nous d’en profiter.

Paradoxe Levinas

Emmanuel Levinas répète que l’humanisme, c’est aller vers « l’autre homme ». Or, il a un style extrêmement difficile à décrypter. Les mots les plus importants de son vocabulaire n’existent pas dans le dictionnaire, ou ne sont pas employés conformément à leur définition usuelle. Qu’a-t-il fait pour aller « vers l’autre homme » ? En quoi a-t-il assumé sa responsabilité vis-à-vis de nous ?

Cela illustre peut-être qu’il existe deux mondes. Il y a le monde de la pensée et le monde de l’action. Chacun suit sa logique, et on pense rarement à les mettre en conformité.

(Le décryptage participe à la séduction de Lévinas, en fait. Traduire une langue mystérieuse est un plaisir en soi. Et l’effort pour ce faire réduit les capacités de l’esprit critique.)

La publicité de France Télévision

Hier, une star classique occupait l’antenne de France Musique. Lancement de son dernier disque.

Mais, je croyais que France Musique ne pouvait pas faire de publicité ?

Mais, il n’y a pas que cela. France Musique, comme France Culture, n’est que « partenariats ».

Nous sommes en France. Nous sommes un pays d’absolus tonitruants. Mais aussi d’arrangements avec les absolus. Il faut bien vivre.

Cela a des avantages. Cela permet de tondre celui qui respecte les lois, et de tenir en respect ceux qui ne les suivent pas.

Le paradoxe du féminisme et des médias

Les médias briment les femmes ? Ils ne les aiment pas ? Déséquilibre hommes femmes croissant dans les médias, notamment chez Radio France, ai-je entendu, ce matin.

C’est étrange. Les médias sont les unités avancées du combat féministe. Comment se fait-il que leurs actes ne soient pas conformes à leurs paroles ? D’autant que, dans l’entreprise, que l’on pourrait croire macho, les conseils d’administration se féminisent rapidement, conformément à la loi. (Une étude.)
Paradoxe difficile à expliquer. En tout cas, cela semble illustrer ce que disent les anthropologues : pour comprendre l’homme, il ne faut pas s’en tenir à ses paroles, il faut observer ses actes. 

Macho de gauche

Harcèlement par un groupe de mâles dominants de la presse. Après DSK et Harvey Weinstein, une fois de plus, des piliers de la gauche morale sont accusés.

Etrangement, on ne parle pas de ce genre d’événement du côté de la droite macho. Comme pour l’Eglise : omerta bien organisée ? Ou est-ce que la culture de gauche attire naturellement le prédateur ?

(Ou aussi « moral licensing » : quand on fait le bien, on peut tout se permettre ?)