Le retour de l’homme dans l’entreprise ?

Voici quelques-unes des « idées quotidiennes » que la Harvard Business Review a eues depuis le début de l’année :

Companies Need to Be More Human (“It’s time for companies to focus less on maximizing shareholder value and more on becoming human again.”) 

Take Money Off the Table During Performance Reviews (“money discourages straight talk.”) 

Culture Trumps Strategy (“For a company to succeed, strategy is important, but a great culture is paramount.”)

Reward Efforts, Not Just Outcomes (“If companies want to encourage an entrepreneurial spirit, they must create a culture that accepts failure.”) 

Want to Think Outside The Box? Make Fewer “Friends” (“Instead of being more social, we should try to be more curious.”)

Le capitalisme anglo-saxon serait-il en passe de renoncer à l’indicateur de performance ? Aux incitations individuelles. ? La performance serait-elle, finalement, une question collective ? D’épanouissement plutôt que d’argent ?…
A l’heure où notre président se convertit aunéoconservatisme, la France ne peut-elle qu’avoir une guerre de retard ?

Humanisme contre libéralisme

Je me demande s’il n’y a pas eu basculement de nos hiérarchies de valeurs depuis la guerre.

Il me semble qu’en réaction aux atrocités de la guerre, et peut-être à la menace soviétique, les gouvernements occidentaux ont eu pour souci, et pour inquiétude, l’épanouissement des populations. On parlait de progrès, et ce progrès devait profiter à l’homme. D’ailleurs, l’existentialisme, la doctrine philosophique d’après guerre, était un humanisme, qui voulait la liberté de l’homme.

Puis, progressivement, cette idée fixe du bonheur humain a été remplacée par une autre : comment faire gagner en performance l’économie ? Tout a été ramené à cette unique question.

À partir du moment où elle a envahi les têtes, ce qui jusque-là devait assurer le bonheur humain est devenu un « coût ».

Et elle l’a envahi comme un parasitisme : en changeant le sens des mots. Le libéralisme, par exemple, qui devait réaliser la libération de l’individu cherche maintenant à obtenir celle des marchés.

L’homme, de fin est devenu moyen, l’économie, de moyen, fin. Ne faudrait-il pas revoir cette répartition de rôles ?  Rendre à « libéral » son sens initial ?