Cadavres

Hungary vows to defy EU ‘blackmail’ over Ukraine funding
Hungary has vowed to defy EU pressure to approve a four-year, €50bn aid package to Ukraine, condemning as “blackmail” a proposal to undermine its economy if it fails to back down.

Financial Times, lundi

J’ai observé, il y a déjà très longtemps, que la part très majoritaire de tout changement consistait à s’occuper des « cadavres que l’on avait laissés dans les placards ». Ces placards en disent peut-être long sur la façon dont la société vivait jusque-là.

Après l’envahissant M.Poutine, l’imprévisible Trump, l’Allemagne dépressive, voici le parasite hongrois…

(PS. Dans mes missions, il y a généralement une dizaine de cadavres…)

(PS2.

EU agrees €50bn support package for Ukraine
The EU has agreed a €50bn financial support package for Ukraine within the bloc’s shared budget, the president of the European Council said on Thursday.

“We have a deal,” said Charles Michel in statement on X. “All 27 leaders agreed.” The statement suggests Hungarian Prime Minister Viktor Orbán has rescinded his veto against the package.

Financial Times du 1er février

…)

Négocier en démocratie

Les autocraties se moquent des démocraties. Exemple ? Les sanctions contre la Russie, bloquées par la Hongrie… Le pouvoir démocratique est faible. 

Ce matin, Policito.eu écrivait que l’Ukraine avait annoncé que le jeu de la Hongrie consistait à rançonner l’UE. Or, la Hongrie est dépendante d’un pipeline qui passe en Ukraine. Pipeline dont il est difficile de garantir la sécurité… 

Force des faibles ? L’UE contraint l’Ukraine a faire ce qu’elle devrait faire ?  La démocratie, c’est la guerre, par d’autres moyens ?

Le temps des parasites ?

Le DUP irlandais veut la dissolution de l’accord du Brexit, sous peine de guerre civile. M.Johnson, que rien n’engage, surtout pas sa parole, y voit l’occasion qu’il cherchait. La Turquie bloque l’accès de la Suède à l’OTAN. La Hongrie, les sanctions contre la Russie. La Pologne, la loi sur l’imposition minimale des entreprises…

La Russie décide de son propre chef d’envahir un pays voisin. 

Chacun use de son pouvoir de nuisance. Il est surtout surprenant à quel point un groupe d’individus peut infliger de dommages à l’ensemble de l’humanité. (Et à quel point l’Union européenne semble prendre tous les coups, sans pouvoir en rendre aucun.)

Effet systémique ? Résultat de décennies libérales ? L’individualisme a gagné le monde et il est incompatible avec la nature sociale de l’humanité ? 

Vilain petit Hongrois ?

La Hongrie bloque les sanctions européennes. Elle veut acheter le pétrole des Russes.  

L’UE est conciliante. Elle comprend que le pouvoir d’achat Hongrois dépend du bon marché des approvisionnements russes. Et elle cherche à les remplacer. 

Y aurait-il d’autres moyens d’agir ? La Hongrie est aussi, apparemment, très dépendante de l’industrie allemande, qui y a trouvé un paradis fiscal. N’y aurait-il pas un moyen d’agir sur ses entreprises pour que, à leur tour, elles influencent le gouvernement hongrois ? 

En fait, dans cette histoire, tout le monde joue un double jeu. Méfions nous de nos amis. Je soupçonne, en particulier, que l’Angleterre fait un bruit qui ne correspond pas à l’ampleur des sacrifices qu’elle consent pour la cause ukrainienne. (Mais j’ai mauvais esprit.) 

C’est peut-être aussi le cas de la Russie, qui ne semble pas trop en vouloir à la Turquie de livrer des drones aux Ukrainiens… 

En fait, l’Amérique cherche à affaiblir le Russie pour lui ôter son pouvoir de nuisance, lit-on. Au moins nous avons l’espoir d’éviter les coups de folie des dernières guerres mondiales, qui voulaient éliminer « l’ennemi » ?

Guerre moderne ? Les lois du marché par d’autres moyens ? 

Le charme discret de la Hongrie

La Hongrie est un régime quasi poutinien. Certes, mais M.Orban serait parvenu à négocier des prix de l’énergie bas, avec M.Poutine, ce qui rapporterait, depuis 10 ans, chaque année, l’équivalent d’un mois de salaire au Hongrois ordinaire, qui n’est pas riche. Et son pays serait un paradis fiscal pour la multinationale allemande. D’où la discrète, mais efficace, protection de Mme Merkel. Quant aux aides de l’UE, elles sont captées par les oligarques locaux. En conséquence, comme la Turquie, la Hongrie cherche à maintenir l’équilibre entre la Russie et l’Europe. Elle vote les sanctions contre la Russie, mais ne les applique pas. Voici ce que disait Affaires étrangères de Christine Okrent. 

A entendre nos médias, nous sommes environnés de pouvoirs malfaisants, qu’il s’agisse des Turcs, des Russes, des Chinois, des Egyptiens et autres pays de l’Est. Mais ceux-ci apportent à la masse de leurs populations du bien être, matériel ou non d’ailleurs. Et les riches y sont plus riches qu’ailleurs. Comme en Russie, le seul droit qui soit refusé est politique. Un droit chéri, en Occident, par une toute petite frange de privilégiés. 

Avant guerre, les totalitarismes ont surgi de la crise économique. Et ils ont sorti le peuple de la pauvreté. Roosevelt a compris que, si la démocratie devait survivre, il devait battre les totalitarismes sur leur terrain. Ce fut le New deal. Et si l’on s’inspirait de son exemple ?

Monde de pauvres

M.Obama est de retour au Moyen-Orient. Il pense utiliser son armée pour y conduire le changement. La Hongrie prend modèle sur la Russie, la Chine et la Turquie. Ce qui n’empêche pas l’Europe de l’abreuver de ses fonds. Europe qui devrait s’agrandir aux pays des Balkans, ne serait-ce que pour leur éviter de sombrer dans l’anarchie. (Ils auraient l’appui de l’Allemagne et de la nouvelle responsable des affaires étrangères.) L’Allemagne se rendrait compte que la cause de sa prospérité ne serait pas celles qu’elle croyait. Et que persévérer pourrait lui être fatal. « Les Allemands ont déduit de ce conte trois illusions (…) La premières que l’Allemagne restera forte simplement en continuant sur la même voie. La seconde est qu’elle n’a pas vraiment besoin de la zone euro. La troisième est que ses partenaires de la zone euro veulent lui prendre son argent, et que les contribuables allemands sont les vraies victimes de la tentative de sauvetage de l’euro. » M.Sarkozy revient. Mais il divise plus qu’il n’unit. Il est plus un problème qu’une solution. Scénario somalien pour l’Ukraine ?La zone indépendantiste deviendrait un pays de pirates. Le Royaume Uni essaie de se reconstruire après la tentative de sécession de l’Ecosse. Il s’agit de donner plus de liberté à ses composants. Devant les obstacles à toute évolution, il va falloir bricoler. Aux USA, la croissance et la baisse du chômage se traduisent par un appauvrissement d’une grande partie de la population. Rejet des politiciens en place. En Amérique latine la droite revient au pouvoir, mais elle devra composer avec une population qui s’est habituée à la démocratie et la justice. Les réformes indiennes sont un juste nécessaire qui ne restaurera pas une croissance forte. En attendant, avec l’aide puissante des USA, l’Inde a envoyé un satellite faire le tour de Mars. Coup de pub. La Chine construit des canaux pour amener l’eau du nord au sud. Ce qui ne résoudra rien. Tout cela pour ne pas vouloir augmenter le prix de l’eau qu’elle gaspille.

Succession chez Samsung. Enchevêtrement compliqué de participations, qui va devoir être restructuré. Surtout, la partie électronique, qui fut un gros succès est sauvagement attaquée. Elle va devoir se réinventer, si elle ne veut pas subir le sort de Nokia. Larry Ellison change de titre, chez Oracle. L’évolution de la technologie, cloud et open source, placerait l’entreprise devant un problème de prix. « Comment maintenir ses prix pour ses anciens clients, mais être concurrentiel sur le marché des nouvelles applications ? » Les grandes surfaces sont attaquées par les discounters, Lidl et Aldi. C’est, en grande partie, un résultat de l’appauvrissement de la population occidentale.
C’est le physique, d’animal dominant, qui fait le patron (au moins aux USA). Les banques ne faisant pas grand-chose pour rassurer le régulateur sur leur sens des responsabilités, il empile les règles qui visent à les encadrer.
Les caractéristiques d’un pays sont liées à sa taille et à sa composition. Il est fortement redistributeur et fournisseur de services publics si sa population est homogène. Trop de disparités le rendent fragiles. Et les frontières sont nuisibles au commerce. Mieux vaux une fédération que des pays indépendants.
Francis Fukuyama découvre qu’un Etat compétent « peut produire nombre des vertus de la modernité sans les bénéfices de la démocratie ou du libre échange ». 

Le monde : entre nationalismes et rodéo financier

L’Inde serait aux prises avec la passion du lucre, et l’individualisme. Les castes, c’est fini, ou presque. Ainsi que la politique clientéliste du Congrès. Et c’est un nationaliste qui a un millier de morts sur la conscience qui lui promet le paradis. En serait-il de même en Turquie ? M. Erdoggan a apporté le confort à la Turquie. Elle le réélit. La Hongrie maintient au pouvoir un petit Poutine ? En Chine sa campagne anti corruption permet au gouvernement d’éliminer de puissants adversaires politiques. Au Québec, le Parti Québécois semble avoir perdu les élections pour avoir voulu parler d’indépendance. Les nouvelles générations n’y sont plus favorables. Fin de la chasse à la baleine au Japon. Tradition en déclin, et coûteuse. 

Italie. Pour financer sa politique, M.Renzi vend les participations de l’Etat. L’Europe espère le salut du commerce. Plus exactement de négociations de partenariat avec l’Amérique et la Chine. Mais cela ne risque-t-il pas de la disloquer ? (Certains ayant infiniment plus à gagner que d’autres dans l’affaire.) Elle devrait comprendre qu’elle ferait bien de remettre en fonctionnement son moteur économique. Car, elle vacille au bord de la déflation. La surévaluation de l’euro, en particulier, lui coûtant cher. BCE, au secours ? Les banques centrales sont devenues les banquiers, permanents, des gouvernements. Et si nous nous en mordions les doigts ? « Du fait de ce dispositif les responsables politiques ont moins qu’avant à rendre des comptes ; en stimulant les prix des actions, que possèdent principalement les riches, cela pourrait bien avoir conduit à l’augmentation des inégalités, sans que c’ait été approuvé par un vote. Peut-être que dans dix ou vingt ans, on verra les événements récents comme le moment où le monde a franchi un cap. » En tout cas, la politique actuelle des banques centrale pousse les investisseurs vers les « frontières », des pays qui ne sont ni développés ni émergents. Pas bon pour la santé de ces derniers ? Et les pays émergents à emprunter à l’étranger, ce qui leur a été fatal lors de la crise de 97.
Aux USA, certains diplômes sont de mauvais investissements. Entre 15% (université sans but lucratif) et 22% (à but lucratif) des étudiants sont incapables de repayer leurs emprunts dans les 3 ans qui suivent le début des remboursements. Heureusement, les cours en ligne arrivent. En outre, l’Amérique, pays des libertés, donne l’asile éducatif à une famille allemande. Elle ne voulait pas d’une éducation publique pour ses enfants.
Petrobas, compagnie pétrolière brésilienne. Où l’on voit, une fois de plus, politique et économie ne font pas bon ménage. GM doit rappeler un grand nombre de voitures, après quelques morts. Quelque chose a cloché dans ses dispositifs de suivi après vente. Aux USA, des investisseurs veulent utiliser les technologies de l’information pour réinventer l’assurance, et la médecine. Arrivée du smartphone bon marché. Samsung serait menacé. D’où la recherche de nouveaux marchés (montres, bracelets électroniques, voitures). Les entreprises chinoises achètent des PME allemandes. Pas pour les démanteler, mais pour acquérir prestige et expérience. Les Allemands sont enchantés : « les Chinois pourraient être la solution aux problèmes de succession que rencontrent beaucoup d’entreprises du Mittelstand ». Les cultivateurs de roses du Kenya font face à des pressions contradictoires. Leurs clients occidentaux veulent à la fois des baisses de prix et la RSE. « En concentrant plus de pouvoir entre les mains de géants de l’agroalimentaire, la demande de l’Ouest que les entreprises soient de bons citoyens a des résultats que n’attendait pas la gauche. En même temps, elle surprend beaucoup de gens de droite : loin de tuer les entreprises, elle les encourage à devenir plus productives et innovantes. »

Réchauffement climatique, changement des scientifiques. « Le nouveau rapport (…) voit le climat comme un problème parmi beaucoup d’autres, dont les conséquences sont souvent conditionnées par les interactions avec ces autres problèmes. Et la bonne politique tente de réduire la charge, de s’adapter au changement, plutôt que de chercher à l’arrêter. » 

La concurrence n'est plus à la mode ?

Renversement de tendance ? La concurrence ne serait-elle plus à la mode ? Toujours est-il que dans le moteur d’avion, le coût de la RetD conduit à des collaborations étroites entre motoristes, et avec leurs donneurs d’ordres. Quant à l’acacia, il s’allie avec la fourmi, qui lui sert de système immunitaire, grâce à une alliance qu’elle a elle-même conclue avec des bactéries qui sécrètent des antibiotiques. On essaie de lutter contre les crises. Elles viennent de dettes déconnectées de la réalité. « (seulement) 15% des prêts bancaires anglais sont utilisés pour des investissements en capital ». Deux pistes. Réorienter les capitaux qui s’égarent ;  augmenter la résilience du système. Par ailleurs, la crise que nous avons subie tempère l’envie de prendre des risques. D’où une chute marquée de la création d’entreprises et de l’investissement aux USA.

Si c’est une inversion de tendance, elle n’en est qu’à son début. Ailleurs, ça va toujours mal. L’Internet des choses nous menace d’Armageddon. En effet, les dites choses sont équipées d’ordinateurs et de logiciels bas de gamme plus facilement piratables qu’un PC. En en prenant le contrôle on peut aisément déclencher une catastrophe mondiale. Faute d’un minimum d’union, la politique énergétique et environnementale européenne est un désastre. La tactique de M.Assad semble payer. Il a déclenché une guerre civile qui a convaincu l’Ouest qu’il est le seul homme à qui l’on peut parler. En Egypte, les agités des deux bords ont convaincu la population qu’elle avait besoin d’une dictature. La Méditerranée de l’est possède des gisements énergétiques équivalents à ceux d’Irak. Mais, faute d’entente entre ses pays, elle ne pourra pas les exploiter. Ce qui n’a pas empêché leurs politiciens de vendre la peau de l’ours. L’Ukraine est à feu et à sang, sans que l’on voie où cela mène. La Hongrie ressemble à l’Ukraine, dirigeant populiste et imprévisible, oligarques, financements de M.Poutine… mais, elle, est au cœur de l’UE. En Italie, les leaders opposés se réunissent pour imposer au pays une réforme de sa constitution. Mais leurs plans sont d’une complexité invraisemblable. Peut-être, me suis-je demandé, n’ont-ils pas vu la cause réelle du mal : leur comportement même ? La Thaïlandesemble sur le point d’une scission. Mécontentements en Corée du Sud. Variante de la situation française ? Un gouvernement qui saurait si bien ce qui est bon pour son peuple, qu’il ne désire pas l’écouter ? L’économie espagnole irait un peu mieux. Mais une majorité de sa population est dans une situation lamentable. Heureusement que ses anciennes colonies d’Amérique latine ont amorti ses difficultés en achetant ses entreprises et en lui fournissant une terre d’émigration. Aux USA, les dépenses du NSA atteignent 75md$. M. Obama aurait décidé des réformer les apparences. La Chine s’attaque à la corruption des barons du parti. Très mauvaise affaire pour les marques de luxe. Mais la corruption n’est qu’une excuse, il s’agit surtout d’un règlement de comptes. En tout cas le pays se transforme. C’est le tertiaire qui tire désormais l’économie. Et c’est en Chine, où explose une nouvelle forme de consumérisme, qu’il faut chercher les tendances de demain : « La consommation mondiale va prendre un air chinois. Elle sera de plus en plus cosmopolite, tirée par le luxe et les ventes en ligne. » Le paradis de la truffe serait aux USA. En France elle a été tuée par la guerre et la pollution.

Changements et modèles économiques. Les fabricants de cigarettes essaient de réinventer leur modèle économique menacé par la toxicité de leur produit. C’est mal parti. L’Europe tente de trouver un moyen d’imposer les géants d’Internet. L’Etat américain les protège. Mais le mécontentement européen est grand. Un nouveau studio américain apparaît (Lionsgate). Durable ? Ou a-t-il surfé sur une vague ? L’église catholique utilise la canonisation comme arme de marketing et de politique. 

Les Braises

L’éditeur prétend que Sandor Marai est l’égal de Schnitzler ou de Zweig. Pas du tout d’accord.

Je concède qu’il n’a pas eu de chance. Son traducteur est certainement mauvais. Mais ce roman n’a rien de ce qui fait le prix et l’élégance de Schnitzler et de Zweig. C’est une métaphore bien lourde des raisons de la dislocation de la Hongrie du siècle dernier. On se croirait dans une fable neocon. Le Hongrois était rustre, mais riche, courageux et honnête. Il a été trahi par les peuples de bâtards métèques, parasites et cultivés qui vivaient à ses crochets. 

Hongrie et Angleterre

La Hongrie vote des lois. Elles contredisent les valeurs de l’UE. Ce qui est curieux lorsque l’on connaît le degré de dépendance de la Hongrie vis à vis des subventions européennes.

Le plus curieux est que, si j’en crois la radio ce matin, l’Angleterre est le pays qui s’émeut le plus de cette situation. Pourtant, j’ai l’impression que c’est grâce à l’Angleterre que l’Europe a adopté la Hongrie. Et que c’est l’Angleterre qui tourne le mieux l’Europe en ridicule.

Mais l’UE ne dit rien. Ce qui explique peut-être tout ce désordre. Fâcheux signal.