A l’approche d’Halloween, France Culture rediffusait des émissions sur l’enfer.
La religion est un reflet de la société, disait-on. On retrouve la théorie de Malinowski selon laquelle, la religion assure la cohésion d’une société en aidant ses membres à ne pas céder à la panique.
J’ai appris que le purgatoire était une invention du douzième siècle. Déjà l’enfer avait une partie supérieure dont, avec un peu de bonne volonté, on pouvait sortir. Car on pouvait se racheter en enfer. C’est devenu le purgatoire, où l’on se purge et se purifie de ses mauvais penchants. (A ce sujet, je me suis demandé pourquoi tout le monde ne s’y trouvait pas : après tout le pire des tortionnaires a sûrement expédié ses victimes au paradis… Qui fait la bête fait parfois l’ange ?) On s’extirpait du purgatoire avec le secours de la communauté, qui priait pour votre âme. D’où l’apparition fréquente du revenant appelant ses frères à l’aide. Mais aussi les indulgences, qui ont rendu hystérique Luther, d’où la réforme. (Et les guerres de religion, entre des cultures qui n’avaient pas les mêmes attentes vis-à-vie de l’existence ?)
Quant à la BBC, elle consacrait aussi une émission au sujet. La tradition remonterait à la nuit des temps, et serait propre à toutes les cultures européennes. La fête correspondrait à la période la plus terrible de l’année : l’entrée dans l’hiver. La version actuelle d’Halloween est une invention américaine. L’original est celte. Ecossais et Irlandais transmettent leurs traditions aux USA. L’amour victorien du morbide leur apporte une première transformation. Mais c’est Hollywood, très récemment, qui leur aurait donné sa forme actuelle.
Société de trafiquants d’opium du peuple ? L’enfer : autre ou nouveau monde ?