Livre de Claude Lévi-Strauss que j’ai retrouvé après un oubli de 9 ans. Je n’avais pas été convaincu par ses réflexions sur la vie et le monde, qui ne me semblaient pas étayées. Ses tentatives de prospective me paraissaient malheureuses. Des idées qui lui avaient traversé la tête ? Je n’ai pas changé d’avis.
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Leçon de grec ancien
- La particularité du grec est de ne pas avoir été un langage de conquérant, mais de s’être diffusé pour ses vertus ou ses réalisations, d’abord chez les Romains, puis, à partir de la disparition de Constantinople, en Europe occidentale.
- Le grec a l’air d’une langue particulièrement dense (2 fois plus que le français), où un mot se charge de sens à coups de préfixes, de suffixes, de déclinaisons… Cette autonomie permet de jouer sur l’ordre des mots pour donner de puissants effets de style. C’est probablement un langage de la subtilité. Tout semble se prêter à modifier, nuancer, le sens d’un terme : les dérivations des mots, les modes et temps des verbes, les articles qui permettent encore plus qu’en français de substantiver beaucoup de choses… Le plus bizarre est probablement des particules intraduisibles en français, qui lient les phrases les unes aux autres, et qui en renforcent le sens de manière « subliminale ».
- C’est un langage apparemment précis, et particulièrement adapté à exprimer la pensée, les émotions, le mouvement des éléments naturels, la vie : « Ainsi, dès le départ, la langue grecque ancienne semble prête à mettre sous nos yeux, sous une forme simple, directe et vivante les sentiments les plus variés. »
- La puissance évocatrice de la langue, ou la nouveauté de son invention ?, semble avoir été telle qu’elle a pu faire croire aux sophistes qu’il suffisait de l’utiliser parfaitement pour faire survenir ce qu’elle exprimait, ou du moins asservir leurs contemporains : « (…) ils ont tenté de s’approprier ainsi la puissance quasi magique de l’art des poètes afin de faire de la prose la rivale de la poésie pour, en quelque sorte, ensorceler les âmes. »
Le savant et le politique de Max Weber
(Bizarrement, on retrouve cette théorie chez de Gaulle, ce qui laisse penser qu’elle était largement partagée.
- La science fournit des solutions à des problèmes bien posés, elle parle de moyens, pas de fins. C’est à l’homme de trouver ce qui doit le guider. Une fois qu’il l’aura trouvé, la science lui dira comment l’atteindre.
- La question du politique c’est l’Etat, qui est un « groupement de domination », qui a « le monopole de la violence ». D’où le problème éthique du politique : son moyen d’action est la violence. Deux modèles possibles : une démocratie avec chef ou sans chef. La première est inspirée par un dirigeant « charismatique », la seconde est purement mécanique. Pour être un « chef » (donc un homme politique), il faut avoir de la volonté, savoir parler au peuple, posséder une « cause », et le sens des responsabilités par rapport à cette cause, mais aussi une capacité de recul et de prise de décision judicieuse. Il faut aussi combiner éthique de la conviction, l’éthique des valeurs, qui pave l’enfer de bonnes intentions, et éthique de la responsabilité, qui est naturelle au politique et qui justifie le moyen par la fin. Enfin, le « chef », le « héros », doit pouvoir « supporter l’échec de toutes les espérances ».
- Ma référence à de Gaulle : François Bayrou.
- Heidegger pour les nuls.
Langage de la raison
Heidegger semble avoir pensé que le grec originel était le langage de la raison, ou de l’être, de la vérité ultime en tout cas, et qu’il fallait le recréer en Allemand. Et si le langage de la raison avait été le français des Lumières ?
Je lis Rousseau et je suis frappé par l’élégance de ses démonstrations, la vérité sort de la plus naturelle des conversations. Même impression chez Madame de Sévigné, le duc de Saint Simon, le cardinal de Retz, Montesquieu. Le français a-t-il atteint, aux 17 et 18ème siècles, une forme qui a fait croire que l’on pouvait résoudre les problèmes les plus difficiles par son simple usage ? Son exercice permettait-il de penser par l’écriture ?
Le miracle s’est évaporé avec le 19ème siècle. Tocqueville me semble avoir perdu l’élégance de la technique, et Chateaubriand avoir puisé sa gloire dans sa vulgarisation. De moyen d’introspection, la langue est devenue moyen de briller ?
C’est pourtant une jolie chose que de savoir écrire ce que l’on pense.
Platon pour les nuls
Heidegger pour les nuls
m’a amené à faire machine arrière. Platon n’avait-il pas des choses à dire sur ce qui guide nos idées actuelles ? J’ai repris un livre lu il y a longtemps. Et qui m’avait laissé un agréable souvenir. Mais pas grand-chose d’autre : le Platon, de François Châtelet (Gallimard, 1965).Il a été nécessaire (…) que la modération aristotélicienne réintroduise entre l’intelligible et le sensible une relation qui risquait de se restreindre à l’excès, que les intuitions hébraïco-chrétiennes fassent valoir les exigences propres d’une subjectivité que Platon, certes, ne méconnaissait point, mais qu’il tendait constamment à réduire cosmiquement ou politiquement, que la Renaissance et le classicisme européens, ce dernier grâce à Galilée et à Descartes, définissent un autre statut de la science, plus soucieux du rapport réel qu’entretiennent l’homme et la nature, que l’Age des lumières et Kant sachent légitimer et remettre à sa place l’ambition métaphysique, que Hegel (et, par conséquent, Marx) donnent de l’historicité une interprétation plus conforme à la fois aux conditions de l’existence et au contenu des événements, que les développements de l’industrie fabricatrice et de l’administration planifiante s’impose comme norme et comme technique au cours des cent dernières années, il a été nécessaire que l’homme se batte, souffre et invente pendant vingt-quatre siècles pour que l’idéal commence à devenir réalité.
- Une dérive du modèle de Platon : L’intellectuel, fondamentaliste de la raison.
- Chaos : EKELAND, Ivar, Le chaos, Flammarion, 2002.
- Sur Georges Dumézil : article de Wikipedia.
Be happy
Heidegger pour les nuls
Je rencontre Heidegger, par hasard, au cours de mon exploration de la pensée d’Europe centrale.
J’ai trouvé un livre remarquable sur lui (Martin Heidegger, par George Steiner, The University of Chicago Press, 1987). Ce qui ne corrige pas mon inculture philosophique. Elle s’exprime dans la suite. Qu’ai-je retenu ?


