Le retour de la classe moyenne ?

« Bons emplois », « classe moyenne »… Le discours de Kamal Harris dont j’entendais des extraits ce matin m’a surpris. On y parle désormais de « classe moyenne », et de ses problèmes. En particulier de l’inflation, mais aussi, en creusant un peu plus, du fait que beaucoup d’emplois sont réservés à des diplômés de l’enseignement supérieur.

Cela explique peut-être la raison pour laquelle elle semble fuir comme la peste Joe Biden, dont la politique n’a pas été bonne pour cette « classe moyenne ».

Etonnant changement de cap des démocrates ? Ont-ils fini par comprendre qu’une élection ne se gagnait pas par les marges, mais par la majorité ? Et que celle-ci était au centre ? Cela sera-t-il suffisant pour leur valoir la présidence ?

Le grand débat

Que penser du débat Trump, Harris ?

Les nouvelles de la BBC disaient que Kamala Harris avait irrité Donald Trump. Mais une émission qui laissait plus de place à leur parole les montrait s’envoyant des invectives sans s’écouter. Chacun prêchait pour sa paroisse. Kamala Harris faisait du Trump. (Ce qui, au fond, n’a rien de surprenant : toute la nouveauté de Trump est passée.)

Qui peut-on croire ? La presse que je lis est favorable à Kamala Harris et pense comme elle. Et, moi aussi, je souffre d’un biais : je soupçonne depuis le début que Kamal Harris a surpris Donald Trump, ce qui l’a rendu inaudible.

D’ailleurs, les électeurs sont-ils encore influençables ?

Quoi que. On dit que Nixon a été battu par Kennedy pour un débat. Il avait été meilleur à la radio, mais avait fait mauvaise impression à la télévision. Comme quoi, la raison ne pèse pas lourd. Et Donald a peut-être perdu la bataille de la déraison ?

Fil américain

Une fois de plus, je me suis trompé. M.Biden a emporté la précédente élection américaine avec beaucoup moins d’avance que je ne le pensais. Ce qui doit expliquer que M.Trump en ait contesté les résultats. Et ce devrait être la même chose cette fois disait Affaires étrangères de Christine Ockrent. A tel point que les deux camps se préparent à contester le résultat de la prochaine !

Ce sont les indécis qui vont faire la différence. Et quelques Etats. Si bien que, vu le découpage électoral actuel, M.Trump ne cherche pas à avoir la majorité des voix.

M.Trump n’était pas présenté par l’émission comme un clown, mais comme un tribun redoutable, un homme de communication, dont l’imprévisibilité est peut être calculée… Sa stratégie n’est pas d’en appeler aux électeurs de son adversaire, mais d’amener aux urnes ceux qui n’y viennent pas.

A quel candidat l’économie est-elle favorable ? Certes les chiffres macro économiques sont excellents, mais ils masquent le fait que la classe moyenne ne peut plus acheter de maison et qu’elle a dû encaisser une très forte inflation. Elle est convaincue que ses enfants auront une vie plus difficile que la sienne. Le rêve américain est mort ?

Kamala Harris va devoir faire ses preuves lors du prochain débat. Sa chance est que, comme je le disais, elle semble avoir fait perdre ses repères à M.Trump.

Bref, les deux camps sont solidement retranchés dans leurs certitudes et leur hostilité. L’émission le déplorait. Mais le conflit n’est-il pas la nature même de l’Amérique ? me suis-je demandé.

Le choix de Kamala

Que dit-on de Kamal Harris ? Qu’elle n’aborde pas les questions importantes.

Deux raisons sont évoquées : elle veut éviter de diviser son parti ; ces questions ne la concernent pas (lorsqu’elle s’est présentée, il y a 4 ans, pour obtenir l’investiture démocrate, elle fut pitoyable).

Du coup, une grande partie de l’argumentation démocrate semble devoir être que Trump est un danger public, qui a beaucoup changé depuis sa première mandature.

Les mécanismes de sélection sont une curieuse chose. Ils semblent avoir une vie propre. Ils oublient très vite leur objectif original, pour lui substituer un objectif qui lui est opposé…

Tim Walz

Qui est le vice président de Kamala Harris ? Une question de la BBC (Americast).

Je n’en retiens pas grand chose. En fait, il ressemble beaucoup au vice président de Donald Trump. Il s’est engagé à 17 ans dans la garde nationale. Ce qui lui a permis de faire des études, puis d’avoir une carrière politique. L’homme du peuple semble avoir le vent en poupe. (L’intérêt de ce type de parcours est d’être un hybride entre l’intello démocrate et l’homme du peuple ?)

Il est surtout très sympathique et ne cherche qu’à être le modeste second de Kamala. Les autres candidats lui auraient fait de l’ombre ?

Pour le reste, la presse américaine continue à se demander, avec une inquiétude croissante ? quand elle consentira à laisser de côté les bons sentiments pour parler de sujets sérieux.

Qui va gagner ?

J’ai toujours tort. Lorsque les sondages donnaient Trump gagnant, je pensais qu’ils n’étaient pas représentatifs (l’irrationnel système électoral américain rend la prévision difficile), et qu’en dernière minute, il y aurait une réaction anti-Trump. D’ailleurs, Trump n’avait jamais été qu’un président minoritaire.

Puis, en lisant ce qui s’écrivait, j’ai découvert que les électeurs avaient quelques raisons d’intérêt bien compris de voter pour lui.

Et maintenant ? Lorsque Kamala Harris a été nommée vice-présidente, mes amis Américains étaient atterrés. Pour je ne sais pas quelle raison, ils jugeaient que c’était l’incompétence faite femme. Ayant toujours tort, je pensais que cela ne comptait pas : elle avait été choisie pour plaire à l’extrême gauche et Biden serait réélu. Il semble maintenant que l’on ne tarisse plus d’éloges sur elle, et elle aurait choisi un vice-président Trump compatible…

J’écoutais un discours de D. Trump, apparemment célèbre. Il disait « I am your retribution ». On vous a fait des torts, et je suis là pour faire payer les coupables. Ce qui n’est pas loin du discours de Poutine. Et ce qui devrait peut-être nous amener à nous demander s’il n’y a pas un peu de vérité dans ce propos. Seulement, est-ce que c’est une bonne tactique électorale ? Il est possible que les dernières élections françaises montrent que ce n’est pas le cas.

On peut réparer sans condamner ? La recette du succès en politique ?

Qui est Kamala ?

Harris’s political career in California was spent pivoting between center-left and far-left according to political necessity and circumstances. In California, this approach largely worked as Republican conservatism is practically a dying breed, perhaps even extinct. However, for the general election Harris will struggle in tacking to the center and appealing to a broader swathe of the national electorate. Specifically, her mission is to convince thousands of independent voters of her solid centrist credentials in seven swing states that will determine the outcome of the 2024 presidential election. The last thing they want is the Californization of America.

Article.

Qui est Kamala Harris et que lui reproche-t-on ?

Elle semble redoutable lorsqu’il est question d’un sujet qui la concerne, comme les discriminations ou l’avortement, mais est-elle concernée par beaucoup de sujets qui préoccupent l’Américain ordinaire ? Sa tactique serait d’éviter de les aborder.

Sa meilleure chance de succès semble Donald Trump, qu’elle paraît embarrasser.

Utile Trump ?

Présidentielle américaine : Kamala Harris cible les classes moyennes avec un programme économique centré sur le « coût de la vie »

Le Monde du 17 août

Effet Trump ? Les démocrates américains prennent enfin au sérieux les classes moyennes et leurs difficultés ?

Ailleurs, il a suffi que Donald Trump menace de sortir de l’OTAN pour que les nations européennes prennent conscience de la faiblesse de leur budget militaire, et de leur dépendance aux USA.

Donald Trump est-il le fou que l’on dit ?

Deepfake

Un ami me parle d’un « deepfake », attentat d’Elon Musk contre Kamala Harris.

Je cherche la vidéo avec Google. Je ne trouve que des pages et des pages de commentaires indignés, dénonçant les méfaits de l’intelligence artificielle.

Je dois aller demander la vidéo au compte Twitter d’Elon. (Je comprends maintenant pourquoi il faut appartenir à des réseaux occultes pour avoirs accès à certaines informations !)

Et alors ? Rien de moins nouveau ! Ce n’est même pas de la trempe des guignols de l’info ou des imitateurs de ma jeunesse. Quant à la critique, elle est bien gentille si on la compare à ce que le Canard enchaîné ou Charlie Hebdo réservaient à leurs adversaires, ou ce que l’on s’est jeté à la tête depuis des siècles, quand on est un homme politique…

Qu’est-ce qui a changé, alors ? Peut-être l’opinion que l’on a dans les milieux de la pensée de l’intelligence des foules ? Il suffit qu’elles entendent la voix de Kamala Harris pour qu’elles croient que c’est Kamal Harris qui s’exprime ?

(Je me souviens d’un imitateur de F. Mitterrand disant, en substance : Mendès-France et moi sommes les héritiers de Léon Blum : Mendès a eu le talent et moi le chapeau. La vidéo en question ne dit pas grand chose d’autre.)

Raison et politique

Kamala accuse Donald d’être un gibier de potence, et Donald lui répond qu’elle est une Bobo contre nature.

« Peu importe qu’un chat soit blanc ou noir, s’il attrape la souris » aurait dit Deng Xiaoping. Pourquoi font-ils comme nous lors de nos dernières élections, et ne parlent-ils pas de leurs programmes, et de leurs conséquences possibles ?

Nos politiques seraient-ils convaincus que nous ne pouvons pas entendre la raison ? Ils se croient tellement supérieurs à nous ? A moins que l’électeur ne demande du spectacle ? Faute d’avoir du pain, au moins ayons des jeux ? Nouvelle ruse de la raison ?