Vive la Reine !

Queues de plus de 24 heures. C’est le temps qu’il faut pour voir la Reine. 

Ces Anglais et leur Reine… 

Mais sommes-nous bien différents d’eux ? Johnny Halliday n’a-t-il pas attiré les foules lors de son décès ? Même des gens pour qui il n’avait jamais compté se sont déplacés. Imaginons que l’on ait eu quelqu’un qui ressemble à un roi, et en plus avec une histoire qui remonte si loin dans l’histoire, et surtout soit associée à de tels événements… 

Que recherche-t-on ? A rendre hommage à une personne, ou une distraction ? Un grand moment d’émotion véritable, si rare dans notre existence ?…

Show

Des amis sont allés assister à la cérémonie funéraire de Johnny Halliday. J’ai pensé qu’ils avaient eu raison : c’avait été une bonne occasion de sortie. La mort de Johnny aura été comme sa vie : un show. Et, comme ses mariages : un cercueil blanc, des célébrités, des motards, et probablement Paris Match. L’aura-t-on vraiment pris au sérieux ?

Johnny culture

Vendredi soir, « La dispute » de France Culture assassinait Johnny Halliday. Voilà qui tranchait avec la pensée unique de la presse. J’en retiens l’image de quelqu’un d’une gentillesse désarmante, mais de capacités intellectuelle et artistique limitées, qui avait été malmené par les événements.

(Curieusement, les journalistes estimaient qu’ayant eu des amitiés de droite, il n’avait pas été un « rebelle ». J’aurais tendance à penser le contraire : pour un artiste, il n’y a rien de très original à être de gauche.)

Johnny Halliday

Après Jean d’Ormesson, Johnny Halliday. Dans ma toute première enfance, au début des années 60, c’était la plus grande de nos vedettes. On disait qu’il était très riche, et on parlait des voitures qu’il achetait. Cela surprendrait aujourd’hui, mais il était en concurrence avec Antoine, le degré zéro du talent. Je me souviens aussi que Johnny avait une réputation sulfureuse. Une sorte de fléau des valeurs de la France de l’époque. Le parfum du scandale faisait son succès.

Il a mal vieilli. Contrairement à Eddy Mitchell, l’âge ne lui pas apporté le changement et la maturité, mais la décrépitude. Des journalistes l’appelaient « le beau jauni » ou sous-titraient une photo de lui, aviné, « la dernière tournée ». A l’époque certains se faisaient concessionnaires de voitures américaines, lui l’a été de la culture des USA. Et cela s’est arrêté là ?

N.Sarkozy hospitalisé par ses assureurs

J.Hallyday est victime d’une défaillance, ses assureurs lui imposent des examens médicaux exhaustifs (L’assureur de Johnny Hallyday demande son hospitalisation pour examens). Pourquoi n’en serait-il pas de même pour notre président, récent sujet au malaise ?

Mais il n’a pas d’assureur. Ou, plus exactement, son assureur est le peuple français : nous paierons les conséquences de ses faiblesses. Alors, pourquoi n’avons-nous pas les moyens de lui imposer un check up et d’en connaître les résultats ? Probablement parce que nous n’avons pas su nous organiser pour cela. Nous devrions être puissants parce que nombreux, nous sommes faibles parce que divisés.

Compléments :

Johnny Halliday

Article dithyrambique du Monde sur le dernier film de Johnny Halliday (Johnny Hallyday, le rôle de sa vie), à 66 ans, Johnny Halliday est la dernière révélation du cinéma. Il a trouvé la cause de plus de quatre décennies d’échec : il voulait parler, jouer la comédie, alors qu’il lui suffisait d’être et de se taire.

Cette leçon va-t-elle être retenue par Johnny le chanteur ?

En tout cas, problème fréquent : dans notre vie quotidienne, au travail… on joue souvent un rôle, et on est mauvais. Pour le plus grand malheur de nos proches, de nos collègues, et parfois de nous-mêmes. Alors qu’on serait bon, efficace et heureux si l’on était naturel. Probablement c’est la faute de notre société : elle nous dicte des conduites qui ne correspondent pas à notre nature.

Et le changement fait rencontrer cette question : il est souvent bloqué par un ou plusieurs rôles mal joués. Il faut aider leurs acteurs à trouver un comportement qui convient à leur nature, à découvrir leurs vrais talents. C’est pour cela que l’animateur du changement doit être un « donneur d’aide ».