Esprit es-tu là ?

Alain Decaux parlait de son ami Sacha Guitry, il y a longtemps. (Deux émissions rediffusées par France Culture.)

J’ai pensé, qu’en ce temps, la France avait beaucoup d’esprit. Et que nous l’avions perdu. Pourquoi donc ?

Mais y a-t-il beaucoup de différence entre l’esprit de Sacha Guitry et celui de Noel Coward ? Les dialogues de leurs pièces et films sont agréables, vifs, surprenants, mais, au fond, pas très profonds. Un plaisir intellectuel du moment ?

Tous les deux n’étaient-ils pas, simplement, les enfants de leur temps, un temps qui avait de l’esprit ?

Sacha Guitry

Pourquoi parle-t-on encore de Sacha Guitry ? Question posée par JN. Jeaneney, de France Culture.

Beaucoup de ses contemporains ont disparu. Gide, Romain Rolland, Barrès, etc. Pourquoi a-t-il survécu ? La réponse ne me semble pas avoir été dans l’émission.

En tous cas, il n’a pas été particulièrement admirable. Il s’est fait dispenser de guerre de 14, et a collaboré sans en être conscient durant la guerre de 40.

Quant à moi, je le connais parce que l’on projette encore ses films. Et que je les trouve agréables. D’une certaine façon, il faisait honneur à l’esprit de son temps. C’était un artisan. Comme Colette, survivante, elle aussi. Les autres étaient des intellectuels. Ils ont cru avoir trouvé une vérité éternelle. Comme souvent, c’était une illusion. Rien ne vieillit plus mal que l’éternité.

(J’ai aussi appris que son père, totalement oublié, était l’équivalent masculin de Sarah Bernardt. Inégalité des sexes ?)

Si Versailles m’était compté

Film de Sacha Guitry, 1954.

Que le château de Versailles a été d’une richesse extraordinaire, que la France a compté de gens célèbres, et qu’il y avait de comédiens fameux pour les jouer dans les années 50…

On oublie de plus en plus que notre pays a été une grande nation, et ce que cela signifiait.

D’ailleurs, faut-il la sorte de folie qui l’a jeté à la poursuite de grandeurs chimériques pour engendrer des génies ?