Henri Guaino

Dans la série « j’ai toujours tort », il y a Henri Guaino. Je pensais qu’en tant que conseiller de Nicolas Sarkozy, il avait vigoureusement participé à sa politique libérale. Le hasard m’a fait entendre une interview de lui par France Culture (samedi dernier). Surprise. On a l’impression qu’il a lu ce blog. 

L’état déplorable de l’Etat vient de 40 ans de démantèlement par nos gouvernements successifs, partageant tous une idéologie néo libérale qui, pour réaliser l’idéal de liberté individuelle, multiplie les règles, qui finissent par tout bloquer. 

Lui aussi a reconnu, en partie, ses torts, mais, aussi, en laissant entendre qu’il a été dépassé par les événements : la RGPP partait d’un bon sentiment. 

(Il s’inquiète de la déroute de l’Occident. Les Etats asiatiques forts se tirent de la crise bien mieux que nos démocraties, toutes, à des degrés divers, affectées par cette politique libérale. Ce virus (venu, de manière appropriée, de Chine) précipitera-t-il leur effacement de l’histoire ?)

Gauche décomplexée ?

Une technique de communication bien connue consiste à lancer des idées pour voir si l’opinion leur est favorable. L’annonce de la nationalisation de l’usine d’ArcelorMittal en est-elle une illustration ? Arnaud Montebourg se demande-t-il si le libéralisme n’a pas du plomb dans l’aile ? Si l’opinion mondiale ne serait pas prête pour autre chose ? Si les fameuses forces du marché, si terrifiantes, existent vraiment ? (Pour le reste, l’affaire pourrait être foireuse.)

Toujours est-il que la droite semble lui donner raison. MM.Guaino, Borloo et Breton, au moins, si j’en crois France Culture. Ce qui est curieux en ce qui concerne les deux derniers, qui me semblent devoir leur fortune au mouvement libéral passé. (Il faut aussi leur ajouter M.Bayrou.)

Quant au maire de Londres, il utilise peut-être le même procédé. Il nous crache à la figure notre passé de sans-culottes. Ce qui est toujours du meilleur effet dans la haute société anglaise. Là aussi la cohérence est faible. Car ça fait belle lurette que l’Angleterre a nationalisé des banques (quant à Obama il a nationalisé GM). D’ailleurs, elle a étêté son souverain bien avant nous.
Mais l’Angleterre n’a jamais cessé d’être perfide. La nouveauté est peut-être que la France tente de donner de la voix. 

François Bayrou

M. Bayrou : « On conduit la France vers un modèle qui n’est pas le sien »

M.Bayrou affirme que la politique du président de la République s’en prend aux valeurs fondamentales de notre société, et que son entrée dans l’OTAN est une erreur.

J’ai du mal à comprendre quelle est l’influence qu’une France, petite et isolée, peut avoir sur la politique mondiale. Depuis quelques années, elle ne fait que s’agiter et se ridiculiser. Le coq gaulois dans ce qu’il a de plus stupide.

D’ailleurs, ce n’était probablement pas ce que voulait de Gaulle, qu’il est bon de citer en de pareilles circonstances. Il pensait que la France était porteuse d’un message universel, et, par conséquent, qu’il était bon pour la planète qu’elle ne l’oublie pas.

Or, la France a-t-elle encore quelque chose à dire ? Elle ne sait plus à quoi elle croit. Mais accuser le président de la République de néoconservatisme est oublier qu’il a seulement accéléré et projeté au grand jour un mouvement sournois de « libéralisation » vieux de plusieurs décennies.

À ce sujet, je viens d’entendre Henri Guaino, sur RFI. Parlant de l’Europe, il s’en prenait à la croyance selon laquelle le marché pouvait tout régler, de lui-même, sans aucune intervention humaine, sans projet politique, par la simple concurrence. Les réformes que mène le gouvernement, apparentes applications de ces principes, pourront-elles continuer sur la même lancée après de tels propos, me suis-je demandé ?

Compléments :