Les décisions contestables de l’OMS montrent que ses responsables sont soit trop rigides soit incompétents, soit les deux, pour apporter les modifications voulues au système d’alerte de pandémie – ce qui ne surprend plus d’une organisation critiquable sur le plan scientifique, arrogante et qui n’a de compte à rendre à personne. Elle est peut-être capable d’effectuer une surveillance sanitaire sur le plan mondial, mais son rôle politique doit être considérablement réduit.
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Cours de manipulation
Comment manipuler une société ?
Il faut partir de ce qu’elle croit, et l’amplifier dans la direction voulue. On lui fournit donc des informations partiellement vraies. Le message doit être, si possible, « visuel » et « répété avec toujours le même type de langage et de discours ».
Mais c’est la peur qui met l’homme à votre merci. « C’est pourquoi la peur est devenue une partie aussi importante de nos moyens d’information, de notre industrie du loisir, et de plus en plus, de notre politique publique ».
La manipulation n’est pas tant une arme de terroristes, que celle des affaires, des journalistes ou des gouvernants ? La manipulation comme moteur de notre société ?
Compléments :
- Est-ce pour cela que la grippe A a eu un tel succès ? Grippe médiatique.
- Le mécanisme de la manipulation, correctement utilisé, sert au changement : Polémique.
OMS
Un expert allemand critique l’OMS (France Culture ce matin). L’OMS serait constitué de spécialistes sur lesquels personne n’aurait de prise, et que l’on soupçonne d’être manipulés par les laboratoires pharmaceutiques. Ils auraient déclenché la pandémie (médiatique) de grippe A. Réponse de l’OMS ? Les gouvernements sont compétents.
Ce qui m’a frappé dans cette déclaration n’est pas tant cette théorie qu’un double parallèle :
- L’OMS, comme les banques centrales, fonctionnerait sans contrôle démocratique. Avons-nous vécu une époque où la démocratie était vue comme dangereuse ?
- L’argument (prêté ?) à l’OMS serait le même que celui employé par Goldman Sachs pour justifier qu’il pariait contre les produits qu’il vendait à ses clients : ils savaient ce qu’ils faisaient. C’est étrange. D’une part ces organismes nous disent qu’ils sont plus compétents que nous, et que nous devons suivre leurs recommandations sans réfléchir ; d’autre part quand il nous arrive malheur, ils nous expliquent que notre responsabilité dégage la leur…
Vaccins inutilisés
D’après la radio, le gouvernement aurait calculé que 2/3 de la population devait être vaccinée, à double dose (soit 94m en tout), contre la grippe A. Il y aurait eu environ 5m de vaccinations à simple dose. Le coût de l’affaire serait très élevé (2md€ ?). Particulièrement en comparaison des déficits de la France et de la Sécurité sociale. Mais l’opposition a-telle raison de critiquer le gouvernement ?
Car, à l’époque où il a commandé le vaccin, avec ce que l’on savait, n’était-il pas justifié ? Il semblerait surtout qu’on reproche une réaction excessive : depuis plusieurs mois on s’étonne que la France ait commandé nettement plus de vaccins par personne que des pays comparables.
Voilà un problème pour contrôleur de gestion : comment utiliser au mieux les ressources de la nation ? Le contrôle de gestion choisirait la décision qui a le retour sur investissement le plus élevé.
Mais comment calculer un tel chiffre ? Comment prévoir, et surtout évaluer, toutes les conséquences d’une décision ? Notre « rationalité » ne peut être que « limitée », selon l’expression d’Herbert Simon. Du coup, nous décidons selon des heuristiques. Quelles furent celles du gouvernement ? Un journaliste de France Culture faisait tout à l’heure une curieuse hypothèse à ce sujet : le pays était inquiet, le gouvernement a voulu exploiter cette inquiétude, par un coup d’éclat qui aurait dû servir sa popularité.
Ce diagnostic (juste ?) a l’intérêt d’illustrer une modélisation de la décision humain. Selon lui, le gouvernement est obsédé par sa popularité, c’est elle qu’il cherche à optimiser. Il y a plusieurs moyens pour l’acquérir, il en aurait choisi un, très particulier : profiter de tous les événements susceptibles d’émouvoir la population, quitte à les amplifier. L’homme est comme cela : à chaque type d’événement, il associe une façon, toujours la même, d’agir.
Compléments :
- Grippe médiatique.
- Un article sur la revente des surplus de vaccins.
- William Dab : « La protection de la santé publique appelle un débat démocratique » fait une analyse du problème différente de celle du journaliste de France Culture : si le gouvernement avait pris ses décisions de manière démocratique, il ne serait pas lâché par l’opinion aujourd’hui. C’est la culture française du gouvernement de droit divin qui est en cause. Mais ces deux opinions sont-elles si différentes l’une de l’autre ? Dans les deux cas, le gouvernement nous prend pour des idiots. Serait-ce cela dont nous ne voulons plus ?
Grippe de cochon
La grippe porcine a disparu des écrans. Quelques observations surprenantes :
- S’il y a eu panique, elle semble avoir été circonscrite aux élites.
- Bizarrement, les décisions qu’ont prises ces élites, dans leur inquiétude, a servi leurs intérêts.
Grippe porcine : on en fait trop ?
J’entends de plus en plus dire que l’on s’est peut-être emballé un peu vite. D’ailleurs ça a déjà été le cas pour la grippe aviaire.
Et si l’on s’était trompé ? The pandemic threat explique que nous n’aurons par perdu notre temps : nous nous serons entraînés, et les services de santé mondiaux avec nous. Le monde en sera d’autant plus efficace le jour où arrivera la véritable épidémie. (Elles surviennent en moyenne toutes les 3 décennies, et il n’y en a pas eu depuis 1968.)
L’argument est inattendu mais évident a posteriori. Beaucoup de gens ont découvert que l’entraînement était un aspect essentiel de leur vie (sportif, astronaute, pompier, champion d’échec, mathématicien…). Étrangement, c’est quelque chose que les entreprises n’ont pas compris : au lieu de simuler différents scénarios d’avenir, plus ou moins probables, presque toutes affirment qu’il n’y a pas d’autre cap que celui qu’elles suivent. Quand l’avenir les dément, leurs affaires tournent très mal.
Compléments :
- Pour un aperçu de la surprenante technique des scénarios, voir mon premier livre.
- Se diriger dans l’incertain