Changer, c'est imaginer le futur

Extraordinaire idée pour inaugurer le campus de l’EDHEC: faire plancher les élèves sur le futur des entreprises et de l’économie, direction 2035!

Au final, quelques excellentes idées comme:

  • Tatasoft, fusion de Tata et Microsoft
  • GGS, fusion de Google et de Goldman Sachs
  • Exxon Hydro, pour bien montrer que le pétrole ne salit pas…
Et en France, quels grands changements du côté des entreprises d’ici 2035?

Médias sociaux contre démocratie ?

La possible amitié entre Facebook et Nicolas Sarkozy pose une curieuse question : la démocratie est-elle compatible avec les médias sociaux ?

Aux USA, il est courant que les entreprises prennent parti pour le candidat qui sert leurs intérêts. Mais que se passerait-il si Facebook ou Google choisissaient un candidat ?

Le modèle économique des médias sociaux est l’utilisation de données personnelles pour favoriser la vente des produits de leurs entreprises clientes, ou, plus généralement, les intérêts financiers du propriétaire du média social. Les moyens pour ce faire ne sont pas directs, comme la prise de position d’un journal, mais essentiellement subliminaux.

Par exemple, pourquoi Google ne biaiserait-il pas le fonctionnement de ses algorithmes de recherche pour faire sortir en priorité ce qui est favorable à l’un ou embarrassant pour un autre ? 

Google, LinkedIn, social networks et bigbrotherhood

J’ai reçu un mail de Google (« Nouvelles règles de confidentialité et conditions d’utilisation de Google ») que je n’ai pas compris. En fait, Google peut maintenant combiner les données venant des applications que vous utilisez (dont Android) pour en tirer des tas d’enseignements. Par exemple, que vous allez arriver en retard à un rendez-vous, si vous ne changez pas de route. Il va aussi fusionner vos adresses en une seule, ce qui peut faire que ceux qui se croyaient anonymes ne le seront plus. (How Google’s New Privacy Policy Could Affect You: Scientific American)
Peu de temps après, m’arrive un mail me disant :

« Without attracting too much publicity, LinkedIn has updated their privacy conditions this summer. Without any action from your side, LinkedIn is now permitted to use your name and picture in any of their advertisements.
Some simple actions to be considered to stop the above by LinkedIn:
1. Place the cursor on your name at the top right corner of the screen. From the small
pull down menu that appears, select « settings »
2. Then click « Account » on the left/bottom
3. In the column next to Account, select the option « Manage Social Advertising »
4. Finally un-tick the box « LinkedIn may use my name and photo in social advertising »
5. and Save

Je commence à trouver tout ceci très compliqué. Va-t-on devoir jouer au gendarme et au voleur avec des multinationales qui ne peuvent que nous surclasser par leurs moyens ? Ne serait-il pas temps que le législateur se penche sur le sujet ? 

BBVA : Outlook au clou, vive Gmail !

La banque espagnole BBVA a annoncé qu’elle déploierait (uniquement en interne) les applications Google (http://www.bbc.co.uk/news/business-16486796). Le coût n’est visiblement pas la motivation. BBVA espère accroître la productivité mais surtout accomplir une « mutation culturelle », notamment mieux faire collaborer les employés (élaboration de documents, vidéo conférences, etc.).

BBVA a opté pour une approche en « big bang » : les employés auront accès à leurs courriels Outlook s’ils l’estiment nécessaire mais ils passeront du jour au lendemain aux nouveaux outils. Commentaire de la directrice de l’Innovation de BBVA : « Nous ne voulons pas maintenir les anciens comportements.  Pour aller vers l’avenir, il faut mettre le passé de côté. » Et pan ! (ou bang ?) 😉

Cette adoption emblématique est la conséquence de deux tendances :
  1. Les employés, ne seraient-ce qu’à titre individuel, travaillent de plus en plus à partir de leurs smartphones, voire de tablettes. Comment collaborer si les applications ne permettent pas de travailler à partir des terminaux mobiles ?
  2. Les Microsoft et autres essaient bien de se mettre au Cloud. Mais les clients penchent d’abord pour ceux -dont Google- qui ont le nuage « dans le sang ».
Ma réflexion :
  • Les smartphones jouent le rôle de cheval de Troie d’une nouvelle informatique fondée sur le nuage.
  • Les PC apparaissent comme des dinosaures, mais aussi tout leur écosystème avec. Muter ne semble pas suffisant. La menace est celle d’une extinction pure et simple.
  • Il est très difficile d’être le leader dans une ère et de le rester dans la nouvelle.

Google et MBA

Google gagne énormément d’argent grâce aux revenus publicitaires que lui apporte son moteur de recherche. Avec cet argent, il finance des projets qui ne marchent pas (cf. 2 précédents billets), ou qu’il ne fait pas payer (Android), ce qui est une forme de dumping.

Ça me semble être en complète opposition avec ce que l’on m’enseignait en MBA.

On me disait que le marché savait mieux allouer les revenus d’une entreprise qu’elle-même. Et, ce qui allait de pair, que le protectionnisme était un mal absolu.

On est ici dans un cas d’allocation sous-optimale typique, qui reprend le principe du protectionnisme. Google adopte la stratégie de Microsoft consistant à utiliser une position monopoliste pour tuer le processus d’innovation capitaliste. 

Google stoppe Wave

Un mail m’annonce que Google Wave a fait flop.
Pragmatisme à l’américaine : on tente, et on liquide si ça n’a pas marché. Cela ressemble au comportement de notre gouvernement.
Il est curieux que ni Google ni notre gouvernement n’aient lu les travaux des spécialistes de la marque. Ils disent que la marque est associée à l’expérience que l’on en a.
Ils disent aussi que la marque est une garantie contre le risque. Ce que l’on (sur)paie en achetant ses produits, c’est une forme d’assurance de sécurité.
(Que serait Mercedes si elle avait procédé de même que Google ?)
Compléments :
  • Une référence concernant les travaux universitaires sur les marques.

Google grignote ?

Rien ne bouge sur Google+. Même pas Hervé Kabla. Flop ?

Mais Google crée des pages entreprise. Le Monde s’y installe.

Raisonnement intéressant : Google serait une sorte de tortue qui démarrerait lentement, mais dont l’avancée serait irrésistible. La prise de part de marché de Chrome en serait un exemple. (Le Monde.fr sur Google+ : pour quoi faire ? | Rézonances)

Du coup, j’ai rajouté Le Monde à ma page Google+. Au moins cela lui apporte un peu d’animation. 

Pauvre Jobs

Steve Jobs disparaît. Triste nouvelle.

Je garde de mon début de carrière, dans le logiciel, le souvenir d’une course à la prise de marché et à la promotion personnelle qui ne laissait pas le temps d’apprendre, et encore moins de faire correctement, son métier. Bill Gates est l’image même de cette escroquerie intellectuelle.
Puis il y a eu la bulle Internet, un moment où les beaux discours vides récoltaient des milliards.
Et alors vinrent les Google et autres Facebook, qui ont exploité leur position de goulot d’étranglement pour rançonner la planète.
Et surtout, il y a eu les oligarques. Tous ces gens, gonflés d’eux-mêmes, parvenus à la tête des entreprises sans en connaître quoi que ce soit, et qui ont criblé la société de dettes et de bonus. Une de leurs innovations décisives aura été de découvrir qu’il y avait des masses d’individus oubliés des droits de l’homme. Non seulement on n’avait pas à les payer, mais surtout ils n’avaient pas besoin de nos coûteux dispositifs d’hygiène et de sécurité, d’assurance sociale… Dès lors bien faire son métier n’était plus nécessaire, il fallait au contraire détricoter le savoir faire technique de l’entreprise et réinventer la procédure taylorienne qui permette d’exploiter ce peuple de miséreux.
Steve Jobs fut un bel innovateur qui a créé une belle société, qui a fait de beaux produits, et qui respectait ses clients. J’espère qu’il sera un modèle pour notre avenir. En attendant, il va falloir faire avec un désert. 
Compléments :
  • Ce blog s’est longtemps demandé si Apple survivrait à Steve Jobs. iPhone 4S (et non 5) = réponse ?

iPhone

Il y a quelques temps je me suis converti à l’iPhone. Lorsque je donnais des cours de marketing, je me serais traité de « late adopter ».

Et, effectivement, je ne suis pas doué pour la nouveauté. L’iPhone n’a vraiment pas été aussi simple à maîtriser que je m’y attendais.
  • J’ai été surpris de voir que sa logique était différente de celles auxquelles j’étais habitué. La manipulation de l’écran avec les doigts demande aussi un apprentissage et la taille du clavier m’a fait comprendre que j’avais tort de penser que j’avais une main distinguée. Mais je m’y suis fait.
  • Reste une apparente incompatibilité d’humeur entre SFR (mon opérateur mobile) et Orange (ma messagerie), un accès à Internet sur lequel on ne peut pas compter, et une perte de contrôle d’Outlook à laquelle j’ai remédié en modifiant des options apparemment sans rapport (par contre l’intégration de gmail est épatante). Et aussi une sensibilité à fleur de peau qui déclenche des appels téléphoniques involontaires.
L’exploit d’Apple, à mon avis, est d’avoir réussi à mettre au point un système d’exploitation qui se lance en un clin d’œil. Il serait bien que les fabricants de PC s’en inspirent.