Google jette l'argent par les fenêtres

Le modèle économique de Google, Amazon, Facebook, Twitter et les autres n’est pas sain, dit The Economist. Ils dépensent des sommes colossales (66md$ en un an, pour les principaux – en particulier en frais somptuaires). Et le retour sur investissement est désastreux. On ne peut pas défier éternellement les règles de bonne gestion de l’entreprise. Cela va mal se terminer. 
Quant au capital risque américain, qui est derrière 48 entreprises dont la valorisation dépasse le milliard, il a aussi du souci à se faire. 

Google est génial

Un spécialiste de big data me dit que Google offre des services « boîte noire ». Un éminent chercheur en mathématiques m’explique que les équipes de Google lui ont expliqué qu’il leur faudrait quelques mois pour faire mieux que l’oeuvre de sa vie. 
Moi, ce qui m’épate, c’est de regarder les statistiques que me donne Google pour ce blog. Un exemple :
Google me dit que ce blog a été créé en juin 2010. Alors qu’il a été créé en 2008 ! (Il y a peu de temps ce même graphique me disait que la date de création remontait à 2006… Il n’y a que les imbéciles qui ne changement pas d’avis.)
Autre exemple, extrait des statistiques toutes périodes :
Voici maintenant ce que donnent les statistiques individuelles :
Comment expliquer de telles stupidités ? Les gens de Google me répondront certainement que je ne peux pas comprendre leur génie. je ne suis qu’une brêle, tout juste bonne pour les poubelles de l’histoire. 

Google, schizophrène

Google veut tout connaître sur vous, mais il veut que vous ne connaissiez rien sur lui. (L’article de The Economist). 

Google cache ses unités hébergées dans des paradis fiscaux (une centaine apparemment). Curieux cas de schizophrénie, effectivement. Google semble pris entre deux obsessions : transformer l’homme en un flux de données pour Internet ; et se protéger, totalement, de notre regard. 
Et si les dirigeants pensaient qu’il y avait deux types d’hommes ? Des hommes qui n’en sont pas tout à fait, nous, et eux ? 

Les dessous de big data

Des amis m’ont lancé sur la piste de big data. Pourquoi en parle-t-on autant, et pourquoi y a-t-il aussi peu de résultats. Voici quelques impressions que je retire du début de mon enquête.
Il semble qu’une guerre de titans se livre entre les mastodontes de type Microsoft, Oracle et IBM et Google et son gang.
Le premier groupe est celui des grosses machines, de la technocratie, il a dominé la société d’hier. Il l’a saturée de « gros » matériels et logiciels, dont on se rend compte aujourd’hui qu’ils sont inadaptés à beaucoup d’usages. Ce qu’ils nous fourguent n’est même pas inutile. C’est nuisible. C’est l’équivalent de la « junk food ». 
La seconde équipe reflète une idéologie à la Ayn Rand. Le riche est créateur de valeur, pas la société. Mais l’individu ne peut pas faire de miracle, seul il ne peut pas créer grand chose. Il est contraint d’exploiter les techniques du passé. Réseaux d’ordinateurs frustes, vieux algorithmes « démocratisés »… C’est un monde à la Branson où les avions explosent en vol. Un monde à la Mad Max, d’hommes dignes de ce nom, à qui l’évocation du principe de précaution cause des crises d’épilepsie. Pensez-donc, si l’on ne peut plus vendre d’avions qui explosent, mais où va-t-on !
Tous les deux s’affrontent sur le sujet de la smart city, une société où tout passerait par Internet. Les premiers pensent relancer leur croissance flageolante en casant des masses de capteurs, et du gros matériel. Les seconds veulent nous faire entrer dans leur monde virtuel.
L’entreprise « normale » est au milieu des deux, elle est, en partie, l’objet de la lutte qu’ils se livrent. Le premier groupe se demande comment l’alourdir un peu plus ; le second cherche à la transformer à son image, à en faire une « lean start up ».
Le cave se rebiffe ?
Et si c’était l’heure de la revanche ? Et si après avoir donné sa chemise à Oracle et aux autres, puis à Google, l’entreprise jouait de leur rivalité pour reprendre des couleurs ?
En effet, grâce à Google, elle peut faire maigrir sérieusement son système d’information. Et, en même temps, IBM, Oracle et Microsoft. Quant à Mad Max, pourra-t-il longtemps vivre du passé ?
(L’avenir serait-il à une entreprise qui aurait retrouvé un « poids de forme » ? On en revient à Münchhausen, mais sous un angle inattendu.)
Mad max two the road warrior.jpg

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Le monopole c’est bien !

On nous a changé The Economist ? Alors qu’il veut toujours plus de « compétitivité » pour les Etats, quand il s’agit de Google, il se rappelle les paroles des grands auteurs classiques : ils ont dit que la concurrence tuait l’innovation. « La concurrence (dit Peter Thiel) explique l’échec, pas le succès ; le succès vient de la fourniture d’un produit sans équivalent, et tend donc naturellement à créer un monopole ». Certes Google, Amazon et les autres affirment ouvertement qu’ils veulent conquérir le monde. Mais ce n’est pas grave, parce que la nature d’Internet est le monopole, que le désirer rend créatif, et qu’aucun monopole ne tient, surtout chez Internet. (La conclusion de l’article semble, toutefois, émettre un doute et rappelle que la démocratie c’est, par nature, le refus des rois, une autre forme de mmonopole.)
L’armée française est devenue la meilleure amie de l’américaine. Sauf en Europe, où la France ne compte pas. La Russie divise l’Allemagnequi retrouve ses divisions de la guerre froide. La droite est pro occidentale, la gauche pour l’Ostpolitik. Souk ukrainien. Les oligarques se disputent le pouvoir. La volonté de l’Ouest de faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN ne fait qu’envenimer ses relations avec la Russie. En Angleterre, la croissance est repartie, mais elle crée des salariés pauvres, qui ne paient pas d’impôts. La situation financière de l’Etat n’est pas meilleure que celle de la France. L’Angleterre ne veut plus que sa sécurité sociale profite aux immigrés. Ce qui pourrait se retourner contre elle : elle a expédié deux millions de vieux dans des pays tels que l’Espagne et la France, où ils profitent de la sécurité sociale locale. Ils sont aussi nombreux, mais ils coûtent beaucoup plus cher aux Etats que les jeunes immigrés.
Comment 21md€ deviennent 315. M.Junker annonce un plan de relance, tour de passe-passe.
USA. Ferguson ou le drame des bas fonds de l’Amérique ? Une police blanche, mal formée et mal payée, affronte une population noire déclassée, dans un monde surarmé. Et cette abjecte pauvreté est rançonnée ! « Un rapport (…) a trouvé que la cour municipale de Ferguson – une ville de 21.135 personnes – a produit 32.975 mandats d’arrêt l’année dernière, principalement pour infraction au code de la route. Ces amendes étaient la seconde plus importante source de revenus d’une ville dont le budget est de 20m$. » L’économie américaine est en plein boom : « le commerce représente une petite part de l’économie américaine, et les autres malheurs du monde, en fait, aident le pays, en faisant baisser les taux d’intérêt et le prix du pétrole ».
Aviation. Le low cost s’en prend au marché des longs courriers. C’est une histoire de moteurs. Ils consomment de moins en moins, ce qui permet de baisser les prix et réduit l’avantage des transporteurs traditionnels. Ce qui leur donnerait encore un peu de répit serait l’incapacité de Boeing et Airbus de livrer assez vite de nouveaux appareils. La politique de subvention aux énergies propres a eu le même effet désastreux au Japon qu’en Allemagne. Et les fabricants de médicaments manipulent les chiffres pour montrer que leur mise au point leur coûte cher. Les producteurs de spiritueux investissent l’argent qu’ils gagnent à l’Ouest dans le trou sans fond des marchés émergents.
La mission principale des conseils d’administration est de s’assurer que le top management de l’entreprise est compétent. Pour cela, il faut, surtout, repérer et faire grandir des talents en leur confiant des projets et des responsabilités où ils vont s’affirmer.
Le fonds Franklin Templeton gère 190md$ de dettes d’Etat. C’est extrêmement rentable, car les lois de l’économie ne s’appliquent pas à ce type de dettes. Paie des banquiers. On essaie de trouver une formule de bonus qui les rende vertueux. Dernière idée : des obligations à très long terme. L’Europe, elle, a limité la proportion du bonus dans la paie. Ce qui a forcé les banques à augmenter les salaires fixes des banquiers. Ce qui est coûteux, et pourrait les amener à réduire les dits salaires…
Cryptage de données. Les données Internet sont plus cryptées qu’on ne le croit. Ce que regrettent les services d’espionnage. Cela pourrait protéger, mieux qu’aujourd’hui, le commun des mortels, mais pas ceux qui font l’objet d’une surveillance particulière. 

Le trust Google démembré par l'Europe ?

Le parlement européen envisage une loi antitrust. Le moteur de recherche doit être séparé des autres activités de Google. Deux choses me frappent dans cette affaire :
Tout d’abord, ce qu’elle révèle des jeux de pouvoir au sein des instances gouvernantes de l’UE. Elle est dominée par l’Allemagne. Et l’Allemagne défend ses intérêts :
German centre-right and centre-left politicians are the dominant force in the legislature and German corporate champions, from media groups to telecoms, are among the most vocal of Google’s critics. (Article du FT.)
Ensuite, Google est effectivement un trust. Comme hier Standard Oil, Google cherche à mettre la main sur le « numérique ». C’est-à-dire sur toute l’information qui est produite sur nous. Retour aux années 20 ? Aux mêmes causes, les mêmes effets ? 

Libanisation de l’Ukraine ?

Ukraine. Les tanks russes passent à l’offensive et font reculer l’armée ukrainienne. Situation compliquée. Armée faible, de plus en plus constituée de seigneurs de guerre qui veulent jouer un rôle politique. L’Ouest use de la sanction. Mais les sanctions ne marchent pas si bien qu’on le dit. Y compris en Iran. Cependant, M.Poutine a un point faible. Son opinion n’aime pas que ses soldats se fassent tuer. Ce qui est le cas. L’idéal, pour lui, serait une Ukraine anarchique.
En Allemagne, un équivalent du Tea Party s’impose, à l’extrême droite. Après die Linke, à l’extrême gauche. Politique devenant chaotique, et Mme Merkel contrainte à la rigueur. En France, la tendance Rocard aurait pris le pouvoir avec M.Valls. Europe. La crise a renforcé le rôle des nations, au détriment de celui de l’UE. Angleterre. M.Cameron va bien mal. Subitement, les indépendantistes écossais gagnent des points ; l’aile droite de son parti se révolte ; et surtout, le niveau de vie de l’Anglais n’est pas brillant.
« A mesure que la guerre divise l’Iraq et la Syrie selon des lignes sectaires, toute action américaine contre l’Etat Islamique risque, sans le faire exprès, d’aider l’Iran et les Shiites, de ce fait renforçant le sentiment des Sunnites d’être des victimes, dont se nourrit l’Etat Islamique. » Israël est, lui aussi « en face d’un choix déplaisant ». S’allier ou non avec Assad. En attendant, il étend ses colonies.
Au Brésil, Marina Silva pourrait être le prochain président. Mais le système politique est chaotique. Pourra-t-elle gouverner ? Au Japon, M.Abe remanie son gouvernement. Acte désespéré ? Au Pakistan, l’armée joue toujours un rôle décisif, mais il n’est plus question qu’elle prenne le pouvoir. En Inde, M.Modi semble beaucoup plus populiste que réformateur.
Aux USA et en Angleterre, les stages sont généralement non payés. Cela favorise l’accès à l’emploi des gosses de riches. Les salaires des pays riches baissent. « Une reprise, saine et durable, dans les pays riches, demeurera illusoire aussi longtemps que durera la pression sur les salaires. »
L’Allemagne se ligue contre Google. L’industrie allemande a peur que l’économie numérique ne lui vole sa valeur. Matières premières. Les banques se séparent de leurs activités dans ce domaine. Les négociants spécialisés s’intègrent verticalement en récupérant, en particulier, les installations dont se débarrassent les producteurs, qui cherchent à améliorer leur rentabilité… 

L'arnaque de "l'économie de la connaissance"

J’entendais parler d’économie de la connaissance. Exemple ? Google. Mais qu’est-ce que Google ? Un algorithme qui n’a rien de scientifique et des masses de serveurs. Où est l’intelligence ? Les Chinois ont d’ailleurs interdit Google chez eux, et développé la même chose.

Ce que les Chinois ont compris, c’est que la force de Google est d’avoir su parler au marché. Google aspire de l’argent qui devrait aller vers des projets sérieux, qui eux sont intelligents (cf. les turbines). Est-ce pour cela qu’ils cherchent à lever des fonds auprès des marchés occidentaux ?

Demandez à Google qui vous aime

Un cousin m’écrit que lorsque l’on tape « linkedin » dans Google, on trouve un billet de moi en 6ème position. D’autres font l’exercice, mais ne me trouvent pas. Explication : les résultats de Google dépendent de vos intérêts.

Voilà un moyen de savoir si vous comptez pour quelqu’un : lorsqu’il fait une recherche sur Google, est-ce que vos travaux apparaissent en premier ? Comme le dit un ami, c’est un exercice à ne pas faire en famille…