Logique du blog

Qui lit les blogs ? prend trop vite le blogger pour un idiot :

  • J’ai peut-être compris pourquoi ce sont des billets anciens de ce blog qui ont le plus gros succès : pour une raison inconnue, ils ont dû avoir du succès à leur sortie, ce qui leur a valu d’être classés en tête des recherches de Google. Il est possible que plus ils sont référencés plus ils sont trouvés. Il y aurait une sorte de cercle vicieux favorable à l’ancienneté.
  • La logique du blogger qui commente d’autres blogs pour être commenté à son tour, correspond probablement à la mécanique suivante. Google classe en fonction des références (pas du nombre de lectures) faites à un billet, plus les bloggers parlent les uns les autres, plus leurs blogs respectifs sont bien notés par Google, plus ils sont faciles à trouver. Effet vertueux supplémentaire : un grand nombre de commentaires doit être une sorte de « validation sociale », qui invite à son tour à commenter. On peut donc imaginer ainsi déclencher un effet d’entraînement, qui, finalement, élimine l’intérêt du commentaire d’autres blogs.

Google trends

Google trends donne le graphique du nombre de recherches portant sur un mot donné, au cours du temps. Je fais une recherche sur 4 mots, aux USA :

  • Deflation : pic fin 2008, Depression, un peu plus fort ces derniers temps, Recession beaucoup plus fort depuis 2 ans.
  • Hyperinflation : apparition récente.

Pas de tendance très nette sur ces dernier mois.

Qu’en déduire ?

Nuclear winter 2.0

La première bulle Internet avait dévasté la Silicon Valley, la seconde semble devoir raser ce qui avait repoussé (Six years in the Valley).
Les entreprises de la seconde vague Internet Web 2.0 avaient leur moteur dans la publicité. Mais seule Google semble y gagner sa vie (Google, Microsoft et Olivier Ezratty), les autres stars du 2.0 n’arrivent pas à couvrir leurs frais, et la crise réduit encore leurs revenus.
Comme le faisait remarquer Pierre Louette (Apprendre l’Anglais), il est sorti assez peu de succès économiques exceptionnels des différentes bulles Internet : un Yahoo ! flageolant, un Google qui n’est pas grand-chose d’autre qu’un moteur de recherche, Amazon qui est avant tout un magasin de vente par correspondance, d’une rentabilité peu impressionnante.

Apprendre l’Anglais

Ne serait-il pas temps d’apprendre à travailler avec les Anglo-saxons ?

Ce matin j’écoutais Pierre Louette, patron de l’AFP et invité du club Média de Vincent Giolito, parler de sa société, et, notamment, des procès intentés à Google. Mais n’est-ce pas comme cela qu’il faut se comporter vis-vis des Anglo-saxons ? Dans cette culture tout ce qui n’est pas interdit est permis, et pas vu pas pris. Comme nous le dit tous les jours Hollywood, le seul moyen de faire respecter son droit est le procès. C’est long mais quand on gagne, on gagne beaucoup. Alors, ne faudrait-il pas apprendre la culture anglo-saxonne ? En guise d’exercice : chercher les (plus) responsables de la crise ?

Complément :

  • Culture de la dissimulation : voir le billet précédent. 

Google Chrome marque un point

Suite de Google Chrome victime du « Good enough » ? Dans la série, « j’ai toujours tort ».

Je me suis converti à Chrome. La lenteur d’Explorer est exaspérante. Les vertus de la vitesse valaient bien un effort d’adaptation de ma part, me suis-je dit. Du coup j’ai découvert pourquoi certaines fonctionnalités de blogspot ne fonctionnaient pas (par exemple la correction orthographique lors de la saisie d’un commentaire, ou l’éditeur de billets – capricieux) : la faute d’Explorer.

Il ne semble pas possible de désinstaller Explorer. Ce qui, au fond, n’est pas gênant. Par contre, j’ai l’impression que ce que j’ai enregistré sous Explorer ne peut être lu que par Explorer… Le changement n’est probablement pas encore fini.

Post mortem 2.0

Que reste-t-il du Web 2.0 ? Gros renouvellement du tissu économique ?

Google a l’air d’avoir été une réussite (Google, Microsoft et Olivier Ezratty), un renouvellement de la publicité. Il me semble que Wikipedia et l’avancée de l’open source sont un succès. Pour ce dernier, c’est le retour au professionnalisme en informatique. (Enfin des logiciels de qualité!) Pour le reste, je ne vois pas le chiffre d’affaires.

C’est maigre. Les dégâts qui en ont résulté ne le sont pas. Les médias sont à l’article de la mort, l’industrie de la musique aussi, j’imagine que l’industrie du dictionnaire doit faire pâle figure (qu’en est-il de l’édition ?), et que va-t-il arriver au logiciel ?…

La « destruction créatrice » de l’innovation a beaucoup plus détruit que créé ?

Je soupçonne que l’innovation n’est pas où on la croit. Elle n’a rien à voir avec Internet. Mais elle est géniale. Dans les années 90 une idée germe : les applications Internet devaient être gratuites, une fois que le client serait devenu accro, on pourrait l’essorer, la valeur de l’entreprise était donc une proportion de la fortune de ses clients (c’était le modèle de « l’infomédiaire »).

Pour la première fois les investisseurs subventionnaient massivement des idées qui n’avaient pas fait leurs preuves. La profession financière a probablement compris qu’elle avait trouvé le moyen d’exploiter ses descendants. Tant que les investisseurs se vendaient les uns aux autres les start up, ils s’enrichissaient. Le propriétaire des sociétés au moment de l’éclatement de la bulle paierait la note.

Ça n’aurait peut-être pas réussi sans un prix zéro : les acteurs traditionnels ont été désertés par leurs clients, ceux-ci se ruant sur les nouveaux arrivés, qui mettaient alors en avant leur énorme « clientèle » pour attirer l’investisseur.

Dernier ingrédient, le manager. C’est parce que le capitalisme moderne tend à exproprier l’entrepreneur que ses entreprises ne sont dirigées que par des gestionnaires. Ceux-ci ne connaissant pas leur métier sont incapables de résister à une attaque. D’ailleurs, ils sont partis dans une course en avant qui a accéléré le phénomène. Ils ont réduit prix et coûts au lieu de mettre en avant leurs atouts uniques, et de se repositionner.

C’est préoccupant pour l’avenir. Si l’on veut redresser les industries sinistrées autrement que par l’Etat (solution peu satisfaisante en termes d’innovation), il faut des entrepreneurs. Or, ils ont besoin d’un espoir de gain. Or, les marchés qui ont été touchés par Internet n’ont plus l’habitude de payer, et les acteurs qui s’y trouvent sont subventionnés directement (Wikipedia : donations) ou indirectement (open source)…

Compléments :

Google Chrome victime du « Good enough » ?

J’ai vu quelque part que Google Chrome n’était pas un grand succès. Ce serait seulement le 5ème navigateur le plus employé.

Mon cas. Je l’utilise, mais pas seul. Grand intérêt, il est étonnamment rapide. Exemple. Je passe du temps chez Allociné, qui met à genoux Explorer. Chrome charge les pages immédiatement. Mais il y a une faiblesse : le rendu de mon blog (pourtant un produit Google) est moche. Plus amusant. Je rédige mes billets dans Word et je les copie dans l’éditeur de texte de Blogspot. C’est pénible avec Explorer, mais je m’y suis fait. Avec Chrome c’est un cauchemar. En fait, Chrome fait bien mieux son travail qu’Explorer : par exemple il traduit exactement les tailles de polices, il espace le texte… Ce qui me force à défaire ce qu’il a fait.

Ça me rappelle une histoire que l’on m’a racontée. Un directeur financier d’une multinationale disait que l’ERP qu’on venait d’installer faisait des erreurs : il ne permettait plus la créativité comptable nécessaire au sein aspect de son bilan…

Les mésaventures de Chrome illustrent peut-être les propos d’Olivier Ezratty (Google, Microsoft et Olivier Ezratty) : le monde Internet se contente du « good enough ». Pour percer il faut un tremblement de terre.

Google, Microsoft et Olivier Ezratty

Petit déjeuner du Club Télécom. Lumineuse analyse d’Olivier Ezratty de Google et Microsoft. Ce que j’en retiens :

Ces deux entreprises sont aussi concurrentes que la carpe et le lapin. Leur croissance est liée mécaniquement à celle du marché très particulier sur lequel elles vivent, et qu’en partie elles ont créé.

  • Microsoft, 60md$ de CA, possède 40% du marché du logiciel. Elle vend essentiellement aux entreprises. Son marché croit organiquement de 8 à 13% par an.
  • Google, 20md$ de CA, possède 40% du marché de la publicité sur Internet. Elle vend essentiellement au grand public. Son marché croit organiquement de 30%. Google suit la courbe de développement de Microsoft, avec quelques années de retard.

Pourquoi ne peuvent-elles pas s’attaquer l’une l’autre ? L’exemple de Microsoft. Le marché de la publicité sur Internet est divisé en 3.

  1. Moteur de recherche : 30 à 40$ par client (Google a 70% du marché).
  2. Sites de contenu (bandeaux publicitaires de sites tels que Le Monde.fr…) : 2 à 8$ par client.
  3. Contextualité / relation (Facebook, Hotmail…) : 0.

Microsoft est présent sur le 3ème segment et voudrait pénétrer le premier. Mais en dépit de milliards de $ d’investissement est incapable de mettre au point un moteur de recherche qui apporte autre chose qu’un avantage marginal par rapport à celui de Google. Acquérir Yahoo! serait une erreur: les cultures des deux entreprises sont tellement différentes, que la fusion s’achèverait en bain de sang pour un gain de part de marché illusoire.

Quant à Google, attaquer le logiciel d’entreprise lui demande d’acquérir un savoir faire de vente à l’entreprise du type de celui d’IBM. Au mieux difficile et long. Le tout pour une rentabilité beaucoup plus faible que celle à laquelle Google est habitué.

Les entreprises sont comme les êtres humains, elles ont une morphologie qui les dispose naturellement à certains métiers, mais pas à d’autres.

Autre trait. Pragmatisme alpha et omega pour ces deux monstres. Aucun souci de stratégie impeccable, de produit parfait : ils mettent au point par essais et erreurs, ils testent en permanence. Vision à long terme n’appartient pas au vocabulaire anglo-saxon.

Google out

Pendant une bonne demi-journée impossible d’enregistrer un billet sur Blogspot. Ça marche un peu mieux. Mais pas totalement rétabli. Heureusement qu’il y a des groupes d’utilisateurs. Au moins, j’ai pu savoir que je n’étais pas seul.

Ça me rappelle un retour en métro il y a quelques semaines. Bruits bizarres, éclairs, fumées, arrêts, départs, arrêts… Passagers inquiets. Messages du conducteurs et fin du trajet à pied, sur le ballaste. Pendant quelques jours je trouvais miraculeux qu’un métro puisse ne pas avoir de pannes. Ça me rappelle aussi la caisse de retraite qui est dans mon immeuble : pendant des mois son alarme se déclenchait en pleine nuit. Impossible de lui faire entendre raison en dépit de plusieurs recommandés, et visites. J’en étais arrivé à envisager un procès. Et je vous épargne les malheurs que m’a infligé mon éditeur (et pourtant il dit le plus grand bien de mes travaux !).

C’est dans ces moments là que l’on comprend la beauté de la société et tout ce que nous lui devons. C’est aussi à ces moments là que l’on comprend qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour que tout se dérègle et que notre vie devienne un cauchemar. Il suffit juste que nous fassions notre tâche avec un tout petit peu de laisser aller…

Google, Microsoft et Olivier Ezratty

Il y a quelques temps je m’interrogeais sur l’avenir et la stratégie de Google et de Microsoft (Google et Microsoft). Je me suis dit qu’il fallait consulter un spécialiste. On m’a indiqué Olivier Ezratty. Je l’ai invité au Club Télécom de l’association des anciens de l’Insead.

J’ai découvert un homme qui avait eu une carrière peu habituelle. 15 ans météoritiques chez Microsoft. Qu’il abandonne, soudainement, pour faire ce qui le passionne : la prospective stratégique. Conséquence naturelle : il conseille de grandes sociétés, il épaule des start up et il enseigne (à l’École Centrale de Paris).

Son blog (voir la liste des blogs de ce site) est à son image : on y trouve des analyses étonnamment poussées, détaillées, denses, mais remarquablement claires, de ce qu’il appelle les « écosystèmes » qui forment le marché des technologies de l’information. L’exhaustivité de ses études me rappelle une émission de radio qui disait qu’elle écoutait les disques jusqu’à l’étiquette. Après qu’Olivier Ezratty s’est penché sur une question, il ne reste plus de place au hasard…

Le petit déjeuner a lieu le 19 novembre. Intéressante discussion garantie !