Étiquette : Google
Roue magique
- Une émission que j’anime : Trouble shooter.
- Mon premier employeur : Dassault Systèmes.
- Des diplômes : Insead mba, m.phil et Université de Cambridge. (Ces deux derniers sont un peu inattendus.)
- Les thèmes de mes livres : conduite du changement, l’effet de levier, les gestes qui sauvent.
Pour Nicolas Sarkozy (en vrac) : Ségolène Royale (sic), Jean Sarkozy, Cecilia Sarkozy, Carla Bruni Sarkozy, Nicolas Sarkozy facebook, Nicolas Sarkozy juif, Nicolas Sarkozy taille. Critères de recherche « people » ?
Pourquoi ce blog n’a pas migré sur WordPress
- Blogspot s’adresse aux gens qui parlent surtout à eux-mêmes (comme moi).
- WordPress est fait pour ceux qui parlent surtout aux autres, qui écrivent un petit nombre de belles choses bien finies (comme Hervé).
Droit international
Hier matin, interview d’un juriste éminent par France Culture, au sujet du différend entre Google et le droit d’auteur français.
Prenant l’exemple du précédent de je ne sais pas quel problème de satellites, il explique que lorsqu’on est confronté à une question commerciale qui touche plusieurs pays, on ne peut pas prendre en compte les droits de chaque pays. Trop compliqué. Il faut choisir celui du pays de l’entreprise à l’origine de la question.
Je trouve cette idée intéressante : il suffit à la dite entreprise de choisir un pays sans droit (d’auteur pour Google), pour ne plus avoir de soucis. En procédant ainsi on devrait aisément ramener à rien le droit mondial.
Quant aux satellites, je me demande si les droits en cause étaient fortement différents les uns des autres. Mais notre juriste a oublié de nous le dire.
Cloud computing (suite)
Un article s’intéresse aux applications grand public du cloud. S’y affronte, Google, Microsoft et Apple. Qui va gagner ? Pas clair. D’ailleurs il ne semble pas que le cloud se prête à des cercles vertueux ou vicieux. C’est une question de data centres et de gamme de terminaux, de logiciels et de services. Tous ont tout. Plus ou moins fiables, chers ou beaux.
Je découvre au passage la bonne santé d’Apple qui vaut 170md$, plus qu’IBM ou Google, mais un peu moins que Microsoft (230 md). C’est étrange comme cette société est revenue d’entre les morts. Sa compétence clé est toujours son mix matériel logiciel génial, comme à l’époque du Mac. La nouveauté c’est que le nouvel Apple se renouvelle rapidement, trouve vite de nouveaux domaines / segments où appliquer ses talents, avant que ses concurrents bas de gamme et de masse n’arrivent à les tirer vers le bas.
Apple préparerait une nouvelle innovation : une tablette-ordinateur sur laquelle il serait possible d’écrire. J’imagine que ça pourrait faire beaucoup de mal à beaucoup d’entreprises (notamment le Kindle d’Amazon, et le marché du PC).
Compléments :
- La vision d’IBM sur le cloud computing (marché entreprise).
Google out (2)
Une nouvelle fois Blogspot ne fonctionnait pas ce matin.
Ce n’est qu’un blog, rien d’important, me direz-vous. Pas tout à fait. Google prétend être un champion du « cloud computing » : voudriez-vous confier les données importantes de votre société à une entreprise qui a un tel sens de la qualité de service ?
D’ailleurs, peut-on confier quoi que ce soit d’important à une organisation qui a pour seul intérêt le bénéfice de l’actionnaire ? Je me posais cette question il y a peu lorsque je me suis rendu compte que les liens que j’avais faits avec des articles du Monde ne fonctionnaient plus. Normal, après tout, c’était du contenu gratuit. Oui, mais peut-on établir la moindre relation de confiance avec une entreprise qui donne et qui reprend sans crier gare ?
Serait-il temps de réfléchir à ce qui peut être confié au marché, et à ce qui ne doit absolument pas l’être ?
Compléments :
- En fait, ce sont les avocats du libéralisme économique qui sont les plus efficaces fossoyeurs de la confiance que l’on peut lui faire : ne disent-ils pas que son fonctionnement naturel est la destruction créatrice ? L’entreprise pouvant disparaître du jour au lendemain, on ne peut se reposer sur elle pour rien de réellement important.
Réconciliation avec l’économie
Depuis toujours, je pense que l’économie est une caricature de science, oeuvre de scientifiques ratés ; que le « marché » est le mal absolu, destructeur de tout ce qui est beau dans le monde, à commencer par la culture (au sens ethnologique du terme). Le désert culturel américain ne prouve-t-il pas mon propos ? Eh bien, à force d’écrire sur l’économie, et de démontrer qu’elle est ce que je pense, je comprends que j’ai tort.
Ma réflexion sur Google et la numérisation m’a fait prendre conscience de l’efficacité d’une entreprise déterminée. Enron ou Monsanto en sont deux autres exemples remarquables, mais Google peut produire un bien public, pas Monsanto ou Enron, c’est cela qui m’a converti.
Ce qui fait la force quasiment irrésistible d’un Google, d’un Enron ou d’un Monsanto, c’est l’absence totale de responsabilité : ces entreprises poursuivent avec une détermination monomaniaque leur objectif. C’est invraisemblablement efficace, à l’image du héros de films d’Hollywood qui vient à bout de tout.
Sumantra Ghoshal a parfaitement vu ce trait caractéristique de la société américaine, mais il n’en a pas compris l’utilité. Il a dit que l’économie et les sciences du management faisaient l’hypothèse implicite que l’homme était mauvais, et qu’il fallait le contrôler, d’où, par exemple, la théorie de l’agence en économie.
En fait, comme Adam Smith, l’Américain ne fait pas l’hypothèse que l’homme est mauvais, juste qu’il est irresponsable. Cependant, Adam Smith croyait que le marché s’autorégulerait (main invisible), l’Américain a compris que laissé à lui-même le marché ne produit pas que des Google, mais aussi des Monsanto et des Enron. Alors, il faut un contrôle. Il le croît du ressort des lois.
Au lieu de rejeter en bloc cette idéologie, comme le fait M.Ghoshal, il me semble qu’il faut y prendre ce qui est bon, et corriger ce qui ne va pas. Ce qui est bon est la formidable énergie de l’Américain, ce qui ne va pas c’est qu’on ne peut pas contrôler l’homme par des lois. Seul l’homme peut contrôler l’homme. Nous devons donc essayer de comprendre les lois du marché, come nous avons compris d’autres phénomènes naturels, afin de les utiliser pour le bien collectif.
Compléments :
- Sumantra GHOSHAL, Bad Management Theories Are Destroying Good Management Practices, Academy of Management Learning and Education, 2005, Volume 4, n°1.
Google Books et la culture française
Hier j’entends à la radio un débat sur la numérisation par Google des fonds des bibliothèques. Hervé Kabla m’avait déjà fait entrapercevoir le sujet, mais l’affaire ne s’éclaircit pas :
Le débat
Je ne comprends pas les arguments qui s’affrontent.
- M.Jeanneney dénoncerait l’emprise de l’intérêt, du monopole et de l’Amérique sur la culture française. Inutile d’aller plus loin dans la démonstration, on a caractérisé l’axe du mal ?
Lui (Google) confier, et à lui seul, qui vit du profit de la publicité et est enraciné, en dépit de l’universalité de son propos, dans la culture américaine, la responsabilité du choix des livres, la maîtrise planétaire de leur forme numérisée, et la quasi-exclusivité de leur indexation sur la Toile, le tout étant au service, direct ou indirect, de ses seuls gains d’entreprise, voilà bien qui n’était pas supportable.
- Alain-Gérard Slama semble dire que l’on va aboutir à du Wikipedia, qu’il ne trouve pas sérieux (argument d’autorité), il en aurait aussi après le mode de recherche de Google, qui égarerait même les meilleurs esprits. Il faudrait nous protéger de cet insidieux outil de lavage de cerveau ?
- Une objection rationnelle, cette fois : différence de droit de propriété entre l’Europe et les USA.
- Du côté pour, on veut se précipiter, parce que, dans la numérisation qui se fait à l’étranger, il y a des livres français : la culture française va être représentée par une sélection américaine. Argument de MM.Jeanneney et Slama pris à l’envers.
C’est bizarre, mais on ne parle pas tellement de diffusion de connaissance. Le but des bibliothèques, c’est pourtant cette diffusion, de masse, non ? Je ne vois pas comment on peut rêver mieux qu’une numérisation systématique couplée à un accès démocratique. Et si l’opposition au projet venait de ceux dont le rôle est de dire au peuple ce qu’il doit penser ? Si c’est le cas, on a un choc des civilisations : pour l’Américain la culture n’est pas élitiste, mais populaire.
L’enquête
Je suis allé voir de quoi il s’agissait.
- Aujourd’hui, très peu de documents sont téléchargeables (l’accès hors USA est bridé), ou, simplement, visibles intégralement. Pour cela, il faut qu’ils aient été publiés au 19ème siècle ou avant, et encore. L’idéal est d’être équipé d’un e-book, de façon à pouvoir lire confortablement les pdf téléchargés.
- J’ai téléchargé un livre de Tom Paine publié au 18ème siècle. C’est relativement rapide, et résultat (y compris imprimé) de bonne qualité : plus facile à lire que l’original (et on n’a pas peur d’abîmer l’ouvrage). Ce qui est épatant, c’est qu’il est possible de faire de la recherche plein texte, et celle-ci reconnaît les caractères anciens (par exemple falsehood s’écrivait falfehood au 18ème). C’est une fonction remarquablement utile, même pour les livres que l’on possède (pour retrouver un passage, je suis obligé de me reposer sur ma mémoire et sur les notes que je prends en marge de ce que je lis).
- Ce qui expliquerait l’effroi de nos hommes de culture, c’est que, comme Amazon, Google fait des suggestions d’ouvrages apparentés à ce qui semble la recherche du lecteur. Risque de manipulation ? Mais, si l’on en craint une, pourquoi ne pas la dénoncer, une fois que l’on en aura la preuve, ou proposer d’autres moyens de recherche ?
La rentabilité
Paradoxalement, ce que je ne comprends pas, c’est la rentabilité du projet :
- Microsoft a tenté l’aventure et a jeté l’éponge, après avoir numérisé un million de livres.
- Pierre Bazin, qui dirige la bibliothèque de Lyon, numérisée par Google, disait que le coût de la numérisation de 500.000 livres (d’un intérêt, en moyenne, extrêmement limité) était 60m€, à quoi il faut ajouter la maintenance des bases de données, et le dispositif pour les rendre accessibles.
- Pour le moment, et pour sûrement encore longtemps, seuls les chercheurs auront un intérêt pour ce site. Pour le reste, il semble plutôt une boutique de promotion pour les librairies en ligne : la plupart des recherches donnant un livre non téléchargeable, et orientant vers sa version papier.
- Quant aux revenus, on parle de publicité. Mais la publicité sur Internet ne rapporte rien, sauf à la fonction moteur de recherche de Google. Je ne vois pas le type de publicité qui peut rentabiliser des milliards de $ d’investissement (si j’extrapole les chiffres de Lyon). Commission sur les ventes de livres suscitées par Google Books ? Mais il faudra en vendre des centaines de millions par an, non ?…
Conclusion du moment
S’il y a danger, c’est celui de l’acquisition d’un bien commun (la connaissance) par un monopole. Cependant, aujourd’hui nous n’avons aucun autre moyen de l’obtenir. D’ailleurs, parmi ceux qui pourraient nous l’apporter, Google semble à la fois le plus rapide, et le moins dangereux pour notre indépendance intellectuelle.
Si l’on prend une optique à moyen terme, le projet semble formidablement intéressant. Paradoxalement, ce qui m’inquiète est sa rentabilité. N’avons-nous pas intérêt à ce que Google aille le plus loin possible dans son travail, tout en nous assurant que nous saurons récupérer et utiliser ce travail si Google fait faillite ?
Compléments :
- Pour la première fois de ma vie, j’ai été innovant (sans le faire exprès) : on peut trouver mon dernier livre sur Google books.
- Un aperçu de l’opinion de Jean-Noël Jeanneney (contre), et un autre de Pierre Bazin (pour), et pourquoi Harvard et d’autres ont choisi la numérisation par Google, et le projet Microsoft.
- L’opinion (favorable) de The Economist.
- Curieusement ce débat sur les moyens d’acquérir un bien commun illustre parfaitement la théorie économique (The Logic of Collective Action). Si on la suit, Google n’est pas optimal pour administrer le dit bien, le mieux, mais c’est compliqué à mettre en œuvre, est une gestion « démocratique » (Governing the Commons – plus ou moins le modèle Wikipedia).
Xavier Delanglade
J’interviewe Xavier Delanglade, qui vient de quitter FullSIX, dont il était directeur général, pour fonder TheBluePill. Il m’a peut-être fait comprendre quelque chose que je n’avais pas vu :
Pour moi Internet était un effroyable outil de marketing. Il n’est pas du tout propice à la publicité traditionnelle ; certes, il est adapté à la vente d’impulsion (effet « push »), mais seul Google a su en tirer parti. Ce que je n’avais pas vu c’est que combiner une campagne de communication télévision, radio ou papier, avec un envoi d’e-mails offrant les produits dont parle la publicité fait l’effet Google sans Google.
Si le procédé fonctionne mal, c’est une question de base de données. Les publicitaires utilisent soit les bases de données de fournisseurs en ligne, mais elles s’épuisent vite (surexploitées), soit des concours et des promotions, dont les participants acceptent de recevoir des offres. Mais ce sont des consommateurs de faible intérêt, et peu fidèles. En outre, le bombardement d’e-mails est brutal, et coûte cher à l’image de l’annonceur (il semblerait même que certains créent une marque pour e-mailing).
Xavier Delanglade, lui, utilise les bases de données de clients de grandes sociétés (CRM). Elles sont de grande qualité, et peu sollicitées. Leur propriétaire est rémunéré, un revenu non négligeable pour une direction du marketing, qui y gagne en plus une qualification de sa base (elle peut connaître le comportement de ses clients vis-à-vis d’autres produits).
Toute la difficulté de l’opération est de ne pas brutaliser le consommateur de façon à ce qu’il ne retire pas son nom de la base. L’idéal serait que les offres qui émanent de son fournisseur fonctionnent comme un système de fidélisation, un service qui répond à une attente (de même que les propositions que me fait Amazon m’intéressent).
Microsoft et Yahoo
Peut-être que Microsoft et Google ont enfin trouvé un moyen de se faire mal ?
Cette fois-ci l’offensive de Microsoft contre Google semble sérieuse. Bing le moteur de recherche de Microsoft serait adopté par Google. Bing aurait alors une part de marché de 30% aux USA, contre 65% à Google. Avec une telle présence, les annonceurs sérieux ne pourront plus ignorer Microsoft. Ça risque de faire mal à Google.
En échange, Google attaque la clé de voute du succès de Microsoft : les systèmes d’exploitation.
On se trouve dans un des cas de figure où la concurrence peut être bonne. Elle va forcer Microsoft et Google à dépoussiérer leur génie, leur évitant peut-être le sort des dinosaures. Espérons aussi qu’ils vont s’intéresser à nous et à nos problèmes et à la qualité et à l’ergonomie de leurs produits. Mais à l’impossible nul n’est tenu.
Compléments :
- Bingoo!. Il paraîtrait que sur sa seule bonne mine (qui ne me séduit pas), Bing connaissait déjà une croissance forte. Microsoft a réussi un beau coup : il a obtenu ce qu’il cherchait dans l’achat de Yahoo. En ne l’achetant pas il a fait 47,5md$ d’économie.
- Microsoft en dinosaure : Bill Gates : nettoyage à sec.
- Olivier Ezratty est-il dans l’erreur ? Google, Microsoft et Olivier Ezratty.
- Le même sur les systèmes d’exploitation : La guéguerre des OS légers.