Changement systémique

Ce blog étudie le changement depuis qu’il existe. Ce qui arrive est stupéfiant. Pourtant, c’est prévu par la systémique. 

En effet, la société est en train de changer, radicalement. Et cela touche les principes mêmes qui gouvernent nos comportements. Montesquieu aurait parlé d’une changement de « l’esprit des lois ». 

Par exemple, il y a une pénurie mondiale de ressources humaines. Du jour au lendemain, le dirigeant, qui se tapait sur les pectoraux en clamant qu’il était un « premier de cordée créateur de valeur », n’est plus rien. Maintenant, il doit être « séduisant ». Car le jeune veut servir une juste cause. Et la fiche de poste, c’est fini : il faut bâtir à partir de ce qui se présente. Et peut être même, le superbe isolement du chef d’entreprise a fait son temps, car il va probablement falloir partager son personnel. La coopération est la règle du jeu, en période de rareté. 

Il y a aussi la globalisation. Son hypothèse implicite était la quasi gratuité du transport. Or, le virus a montré qu’il présentait un risque imprévisible. La supply chain est à terre. Et cela a une conséquence massive : de la période du moins disant, on passe à celle de l’innovation. Du moins cher au meilleur. Le règne du gestionnaire risque bien d’être remplacé par celui de l’entrepreneur. Si le dirigeant veut garder son poste, il va devoir remettre en marche son cerveau. L’élite va devoir justifier ses prétentions.

Et la rigueur, que nous imposait Mme Merkel ? Je lisais un article qui expliquait que le monde s’était mis à imprimer des billets, et constatait avec stupéfaction que le ciel ne lui tombait pas sur la tête. 

Où cela nous mène-t-il ? Aucune idée. En tout cas, les rapports de force se sont totalement inversés. Alors que juste avant l’épidémie la SNCF et Air France étaient paralysés par des grèves, qui parierait aujourd’hui un kopeck sur les hommes forts d’hier ? Ecole de l’humilité. 

Enseignement ? Nous tendons à être des mouches du coche. Nous croyons que nos succès sont dûs à notre génie, alors qu’ils sont le résultat des circonstances. Et les belles théories dont on nous a abreuvé, et qui ont valu quelques prix Nobel, ne sont que des rationalisations de rentes de situation. Peut-être peut-one espérer une renaissance de la science ?

La globalisation victime du virus ?

Les organismes internationaux de la santé s’inquiètent de la possibilité que la nouvelle variante du virus échappe aux vaccins, dit le Financial Times. 

Cela m’a fait penser à une opinion entendue au début de l’épidémie de Sida. Selon elle, tout se passerait comme pour les maladies vénériennes : on ne pourrait pas l’éliminer, mais on parviendrait à vivre avec. Effectivement, l’épidémie a été contrôlée, mais pas arrêtée. Et on y est arrivé en maintenant en vie ses victimes, mais, surtout, par un changement de comportement. 

Le ressort de la globalisation était le très faible coût du transport. Il permettait de mettre en concurrence les nations. Entre élevage, congélation, découpage, conditionnement, consommation, un poulet pouvait être transporté dans plusieurs pays. Aujourd’hui, dépendre d’approvisionnements étrangers devient dangereux. Le virus semble avoir trouvé le talon d’Achille de la globalisation. 

Pour éviter les effets des variants du virus sur le transport international, leurs conséquences, et, surtout, l’incertitude qu’ils créent, le circuit des échanges et des déplacements humains devrait être amené à évoluer radicalement dans les prochaines années. 

Panne de gaz

« Gas crunch » dit le Financial Times. L’offre ne suit pas la demande. Augmentation de prix sévères à prévoir pour les entreprises consommatrices de gaz et les ménages.

Décidément, cela n’arrête pas. 

Il est possible que cela signifie que les épidémies fassent faire à l’économie du yoyo, et qu’elle n’y soit pas adaptée. (D’autant que le yoyo encourage la spéculation ?) Il est aussi possible que la fameuse « supply chain » qui faisait des miracles pour répartir les productions de biens là où le marché donnait les prix les plus bas soit en train de montrer ses limites. D’autant que les nations semblent tendre à réserver leurs ressources pour leur propre industrie.

Faut-il, en urgence, repenser la « globalisation » ?

Le monde d'avant accélère

« Les investissements USA / Chine font mentir les tensions géopolitiques. Les chiffres montrent que les efforts de l’administration Trump pour découpler les économies ont échoué. » Disait le Financial Times. 

Le monde d’avant, celui de la globalisation et de la délocalisation, a des raisons qui n’ont pas été ébranlées ?

La globalisation a été mue par le phénomène de « l’oligarchie » au sens russe du terme. Quelques personnes bien placées ont livré les secrets de fabrique de l’Occident en échange d’un enrichissement rapide. Enrichissement auquel beaucoup de sans grades ont participé d’ailleurs. En remplaçant les salaires occidentaux par ceux des pays « hors économie de marché » on faisait apparaître immédiatement de grosses économies. Bien entendu, quand on arrivait sur le terrain, on découvrait qu’il n’y avait pas que le salaire qui comptait, il y avait aussi une connaissance tacite qui avait demandé des siècle à se constituer. Mais il était trop tard. De toute manière, entre temps, le tissu économique occidental avait perdu son savoir-faire. Et ceux qui avaient pris ces décisions avaient été promus. 

La globalisation correspond à la logique de l’économie de marché. Dans cette logique un pays en dehors de cette économie ne « vaut rien ». Il est donc normal qu’il soit envahi. Ensuite, selon le raisonnement de Jean-Baptiste Say, il se passe un phénomène vertueux : plus de gens échangent, et plus, individuellement, ils sont riches. Au lieu d’une économie de subsistance dans laquelle tout le monde fait la même chose, chacun se spécialise et profite de ce que les autres ont produit. 

Pour que cette logique marche, il ne faut pas que les nouveaux entrants dans l’économie de marché soient simplement « moins chers », cela tue l’échange, il faut qu’ils produisent du « différent ». La voiture chinoise, par exemple, doit correspondre à un segment de marché qui n’existait pas. Pour le moment, c’est là que le changement coince. 

Droits de l'homme pour un monde durable

La première revendication des séparatistes anglais fut de s’extraire de la cour de justice européenne des droits de l’homme. Voilà qui est étrange pour une nation occidentale, et, probablement, même, pour celle qui est à l’origine du concept. Nouvelle perfidie d’Albion ? 

Années 90. Ce qui frappait les entrepreneurs qui allaient en Chine, c’était les conditions de travail des indigènes. On m’a dit à cette époque que ce qui faisait l’intérêt économique de ce peuple n’était pas le bas coût du travail, mais le fait que la vie ne comptant pas, il ne fallait pas la protéger. Ce qui, pour une fonderie, changeait beaucoup de choses. 

Et si le véritable moteur de la globalisation avait été de fuir la contrainte des droits de l’homme ? Paradoxal : on n’a jamais parlé autant de droits de l’homme que ces 30 dernières années !

Et si notre virus venait de là ? Il ne faut pas demander à des humains rejetés par la société de respecter la nature ? Et si un monde durable commençait par les droits de l’homme ? Indignez-vous ?

Juste globalisation

Il y a globalisation et globalisation. Bébé et eau du bain. 

Les épidémies viennent de la globalisation, dit-on. Plutôt, elles sont causées par « une » globalisation. Celle que l’on dénonce depuis bien longtemps, et qui veut que l’on élève des poulets à un endroit, qu’on les congèle à un autre, qu’on les découpe dans un troisième, et qu’on les consomme dans un quatrième, avec des voyages en avion entre étapes. Et cela parce que le monde est guidé par la « valeur » que le « marché » attribue à ce qui fait notre vie. Ce qu’il appelle « arbitrage ». Dans cette logique, tout ce qui nous est essentiel, l’eau, l’air, l’équilibre des écosystèmes, l’amitié, le droit du poulet… n’a aucune valeur. 

Cela produit des « externalités négatives », reconnaît l’économie. La bonne gestion financière a pour conséquence des dettes colossales ! Et en termes de vie humaine ? 

Mais la globalisation, la vraie, c’est aussi l’entraide, la paix. Que la Chine permette à ses scientifiques de coopérer avec leurs collègues, et qu’elle ne cherche pas à envahir Taiwan. Et cela, on n’en a jamais eu plus besoin.

Déficit du commerce extérieur : une question d'exportations ?

Le déficit de la France se creuse. Sommes-nous de mauvais exportateurs ?

  1. Nous avons des super champions de l’export (Airbus, l’auto, le luxe, l’agro, l’armement, le tourisme – un export à l’envers, etc.). 
  2. Mais ce sont des multinationales, les PME exportent peu.  
  3. Notre déficit est nettement moins élevé que celui d’un pays qui n’a de leçons à recevoir de personne en termes de dynamisme entrepreneurial : les USA. 
  4. Et le coronavirus, comme d’habitude, rajoute une couche de complexité : il a attaqué ce que l’on exportait, et nous a forcés à importer ce que nous ne fabriquions pas. 

Voilà pourquoi on parle tant de souverainisme, et de circuits courts ? Si nos grandes entreprises achetaient à nos PME, nous n’aurions plus de déficit ? Qui sait ? 

  • C’est peut-être ce qui se passait jadis. 
  • Ce qui expliquerait que nos PME n’aient pas pris le réflexe export, plus généralement autonomie. Elles fournissaient nos multinationales.  

Conclusion ? Le déficit du commerce extérieur n’est peut être pas un problème d’exportation !

Années 20, années folles ?

L’année dernière, je me demandais si les années 20 seraient des « années folles ». 

Le puritanisme a envahi notre vie, qui est devenue bien triste. Allions-nous nous en libérer ? Espoir déçu. Au moins, une expression est venue nommer notre situation : « cancel culture ». La réaction s’organise ?

Ce qui n’était par prévu, c’était le virus. Pourtant, on nous l’annonçait depuis longtemps. Mais nous avons l’habitude de ne pas prendre au sérieux notre gouvernement. Nous le jugeons incompétent. Et nous pensons qu’un incompétent est incapable d’aucune prévision. Mais, s’agissait-il bien d’une prévision ?

Les agriculteurs ont de l’avance sur nous. Chaque année, ils sont victimes d’une maladie ou d’une autre. Quand on leur demande quelle en est la cause, ils répondent : « la globalisation et le changement climatique ». Ce que nous appelons des « années folles » ne l’ont peut être pas été pour la grande majorité de la population. Les dernières décennies auraient-elles étaient « folles » pour certains ? Les mêmes causes, les mêmes effets ?

Le paradoxe du coronavirus

Statistiques d’infection par le coronavirus. Curieusement, on a l’impression qu’il n’y a que les pays « développés » qui soient touchés. L’Afrique et l’Asie, en dehors de la Chine, de la Corée, du Japon et de Singapour, ne seraient pas contaminées.

Pas de contact avec la Chine ? Il n’y a que certains Chinois, qui voyagent dans certains pays, qui seraient infectés ? Où seules comptent les vies des citoyens des pays riches ?

Si c’était le cas, ce pourrait être un des bénéfices de la mondialisation. Car, alors, cela signifierait que, dès qu’une nation peut paralyser le système global, on devrait veiller à sa bonne santé…

M.Macron : une guerre de retard ?

Lorsqu’on lit l’histoire de M.Macron, on entend parler les hautes sphères du monde d’il y a vingt ans. (Et le gouvernement Sarkozy.)

Il est recalé deux fois à Normale Sup, mais il ne se laisse pas abattre, part à Sciences Po, réussit l’ENA, et grâce à son enthousiasme plus qu’à son intellect ?, termine 5ème, et entre à l’inspection des finances. De là il pénètre dans le nombre infime des puissants qui font la France, puis chez Rothschild, fréquente la jet set internationale, et c’est la Commission Attali, et le gouvernement. Conclusion ? J’ai travaillé dur, et j’ai réussi grâce à mon mérite. Et ce monde que j’ai trouvé est fort agréable. Pourquoi mangez-vous du pain (rassis) et pas de la brioche ?  C’est ce qu’écrivait l’oligarque de tous les pays, lorsqu’on lui parlait inégalité. Donc, ceux qui sont dans la mélasse ne sont pas méritants. Ou, comme M.Macron nous aime bien : les Français sont des attardés, qui n’ont pas compris les beautés des conseils d’administration.

Mais la globalisation, c’est fini, au moins pour quelques décennies. Le monde est aux mains des Xi, Poutine, Erdogan, Trump, Al Sissi et autres hommes forts de moindre renom. La clique à laquelle M.Macron rêvait d’appartenir n’existe plus ? M.Macron : comme tout bon Français, vous avez une guerre de retard ?