Harvey Weinstein

 Harvey Weinstein, contre qui tout le monde s’acharne, a longtemps été un citoyen admiré : un démocrate militant, proche de Mme Clinton et de M.Obama. Voici ce qu’en dit wikipedia :

Weinstein has been active on issues such as poverty, AIDS, juvenile diabetes, and multiple sclerosis research. He serves on the Board of the Robin Hood Foundation, a New York City-based non-profit that targets poverty, and co-chaired one of its annual benefits. He is critical of the lack of gun control laws and universal health care in the United States. 

Weinstein is a longtime supporter and contributor to the Democratic Party including the campaigns of President Barack Obama and presidential candidates Hillary Clinton, and John Kerry. He supported Hillary Clinton’s 2008 presidential campaign, and in 2012, he hosted an election fundraiser for President Obama at his home in Westport, Connecticut.

Si j’en crois wikipedia, M.Weinstein aurait même un enfant qui aurait changé de sexe.

M.Trump doit bien rire. La gauche bien pensante ne serait-elle pas au dessus de tous soupçons ? Y aurait-il des similarités avec l’affaire DSK ?  A l’époque on avait parlé de Dreyfus. Peut-être n’avait-on pas tort. Car, quelles que soient ses turpitudes, M.Weinstein est condamné sans procès. Même la France veut lui retirer sa légion d’honneur. Viol de la justice ?

Le nihilisme existe-il ?

Nihilisme. C’est le reproche que font des Camus, Proudhon, Arendt ou Dostoïevski à ce que, faute de mieux, on pourrait nommer « gauche bourgeoise », Marx, Sartre, la pensée 68, les intellectuels qui ne sont pas venus du peuple, ou qui n’ont pas été fidèles à leurs racines. Le nihilisme est l’antinomie d’autorité. C’est penser que la fin, l’atteinte d’un utopique idéal, justifie tous les moyens. La Terreur en particulier. Cette fin peut être le néant. Détruisons la société, le mal, elle se renouvellera miraculeusement. C’est ce que dit Heidegger, qu’ont beaucoup aimé nos intellectuels.
Mais les nihilistes sont-ils vraiment nihilistes ? Les casseurs de 68 sont à l’Académie française, dans les palais de la République, ou à la tête de nos grandes entreprises. Le nihiliste ne veut pas détruire la société. Il la trouve très bien. A condition d’en profiter. Ce qu’il nie ce n’est pas l’Autorité, mais celle de ses parents. Cependant, il n’a pas compris qu’en attaquant la seconde, il faisait tomber la première. Et il se trouve bien dépourvu quand il constate qu’en créant l’anarchie, il a sapé sa propre autorité. 
L’intellectuel a été le vecteur du néant. C’est maintenant à la société de reconstruire une histoire qui ait du sens pour elle. Logiquement, l’intellectuel devrait trouver sa justification dans ce travail. Sera-t-il capable de faire sa révolution culturelle ?

Gaston Lagaffe est-il de gauche ?

Gaston est-il de gauche ? se demandait France Culture. Gaston semble plutôt un libertaire. Il n’en fait qu’à sa tête. C’est surtout un poète. Ce qui pourrait le faire croire de gauche est qu’il rend fou les gens sérieux, l’autorité. Son chef, l’agent de police, M. De Mesmaeker (qui se prénomme Aimé, d’après wikipedia). Mais, ce qui est encore plus de gauche, c’est la société de l’époque. Imagine-t-on une entreprise tolérer un Gaston ? Aujourd’hui, il serait dans une poubelle. Qu’elle est surprenante la tolérance de cette société ! Non seulement elle n’a pas envoyé les révoltés au bagne, comme elle le faisait au dix-neuvième siècle, mais elle a nourri des gens qui la niaient. Ce ne serait plus concevable aujourd’hui. La censure a fait des pas de géant en quelques décennies.
Notre définition de la gauche a changé du tout au tout. Les anarchistes, comme Proudhon ou Elisée Reclus étaient des gens d’ordre. La gauche pensait que l’homme n’avait besoin d’aucune règle, il avait l’ordre en lui. La gauche aimait le progrès, elle reconnaissait l’autorité de la science et de l’art. Elle avait un culte de l’école. Le Canard Enchaîné cultive encore cette tradition : c’est un fondamentaliste de la langue française, comme Proudhon, Reclus, Vallès, Brassens, Villon. La gauche était « socialiste », elle croyait aux bienfaits de la société, et voulait les faire partager à ceux qui contribuaient à leur production. Aujourd’hui, elle est individualiste, au sens le plus réduit du terme.

Gauche belliciste ?

Pour les questions de politique étrangère, on décrit Mme Clinton comme un « faucon ». M.Obama est une « colombe ». Ainsi que M.Trump, paradoxalement.
J’ai cru que M.Hollande faisait la guerre pour imiter M.Mitterrand. M.Mitterrand était, apparemment, un gaulliste, qui voulait assurer la grandeur de la France, par son rayonnement international. Mais ne me suis-je pas trompé ? Et si la gauche était un parti de faucons ?  Il y aurait à cela une raison évidente : elle est le parti du bien ? N’est-il pas logique, alors, de combattre le mal ? Et de le combattre par le mal, l’armée, qu’elle dit ne pas aimer ?

Le fonctionnaire vote FN

Jeudi dernier France Info disait que le fonctionnaire votait FN. Certes pas l’enseignant, mais quasiment toutes les autres catégories. Ce serait une question de déclassement et de conditions de travail. On disait aussi que la gauche s’était retournée contre son électorat traditionnel : elle le trouvait ringard, et bon pour la poubelle de l’histoire. 
Au même moment, j’ai saisi des bribes d’une interview d’Erri de Luca par France Culture. Il a eu une jeunesse révoltée et violente. Mais qu’est-ce qui justifiait cette violence ? Et surtout, contre qui s’est elle exercée, finalement, lorsque les révoltés ont hérité le pouvoir de leurs parents ? Contre le petit peuple, qui ne demandait rien, et n’avait pas conscience qu’il était la personnification du mal ?

Gauche et classe populaire

Samedi, débat chez France Culture. La gauche a déserté les « classes populaires ». Je me suis demandé, à l’époque du bac pour tous, ce qu’étaient ces fameuses « classes populaires ». Je n’ai pas eu de réponse. (Sinon qu’elles voteraient à 51% FN !)
C’était le PC qui était la voiture balai de la gauche. Et il a disparu. Il reste un parti pour intellos qui ne fait plus une politique de gauche. D’ailleurs plus on va aux extrêmes, plus on a d’intellos. Ce qui m’a semblé rejoindre les idées d’Alain Finkielkraut, en les exprimant différemment. Si je comprends bien, pour lui la gauche fait plus que de se désintéresser des classes populaires : elle les juge obsolètes, nativement réactionnaires.
Quelqu’un a aussi dit qu’un gouvernement est supposé représenter tout un peuple, et non promouvoir les intérêts de certains au détriment de ceux des autres. Apparemment, c’était une nouveauté révolutionnaire.

Pensée de gauche

« Le peuple ancien se rétracte : qu’il crève ! Une nouvelle coalition émerge, composée, espère-t-on, des Français issus de l’immigration et des habitants hyperconnectés des grandes métropoles. » Voilà ce qu’Alain Finkielkraut dit de la pensée de gauche, dans une interview du « malaise français ». 
Cela ressemble à l’électeur de Barack Obama. Cela pourrait expliquer la sorte de guerre civile que l’on voit un peu partout : une partie du pays pense que l’autre est dépassée ? Et aussi pourquoi la droite ressemble autant à la gauche : les deux bords revendiquent le même électorat. Peut-être aussi y a-t-il là la révolte 68 ? L’ex soixante-huitard se définit toujours comme étant ce qui est nouveau, jeune et beau, contre les valeurs traditionnelles du pays et ceux qui les représentent, c’est-à-dire le gros de la population. Pour vivre, il a besoin de rejeter ?

Le syndrôme du chevalier

A l’écoute de France Culture, se dégage un thème récurent de la mythologie de gauche. C’est celui du « porteur de valises ». Le porteur de valises a amené des armes ou de l’argent aux peuples qui luttaient contre le colonialisme français
Ce thème revient aujourd’hui, à l’envers, par ce que l’on appelle « le racisme anti-blanc ». Les élites verraient le peuple comme un mal. Mais comment gouverner des gens à qui l’on ne pense rien devoir ? 
Et si les bandes dessinées, ou du moins les récits pour la jeunesse, avaient forgé ces mythes ? Le militant voit la vie comme un combat. Il défend la veuve et l’orphelin contre le mauvais. Il n’est donc pas membre de la société. Il est au dessus d’elle. Et il lui faut un ennemi. Il est violent par nature ?

La gauche et la culture

Récemment, j’ai découvert que la « culture » avait été le programme de la gauche. Apparemment, il s’agissait d’établir sur terre un paradis terrestre où l’homme aurait été un intermittent du spectacle. L’aspect pratique de la question ne semble pas avoir été étudié. C’était un acte de foi. 
D’où cela pouvait-il venir ? 
  • Une première hypothèse est : Marx. Si je comprends bien, il aurait envisagé une phase ultime du développement humain ressemblant à ce paradis. 
  • Seconde hypothèse : Malraux. Après guerre, il y eut un fort mouvement culturel gaulliste. La gauche aurait-elle repris, et détourné ?, ce mouvement ? 
  • Un dernier candidat serait l’Ancien régime. J’ai découvert encore plus récemment que le noble avait une mission esthétique. Comme à Versailles il était le metteur en scène d’une œuvre d’art dans laquelle chacun avait un rôle. La guerre, elle même, est un rite. Ce n’est pas tant la victoire qui compte que de s’y comporter avec panache. Tout est perdu for l’honneur. 
Cette dernière hypothèse n’est pas totalement invraisemblable. J’ai dit ailleurs que, dans son combat contre les Lumières et la Révolution, donc le « progrès », la gauche revenait logiquement au modèle de l’Ancien Régime (puisque les Lumières en étaient l’antithèse). Éternel combat de la stabilité (qui sert les intérêts acquis ?) et du changement (le « progrès ») ?
à creuser. 

François Hollande et la patrie

« La patrie… », disait François Hollande dans ses vœux. Extrêmement surprenant lorsque l’on sait ce que la gauche associe à ce mot depuis plus d’un demi siècle. Un moyen honteux de prendre des voix à Marine Le Pen ?

M.Hollande aurait déjà fait usage du terme le 14 juillet dernier. Il semblerait effectivement que ce soit une option de campagne choisie pour 2017. L’élection présidentielle tiendrait à une question de valeurs, selon les stratèges. Valeurs = mots sans contenu ? 

Mais ce ne serait peut-être pas sa seule motivation. Il obéirait, une fois de plus, à une tradition qui remonterait à François Mitterrand.

La patrie serait-elle, contrairement à ce que je croyais, une idée de gauche, au sens moderne, 68, du terme ? Ou François Mitterrand et Hollande auraient-ils procédé à une forme d’entrisme ? François Hollande serait-il mu par le seul désir d’être élu, ou a-t-il des convictions ? Méfions-nous des jugements hâtifs ?