Ténébreuse gauche ?

Emission sur la gauche « anti lumières ». Cette gauche particulièrement influente accuse les idées des Lumières de tous les maux. Problème : la gauche, traditionnellement, était le parti du « progrès ». Or, ces thèses l’amènent à reprendre des idées de la philosophie allemande, compromise avec le nazisme (aussi anti Lumières), à s’aligner sur l’extrême droite réactionnaire, et à refuser la révolution, donc à donner raison à l’Ancien régime ! 

Tout ceci semble être une réaction à la guerre. En fait, j’en ai identifié plusieurs autres :

  • Un courant lié à la systémique, pense que ce qui compromet notre avenir est une science fondée sur la croyance en l’individu, dont le triomphe est la physique, et qui détruit la société, qu’elle ignore. Il faut créer une science de la société, des systèmes et de la complexité (cf. Edgar Morin). 
  • Un autre courant (H. Arendt, A. Camus…) pense que le mal est le « nihilisme », qui provient de la croyance (de l’intellectuel, en particulier) en des absolus. Sa conséquence est le totalitarisme. 
  • Un troisième courant, dominant, a estimé que la guerre avait une origine économique, la crise de 29, due à un manque de réglementation. D’où les accords de Bretton Woods.
Et si tous ces gens voyaient midi à leur porte ? Et s’il était dommage qu’ils n’aient pas pensé à parler entre eux ? Et si les lumières, c’était le dialogue ?

La gauche et l'Allemagne

On parle beaucoup de l’incapacité de la gauche à s’unir. Mais on ne s’interroge pas sur la cause de cette désunion. 

Je me demande si, pour la comprendre, il ne faut pas regarder vers l’Allemagne. L’Allemagne est un pays de coalitions. Cela signifie que l’on y adopte des compromis. Or, il me semble que ceux-ci ne proviennent pas d’un calcul, mais résultent plutôt de la conviction que l’autre n’a peut-être pas totalement tort. 

Les groupements d’entreprises semblent obéir à un phénomène similaire. Celles-ci ne se regroupent pas tant parce qu’elles ont beaucoup à y gagner que parce qu’elles sentent qu’elles partagent quelque-chose de fondamental avec leurs concurrents. 

Le respect mutuel serait-il la condition nécessaire de toute union solide ?

Panne d'idées

Jacques Attali : pourquoi la gauche est-elle en piteux état ? C’était, à peu près, la question posée ce matin par France Culture. (Emission.)

Réponse : panne d’idées. On les a toutes épuisées en 81. 

Ces idées, si j’ai bien compris, sont de l’ordre des « droits ». Il propose, après le droit de la femme, celui de l’enfant. 

Il y a des attentats, des gilets jaunes, des guerres dans tous les sens, des populations qui crèvent de faim, la Chine veut envahir Taiwan, le monde est ravagé par des épidémies, dues à l’hybris humain… et la gauche ne voit pas où trouver des idées ? 

Hier, on disait à M.Mitterrand qu’il n’avait pas le « monopole du coeur ». N’est-ce pas là le drame de la gauche ? Elle n’a plus de coeur. Elle n’est plus qu’une tête (et pas bien brillante ?). 

(Au passage : J.Attali explique pourquoi la gauche historique n’aimait pas le passé de F.Mitterrand. Terrible réquisitoire !)

Risible gauche ?

L’élection de François Mitterrand fut-elle le chant du cygne de la gauche ? Aujourd’hui, elle est en miettes, constatait la revue de presse de France Culture, ce matin. 

Cela m’a fait penser à François Hollande et Ségolène Royal. Ils ont beaucoup de choses en commun. D’abord d’avoir eu plusieurs enfants ensemble, et d’avoir grandi dans l’ombre du président Mitterrand. Ensuite d’avoir été deux des champions du PS. Ils l’ont représenté à deux élections présidentielles. Finalement, qu’une forme très particulière de ridicule leur soit attaché. Quelque-chose qui paraît très rare. Pour trouver mieux, il faut peut-être remonter à Valéry Giscard d’Estaing. 

Faut-il en appeler à Bergson ? Le rire, dit-il, est un signal d’alarme. Est risible ce qui est « contre nature ». La gauche, emmenée par son couple vedette, aurait-elle décollé de la réalité ? Elle sera à nouveau puissance politique le jour où elle ne sera plus risible ? 

Culture du paradis terrestre

Il était dit, il y a quelques années, que la politique de la gauche était la « culture ». Cherchait-elle à réaliser le programme de Marx ? Marx aurait vu, comme dernier état de développement humain, une humanité qui ne se serait occupée que de « culture ». 

Les Lumières, dont Marx et son maître Hegel sont les héritiers auraient-ils eu l’aristocratie comme idéal ? Car l’aristocratie possédait ce après quoi couraient les philosophes de l’époque : la véritable liberté : la liberté de l’esprit. Le noble digne de ce nom se rit des conventions, de la société, de la morale, des biens, et de son existence, qui ne compte pas. Mais l’aristocratie avait aussi créé une culture raffinée, qui rayonnait de France. C’est à dire une société qui s’épanouissait dans les jeux de l’esprit. Louis XIV aurait-il été la tentative la plus réussie de créer le paradis sur terre ? L’idéal de Marx ?

Et pourquoi pas ? Un jour peut-être l’homme aura cessé de se disputer. Il n’y aura plus des cultures, mais une culture universelle. Une culture  fruit de la raison, c’est-à-dire, comme au temps de la Chine à son heure de gloire, ou de Versailles, un monde artificiel, arbitraire, qui enchante l’esprit cultivé. Rêvons ? 

Les dangers du militantisme

Les pathologies du militantisme. « Quelle que soit leur obédience, les organisations d’extrême gauche ont en commun d’être des « institutions voraces » ou « dévoreuses » (greedy institutions), d’exiger un engagement total » 

On découvre que les organisations plus ou moins humanitaires qui font l’opinion maltraitent leurs membres : « Deux éléments constitutifs les orientent vers la « voracité » et l’engagement total : leur aspiration à aller « à la racine » des maux qu’ils prennent en charge pour un changement en profondeur de la société les incline à l’intransigeance ; leur position en marges, qui les désigne comme subversifs pour l’ordre (social, politique ou sexuel), favorise sentiment d’adversité et repli sur soi déjà en germe dans leur volonté de rupture. La dynamique s’est vérifiée pour les groupes d’extrême gauche des années 1970 ; elle pourrait aujourd’hui se cristalliser avec la montée des polémiques stériles tout autant que caricaturales portées contre certaines causes. « 

On n’est pas loin de la secte. La société devrait-elle s’inquiéter dès qu’elle voit apparaître de tels phénomènes ? 

La gauche est-elle de gauche ?

La gauche essaie de s’unir entend-on. Mais tout la pousse à se diviser. Car, il lui faut un chef, et chaque prétendant a tout intérêt à faire de la surenchère. (Sans compter que chaque parti, à l’exemple des écologistes, n’a pas toujours un chef naturel…)

D’ailleurs, qu’y a-t-il de commun entre tous ces gens qui se disent de gauche ? Qu’y a-t-il de commun entre la gauche des « mal lotis », et celle des Bobo ? L’une est du côté du FN l’autre de LREM. 

Gauche brahmane

Thomas Piketty, hier, parlait de « gauche brahmane », gauche intellectuelle, très riche, et qui a oublié le peuple dans son programme. Cela m’a rappelé l’époque de la bulle Internet : il a fallu attendre qu’elle éclate pour que l’on puisse dire que c’était une bulle. 

Nous vivons au temps de ce que l’on appelle, dans le monde des affaires américain, les « modes de management ». Des idées apparaissent de temps à autres, qui s’imposent à la société, et qu’il est interdit de discuter. Ce sont des sortes de révélations, au sens biblique du terme. 

Qu’est-ce qui les explique ? Nous avons besoin de croire au père Noël ? « The trend is our friend », disent les Anglo-saxons : elles sont attisées par des intérêts ?… Ou, tout simplement, lorsque l’humanité est protégée des réalités, elle invente des fantasmagories ? 

Le virus sera-t-il fatal à la mode ?

Islamophobie et islamo gauchisme

Islamophobie, islamo gauchisme. Encore des trucs d’intellectuels ?  

Il suffit de tendre l’oreille pour entendre certaines personnes prétendre que l’Islam conspire contre l’Occident. L’islamophobie, c’est cela. Et certains courants intellectuels ont choisi de mener une croisade contre ces gens ?

N’était-ce pas déjà la même chose avec le mariage pour tous ? Les, jusque-là champions de l’union libre, défiaient les valeurs d’une partie de la population ? Cathophobie ? 

Frères ennemis ? Xénophobes : ils n’aiment pas « l’autre » ? Mais, ne sont-ils pas, aussi, bien souvent, les « suiveurs » d’un « influenceur » ? Pas à l’aise avec l’autre, signifierait-il que l’on n’est pas à l’aise avec soi-même ? 

Voilà qui se guérit peut-être ? Et qui mériterait d’être étudié ?

La gauche, c'est fini ?

On entend parfois qu’il y aurait un « peuple de gauche ». Or, les courants classés à gauche ne sont pas compatibles entre eux. Le plus fort, les écologistes, n’est pas de gauche ! (Article.)

Cela semble confirmer une précédente étude qui constatait qu’une partie des électeurs écologistes étaient des urbains victimes de la hausse des prix de l’immobilier, sortes de « gilets verts ». 

La gauche n’est peut être plus rien, mais ses idées n’ont jamais été aussi dominantes ! Et si c’était ces idées qui l’avaient perdue ?