Gambetta

Qui fut Gambetta ? On n’en a guère d’idée aujourd’hui. Un mythe pour écolier de la 3ème République ?

Apparemment, c’était un orateur extraordinaire, au pouvoir de conviction surprenant, dont chaque prise de parole était une totale improvisation, dont il sortait épuisé. Il mourut jeune, et gouverna peu. Mais il eut un rôle capital dans l’établissement de la nouvelle République : il conquit à sa cause la paysannerie, jusque-là monarchiste, et choisit une voie pragmatique, en s’alliant avec Thiers.

Il aurait dit « l’anticléricalisme n’est pas un article d’exportation ». Ce par quoi il entendait que la religion était un bien pratique opium des colonisés.

La France finira mal

« La France finira-t-elle, comme la Pologne, victime de ses divisions, de son incurable légèreté, de ses vices et des désordres qu’ils engendrent ? » (Gambetta, dans une lettre de 1874.)

Gambetta craignait « le plus vigilant, le plus avide, le plus implacable des ennemis« , l’Allemagne. Il allait donner le coup de grâce.

Si l’on considère ce qui est arrivé en 40, il a vu juste. Et son portrait de la France est probablement toujours vrai aujourd’hui. La France est son pire ennemi. Mais elle flotte sans couler. Elle est ridicule, mais elle ne va pas significativement plus mal que d’autres nations. Et peut-être que ses divisions sont une force : cela lui évite les coups de folie d’un peuple unanime ?