Fin d’Apple ?

Une de mes idées reçues est que le dieu d’Apple est mort. Cette société ne vivait que par la créativité de Steve Jobs.

Biais de confirmation ?

Even before President Trump’s tariffs threatened to upend Apple’s manufacturing business in China, there were questions about the company’s inability to make good on new ideas, fueling angst among employees and customers.

The New York Times (@nytimes.com) 2025-04-11T16:38:31.312Z

Problème général ? Une grosse partie de la valeur de la Silicon Valley provient de supposés extraordinaires revenus à venir. Et si cet avenir se rapprochait et n’avait rien de ce que l’on espérait ?

L’argent du numérique

Les affaires de Microsoft, Google et Facebook vont bien, entends-je dire. Microsoft gagne de l’argent avec le cloud, les deux autres avec la publicité.

Le cloud, ça va, mais la publicité inquiète les marchés financiers, dit-on aussi. Car la publicité, ce n’est pas l’avenir. L’avenir c’est la technique. L’intelligence artificielle, en particulier.

Et si le marché se trompait ? Et si ce qui comptait, pour une entreprise, était de gagner de l’argent ?

Crépuscule du GAFAM ?

Le GAFAM fait de mauvaises affaires. Le début de la fin ?

Il pourrait venir du Web3.0 dont il est question dans un billet précédent.

Son but est explicitement de leur retirer leur pouvoir. De passer d’un Internet des monopoles à un internet des individus.

Seulement, cela n’arrivera probablement pas comme prévu. Car ce sont les entreprises qui ont le plus intérêt au Web 3.0.

Le Web 3.0 c’est, comme dit précédemment, le web de l’open innovation. Elle est pratiquée par l’automobile, l’aéronautique et tout ce qui compte. Ces entreprises et leurs écosystèmes de partenaires vont pouvoir créer des environnements numériques « souverains » dont aucune brique n’appartient à un éditeur étranger. Ils auront leurs propres moteurs de recherche, leur propre Twitter ou Youtube (en imaginant qu’ils en aient besoin). Et, bien sûr, Office. Chaque entreprise aura son propre environnement et l’ouvrira en juste nécessaire à celui avec qui elle veut travailler, puis le refermera au terme de la collaboration.

Justification de la théorie de Schumpeter, ce n’est pas la concurrence qui élimine le monopole, mais l’innovation, la destruction créatrice, le propre du capitalisme ?

Metavers : voyage au bout de l'absurde ?

Le changement, au moins quand il s’applique au monde, semble passer d’un « modèle » à un autre, qui lui est opposé. Le premier étant allé au bout de ses illusions, jusqu’à l’absurde. C’est la théorie de Hegel, et elle semble coller à la réalité.

Il est possible que le Metavers de M.Zurkerberg en dise long sur ce a quoi croit ou a cru notre société. Le Metavers, c’est l’utopie de l’artificiel, d’un monde totalement créé par l’homme et qui n’obéirait qu’aux lois qu’il a inventées. Dérive naturelle de l’Etat d’après guerre, qui nous a totalement pris sous son aile, et nous a fait croire que tout nous était dû, et qu’il n’existait rien hors de nous, plus aucun danger ?

Dans ces conditions, est-il étonnant que nous en soyons arrivés à une forme d’hystérie de la fin du monde ? Après le tout homme tout artificiel, le tout nature, plus d’homme ? 

Meta Face

Facebook change de nom. 

A en croire le Robert, Méta, en grec, signifie « la succession, le changement, la participation » (métabolisme, métastase). L’entreprise du changement ? (Un hommage à ce blog ?) Selon Robert, le Méta moderne est un « néologisme scientifique ». Il signifie « ce qui dépasse, englobe ». Ainsi, on parle de position « méta » en psychologie, ce qui veut dire sortir de sa peau, pour s’observer de l’extérieur, comme l’acteur d’un système. 

Dans le cas de Facebook, il s’agit de Metavers. Univers virtuel dans lequel l’individu est noyé, façon Matrix. Meta ou l’asservissement de la race humaine ? Big Brother ?

En réalité, d’après ce que disait un ancien employé à la BBC, Facebook imite Google :  ce que représente la marque menace de devenir obsolète, il ne faut pas que cela affecte l’opinion des marchés financiers. Meta ou Alphabet, donc, ont pour sens : « ce n’est pas le réseau social ou le moteur de recherche notre métier, mais gagner de l’argent ». 

Meta ne serait donc pas grec, mais marxiste. 

(Meta ou la volonté de surfer sur les modes financières, comme Amazon, qui n’a pas eu à changer de nom ?)

Metavers

L’avantage d’être vieux est de revoir renaître régulièrement les mêmes nouveautés. L’infâme GAFAM parle maintenant de Metavers. L’artificiel va coloniser le réel. Rien de neuf. (Article.)

Pourquoi de telles idées renaissent-elles ? Mêmes raisons que pour la voiture autonome : le GAFAM a des masses d’argent dont il ne sait rien faire. Seule idée : imposer l’idéologie qui sous-tend son modèle, par KO. Comme on le lisait à l’époque de la Nouvelle économie, au moment de la chute de l’URSS, il y a quelque-chose dans la culture américaine qui la pousse à vouloir dominer le monde ?

Combat désespéré ? « Réchauffement climatique : le secteur du numérique génère plus de gaz à effet de serre que l’aviation » lit-on, « En imaginant que les émissions du secteur du numérique restent stables d’ici 2050, elles représenteront 35,1 % des émissions globales d’ici là. » 

Le capitalisme moderne comme réaction à l'Etat providence

France Culture parlait de capitalisme, et c’était affligeant. Son histoire du capitalisme faisait, quasiment, succéder le néolibéralisme à Marx. Or, la guerre et l’après guerre furent technocratiques. Il n’y avait pas de grandes différences entre l’URSS et les USA. Pour cela France Culture aurait dû relire l’abondante littérature qui a été produite sur le sujet.

C’est cette emprise de l’Etat qui explique Mme Thatcher, et M.Reagan, mais aussi les théoriciens du néolibéralisme. Ils dénonçaient l’Etat totalitaire et revendiquaient la liberté individuelle, et l’égoïsme. On ne comprend rien non plus au GAFA et à Elon Musk, sans cela. Ces gens veulent montrer que c’est le marché qui crée, pas l’Etat. Ils illustrent aussi une théorie importante, qui est celle d’Ayn Rand. Elle veut que tout ce qui est beau soit inventé par une poignée d’hommes. Le reste de l’humanité vit en parasite. Voilà pourquoi tous ces milliardaires (en milliards empruntés, souvent) veulent montrer qu’ils peuvent rendre le développement durable et l’homme éternel, aller sur Mars, ou encore défendre les minorités.

Ce qui les ennuie, c’est que l’après guerre a été prospérité et innovation. Eux n’apportent rien de neuf. Ils prétendent « faire mieux ». Quoi qu’Internet ait été l’enfant de la guerre froide, ils s’en sont emparés, car c’est la seule chose qu’ils ont en propre.

Microsoft gagne la guerre des nuages

Microsoft vient de gagner un appel d’offres de 10md$, face à Amazon. Une offre « cloud » pour le ministère de la défense américain.

Cela peut aller dans le sens d’une de mes prévisions : Microsoft va occuper une position de monopole dans le domaine du « cloud » d’entreprise, donc, puisque tout est cloud, de l’informatique d’entreprise. Une fois que la poussière va retomber, c’est Microsoft qui va apparaître.

Quant à Amazon, société déjà peu rentable, la nouvelle n’est pas rassurante. Sa vache à lait, le cloud, vient de prendre un coup dans les gencives.

FT : « Microsoft has beaten Amazon to win a highly sensitive $10bn US defence contract, following several rounds of bidding, a legal challenge and a last-minute intervention by Donald Trump. »