Le G20 des économistes

Quelques articles, lus en retard. Pas très éclairants. Pas très enthousiastes. Mais unanimité : on ne pouvait pas espérer mieux.

  • Globalement, la grand peur de l’économiste est le protectionnisme (cause de la grande dépression). Il aurait été évité par une attitude pragmatique : il est inévitable, veillons à ce qu’il n’entraîne pas trop de dommages.
  • Un article critique : une relance qui ne serait pas suffisante (l’Europe coupable de parasitisme ?), des banques (américaines) pas courageusement nettoyées de leurs actifs toxiques.
  • Sinon, le G20 a pensé aux pays pauvres. Ce qu’on ne lui demandait pas, mais était méritant.

Les articles :

Sommet du G20 (suite)

Ce que veut faire le G20 est un changement : remettre l’économie en fonctionnement. Que dirait mon expérience si elle voulait s’y appliquer ?
  • Point essentiel : il faut contrôler le changement. Condition nécessaire : écoute de l’organisation, en empathie, sans a priori. Pour le moment, c’est le cas. C’est à la fois remarquable et exceptionnel.
  • Ainsi, on aperçoit l’émergence de difficultés, au coup par coup. Il faut alors les traiter efficacement. Ici, il y a divergence entre Anglo-saxons et Allemands. Les premiers, s’appuyant sur l’expérience de précédentes crises, estiment qu’il faut une relance brutale (dont seuls ils n’ont plus les moyens). L’Allemagne est prudente. Les deux camps ont des arguments solides.
Je penche du côté allemand :
  • Il peut être dangereux de gaspiller toutes ses cartouches d’un coup. J’ai observé qu’il fallait généralement s’y reprendre à plusieurs fois pour réussir. En outre, à frapper trop fort on risque un contrecoup (hyperinflation). Et il est difficile de faire la moindre prévision en économie, trop de paramètres changent d’une crise à l’autre.
  • Surtout, mon expérience me fait croire que les mesures « macroéconomiques » sont peu efficaces, inutilement coûteuses, et, surtout, que leurs conséquences sont difficilement prévisibles. Ce qui est efficace est une intervention directe sur la partie des règles de la société qui causent son dysfonctionnement. Et c’est bon marché. En fait, je ne suis pas le seul de ce point de vue. L’économiste John Galbraith semble dire quelque chose de semblable dans L’économie en perspective : il faut faire sauter la barrière (que l’on doit à Keynes) entre micro et macro économie, car les mesures macro économiques sont impuissantes pour réparer les grands problèmes de la société (exemple le chômage) dont les causes sont micro économiques, et se trouvent dans le comportement de l’homme ou du groupe humain, qui n’est pas celui que lui prête l’économiste classique.
Compléments :

Sommet du G20

Parmi les sujets évoqués durant sa préparation :

  • Régulation mondiale. On en parle beaucoup mais y a-t-il eu des décisions concrètes (« dans les circonstances actuelles il serait inapproprié de les promulguer avant que le rétablissement ne soit solide ») ?
  • Plan de relance mondial. Ceux qui le voulaient (USA, Angleterre) n’en avaient pas les moyens, et ceux qui le pouvaient (Allemagne), avaient peur d’un départ d’inflation. Ces derniers ont gagné.
  • Protectionnisme. Outre des déclarations de bonnes intentions, il y aurait eu accord pour un mécanisme de financement du crédit client (« la plus grande menace au commerce n’est pas le protectionnisme explicite, mais le protectionnisme financier – l’assèchement du crédit client qui finance jusqu’à 90% du commerce mondial »).
  • Endettement de l’Europe de l’est. Important financement pour les pays en développement. Donc en partie pour les pays de l’est, dont la demande, une fois remise en état, pourrait tirer l’économie mondiale. (Et les pays pauvres ?)

Il semble qu’il y ait eu volonté d’unanimité, et que, de ce fait, les plus décidés aient fait passer leurs idées, du moins dans le communiqué final. Mais croyait-on fermement à ce qui a été abandonné ?

Processus efficace (les problèmes ont été identifiés, des solutions leur ont été apportées après débat – exemple d’ordinateur social ?), ou déficit d’idées ?

Compléments :

G20

Difficile de comprendre ce qui va s’y passer, et si c’est dans notre intérêt.

D’après la BBC, le problème est le suivant : le FMI a demandé à chaque pays un plan de relance correspondant à 2% de son PIB. Cela devrait avoir un double effet bénéfique : relance de l’économie intérieure et des exportations (puisque la consommation du reste du monde va repartir). Si la relance est insuffisante, chaos possible. Les Européens hésitent. Ils n’aiment pas les déficits.

Bizarrement, ce n’est pas l’Allemagne qui est la plus tiède, mais la France : avec 0,7% du PIB, son plan de relance serait le plus faible de tous. Par contre elle insiste pour une ferme réglementation des marchés financiers. Mais tout le monde est d’accord avec elle.

Interrogations :

  • La France serait-elle tentée de jouer les « free riders » ? Serait-elle plus rusée que je ne le dis d’habitude ? En effet, c’est l’Allemagne qui semble avoir attiré l’attention générale. Derrière son hyperactivité, notre président aurait-il un cap ferme (relance minimale, pour déficit aussi faible que possible), que dissimuleraient des contre-feux (indignation contre les turpitudes financières) ?
  • Qu’est-ce qui justifie notre position ? Réalisme ? Dogmatisme : pour l’entreprise le déficit c’est bien, pour l’état, c’est mal ? Il est vrai que ces plans de relance semblent plus ressortir de la danse de la pluie que du calcul scientifique. D’ailleurs, au lieu de nous parler de relance de ce grand mystère qu’est l’économie, ne serait-il pas plus convaincant de nous expliquer que c’est un investissement qui va servir notre avenir ? Qu’il va nous apporter des bénéfices qui nous importent ? Par exemple ? Que grâce à cet argent notre économie pourra se transformer et l’espèce humaine avoir un avenir (sans effet de serre) ? Ou encore qu’en améliorant les services du Pole Emploi, les chômeurs retrouveront rapidement nouvelle qualification et travail ?… ne comprendrions-nous pas mieux les idées du FMI et celles de notre gouvernement ?

Sommet du G20 : bravo ?

Expectations for the weekend summit of global leaders from the Group of 20 countries in Washington, D.C., were low. And they were fully met dit Business Week.

Sentiment général : peu semble être sorti du sommet du G20.

Pas tout à fait. Les anglo-saxons estiment, avec soulagement, que les Européens en ont rabattu beaucoup sur leur ardeur collectiviste. Mais RFI semblait penser que les Américains avaient considérablement modéré leur ultralibéralisme habituel.

Pour ma part je trouve que nos gouvernants ont été habiles. Au lieu de se battre sur un plan d’action, sur « comment faire », on s’est mis d’accord sur les problèmes à résoudre. Or, il n’y avait pas de désaccord là-dessus. Pour chaque question, on a fait une liste de dysfonctionnements et de points à régler. Mais aussi des solutions proposées pour cela. On a donné jusqu’à avril aux organismes compétents pour arriver à un compromis satisfaisant, suivant ces lignes. On se retrouvera alors.

  • Parmi les questions soulevées : comment poursuivre la stimulation des économies ? Comment améliorer les systèmes de régulation ? Notamment des produits complexes (CDS), ou des acteurs dont les dysfonctionnements ont créé la crise, tels que les organismes financiers transnationaux et les agences de notation.
  • Parmi les solutions avancées : constituer des comités de régulateurs des pays concernés par les organismes financiers internationaux ; donner un rôle accru au FMI, seul organisme capable d’apporter une réponse globale à des problèmes mondiaux. Mais pour cela, il lui faut plus d’argent, donc un abondement des pays émergents, donc qu’ils partagent sa direction. Une révolution. Mais on est d’accord pour discuter. Tout n’est plus qu’une question d’ajustement de curseurs.

J’appelle ce mode de fonctionnement Ordinateur social. Qu’il réussisse ou pas dépend de la qualité de l’animation du changement.