Le monde résisterait-il à la globalisation ?

Cette semaine The Economist se penche sur le Pacifique. Pourquoi n’a-t-il pas remplacé l’Atlantique dans les échanges mondiaux ? Peut-être, manque de valeurs communes. Européens et Américains sont d’accord sur l’essentiel. C’est la méfiance qui domine les relations entre la Chine, ses voisins et l’Amérique. A tel point qu’il est difficile de savoir s’ils cherchent la coopération ou s’ils se livrent une guerre larvée. Exemple. Chine et USA viennent de signer un accord concernant l’effet de serre. Mais la Chine ne s’est engagée à rien, et les Républicains comptent bien vider les engagements de M.Obama de leur contenu. Chine (en mer de Chine) et Russie (en Ukraine) se comportent de la même façon : actions indétectables par les démocraties occidentales. Quand on réalise que ces actions ont un sens, il est trop tard. Fait accompli.
Globalisation et résistance au changement
Le capitalisme a mauvaise presse. C’est la faute des banquiers. Mais aussi : « Pays riche après pays riche, de gouvernements de gauche ou de droite, la plus grande crainte des électeurs est que les revenus des classes moyennes stagnent et que l’emploi à vie est mort. Instinctivement les politiciens mettent la situation au compte des folies de leurs opposants. » Le problème : la globalisation, qui ne fait que s’accélérer, est à l’œuvre. Il ne sert à rien de la nier.
Mais est-elle aussi bien assurée que cela ? Nouvel élément dans la donne mondiale : l’effet du gaz de schiste sur la politique des USA. Auront-ils la motivation nécessaire à continuer à assurer leur rôle de gendarme du monde ? Sans cela quid du commerce mondial ?
Le tourisme social existe-t-il ? Les statistiques montrent qu’il y a deux types d’immigrés : ceux qui profitent du système social, sans y avoir contribué, et ceux qui travaillent et qui apportent plus qu’ils ne coûtent. D’autant qu’ils connaissent moins le chômage que les autochtones. (Peut-on dire qu’ils leur ont pris leur emploi ?)
Dans un vote qui ne compte pas, les Catalans choisissent l’indépendance. Avenir du pays ? Des partis protestataires semblent avoir le vent en poupe. Les politiques en place, corrompus, ne vont pas survivre aux prochaines élections. (Chaos ?) En Italie, M.Renzi semble manœuvrer pour transformer le régime de coalition italien en système à grands partis. Il permettrait les réformes aujourd’hui impossibles. En Europe, par son comportement excessif, M.Cameron s’est coupé de ses alliés traditionnels, l’Allemagne et les pays du nord. Danger : les forces du mal (à « l’accent français ») pourraient gagner l’Europe. Mais la situation n’est pas désespérée. Retour des djihadistes en Europe. Ils ne sont pas dangereux. Ils ont été détruits par leur expérience. Il faut les aider à se réinsérer. Le risque vient de ceux qui ne sont pas partis. L’économie africaine est abattue par Ebola. La maladie est circonscrite à quelques pays. Mais, pour nous (pour ceux qui font l’économie mondiale ?), l’Afrique est un bloc. 
Attention ! Nouvelle vague de fusions acquisitions. Cette fois-ci le danger ne vient pas de ce que les entreprises suivent une mode, mais de « valorisations (qui) atteignent petit à petit des niveaux qui donnent le vertige ».

La France, bon élève de la globalisation ? Elle possède 7 des 25 meilleurs jeunes économistes mondiaux, M.Tirole a reçu le prix Nobel, M.Picketty est une star. A l’étranger, Sodexho et Atos sont des leaders du marché de la gestion des ex services publics (prisons et services sociaux). Un marché sur lequel il y a beaucoup de coups à prendre. Le téléphone mobile permet aux pauvres des pays pauvres d’avoir accès aux services financiers.
De l’intérêt économique des bonnes actions
Aux USA, les châtiments corporels sont permis à la maison et à l’école (quasiment une exception mondiale). La science constaterait que « leur donner la fessée rend vos enfants idiots ».  
Pour une fois, ce compte-rendu se termine bien. Il y aurait une solution à la question des SDF. Leur donner un logement. Et, surprenant, c’est rentable. Car le SDF coûte très cher en soins d’urgence.

(PS. Je découvre qu’un journaliste de The Economist a la même interprétation que moi de ce que dit son journal.)

Perte de valeur par fuite de talents

Echec récurrent des fusions acquisitions. Grand désastre du changement. Pourquoi ? La Tribune cite une étude internationale :
Si près des trois quarts (73%) des entreprises interrogées à travers le monde affirment avoir réussi à retenir plus de 80% des collaborateurs clés à qui elles ont fait signer une convention de maintien en poste au moment de la fusion-acquisition, moins de la moitié (44%) disent avoir réussi à retenir ces mêmes collaborateurs un an après la fin de cette période
Ce qui fait, en grande partie, la valeur du entreprise, ce sont ses hommes ? La découverte à 1000 milliards de $ (perdus) ?  

Non man’s land européen ?

The Economist s’intéresse aux élections européennes. Les extrêmes arrivent. Pour sa part, il voudrait se débarrasser du parlement européen.

Ukraine. Donetsk serait un cas particulier (car peuplé de Russes), l’Ukraine devrait rester en un morceau. C’est dans l’intérêt de la Russie. Mais, quel degré de chaos ? La France va vendre des Mistral à la Russie, trop d’emplois en jeu. Les pays européens de l’Est sont divisés quant à la politique à tenir vis-à-vis de la Russie. Occasion d’un intéressant tableau de l’Europe de l’est.

L’Europe de l’est a été un succès remarquable, combinant le capital de l’Ouest avec une main d’œuvre bon marché pour devenir une partie intégrante de la machine à exporter allemande.

La Bulgarie, souvent vue comme le cheval de Troie russe en Europe, est presque entièrement dépendante du gaz russe. 

(La position de la Hongrie et de la République Tchèque) pourrait être influencée par un mélange pernicieux d’institutions faibles, de corruption, d’argent russe douteux et de propagande agressive du Kremlin.

Accident minier en Turquie. Son premier ministre n’est toujours pas ébranlé. Perfide Albion. Les pauvres et les malfrats s’éloignent des centres ville pour gagner les périphéries. C’est le résultat d’une meilleure police, d’investissements et de l’immigration de Musulmans, qui ne boivent pas. Quant aux Bulgares et aux Roumains ils se sont installés dans des boulots précaires (auto entrepreneurs). Ils pourraient maintenant avoir accès à de meilleurs emplois. L’Angleterre pense aussi faire des apatrides de ses mauvais citoyens. Un fâcheux précédent, pense The Economist.

Nucléaire iranien. Négociations. Iraniens très flexibles. Américains pas trop. En Afrique du sud, « presque 44% des foyers dépendent de la sécurité sociale pour joindre les deux bouts ». La dite sécurité sociale ayant été créée par l’ANC, il bénéficie du vote populaire, en dépit de sa corruption.
La Chine fait peur au reste de l’Asie. Mais il est incapable de s’unir. Chaque pays ayant sa paralysie propre, elle empêche le tout d’adopter une ligne commune. Le Japon sortirait timidement de son pacifisme ? Quant au prochain premier ministre indien, il a été servi par une très dangereuse extrême droite nationaliste. Mais il n’est plus dans son intérêt de continuer à la fréquenter.

USA toujours aussi surprenants. A la Nouvelle Orléans, une justice corrompue condamne à mort des innocents. Ailleurs, le politicien explique que Dieu a donné le charbon aux Américains. Accessoirement, on envisage d’utiliser des drones pour détruire les missiles ennemis au moment de leur décollage. Coupe du monde au Brésil. Rien ne sera prêt à temps. Va falloir improviser.

L’Europe demande à Google qu’une partie de notre passé puisse ne pas être révélé par son moteur de recherche. Ce qui pourrait « amener l’Internet un peu plus vers la fragmentation ». Quant à McKinsey, il veut passer de la stratégie à l’exécution. Particulièrement celle des fusions. En Asie, explosion du transport aérien bas coût. Il arrive à ses limites. Fusion et acquisition. Entre égaux, ça ne marche presque jamais. Il faut un seul chef, et un plan détaillé. Capital risque en Europe. Faute d’investisseurs privés, c’est la puissance publique qui investit. Ce qui fait fuir le privé. Et est bien peu rentable (2,1% par an, depuis 1990).

A qui obéit notre démocratie ? D’après une étude : « ceux qui ont le plus d’influence sont l’élite économique (définie comme les 10% qui gagnent le plus) et les groupes d’intérêt représentant les entreprises. Par contraste les groupes d’intérêt « de masse » tels que les syndicats ont peu ou pas d’impact ». Attention à une révolte des pauvres. Une autre étude estime que la crise n’a pas été créée par les banques, mais par l’immobilier. Il aurait fallu sauver les pauvres plutôt que les riches. En particulier en partageant les risques entre créditeur et débiteur. Idem en Europe. Le coupable n’était pas Grec, mais Allemand, et banquier irresponsable (français et allemand).

Parler une autre langue que la sienne forcerait à penser lentement, donc à être rationnel. Grâce aux LED, l’agriculture d’intérieur pourrait devenir rentable. Etre enceinte est un facteurs de risque pour la conductrice. Mais moins que d’être passagère de son mari. 

Goldman Sachs, fusions et acquisitions

Une étude de Goldman Sachs encourage les fusions acquisitions. 

Acquérir une entreprise est généralement une très mauvaise idée. Mais, pas toujours. Comme le dit, en substance, Goldman Sachs, la fusion qui crée un oligopole prend son marché en otage et en retire une rente.

Vous avez besoin d’un coup de main pour acquérir une société ? Goldman Sachs peut vous aider. C’est le leader mondial du secteur.

Chaos au Moyen-Orient, paix en Europe, Chine en guerre, et reflux de l’individualisme ?

Politique. The Economist aimerait que M.Obama s’intéresse enfin à la Syrie. Somalie, en puissance, elle se transforme en chaos. Tout le monde se bat avec tout le monde, y compris entre opposants. Le terreau et fertile pour le Jihadisme. Demain, une guerre qui s’étend au Liban, à Israël, à l’Iraq, à la Jordanie… ?

Chypre subit une crise de la dette. Mais elle serait peut-être riche en pétrole. Cela pourrait lui permettre de payer ses dettes. Mais transporter le pétrole est compliqué et demande des investissements coûteux. Et si le plus simple était de passer par la Turquie ? Et s’il y avait là une raison de se réconcilier, pour les populations de l’Ile ? Quant à la Turquie, l’Europe semble d’un seul coup la trouver sympathique. Et si Kurdes et Turcs se réconciliaient pour devenir Européens ?
Quant à la Chine, son armée aurait organisé des bataillons de pirates informatiques qui alimentent son industrie avec le savoir-faire occidental. Politique d’intérêt national.

L’Europe veut taxer les transactions financières. The Economist n’est pas d’accord. Idem pour les bonus des banquiers : ils vont augmenter leurs salaires ! En revanche, l’Europe serait favorable aux intérêts du Whisky écossais. Elle le protège, abat les barrières douanières à l’étranger, et lui ouvre les marchés européens (La France est le plus gros consommateur mondial).
Vers une nouvelle vague de fusions / acquisitions ? « Beaucoup de patrons s’attendent maintenant à une faible croissance des pays développés. Ils pensent qu’ils ont tiré tout ce qui était possible des réductions de coûts. Une grosse acquisition est le meilleur moyen d’améliorer les affaires, pensent certains. » The Economist rappelle « les études biannuelles de KPMG n’ont jamais trouvé plus de 34% d’acquisitions rentables ».

Santé publique. Certains Etats américains légalisent la drogue. Cela permet de contrôler sa consommation. C’est l’occasion d’une expérimentation. (Une bonne idée pour réduire les déficits du pays ?) L’activité spatiale de la NASA ne sert plus à rien, sinon à engraisser quelques lobbies industriels. Et si on lui avait trouvé une activité honnête : surveiller et détruire les météorites qui nous menacent ?
Dans la rubrique, l’individualisme d’antan a du plomb dans l’aile, on essaie de modéliser la façon dont « les sociétés changent leur esprit collectif ». Pour cela, on veut utiliser le « big data » craché de toutes parts. On découvre aussi les bénéfices des virus et que « beaucoup de créatures (y compris les humains) ne sont pas auto-suffisantes mais dépendent de la symbiose ». En équipant les plantes de certains virus, on pourrait leur donner des propriétés utiles (par exemple résistance à la sécheresse). 

Quand le gouvernement joue à l’entreprise : l’audiovisuel extérieur

Il me semble que nous avons vécu une grande illusion. Le gouvernement précédent a pensé que s’il installait la culture de l’entreprise dans le service public, celui-ci deviendrait fatalement efficace. Le plus amusant est que ce gouvernement a voulu appliquer une culture qu’il ne connaît pas. A-t-il jamais mis les pieds dans une entreprise ? La réforme de l’audiovisuel extérieur montre ce qui arrive dans ces conditions : une caricature.

On a fusionné. Fusion = synergie, non ? Et on a viré. Licenciement = économie + performance, non ?

Résultat : « Au final, AEF, dont la création devait permettre de faire des économies, a coûté plus cher que prévu, le financement de l’Etat n’ayant cessé de croître pour passer de 292 millions en 2008 à 372 millions en 2011 » (+27%, pas mal pour une économie !) et les licenciements ont coûté 200.000€ par personne !

Le Crédit Agricole tiré de Grèce ?

Apparemment, le Crédit Agricole voudrait fondre sa filiale avec d’autres banques grecques. Et l’abandonner en cas de sortie de la Grèce de l’Euro. Pertes ? 5,2md + 2,4 déjà disparus. Le CA « ne serait pas engagé par le portefeuille de prêts d’Emporiki, intégralement assumé par la filiale grecque ». (Crédit agricole envisage de se retirer de Grèce, Le Monde.)

La manœuvre semble habile. J’ai lu quelque part que le portefeuille de prêts était de l’ordre de 20md et que, contrairement aux banques grecques, Emporiki ne pouvait pas faire appel aux largesses de l’Europe, mais uniquement au CA.
Il demeure qu’une affaire achetée 2md aura coûté, en plus et si tout ne va pas au pire, 7,6md au Crédit Agricole… C’était le dernier épisode de ma série changement et acquisition d’entreprises
Compléments :

HP catalogue de changements ratés ?

HP a investi 42md$ dans une série d’acquisitions, mais ne vaut que 42md. Sa division services (le résultat d’une mode ?) bât de l’aile. Il fusionne ses divisions PC et imprimantes, ce qui avait déjà été fait par un prédécesseur et défait par un autre.

Finalement, le dirigeant actuel se demande si l’on n’a pas lâché la proie pour l’ombre et s’il ne faut pas en revenir à ce qui fit HP de HP : la recherche et le développement… (Article du Financial Times)

Mais reste-t-il encore des capacités de RetD dans cette société ? J’imagine que si elle a entassé autant de changements ridicules elle a dû être dominée par une couche de courtisans, qui ont fait crever les gens sérieux et la culture technique de l’entreprise. 

Vague de fusions avant nationalisation ?

Apparemment les fusions / acquisitions procèdent par vagues. Il leur faut des circonstances favorables, notamment que les entreprises baignent dans le cash (ce qui est actuellement le cas). Puis, tout démarre par un choc. Et là, à partir du moment où une société en achète une autre, un cercle vertueux s’engage qui fait que tout le monde à intérêt à acquérir le voisin, ne serait-ce que parce que cela augmente le bonus du dirigeant de l’entreprise.

Contrairement à ce que dit la théorie économique récente (mais conformément aux idées de Schumpeter), ce ne serait pas une mauvaise nouvelle pour le consommateur. Par contre, on obtient des monstres qui ne peuvent plus faire faillite sans mettre, au moins, leur économie nationale à genoux. (Exemple récent de GM.)

Devons nous nous attendre à des faillites en série, accompagnées, cette fois-ci, de prises de contrôle par l’État ? Lien avec le billet précédent ?

Acquisition de sociétés : malédiction du vainqueur ?

Des scientifiques ont fait une curieuse expérience (Winning by Losing: Evidence on the Long-Run Effects of Mergers). Ils ont suivi le rendement pour l’actionnaire d’entreprises qui s’étaient affrontées lors d’une acquisition. Première année : rien ne se passe. Mais, au bout de trois ans, le rendement de celui qui a gagné est de la moitié de celui qui a perdu…

Ce qui semble aller dans le sens d’une théorie de microéconomie, « malédiction du vainqueur ». L’idée est que le bon prix est au milieu des évaluations, et donc que celui qui gagne paie trop.

Faut-il fuir les entreprises qui ont pour seule politique d’en acquérir d’autres ?