Turquie européenne

Les élections municipales turques furent un revers pour M.Erdogan.

Le maire d’Istamboul semble avoir les qualités nécessaires pour remporter la prochaine élection présidentielle. Après la Pologne, la Turquie pourrait-elle redevenir un peu plus démocratique ? Après des années de vaches maigres, les démocraties reprendraient-elles du poil de la bête ?

Ce qui me donne une curieuse idée : et si la Turquie entrait, finalement, dans l’UE.

Pour cela je propose une méthode que j’ai utilisée pour absorber des entreprises. Et qui marchait fort bien, contrairement à ce qui se pratique d’ordinaire. Il s’agit de se demander au préalable pourquoi l’on veut de la Turquie. Que nous apporte-t-elle que nous n’avons pas. Et inversement. Et tout cela ensemble qu’est-ce que cela nous donne envie de faire ?

Fusion nucléaire

On n’en parle pas beaucoup, mais la fusion nucléaire résoudrait tous les problèmes actuels de la planète.

Le principe est simple : imiter le soleil. Le soleil tire son énergie de ce qu’il transforme de l’hydrogène en hélium. Comme l’hélium est un peu moins lourd que les deux hydrogènes qui le constituent, cela produit l’énergie, selon le fameux E=mc2.

Mais voilà, les progrès sont poussifs. Un grand projet est en cours. Mais ses étapes se comptent quasiment en demi-siècles !

En tout début de carrière, j’ai rencontré des concepteurs du grand projet mondial ITER, qui sortira probablement de terre bien après mon décès, et qui ne sera, encore, qu’un prototype. La bureaucratie au pouvoir ?

Qu’est-ce qui pourrait accélérer le mouvement ? La science, d’abord. Ne pourrait-on pas chercher d’autres moyens que ceux du soleil pour fusionner des atomes ? D’ailleurs, la science n’est que hasard. Il est probable que s’il y a solution, elle viendra d’où on ne l’attend pas. Mais, a-t-on encore des chercheurs, ou plus que de « l’intelligence artificielle » ?

Et il y a la concurrence. Pas celle des start up, qui n’ont probablement pas les moyens de réussir, mais celle des Etats. La coopération, surtout quand elle a pour raison l’économie (!), n’est pas une bonne idée. Les guerres ont fait des miracles pour l’avancée scientifique.

EDF démantelé

Le parlement aurait imposé à l’Etat de ne pas démanteler EDF. Que se passe-t-il ?

J’ai suivi son histoire de loin. Si l’on regarde ce blog on lira que, pour moi, c’est du déjà vu. Crédit Lyonnais ou France Télécom, cela vous rappelle quelque-chose ? Un service public est pris en main par des hauts fonctionnaires, qui veulent en faire un champion du secteur privé. Pour cela, ils ne savent faire qu’une chose : acheter des entreprises. Or, non seulement ils en évaluent mal le prix, mais ils ne savent pas les absorber. Résultat, les dettes augmentent.

En outre l’Etat avait décidé, semble-t-il, de se séparer du nucléaire. A l’intérieur, les « vieux de la vieille », les ingénieurs, disaient que ce n’était pas possible, et que l’on serait bien obligé d’y revenir. Seulement, depuis un demi-siècle, l’homme de l’art est progressivement éliminé par l’homme de discours.

Aussi, lorsque j’ai vu que, soudainement, l’Etat en revenait au nucléaire et parlait de nationaliser EDF et ses dettes, j’ai cru au retour du sérieux et des ingénieurs. EDF allait réapprendre à construire des centrales. J’ai donc été surpris lorsque j’ai entendu que le gouvernement plaçait à sa tête un ingénieur de l’armement.

Apparemment, démanteler serait une idée de l’Europe. A mois que, comme chez les Anglais, l’Europe ait bon dos. Le véritable motif pourrait être les fameuses dettes. Le gouvernement n’aurait-il pas voulu nationaliser les pertes et privatiser les gains ? J’imagine qu’ainsi, il pensait récupérer un peu d’argent à court terme. Quitte à nous en faire perdre beaucoup à long terme ? (A la manière des autoroutes ?) Mais, comme disait Keynes, à long terme, nous sommes tous morts ? Surtout les gouvernements ?

(Article de Marianne.)

(PS. Le 18 février, je recevais ce message : « EDF faces shouldering more of soaring bill for Hinkley Point
Nuclear power station costs could rise to £32bn as French group warns Chinese partner may not meet extra payments » (Financial Times).)

Fusion

Il y a quelques temps, on parlait beaucoup de fusion. Il était même question de « start up ». Je me suis demandé si les scientifiques se faisaient « un coup de pub », histoire que l’on n’oublie pas de financer leurs recherches. Je me suis renseigné, mais ai oublié de noter mes observations. Les voici :

Le but de la fusion est, en principe, de reproduire ce qui se passe au sein d’une étoile. Comme toujours, l’homme s’inspire de la nature, mais finit par faire totalement différemment. Dans ce cas, comme on est à une échelle beaucoup plus petite que celle de l’étoile, on doit imposer à la matière des conditions « beaucoup plus terribles » que ce que l’on trouve au sein du soleil.

Il y a deux techniques pour comprimer la matière. Il y a le confinement magnétique, et le laser. Le résultat obtenu récemment, et qui a fait dire « ouf » aux chercheurs, a montré que l’on pouvait produire plus d’énergie que l’on en consommait. Seulement cela a été obtenu par des lasers qui ne fonctionnent qu’une fois par jour, alors qu’il faudrait 15 impulsions par seconde, pour que cela nous soit utile !

Bref, on n’est pas au bout du chemin. Et les scientifiques ont tout intérêt à faire ce qu’ils peuvent pour nous rappeler leur existence.

Fusion : plus de problèmes d’énergie ?

Fusion atomique. Avancée majeure, disait le Financial Times, il y a quelques jours.

Recherche américaine. Curieusement, l’article ne cite pas une annonce, qui me semblait similaire, faite en début d’année par la recherche américaine.

Il se trouve que, à la fin des années 80, j’ai rencontré des concepteurs du projet ITER, projet international qui est présenté comme une nouvelle étape vers la mise au point d’un réacteur de fusion. Ils cherchaient alors un logiciel de FAO permettant de simuler et programmer leurs robots. Or, il semble que ce projet ne deviendra réalité qu’en 2025, au plus tôt !

C’est une question qui semble, donc, demander des moyens énormes, et des coopérations internationales. Or, l’article révèle que des fonds privés semblent s’y intéresser, donc des start up.

Pourquoi maintenant, alors que la recherche « rame » depuis les années 50 ? La pénurie d’énergie a créé un effet d’aubaine ?

MGM et Amazon

Différence de cultures ! La fusion entre Amazon et MGM va échouer ! Voilà ce que j’entendais. 

Il y a beaucoup de travaux sur les fusions. Ils montrent que, dans la très grande majorité des cas, elles échouent, effectivement. Mais, dans celui-ci, je crois surtout que le problème est mal posé. 

Car ce qui compte réellement pour juger cette décision est la différence de valorisation des deux sociétés. MGM vaut moins d’un pour cent d’Amazon. Une erreur de cette dimension ne compte pas. 

Il y a quelques temps, je lisais que la valeur moyenne de la PME française de plus de 5 ans est de l’ordre de 800.000 euros. En estimant qu’il y a 1m de telles PME, et que ce sont les seules à avoir de la valeur, puisqu’elle ont fait la preuve de leur viabilité, notre tissu de PME vaut 800md€, ce qui est inférieur à la valeur d’Amazon ou d’Apple. Cela reflète-t-il la valeur réelle de ces entreprises ? Qui ferait le plus de dégâts : la disparition des PME françaises, ou celle d’Amazon ? 

Conclusion : la valeur est un jeu essentiellement spéculatif, et Amazon en est le champion ?

Fusions acquisition ou comment se ruiner

En juin 2018 Bayer achète Monsanto. Aujourd’hui le prix de l’action Bayer vaut 40% de moins qu’alors. Des procès ont mal tourné pour Monsanto.

Je pense que, comme beaucoup de monde, je me suis demandé « pourquoi acheter Monsanto ? ». Cette entreprise fait l’objet d’une haine qui ne peut que rejaillir sur l’acquéreur.

Et en plus… Un des marronniers des sciences du management est l’étude qui montre que l’acquisition fait, significativement, perdre de l’argent à l’investisseur. Un nombre ridicule d’acquisitions est un succès.

Voilà une histoire qui en dit peut-être long sur la façon dont les entreprises sont dirigées : par des coups de poker ? L’acquisition est le plus simple des coups de bluff ?

Ubérisation à visage humain ?

Il y a quelques temps, j’ai rencontré un secteur qui s’était transformé d’une nuée de cabinets libéraux à quelques grosses sociétés. Deux mécanismes sont entrés en jeu. Dans l’un, une entreprise a acheté les autres. Dans l’autre, une entreprise a proposé à une société après une autre de mettre des moyens en commun. Puis, si, après quelques années, il y avait entente, elle achetait la société, et les membres de celle-ci acquéraient des parts dans l’ensemble. Si bien qu’aujourd’hui elle ressemble à une coopérative. Et son dirigeant est élu tous les trois ans. (Et souvent renouvelé.)
C’est Uber à l’envers. Les infrastructures communes n’appartiennent pas à un fonds d’investissement, mais à ceux qui font marcher la société. C’est un Uber qui serait possédé par ses taxis. Et qui répartirait ses bénéfices entre eux.
Cela a-t-il des inconvénients ? Oui. Chacun étant préoccupé par son quotidien, l’entreprise est un rien myope. Cependant rien n’empêche ce type de dispositif de mettre en place des mécanismes coopératifs de prospective et d’action. C’est ce que les Grecs appelaient, pour les cités, « politique ». 

Pourquoi les acquisitions ratent-elles ?

Un des marronniers de la littérature du management est l’échec des fusions. On dit généralement que cela vient de facteurs humains. Mais je pense qu’on ne soupçonne pas à quel point ceux-ci sont infimes. Et à quel point tout l’équilibre de notre monde tient à peu de choses. 
Un exemple. Un phénomène usuel lors d’une acquisition est qu’il n’y a plus d’entraide. Ce qui conduit à une dégradation de la performance de l’entreprise suffisante pour la mettre en péril. C’est un peu comme si on laissait les jeunes conduire sans auto école. Ils sont, relativement, peu nombreux, mais ils provoqueraient suffisamment d’accidents pour paralyser la circulation. 
Un autre exemple de ce type de phénomène est celui dont parlent Myriam Carville et Hervé Kabla. Là, même pas de fusion, un simple déménagement. Et c’est une mutinerie. 
Comme quoi, l’homme et le groupe humain sont fragiles. Ils n’obéissent pas aux équations. Dommage que l’on ne dise pas cela aux élèves des grandes écoles… 

Cabinet Montparnasse

Je m’associe à Cyril Polack et Antoine Roullier pour monter le Cabinet Montparnasse.
Le Cabinet Montparnasse est spécialisé dans les transitions / transmissions essentiellement pour entreprises du BTP. Pourquoi cette création ?
Parce que la transmission d’entreprise pose des problèmes très, très, complexes, qui demandent une combinaison de compétences et beaucoup, beaucoup, d’expérience :
  1. Les outils financiers modernes ouvrent des possibilités quasi illimitées à l’entrepreneur. Mais il ne les connaît pas. Il a besoin de l’expérience d’un banquier d’affaires comme Antoine Roullier.
  2. La transmission d’entreprise pose des problèmes de conduite du changement très délicats : il faut « réinventer »l’entreprise, lui trouver une nouvelle raison d’être et surtout recréer une sorte de contrat social, faire que ses membres s’approprient l’esprit entrepreneurial de son fondateur. Attention : sans nouvelle dynamique, humaine, l’entreprise ne vaut plus rien.
  3. Il est presque systématiquement nécessaire, pour réussir la transition, de compléter l’équipe de management, voire de trouver son leader. C’est le métier de Cyril Polack.
On ne peut mener ce type de projet à la fois stratégique, financier et humain, si l’on ne connaît pas intimement le BTP. Or, c’est dans ce secteur que Cyril Polack et Antoine Roullier travaillent depuis 30 ans.
Finalement, je crois que ce type de partenariat a un grand avenir. Il préfigure un retour de la banque d’investissement vers un modèle de conseil en fusions acquisitions dont Sigmund Warburg a été une figure marquante. (La conduite du changement en plus.)