Hillary Clinton et la Banque Mondiale

Mme Clinton à la Banque Mondiale et Mme Lagarde au FMI ? (Hillary Rodham Clinton Denies World Bank Job Rumors – NYTimes.com)
Le FMI n’ayant pas cédé aux émergents, les USA ont peur qu’ils prennent la Banque Mondiale. Pour s’assurer sa présidence, ils doivent proposer un candidat de poids. Bref, ils copient la France.
Pour une fois que la France inspire quelqu’un, ce blog ne va pas critiquer l’hypocrisie américaine… 

Contre Christine Lagarde

Une partie de l’élite des économistes anglo-saxons dénonce la candidature de Mme Lagarde à la direction du FMI. La crise de la zone euro est gérée en dépit du bon sens, et notre ministre est un des principaux coupables de cette situation.
L’argument me semble difficilement recevable. Qui peut prévoir l’avenir ? Qui peut dire ce que déclencherait une restructuration de la dette grecque ? Un politique ne peut pas être une voyante, il doit agir en fonction de son âme et conscience, des circonstances et des évolutions des forces en présence.
   
Ce ne sont pas les pacifistes qui signent les paix, mais les généraux victorieux.
Compléments :

Christine Lagarde et le FMI

Christine Lagarde devrait prendre la tête du FMI. Sauf si elle est trahie par son passé, une probabilité qui, contrairement à ce que je pensais, n’est pas négligeable.
La justice ne voudrait-elle pas que le poste aille à un pays émergent ?
Curieusement, un argument que l’on n’entend pas est que la compétence est fonction d’apprentissage. Cela fait des décennies que l’Europe dirige le FMI. Peut-être a-t-elle acquis quelque savoir-faire ? Que donnerait un membre du PC chinois à sa place ?
Une autre question que l’on ne se pose pas est si « justice » est entendue de la même façon par tous. Si par « justice » le poste est donné à un pays, en fera-t-il un usage que nous trouvons « juste » ? 

Obama, dominos et Moyen Orient

J’entendais il y a quelques jours la radio dire que B.Obama aimerait utiliser l’argent du FMI pour aider les démocraties du Moyen Orient, plutôt que les vieux pays européens. (Lui-même étant trop endetté pour faire quoi que ce soit de charitable.)
Pour certains, la manœuvre est imprudente : une Europe qui s’effondre entraîne la planète avec elle. Mais l’idée n’est pas idiote : si le Moyen-Orient devenait démocratique, les dictatures et les terroristes régionaux perdraient leur raison d’être, et Israéliens et Palestiniens seraient forcés de s’entendre.
En fait, c’est un retour à la théorie des dominos de G.Bush.
Mais ce dernier n’avait pas compris que l’on n’impose pas le changement par la force. Par contre, s’il se produit, on peut l’encourager. Dommage que les USA se soient ruinés. 

DSK, France, Grèce et Europe

Le Washington Post ajoute aux informations de la radio française que DSK se trouvait dans une suite coûtant 3000$ la nuit… Qui la payait : lui ou le FMI ?
À court terme, les journalistes étrangers s’émeuvent moins des élections françaises que du sort de la Grèce (puis de l’Europe) : peut-elle se tirer du mauvais pas dans lequel elle est sans un FMI fort ? (Trouble at the IMF)
En attendant, il est curieux comme l’avenir du monde – et celui de la France – tient à peu de choses. C’est peut-être pour cela que les hommes politiques, en particulier, ne désespèrent jamais de leur sort, aussi inquiétant paraisse-t-il : un retournement est toujours possible. 

Changement de doctrine du FMI ?

Les pays émergents sont submergés par l’argent qui fuit l’Occident à la recherche de placements juteux. Ayant peur d’une bulle spéculative ils prennent des mesures de contrôle.
Le FMI, qui jusque-là prônait le laisser-faire, ne leur donnerait pas totalement tort.
Pire, on commence à s’interroger sur sa mission : doit-il réglementer les pays pauvres ou les pays riches ?

« des pays qui adoptent des politiques hyper expansionnistes pour se tirer de la crise et provoquent une augmentation des liquidités à l’échelle mondiale », et qui insistent ensuite pour que les pays qui reçoivent cet argent suivent des règles directrices. The Reformation.

Vers une réglementation des politiques économiques mondiales ? 

Où va l’argent du contribuable ?

L’affaire irlandaise est glauque. Elle ressemble à une énorme malversation par quelques individus. L’État irlandais a choisi de les aider, forçant la BCE, l’Europe et le FMI à le secourir.
Curieusement, alors que partout on entend le « contribuable » demander bruyamment la fin d’un État dispendieux, il n’a rien à dire sur la crise irlandaise. Aucun sens de l’honneur, pour commencer. Hier encore, on lui donnait l’Irlande en exemple. La France n’était-elle pas de la dernière ringardise ? Mais, surtout, son argent si difficilement gagné va dans des poches étrangères. Les banques irlandaises contiennent 203md€ de fonds non irlandais, dont 179 extérieurs à la zone euro ! Et ils prennent la poudre d’escampette (d’où la crise actuelle !!). (Plugging the hole.) Plus amusant : en aidant l’Irlande, nous creusons nos déficits français. Et si, demain, les si vertueux marchés financiers nous faisaient subir le sort de l’Irlande ?
L’Anglais, lui, a vu venir l’entourloupe. Il ne se sent aucune solidarité avec la zone euro. D’ailleurs, il pense, avec une grande satisfaction, qu’elle va exploser. Pourtant, en partie très significative, ses fonds sont en Irlande et en Espagne. Et l’Irlande est pour lui un plus gros partenaire commercial que les BRIC, tous ensemble ! Et la relance anglaise profite magnifiquement d’une massive dévaluation de la livre par rapport à l’euro…
C’est cela l’art du parasitisme : rendre le parasité coupable de ce qu’on lui vole ?
Compléments :
  • Le pire dans l’affaire est que l’Irlande elle-même semble vouloir, en partie ?, reconstruire sa prospérité en parasitant ses voisins…
  • Ce qu’en pense Paul Krugman : This Is The Way The Euro Ends.

Régulation bancaire

Nouvel épisode, cette fois-ci une proposition du FMI.
Le FMI voudrait faire payer aujourd’hui les banques pour la crise qu’elles causeront demain. La méthode de calcul partirait du principe que les banques les plus dangereuses peuvent emprunter à un taux anormalement bas. Il s’agirait de réintégrer cette subvention dans leurs coûts. En pratique, je ne comprends pas bien comme cela peut fonctionner.
De même qu’il semble manquer un mécanisme qui traite efficacement la faillite d’une banque, et qui « puisse pousser les pertes chez les créditeurs plutôt que chez les contribuables ».  
Mais la réflexion semble progresser.

Point Grèce

Que penser de la situation grecque ? Three years to save the euro.
Le taux des aides européennes et du FMI (5%) semble être supérieur à ce que peut supporter son économie. Ce qui signifie qu’il faudra vraisemblablement renégocier cette dette un jour.
Pourquoi pas aujourd’hui ? Probablement parce que cela aurait pu inquiéter et entraîner la faillite des autres États européens endettés, et avec elle celle des banques européennes, qui possèdent cette dette. On a reculé pour mieux sauter.
Il semble donc que l’Europe soit à la veille d’une période de changements douloureux. Et il semble douteux qu’ils puissent se faire pays par pays.