Grand théorème de Fermat

En anglais, le grand théorème de Fermat serait appelé son « dernier théorème ». Apparemment, parce qu’il aurait été le dernier à être démontré.

In our time, de la BBC, lui consacrait une émission. J’ai appris, en particulier, qu’il y avait une formule qui permettait de savoir si un exposant vérifiait ou non le théorème.

J’ai aussi appris que ce théorème n’avait aucun intérêt. Ce qui en a eu, c’est tout l’effort qui a été nécessaire pour le résoudre.

Fermat dit avoir trouvé une solution. Elle n’était pas dans ses papiers. Mais, si elle existe, cela a certainement été un bien qu’on l’est perdue.

Exemple, aussi, qu’il n’y a pas de « conquête de l’inutile ». C’est le défi, souvent risible, qu’il se lance, qui est le moteur du génie de l’homme !

Faut-il écrire simplement?

Mon étude du changement a eu une conséquence imprévue : j’ai dû me transformer en écrivain. Et j’ai découvert qu’il était difficile de se faire comprendre. Je dois simplifier de plus en plus. J’ai l’impression d’être aspiré vers le fond. J’en suis arrivé à me demander si notre société n’avait pas été atteinte par une gigantesque épidémie de paresse intellectuelle.

Et je n’en suis même pas une exception. Lorsque je lis Hannah Arendt ou d’autres, j’ai envie de leur dire de s’exprimer plus clairement, qu’il me semble qu’ils cachent leur jeu et masquent leurs intentions.

C’est alors que m’est venue une autre idée. Et si c’était en cherchant à comprendre l’incompréhensible que l’on progressait ? Que l’on se transformait ? Que l’on changeait ?… D’ailleurs, et si tous ces auteurs éminents n’avaient pas eux-mêmes compris ce qu’ils écrivaient ? Et si leurs ouvrages avaient été, justement, un encouragement à chercher un sens qu’ils n’avaient pas trouvé ? (Un peu comme les équations de Fermat.)

Migrations climatiques et autres nouvelles

Quelques observations de la semaine :

  • Faut-il craindre les migrations climatiques, causées par le réchauffement et la montée des eaux ? se demande CLES (www.grenoble-em.com). Il y a de quoi. « 500 millions de personnes vivent à moins de 5 km des côtes ». Pire : les villes, cœurs économiques des pays menacés, sont situées sur leurs côtes. Elles sombreront en premier, entrainant leurs populations dans la famine. Mais peut-être que la solidarité internationale les sauvera de la misère ? Peut-être que « L’émergence de la question des « réfugiés climatiques » en dit finalement moins sur le monde que sur nous-mêmes – de notre obsession de la propriété du sol à notre crise identitaire. »
  • PSA a son rapport, Sartorius. Il laisse le sentiment que la famille Peugeot s’est nourrie sur la bête. C’est surprenant, les entreprises familiales sont supposées voir loin. Mais peut-être que la mode de l’enrichissement personnel, qui a gagné l’ensemble du monde, peut aussi toucher les familles ?
  • Apple annonce un nouvel iPhone. Apparemment, la principale nouveauté est qu’il est plus plat et plus grand que le précédent. Apple copie Samsung ? 
  • Et si la France exploitait son gaz de schiste ? Et si elle éliminait sa dette moins vite que prévu ?… entend-on dire. Je ne suis pas d’accord. Plus ça va, et plus je suis favorable à ce qui nous force à la vertu. Lepays a besoin de réformes structurelles, et il ne pourra y parvenir sans contraintes.
  • Mathématiques. Je découvre Cédric Villani. Normalien, médaille Fields, et nouvelle star people. Quand travaille-t-il ? Du méfait des médailles ? Je découvre aussi la conjecture abc, dans la mouvance du grand théorème de Fermat. Elle aurait été résolue en 500 pages par un chercheur japonais. Hier les mathématiciens créaient des disciplines entières, aujourd’hui ils passent leur vie à démontrer un seul résultat. Rendements décroissants ? Qui est en cause, les mathématiques, ou les mathématiciens ?
  • De l’intérêt des mémoires. Cette semaine, j’ai subi un certain nombre de soutenances de mémoires. Epreuve douloureuse. Ce qui ne m’empêche pas de trouver étonnant le principe du mémoire. D’une part, les élèves conduisent des études extrêmement fouillées sur les entreprises dans lesquelles ils sont employés. Ils en tirent une connaissance que peu de personnes doivent avoir. D’autre part, l’utilisation, forcée, qu’ils font des outils théoriques en montre la puissance d’analyse. Dommage que ces mémoires soient pris, par les entreprises, pour des exercices scolaires, gratuits.
  • Peut-être suis-je un idéaliste ? Je pense que les DRH doivent plus être « Humaines » que « Ressources ». Pour les encourager, je vais publier une série de billets sur le site de Focus RH. Le premier : Ressources humaines : quel rôle dans le changement ? Par Christophe Faurie