Dans mon enfance, j’étais persuadé que la femme était supérieure à l’homme.
Je viens d’un milieu que l’on dit pauvre. Et, dans ce monde, les femmes étaient les mieux éduquées. Elles dirigeaient la maison. Elles géraient la boutique, quand le mari était artisan. L’homme s’enorgueillissait de son courage, de sa force physique. Un rien Trump : grande gueule qui n’a peur de rien. Quand il était parvenu à se faire une place, il bâtissait une famille. Cela ressemble à ce que font les Libanais : l’homme part faire fortune à l’étranger, dans des emplois dont personne ne veut, et s’il y parvient, il revient dans son pays chercher une épouse.
En famille, l’homme de mes souvenirs jouait les matamores, mais, en fait, sa famille était sa raison d’être. Ce qui n’était pas le cas de son épouse. Il mourrait généralement à l’âge de la retraite, elle menait alors une longue vie calme et heureuse.
C’était une société maternaliste. A l’image de ce que je perçois des sociétés musulmanes modernes.
Le paradoxe de la situation est que ces femmes avaient conscience qu’elles avaient des capacités intellectuelles qui méritaient beaucoup mieux et qu’elles reportaient leur ambition sur leur fils !
Cela a-t-il changé ? Lorsque l’on regarde le baccalauréat et tous les types d’études qui donnent les meilleurs métiers, à l’exception de celles qui demandent des concours violents (ingénieurs), ou mènent à des métiers inconfortables (médecine de ville, ingénieur), les femmes dominent. Différence génétique ? La tête et les jambes ?
(Qu’a changé le féminisme moderne ? La femme n’aime peut-être pas plus sa fille que par le passé, mais elle veut profiter de la gloire de son vivant ?)