Fassbinder

Fassbinder aurait rêvé que l’Allemagne tire les leçons de son passé et se réinvente idéale, alors qu’elle l’a nié et s’est vautrée dans un matérialisme content de soi. (Rainer Werner Fassbinder, le cinéaste de la mauvaise conscience allemande, une ancienne émission de France culture.)

Il a dénoncé l’Allemagne de son temps. Ce qui lui a valu un grand succès. Voir ses films (ce dont je n’ai jamais été capable) était-il une autre façon de se donner bonne conscience sans se réformer ?

Despair

Film de Rainer Werner Fassbinder, 1978.

Théâtre filmé, mais comme on le filme rarement. C’est une sorte de chorégraphie. La caméra tourne autour des acteurs en passant, curieusement, derrière les murs et les cloisons. Étonnant succès technique. Les mouvements des acteurs eux-mêmes semblent calculés pour faire rencontrer à chacune de leurs actions une partie du (très esthétique) décor probablement lourde de sens.

Quant à l’argument, il semble que l’on y parle d’une sorte d’aristocrate qui apparemment veut faire une œuvre d’art de sa vie, et qui, pour cela, tue le seul être humain de la pièce. Tout ceci sur fond d’une représentation conventionnelle de la montée du nazisme. Faut-il y voir une parabole ?

Bref, trop intello pour moi.