Nationalisons Google, Facebook et Twitter ?

Hervé Kabla constate que Twitter n’est pas du tout rentable et donc ne peut qu’être promis à la disparition. Pourquoi ne pas en faire une sorte de service public ? (Twitter est-il un gouffre financier?)

Pourquoi ne pas faire de même de Facebook et de Google, qui, eux, sont rentables, mais sont des quasi monopoles ?

Compléments :
  • Solution alternative : Twitter ne pourrait il pas vivre grâce à la charité, comme Wikipédia ? 

Médias sociaux contre démocratie ?

La possible amitié entre Facebook et Nicolas Sarkozy pose une curieuse question : la démocratie est-elle compatible avec les médias sociaux ?

Aux USA, il est courant que les entreprises prennent parti pour le candidat qui sert leurs intérêts. Mais que se passerait-il si Facebook ou Google choisissaient un candidat ?

Le modèle économique des médias sociaux est l’utilisation de données personnelles pour favoriser la vente des produits de leurs entreprises clientes, ou, plus généralement, les intérêts financiers du propriétaire du média social. Les moyens pour ce faire ne sont pas directs, comme la prise de position d’un journal, mais essentiellement subliminaux.

Par exemple, pourquoi Google ne biaiserait-il pas le fonctionnement de ses algorithmes de recherche pour faire sortir en priorité ce qui est favorable à l’un ou embarrassant pour un autre ? 

Facebook vote Sarkozy ?

Contrairement à ce que je croyais, la campagne présidentielle française utiliserait mieux les (certains) médias sociaux que l’américaine. L’Express soupçonne même que Facebook aurait favorisé N.Sarkozi, en le faisant profiter de l’usage de nouvelles fonctionnalités (Facebook roule-t-il pour Sarkozy? – L’EXPRESS)

D’après l’article, N.Sarkozy a des amis bien placés dans le monde des médias sociaux. Mais l’usage du copinage, même habile, est-il acceptable en temps de présidentielle ? Un média aussi monopolistique que Facebook peut-il prendre parti ? Si non, cela ne pose-t-il, même aux USA, pas la question de l’indépendance de Facebook ? 

Et si vous changiez votre manière de communiquer sur Internet?

Les médias sociaux sont la grande révolution de ces dernières années. Ils ont fondamentalement modifié notre manière de communiquer, dialoguer, échanger sur Internet. Cette révolution touche aussi bien les organisations (administrations, associations, entreprises) que les particuliers.

Au sein de Media Aces, nous organisons tous les 3 mois des conférences pour anticiper les changements induits par l’utilisation des médias sociaux en entreprise. La prochaine conférence a lieu le 6 mars prochain à l’ESG – Ecole de Management, av Philippe Auguste, Paris 11e. Avec des témoignages de CEGOS, HOURA.FR, de la CCI de MONTPELLIER et de MYSCIENCEWORK.

Prix des places 30€, inscription en ligne.

Facebook vaut-il cent milliards ? (suite)

Olivier Ezratty, l’homme qui lit jusqu’aux reliures des formulaires d’introduction en bourse, analyse celui de Facebook. (Petit décryptage de l’IPO de Facebook)

Il estime que son modèle de revenus ne permet pas de dépasser les 10$ par utilisateur (contre 5 aujourd’hui). Décidément la valorisation actuelle de la société est un pari pascalien.

D’autant que Mark Zuckerberg a construit un montage qui lui conserve le pouvoir, même si sa participation est diluée. Un patron de droit divin, est-ce favorable aux intérêts de l’actionnaire ? 

Facebook vaut-il cent milliards ?

Facebook devrait lever 5md$ rapidement, et beaucoup plus en mai. L’entreprise serait évaluée à 100md$. Vaut-elle autant ?

Elle aurait un chiffre d’affaires entre 4 et 4,5md$, une marge supérieure à 50% et récupérerait une partie notable de l’affichage publicitaire Internet aux USA. Cela justifie-t-il une telle valorisation ? D’autant que l’enthousiasme pour Facebook pourrait être en passe de tiédir…

En fait, la valeur de Facebook est liée à l’atteinte d’un Graal qui remonte à la bulle Internet : on lui prête la capacité d’inventer un algorithme qui transforme l’information qu’il reçoit de ses utilisateurs en une indication utile pour l’entreprise.

Facebook est ce que les financiers appellent une « option ».
Compléments :

Réseaux sociaux et mode : Instagram

Facebook et Twitter sont d’un autre temps : ne demandent-ils pas d’écrire ?

Voici enfin un réseau social pour les jeunes : Instagram. Plus que des photos (ou des vidéos), mécaniquement branchées.
Le réseau social et sa succession de modes dit-il quelque-chose sur l’Amérique ?
Une société construite sur la recherche de la fortune instantanée, et sur l’exploitation des modes. La start up n’y devient jamais grown up. Elle a disparu avant. Ce n’est pas grave, ses fondateurs sont riches. 

Pauvre Jobs

Steve Jobs disparaît. Triste nouvelle.

Je garde de mon début de carrière, dans le logiciel, le souvenir d’une course à la prise de marché et à la promotion personnelle qui ne laissait pas le temps d’apprendre, et encore moins de faire correctement, son métier. Bill Gates est l’image même de cette escroquerie intellectuelle.
Puis il y a eu la bulle Internet, un moment où les beaux discours vides récoltaient des milliards.
Et alors vinrent les Google et autres Facebook, qui ont exploité leur position de goulot d’étranglement pour rançonner la planète.
Et surtout, il y a eu les oligarques. Tous ces gens, gonflés d’eux-mêmes, parvenus à la tête des entreprises sans en connaître quoi que ce soit, et qui ont criblé la société de dettes et de bonus. Une de leurs innovations décisives aura été de découvrir qu’il y avait des masses d’individus oubliés des droits de l’homme. Non seulement on n’avait pas à les payer, mais surtout ils n’avaient pas besoin de nos coûteux dispositifs d’hygiène et de sécurité, d’assurance sociale… Dès lors bien faire son métier n’était plus nécessaire, il fallait au contraire détricoter le savoir faire technique de l’entreprise et réinventer la procédure taylorienne qui permette d’exploiter ce peuple de miséreux.
Steve Jobs fut un bel innovateur qui a créé une belle société, qui a fait de beaux produits, et qui respectait ses clients. J’espère qu’il sera un modèle pour notre avenir. En attendant, il va falloir faire avec un désert. 
Compléments :
  • Ce blog s’est longtemps demandé si Apple survivrait à Steve Jobs. iPhone 4S (et non 5) = réponse ?

Facebook arme du révolutionnaire

2 jeunes Anglais ont été condamnés à 4 ans de prison pour avoir utilisé Facebook pour appeler à l’émeute, sans résultat. (La BBC, hier.)

L’intention des juges, applaudis par leur gouvernement, est de terroriser les utilisateurs de médias sociaux (England riots: pair jailed for four years for using Facebook to incite disorder | UK news | guardian.co.uk).

Curieusement cet épisode m’en rappelle un autre. Alors que notre révolution de 89 était une systématisation de ses idées démocratiques, l’élite anglaise a eu effroyablement peur qu’elle ne contamine son petit peuple. Elle lui a immédiatement serré la vis. Ce qui aurait amené la dissolution de ses structures sociales et sa transformation en « classe ouvrière ».

Dans l’inconscient collectif anglais, le printemps arabe aurait-il évoqué le spectre du sans-culotte ?

Compléments :
  • THOMPSON, E.P., The Making of the English Working Class, Vintage Books USA, 1966. 
  • Note postérieure. Le Monde semble confirmer mon hypothèse : les juges sont issus de l’establishment et statuent en fonction de ses intérêts. 

Succès de Google+

Je lis que Google+ a 25m de visiteurs, selon Le Monde.

Il me semble que le réel critère de succès est l’activité des dits adhérents. Pour ce que j’en juge, elle n’est pas grande.
Pour le moment le scénario qui me semble le plus vraisemblable est que Google+ occupe une niche. Mes observations : ceux qui rejoignent Google+ sont des « early adopters » qui aiment la technologie pour la technologie. Si une communauté de telles personnes part en même temps, il est probable qu’elle survivra sur Google+. Mais je ne vois pas bien quels intérêts pourraient avoir la grosse majorité des utilisateurs de Facebook à les suivre, d’autant plus que les « early adopters » resteront sur Facebook.