Sciences po infiltré, Mal américain, et indien, et création des espèces

Richard Descoings était en passe de transformer Sciences Po en plaque tournante de l’enseignement international. The Economist regrette que ses successeurs veuillent que l’école retrouve sa mission initiale. Alors, Richard Descoings, mieux que Philby ? Le centre névralgique du modèle français aux mains d’une taupe anglo-saxonne ? De la redoutable efficacité du soft power américain ? Mais, avant de réformer notre école ne serait-il pas judicieux de s’interroger sur le modèle qu’on lui a choisi ? Car  l’Université américaine va mal. Le coût de son enseignement a explosé, sa qualité a baissé, ses élèves, qui pour une part significative sortent sans diplôme, sont surendettés, parfois en faillite (pour plus de 30% d’entre eux, dans le cas de 200 universités). Il va falloir penser au gain de productivité. Cours en ligne, et achat à la carte, un module par ci, un autre par là.
Bataille entre Google, Amazon, Apple et Facebook. Chacun veut entrer sur le terrain de l’autre, et protéger son territoire. En fait, attention au régulateur. Mais toute l’Amérique n’est pas aussi combative. L’inventeur des drones, israélien, juge l’industrie américaine de la défense comme von Braun, en son temps. A savoir, des entreprises incompétentes, parasitées par l’intérêt personnel qui voit l’innovation comme un danger. A ce sujet, l’impression 3D va-t-elle être tuée par la peur de la copie ? Heureusement, les réformes de la santé d’Obama créeraient un appel d’air pour les start ups. (Une politique du durable ne pourrait-elle pas avoir le même effet ? me suis-je demandé.)
La France menace de nationaliser Florange, qui n’est pas rentable. Retour à l’ère Mitterrand ? Plutôt artifice de négociation. En tout cas, les grandes entreprises indiennes, conglomérats gigantesques et hétéroclites, vont mal. En particulier Mittal. Certes, elles ne sont pas poussées par le profit (« notre objectif est la construction d’une nation, l’emploi et l’acquisition de compétences »), mais leur manque de rentabilité ne peut que paralyser leur développement. Elles n’ont donc plus les moyens d’investir en Inde. Ce qui est mauvais pour le  pays.
Le FMI, à contre-emploi, aide le Grec enseveli sous les dettes. La banque d’Angleterre recrute son nouveau directeur dans ses colonies. En Egypte, la situation se tend. D’un côté des islamistes qui se donnent des pouvoirs dictatoriaux, de l’autre une coalition d’opposants bien plus décidés et puissants qu’on ne l’aurait attendu. En Syrie, l’opposition gagne du terrain. « Militairement, il y a eu de grands progrès (…) mais nous appréhendons tous ce qui viendra après ». Mais, qu’ils n’attendent pas de secours de M.Obama. Seule l’Amérique l’intéresse.
Comment recruter un dirigeant ? « Éviter les gens de l’extérieur, si les choses vont bien ». Sinon, le mieux est de recruter un ancien membre de la société qui a réussi ailleurs, ou, à défaut, d’acclimater un extérieur pendant quelques temps avant de lui donner le pouvoir.
Les virus seraient-ils à l’origine des espèces ? Certains d’entre eux s’insèrent dans des parties de l’ADN, négligées par la science jusqu’ici. Elles agiraient sur les caractéristiques de l’individu. 

Portrait robot de l’utilisateur de Facebook

Résumé d’une étude. Qu’est-ce qui intéresse ceux qui utilisent Facebook :

  1. Observer en voyeurs la vie des autres.
  2. Se créer une identité propre.
  3. Pouvoir donner libre cours à leur narcissisme intérieur.
Ils ne regarderaient, donc, pas la publicité… (Décidément Facebook ne vaut rien ?)

HP, Autonomy et l’échec des fusions

HP a acheté Autonomy, un éditeur de logiciel d’analyse de données, en annonçant que cette entreprise était son avenir.

On apprend qu’Autonomy a déjà perdu un quart de ses effectifs, dont quasiment tout son comité directeur (ainsi que ses programmeurs !) et que la division logiciel a augmenté son chiffre d’affaires de 173m$ sur le trimestre, alors qu’Autonomy aurait dû lui apporter 250m…
Nouvel exemple d’échec d’une acquisition ? Une valorisation à la Facebook (10,3md$ pour 1md$ de chiffre d’affaires !), un fondateur qui a perdu sa motivation avec les 800m£ qu’il a touchés, la discipline bureaucratique d’HP qui étouffe une start up…

Le cours de Facebook plonge

Le cours de l’action de Facebook plonge. Fait unique, la bulle spéculative n’aurait-elle pas survécu à l’introduction en bourse de Facebook ?

Il est tentant, mais pas très scientifique !, d’y voir une validation de mes théories : il y avait suffisamment de gens pour acheter, mais pas assez pour maintenir le cours.
Je me suis d’ailleurs demandé si l’augmentation de dernière minute du nombre d’actions mises en vente n’était pas la preuve que les banques qui portaient l’affaire avaient pleine conscience que l’occasion ne se représenterait pas, et ont essayé de tondre la bête au plus ras.
J’ai certainement un esprit mal tourné. Cependant, ma théorie a quelques éléments à son appui. En effet, les analystes des banques qui ont réalisé l’introduction pariaient contre Facebook…
Compléments :
  • Facebook : des prévisions déjà dégradées par Morgan Stanley ?
  • Dans un billet je m’interrogeais sur le décalage entre l’intérêt que suscitait Facebook, et l’opinion des experts. Ceux qui ont acheté étaient-ils, non pas mal informés, mais désinformés par les banques qui menaient l’introduction en bourse ? Pire, va-t-on apprendre, une fois de plus, que, dans ces banques, il se trouvait des personnes qui jouaient sur la chute du cours ?
  • L’introduction de Facebook marque-t-il la fin d’une ère ? Celle de Mme Thatcher et de M.Reagan, celle de la toute puissance de la déréglementation, de la bourse et des marchés financiers ? 

Facebook fait des heureux

Tout ce que je lis sur Facebook pousse à ne pas y investir. En particulier, le cours des sociétés qui lui ressemblent se sont mal comportés après leur introduction en bourse.

Mais j’entends aussi que la sienne va être un succès.

Cela signifie probablement qu’il existe une communauté de fans de Facebook, qui ne sont pas influencés par la presse. Il est possible que cette communauté soit suffisante pour l’offre initiale, mais pas pour maintenir le cours du titre.

Cependant, il y aura des gagnants certains dans l’affaire. Tous ceux qui collectent l’argent du rêve. Autrement dit, les actionnaires actuels de la société, les banques qui organisent l’introduction en bourse, ou l’État californien, qui va récolter une masse d’impôts.

Compléments :

Facebook et la rationalité des marchés

Des scientifiques essaient d’évaluer Facebook. Conclusion ? Son prix d’introduction en bourse est surévalué de 50 à 200%. Pire : « la nouvelle génération commence à trouver que Facebook est peu intéressant, « c’est ce qu’utilisent les parents » ». (Facebook shares are overvalued, say financial analysts – New Scientist)

Mais pourquoi veut-on évaluer une entreprise en fonction de ses revenus futurs, comme le font tous les modèles économiques ? La bourse est un marché et fonctionne selon l’offre et la demande. Si l’action de Facebook vaut aussi cher, c’est qu’il y a des gens qui sont prêts à acheter à ce prix. Dans ce groupe, il y a des gogos qui croient au Madoff et des gens qui savent qu’ils jouent, mais qui ont confiance en leur talent (et en leur chance). 

La voiture n’est-elle plus une valeur américaine ?

Les jeunes américains conduiraient moins. Ils tendraient à se rapprocher des villes et de leurs transports en commun. Raison ? Peut-être, crise, chômage et médias sociaux. L’homme s’adapte au changement.

L’article dit aussi que le jeune américain aime de moins en moins se faire manipuler par la publicité. Ce qui est probablement une bonne nouvelle pour l’humanité, et une mauvaise pour Facebook.

Facebook et Google : l’impasse ?

Les usages se déplacent du PC vers le mobile. Or, pas facile d’y faire de la publicité. Les revenus de Facebook et de Google, entre autres, paraissent donc menacés.

La valorisation de Facebook semble de plus en plus le résultat d’un acte de foi ?

Compléments :
  • Apparemment le glissement de terrain serait tangible chez Google : The Mobile Paradox | TechCrunch (en provenance d’HBR)
  • Pour le moment, le seul modèle qui fonctionne est celui d’Apple ou d’Amazon : celui de distributeur de contenu.

Instagram, Facebook et le mécanisme de la spéculation

C’est amusant comme les événements se répètent.

La bulle Internet a été marquée par une révolution des méthodes de valorisation. À l’époque, on s’était mis à multiplier le nombre d’abonnés à un service, que les gourous appelaient « infomédiaire », par une somme qui pouvait atteindre 40.000F (6000€), si mes souvenirs sont bons. L’infomédiaire était supposé contrôler les achats de ses abonnés, et donc prendre une part des dits achats, comme le fait une grande surface.

Ce raisonnement a été repris pour évaluer Instagram et Facebook. Leur utilisateur vaut entre 20 et 50$. (Facestagram’s photo opportunity) La raison en est la même : avec toute l’information que ces sites récoltent, il se peut qu’un jour ils sachent s’en servir pour aider les entreprises à améliorer leur marketing.

Ridicule ? Pas du tout. Ceci représente une forme de rationalité. Le spéculateur a établi une règle à durée déterminée entre spéculateurs. Il sait que tant qu’elle tiendra il s’enrichira. Mais qu’il ne faudra pas être le dernier à porter la patate chaude. Le monde de la finance est follement excitant. 

Instagram : 1 milliard de $ pour 13 employés et pas de chiffre d’affaires

Facebook achète un milliard de $ Instagram, « une start-up de 18 mois d’existence comptant 13 employés et aucun chiffre d’affaires » (Pourquoi Facebook dépense 1 milliard de dollars pour Instagram – La Tribune).

Pourquoi un tel prix ? Signe des temps, Internet est has been, l’avenir c’est le téléphone mobile ? (Instagram Deal Is Billion-Dollar Move Toward Cellphone From PC – NYTimes.com)
Lors de la première bulle Internet, on racontait que l’on vendait des chats à « un million de $ ». Comment avez-vous fait ? Contre deux chatons à 500.000$.