Stupéfiant Facebook

Discussion de radio. Le métier de Facebook et des autres réseaux sociaux est de nous rendre dépendants. Le sujet fait l’objet de recherches très sérieuses. Et les dommages sur la santé de leurs victimes sont patents. 

La justice devrait-elle s’en inquiéter ? (Je note, au passage, que la Chine a pris des mesures pour protéger sa population.) Mark Zuckerberg = Pablo Escobar ? 

(Un précédent billet disait que la Mafia investissait ses fonds particulièrement intelligemment. A-t-elle « pivoté » vers les réseaux sociaux ?)

Metavers : voyage au bout de l'absurde ?

Le changement, au moins quand il s’applique au monde, semble passer d’un « modèle » à un autre, qui lui est opposé. Le premier étant allé au bout de ses illusions, jusqu’à l’absurde. C’est la théorie de Hegel, et elle semble coller à la réalité.

Il est possible que le Metavers de M.Zurkerberg en dise long sur ce a quoi croit ou a cru notre société. Le Metavers, c’est l’utopie de l’artificiel, d’un monde totalement créé par l’homme et qui n’obéirait qu’aux lois qu’il a inventées. Dérive naturelle de l’Etat d’après guerre, qui nous a totalement pris sous son aile, et nous a fait croire que tout nous était dû, et qu’il n’existait rien hors de nous, plus aucun danger ?

Dans ces conditions, est-il étonnant que nous en soyons arrivés à une forme d’hystérie de la fin du monde ? Après le tout homme tout artificiel, le tout nature, plus d’homme ? 

Fake book

Plus un contenu est apprécié, plus il génère de revenus publicitaires. Ce que demande vraisemblablement Facebook à ses algorithmes d’intelligence artificielle, c’est de susciter le maximum d’intérêt de la part du public. 

« N’ayant pu faire les mal habiles sages, (la fortune) les fait heureux, à l’envi de la vertu » écrit Montaigne.  La sagesse ne paie pas, autrement dit. Or l’IA cherche à nous rendre heureux…

Dans cette histoire, qui est le plus coupable ?   

Est-ce le nom qui fait le produit ?

Est-ce important de s’appeler Meta ? 

La question de la marque est rebattue. La conclusion des « experts » du marketing est évidente : ce n’est pas le nom qui fait le produit, mais l’inverse. Petit à petit, les mots « Mercedes » ou « Peugeot » sont associés à un certain nombre d’expériences, qui feront que nous penserons que les produits qui portent ces noms ont des caractéristiques propres. En particulier, dans ce cas, il nous paraîtra « normal » de payer beaucoup plus pour l’un que pour l’autre. Question de prestige et de fiabilité, entre autres. 

Un danger est que la marque soit immédiatement ridiculisée, avant même d’avoir pu établir sa réalité. La communication joue donc un rôle massif. Un substitut à l’expérience. 

Le fin du fin est Apple (ou aurait pu être Apple) : aligner ce que désire le fondateur de l’entreprise et ce que perçoit le consommateur. 

Meta Face

Facebook change de nom. 

A en croire le Robert, Méta, en grec, signifie « la succession, le changement, la participation » (métabolisme, métastase). L’entreprise du changement ? (Un hommage à ce blog ?) Selon Robert, le Méta moderne est un « néologisme scientifique ». Il signifie « ce qui dépasse, englobe ». Ainsi, on parle de position « méta » en psychologie, ce qui veut dire sortir de sa peau, pour s’observer de l’extérieur, comme l’acteur d’un système. 

Dans le cas de Facebook, il s’agit de Metavers. Univers virtuel dans lequel l’individu est noyé, façon Matrix. Meta ou l’asservissement de la race humaine ? Big Brother ?

En réalité, d’après ce que disait un ancien employé à la BBC, Facebook imite Google :  ce que représente la marque menace de devenir obsolète, il ne faut pas que cela affecte l’opinion des marchés financiers. Meta ou Alphabet, donc, ont pour sens : « ce n’est pas le réseau social ou le moteur de recherche notre métier, mais gagner de l’argent ». 

Meta ne serait donc pas grec, mais marxiste. 

(Meta ou la volonté de surfer sur les modes financières, comme Amazon, qui n’a pas eu à changer de nom ?)

Algorithme incontrôlé

On lit que l’algorithme de Facebook serait « incontrôlé ». La machine, dictateur fou ?

Paradoxalement, l’Intelligence artificielle a été un extraordinaire pas en arrière pour l’humanité. En effet, jusque-là, la raison humaine cherchait à comprendre la nature, à remplacer la danse de la pluie par l’équation. Cela fait bien longtemps que l’on ne craint plus que le ciel nous tombe sur la tête… 

Or, depuis quelques années, sans aucun complexe, l’esprit d’élite de la Silicon Valley a revendiqué son ignorance. Le terme « algorithme » a changé de sens. En effet, en mathématiques, on sait exactement ce que fait un algorithme. Or, aujourd’hui, on ne cherche plus à deviner comment marche l’intelligence artificielle. L’esprit d’élite est le grand prêtre d’une nouvelle idole.  

Seulement, la machine n’étant qu’une machine, il est possible qu’elle fasse « quelque chose », c’est-à-dire que l’on puisse identifier une logique derrière son comportement, comme on l’a fait avec les mouvements de la lune ou des planètes. Et que cette logique soit, en fait, un biais. Comme, par exemple, reproduire les préjugés de ceux qui l’ont nourrie en informations.

Intelligence artificielle raciste

Hier, Le Monde annonçait que l’intelligence artificielle de Facebook avait confondu des singes et des noirs, et s’en excusait. 

Voilà qui rappelle de bien vieux souvenirs. 

Acte manqué ? Et si l’IA n’était qu’un révélateur de préjugés ? Et si elle ne nous apprenait rien des autres, mais tout de nous ? 

Cela n’est pas aussi paradoxal qu’il y paraît. En effet, l’IA doit « apprendre » pour pouvoir décider. Or, elle apprend de ce dont on l’a nourri. Et nous la nourrissons de ce que nous pensons important. C’est aussi ce que nous faisons avec nos enfants. Mais, eux, ont un avantage sur l’IA. Ils possèdent d’autres sources d’information que nous. On ne naît pas homme, on le devient. Tout le contraire pour l’IA.

Censure à l'Américaine

Je lis que Facebook a supprimé une publication du président Trump, qui disait que la grippe était plus dangereuse que le coronavirus.

Ce qui fait que ce qui n’aurait été vu par personne a été relayé par l’ensemble de la presse mondiale…

Facebook a réussi à la fois à se montrer un formidable censeur, et à faire plaisir à M.Trump ?

(A noter que :
Quand à la grippe, il n’y en aurait pas eu dans l’hémisphère sud, d’après Scientific American, elle a été vaincue par les mesures anti coronavirus
J’ai été censuré par Facebook, dans une réponse que je faisais à un ami. Mais la presse mondiale n’en a pas parlé ! – l’IA de Facebook n’aime pas les liens.)

Microsoft Network

On a oublié, je crois, ce moment de l’histoire de Microsoft. La stratégie de Microsoft était de construire des monopoles, en en utilisant un pour édifier un autre. (Cela se voit moins, mais ça continue. Microsoft a un monopole sur les systèmes d’exploitation, la bureautique, et bientôt les applications « cloud » pour l’entreprise.)

Lorsqu’Internet est arrivé, Microsoft a créé MSN, Microsoft Network.

Cela n’a pas marché. Or, ce qui est curieux est que MSN est Facebook avant la lettre. Ce qui est plus curieux encore est que Facebook n’est presque rien, puisque c’est un site sur lequel on affiche des photos. Si, au lieu de concurrencer Internet, Microsoft avait proposé cette simple application, il serait peut-être aujourd’hui un monopole des réseaux sociaux.

Comme quoi, qui vaut le plus ne vaut pas toujours le moins.

Facebook, le justicier

Plus prompt que l’éclair, Facebook m’envoie la note comminatoire suivante :

Diantre. Je me découvre grand criminel. J’enfreins les « Standards » avec un S majuscule, de la « communauté » (je croyais que Facebook était une société à but lucratif…). 
De quoi s’agit-il ? Dans une réponse à un commentaire, j’ai copié un lien vers un de mes billets. (J’ai ensuite publié le dit billet sur Facebook, sans encombre.) 
Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Un commentaire innocent produit une condamnation sans appel. Le jugement de l’intelligence artificielle. 
A tort ou à raison, cela me fait croire que l’on vit dans un monde de justiciers. Mais, étrangement, le justicier ne s’en prend qu’au misérable. Dans le monde de surhommes de la Silicon Valley, la vie du peuple est gouvernée par des robots ?