Guerre

En ce moment, France culture rediffuse d’anciennes émissions sur la guerre de 40. Beaucoup de témoignages, en particulier.

Je suis frappé par la « concordance des temps ». Le changement comme « dégel (des certitudes) » dirait Kurt Lewine ? Soudainement, tout ce à quoi l’on croyait cède. Plus rien à quoi se raccrocher. On est tout étonné. On découvre que l’on croyait penser, alors qu’on ne faisait que suivre les idées reçues. Et que celles-ci sont sans fondement.

Absurde des existentialistes ? Il se révèle qu’il y a des gens qui ont des convictions, et d’autres pas. Phénomène mystérieux.

Call to action

Il y a quelques années, j’ai découvert l’expression « call to action ». Elle serait liée à l’univers des réseaux sociaux.

Un message doit donner envie à celui qui le lit de prouver son approbation par un « acte », qui consiste généralement à « cliquer sur un lien ».

Cette expression semble signifier tout le contraire de ce qu’est le réseau social. Il encourage à la passivité : à confondre parole et action, pensée et suivisme.

Comme souvent, l’expression est juste, mais l’interprétation est fausse ? L’homme digne de ce nom est celui qui fait changer la société, il agit, mais il agit sur le véritable réseau social, celui qui est fait de chair et de sang, pas de silicone ?

(« Je pense donc nous sommes » de Camus, le véritable existentialisme ?)

Authenticité

J’entends beaucoup parler « d’authenticité ».

L’authenticité est le travail même de l’existentialisme. Cela consiste à rechercher son identité et à se débarrasser des injonctions sociales.

C’est une réaction contre un phénomène curieux : nous ne pensons plus. Des normes de comportement nous sont imposées par la société. Nous sommes devenus des robots.

Comment en sommes nous arrivés là ? Est-ce un phénomène naturel ? Comme l’apprentissage du piano ? Pour apprendre, on perd ses réflexes naturels, et ce n’est qu’après des décennies que l’on parvient à reprendre son sort en main, mais armé de ce que l’on a appris ?

Commerçant

Que font-ils dans ce métier ? Certains commerçants semblent toujours de mauvaise humeur. Je n’achète pas chez eux.

Je retrouve ce que j’avais constaté au temps où je faisais des études de marché : la personnalité du commerçant est le principal facteur explicatif de la prospérité d’une affaire. Le véritable commerçant est un « optimiste », au sens psychologique du terme : son métier est très difficile, mais il n’est pas affecté par ce qu’il a de déplaisant. Au contraire, même.

On naît commerçant, on ne le devient pas. Je pense que c’est vrai pour tout. Tout au plus peut on affirmer sa personnalité au cours de sa vie, et prendre conscience de la réalité de ses talents.

D’ailleurs, c’est un test que j’utilise pour découvrir les forces d’une personne : qu’est-ce qui vous enchante, alors que cela rend fou le reste du monde ?

Existentialisme

Contrairement à ce que laisse entendre ce blog, je trouve que l’Europe répond bien au choc Trump Vance Musk.

En particulier, Kier Starmer, que je pensais, avant son élection, un homme droit et qui m’inquiétait. Il a fait passer l’Ukraine avant les intérêts immédiats de son pays, pourtant mal en point. Le chancelier allemand semble aussi revenir sur ses convictions et sur la ligne de son pays. Quant à M.Macron, il est fidèle à lui-même.

Existentialisme : c’est dans la tourmente que se révèle la nature de l’homme. (Et dans la paix que triomphent ses défauts ?)

Quant à la suite ? M.Trump ne va-t-il pas rapidement finir par être rattrapé par la complexité du monde ?

Doit-on espérer que cela arrive tôt ?

Changement à l’américaine

M.Musk s’attaque à l’Etat. Il tente de lui appliquer la méthode qu’il a employée pour Twitter (avec un grand succès, comme chacun sait).

Can anyone stop Elon Musk’s hostile takeover of the US government?
The billionaire’s aggressive efficiency drive has critics warning of a constitutional crisis. Allies say he’s just getting started

Financial Times, 7 février

Un peu avant :

Elon Musk barred from accessing US Treasury payments data

Temporary order restricts efforts of billionaire’s Department of Government Efficiency to infiltrate multitrillion dollar system

6 février

M.Musk infiltre ses « hackers » dans les systèmes d’information de l’administration. (Il applique le type de techniques qui de temps à autres fait la une des journaux : vos données privées ne le sont plus.) Apparemment, il veut la prendre par surprise. Il se moque des lois. Il est la loi. La loi du plus fort.

Début de résistance ? La justice réagit. Y compris celle qui a été nommée par M.Trump.

Qui ne tue pas renforce ? Le mérite du couple Trump, Musk est d’amener beaucoup de gens et d’institutions à réfléchir à une raison d’être qu’ils avaient oubliée ?

Eponge

Si l’on fait passer une éponge dans une grille, ses cellules se séparent. Mais elles se reconstituent ensuite, en la même éponge ! Et ce même si l’on mélange deux éponges.

Question : est-ce toujours la même éponge ? Et si l’on faisait de même pour un homme ? Par exemple, si on le reconstituait sur Mars, serait-il toujours lui-même ?

J’ai découvert une curieuse émission, sur la BBC (Nature bang). En partant d’observations de la nature, qu’elle étend à l’homme, elle en vient à mettre en cause nos certitudes. Dommage que ces questions ne soient pas évoquées à l’école, cela couperait l’herbe sous le pied des fondamentalismes de tous bords, me suis-je dit. (A tort ?)

Réponse ? Apparemment, ce qui nous fait est notre environnement. L’homme de Mars n’est pas identique à l’homme de terre.

Pour ma part, il me semble que « je » n’a pas vraiment de sens. C’est une convention utile. On ne sait pas très bien ce qu’est un être, et, dans la mesure où on en a une vague idée, « cela » semble en permanence se reconstituer. C’est ainsi qu’il garde une trace de ce qu’il était auparavant et a l’impression d’une permanence.

Mérite présidentiel

Comment se moquer des difficultés du chancelier allemand, des élus conservateurs qui commentent un délit d’initié pour parier sur la date des élections anglaises, ou de la sénilité du président américain, quand on est Français ?

Fini de rire. Notre président philosophe nous a mis en face des vanités de la vie. C’est un rappel bien plus efficace qu’un tableau de la renaissance.

Exercice existentiel

Le Français est arrogant, mais pas fier. Autrement dit, il n’est pas sûr de lui. Comment pourrait-on le soigner ?

Une observation, pour commencer. Le Français voit des concurrents partout. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’il croit que les « autres » lui ressemblent.

Mais, s’il a le courage d’aller vers « les autres », il découvrira qu’ils sont différents de lui, et donc qu’il a des particularités, une spécialité, un prix !

Le témoignage ci-dessous ne dit pas autre chose :

(Après, il faut aussi prendre conscience de ses failles.)

Anti quoi ?

On dit que l’extrême gauche est devenue antisémite. C’est, d’ailleurs, une tâche sur la réputation du parti travailliste anglais dont il a beaucoup de mal à se débarrasser.

Mais n’est-ce qu’une question d’antisémitisme ? Quand je regarde la société actuelle, ce qui a été liquidé, c’est « le rêve de mon père », comme aurait dit Obama. Toute son ambition a été de construire une famille. Il est quasiment mort à la tâche. Et son idéal était celui des valeurs de la République. En particulier l’ascenseur scolaire, qui lui avait permis de faire des études. Or, il n’y a plus d’ascenseur.

D’ailleurs, je me souviens d’avoir entendu Sartre traiter de « bourgeois » des gens comme lui. Quand on connaît le milieu auquel appartenait Sartre, il lui a fallu un sacré toupet pour lancer une telle fatwa.

Paradoxe révélateur ? L’autre jour, les informations de la BBC traitaient de l’insécurité que ressentent les étudiants juifs, au sein des campus universitaires américains. Alors que je m’attendais à ce qu’elle interviewe un manifestant pro Hamas et un étudiant menacé, elle s’est adressée à une manifestante juive. Le « révolté » serait-il suicidaire ? Car, même s’il n’est pas juif, comme Sartre, il nie ce qu’il est. Il s’en prend à ses frères, en se prétendant le champion de telle ou telle communauté qui vomit ses valeurs.

Expression de la crise existentielle d’une certaine jeunesse ?