On dit que l’extrême gauche est devenue antisémite. C’est, d’ailleurs, une tâche sur la réputation du parti travailliste anglais dont il a beaucoup de mal à se débarrasser.
Mais n’est-ce qu’une question d’antisémitisme ? Quand je regarde la société actuelle, ce qui a été liquidé, c’est « le rêve de mon père », comme aurait dit Obama. Toute son ambition a été de construire une famille. Il est quasiment mort à la tâche. Et son idéal était celui des valeurs de la République. En particulier l’ascenseur scolaire, qui lui avait permis de faire des études. Or, il n’y a plus d’ascenseur.
D’ailleurs, je me souviens d’avoir entendu Sartre traiter de « bourgeois » des gens comme lui. Quand on connaît le milieu auquel appartenait Sartre, il lui a fallu un sacré toupet pour lancer une telle fatwa.
Paradoxe révélateur ? L’autre jour, les informations de la BBC traitaient de l’insécurité que ressentent les étudiants juifs, au sein des campus universitaires américains. Alors que je m’attendais à ce qu’elle interviewe un manifestant pro Hamas et un étudiant menacé, elle s’est adressée à une manifestante juive. Le « révolté » serait-il suicidaire ? Car, même s’il n’est pas juif, comme Sartre, il nie ce qu’il est. Il s’en prend à ses frères, en se prétendant le champion de telle ou telle communauté qui vomit ses valeurs.
Expression de la crise existentielle d’une certaine jeunesse ?