Sens de l'évolution

Visite au Jardin des plantes. Je tombe sur une pancarte disant que l’évolution n’a pas de sens (pancarte que Blogger refuse de copier dans ce billet). Elle peut passer du complexe au non complexe et inversement, au gré de sa fantaisie. C’est une théorie que j’avais lue dans L’éventail du vivant, de Jay Gould. Elle infirme l’idée selon laquelle la création devrait aboutir à l’homme. Ou encore ce que croient beaucoup de physiciens. A savoir que notre univers est le seul dans lequel peut vivre l’homme. (Principe anthropique.)
Mais la science peut-elle infirmer grand chose ? Elle ne peut que constater que certaines règles semblent expliquer ce qu’elle voit. Mais quant à faire des prédictions, c’est une autre affaire. Rien n’empêche de penser, en particulier, que la nature progresse par niveaux de stabilité. Entre deux niveaux, elle procède par essais et erreurs.

Pourquoi les tortues ont-elles une carapace ?

D’où vient la carapace de la tortue ? Initialement, ce n’était pas une carapace, mais des côtes qui se rejoignent et qui donnent à l’animal des moyens efficaces pour creuser. Mais les raisons de creuser auraient peut-être disparu. L’animal se serait alors trouvé bien lent. Et la carapace serait apparue, comme moyen de défense. 
Cela rejoint une idée que j’avais eue au sujet du dinosaure. L’animal est une sorte d’entrepreneur. Il cherche un filon à exploiter, une niche écologique non occupée. Les marketers parleraient de « positionnement ». Ce n’est que lorsqu’il l’a trouvé qu’il se transforme, pour en exploiter toutes les possibilités. Il est possible, toujours comme l’entrepreneur, que, lorsque son milieu change, il change sans s’en rendre compte : pour continuer à assurer sa fonction primaire, il développe une fonction secondaire (la carapace). Jusqu’à ce que ce soit la fonction secondaire qui devienne primaire. Le changement est alors fini. Jusqu’à la prochaine fois.

Qu'est-ce qui a perdu Néanderthal ?

Neandertal était un homme cultivé. Il y a 180.000 ans, il faisait preuve d’un art consommé, vient-on de découvrir. 
Alors pourquoi notre ascendant l’a-t-il fait disparaître ? La réponse habituelle est qu’il était plus malin. Est-ce évident ? Lorsque l’on considère l’histoire du monde, on observe que l’intelligence n’a pas toujours le dessus. Les conquérants étaient frustes. Leur bas QI était compensé, au centuple, par leur détermination. C’est d’ailleurs ce qu’aiment les Anglo-saxons chez leurs entrepreneurs, Monsanto par exemple : ils écrasent le monde sans se poser de questions. C’est aussi ce que l’on disait d’Hitler. Et les nazis pensaient que l’Europe, la France en particulier, décadente avait besoin du sang neuf de brutes épargnées par l’influence pernicieuse de la civilisation. C’est peut-être, d’ailleurs, ce qui a fait le succès de l’Occident, à la fin de son Moyen-âge : des idées simplistes.

(On a tous quelque-chose en nous de Neandertal.)

Papa et maman sont universels

Pourquoi tous les bébés du monde appellent-ils leurs parents papa et maman, ou quelque son approchant ? 
Apparemment parce que le premier bruit qu’émet l’enfant est aaaaa, et lorsqu’il parvient à fermer le bec, cela devient maaamaaa. Du coup l’être humain qui se trouve à proximité estime qu’on l’a désigné par ce terme. Puis le son se complexifie et devient paaapaaa. Le deuxième être de proximité s’attribue ce nom. Mais les choses se corsent, ensuite. Du fait d’associations d’idées différentes liées à des circonstances différentes, les langues s’éloignent les unes autres. 
L’article dans lequel j’ai trouvé cette théorie.

Théorie de la vie

Le moteur de l’évolution serait la capacité à évacuer l’énergie.

C’est ainsi qu’aurait émergé le vivant, très efficace à ce jeu. Cela découlerait du second principe de la thermodynamique. Du moins si je comprends bien les travaux d’un physicien biochimiste du MIT. (A new physics theory of life.)

The formula, based on established physics, indicates that when a group of atoms is driven by an external source of energy (like the sun or chemical fuel) and surrounded by a heat bath (like the ocean or atmosphere), it will often gradually restructure itself in order to dissipate increasingly more energy. This could mean that under certain conditions, matter inexorably acquires the key physical attribute associated with life.
Intrigant. Cependant, vue la complexité des créations, qui prennent des formes tarabiscotées, il semblerait que ce ne soit pas le seul facteur en action. Sans compter que je soupçonne qu’à un instant donné, il y a des tas d’espèces vivantes avec des capacités différentes en termes de gestion de l’énergie… A moins qu’il faille prendre le problème au niveau de l’écosystème ?… 

Comment changer un dinosaure en oiseau ?

Hausrotschwanz Brutpflege 2006-05-24 211.jpg
Jeunes dinosaures
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Hausrotschwanz Brutpflege 2006-05-24 211 » par Stefan-Xp — Travail personnel.
Sous licence 
CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

Les évolutions des espèces ne procéderaient par mutation génétique massive. L’espèce aurait en elle plusieurs possibilités de développement. Elle passerait de l’une à l’autre par des modifications modestes. Elles portent sur les mécanismes d’expression des gènes et pas sur les gènes eux-mêmes.

Ainsi, il semble que deux innovations majeures ont permis de changer le dinosaure en oiseau, en peu de temps. D’une part, une réduction de taille spectaculaire. Elle se serait faite en stoppant le développement du dinosaure quasiment à sa phase embryonnaire (un embryon de dinosaure ressemble à un oiseau). D’autre part, le bec. Il serait la fusion de deux os, qui constituaient le museau du dinosaure. Fusion qui semble être relativement facile à produire et à défaire. 

Quand ce genre d’innovation a un effet heureux, par exemple il fait découvrir à l’espèce une nouvelle niche écologique (l’oiseau explore le sommet des arbres), alors s’ensuit une foule d’innovations supplémentaires. 
L’article dont j’ai tiré ces idées. 

Pourquoi a-t-on besoin de Dolto ?

J’ai toujours été surpris que l’on soit incapable d’élever un enfant sans mode d’emploi. N’est-ce pas ce que l’homme fait depuis la nuit des temps ? Pourquoi nos réflexes ne fonctionnent-ils plus ? 
Peut-être bien par ce que nous sommes les enfants de la société, bien plus que de nos parents. Et que la société expérimente en permanence avec l’homme. Ce qui le met dans des situations qu’il est incapable de traiter seul. Au fond, Mme Dolto est tout autant le problème que la solution. 
(Il en est d’ailleurs de même avec la médecine. La société crée ses maladies, qu’elle doit soigner, si elle ne veut pas disparaître.) 

Y a-t-il progrès de l'esprit ?

En écrivant le billet précédent, sur Érasme et ses amis humanistes, je me suis rappelé un livre de Jay Gould. Il disait que la complexité, l’homme, en particulier, ne correspondait pas au sens de la marche de la nature. Elle expérimentait en permanence plus ou moins de complexité. 
Je me suis demandé s’il n’en était pas de même des idées. Et si notre société avait connu à certaines époques des esprits exceptionnellement brillants ? Et si, contrairement à ce que nous pensons, nous avions subi un recul net de la sophistication de nos idées ? « Massification » de l’intelligence ? 
(Peut-être pour des raisons de sélection naturelle, comme le dit Jay Gould : l’esprit brillant ne doit pas avoir un gros avantage concurrentiel. Fleur fragile ? Erasme contre Luther ?)

Le virus est notre ami

endogenous retroviruses may help brain cells more intricately regulate their gene expression, thereby allowing them to become more complex (Scientific American)

Le cerveau serait cerveau grâce à l’emploi de virus domestiqués (et même quelque peu réduits en esclavage). 
Cela me semble illustrer une de mes théories. Il n’y a pas de bien et de mal. La guerre, par exemple, n’est que demande de reconnaissance. Une recherche de coopération selon des termes qui « paraissent » justes aux protagonistes. Une sorte de paix des braves.
Ce qui me ramène à une autre vieille idée : la médecine devrait s’orienter vers une sorte de judo. Elle devrait chercher non à détruire ce qui nous attaque, mais à en retourner l’énergie vitale à notre avantage. Plus facile à dire qu’à faire, sûrement. 

Google, force du totalitarisme ?

Le projet de Google glass est d’enregistrer notre vie. Pas uniquement ce que nous voyons, mais aussi l’information qui va avec (dont nos sentiments). Puis de faire de cela un bien commun, accessible à tous. En outre, nous serons désormais connectés en permanence à Internet. Or, pour que les effets de cette innovation se fassent sentir, il suffit qu’une minorité y trouve des bénéfices, secondaires, et l’adopte. The Economist suggère de s’émouvoir de la question.
L’irresponsabilité serait-elle une caractéristique génétique de l’entreprise ? Les assureurs se réassurent, pourquoi ? Du fait d’un biais de la loi. Elle demande des garanties plus faibles aux réassureurs qu’aux assureurs. En se réassurant, les assureurs augmentent leurs risques (et, surtout, les nôtres) ! De même, on s’est rendu compte que les entreprises faisaient appel au leasing parce qu’il n’était pas comptabilisé de la même façon que les dettes.
Nouveau succès économique pour l’Allemagne. Elle a libéralisé la prostitution. L’industrie emploie maintenant 400.000 personnes, avec 1m de visiteur unique jour. En Chine, Xi Jinping se saisit des leviers du pouvoir. Pour le reste, il annonce qu’il va libérer un peu plus les forces du marché. Mais les voies de la Chine sont impénétrables. En Inde, le parti du Congrès serait sur le point de se faire balayer par un démagogue. L’Amérique ne veut plus entendre parler d’intervention extérieure. Israël ne parvient plus à influencer ses vues sur l’Iran. La guerre en Afghanistan a soudé les forces de l’OTAN. Comment les conserver en état de marche, maintenant ?
On commence à dire que le gaz de schiste serait une mauvaise affaire. Mais The Economist pense que ses bénéfices peuvent provoquer un renouveau notable de l’économie américaine, à défaut d’une révolution. Notamment en ramenant sur son territoire des entreprises fortement consommatrices d’énergie. Et en favorisant l’activité économique qui va avec (construction d’usines, de routes, etc.).
L’Angleterre est en croissance. Mais la population n’en profite pas. Ses revenus sont érodés par l’inflation. Le gouvernement anglais repousse les dossiers épineux à plus tard. Le corps politique se fragmente, ce qui n’est pas compatible avec le bipartisme, principe fondateur de la démocratie anglaise. Le gouvernement est paralysé.
Amérique éternelle. Les principes de la justice américaine n’auraient-ils pas évolué depuis le Moyen-âge ? Par exemple, les pauvres peuvent être condamnés à perpétuité pour des peccadilles. Il semble que la vie du pauvre n’ait aucune valeur. Armstrong, personnification de l’esprit américain ? Il optimisait son corps, comme il optimisait tout ce qu’il utilisait, pour aller au delà des limites. Quant aux origines de la presse américaine elles se trouvent dans la lutte contre les barons du capitalisme des années 1900. Le parti républicain était son allié. Il voulait améliorer la vie de l’Américain. 
Les dirigeants d’entreprise découvrent les mérites de la méditation. Et les inconvénients des systèmes d’évaluation de leurs employés (ils visaient à les débarrasser des moins performants, et à stimuler les autres).
Qu’est-ce que la beauté ? Le signe que nous sommes apprivoisés. Chez l’homme comme chez l’animal, comportement et apparence sont liés. Et l’évolution de notre apparence marque la prise de pouvoir croissante des impératifs sociaux. Pourquoi les enfants n’aiment-ils pas les légumes ? Probablement parce que, jadis, ils étaient dangereux pour la santé.