Vive la dyslexie ?

La dyslexie aurait du bon. Elle serait l’atout de l’explorateur. Elle résulterait de l’évolution, qui a demandé à l’homme d’être curieux. Et, vu ce qui nous attend, il serait judicieux de la cultiver. Voilà ce que disent des chercheurs

Selon eux, la vie est un juste équilibre entre exploration et exploitation. Le bon explorateur n’est pas un bon exploitant. En particulier, il peut avoir des difficultés à lire et à écrire. 

En ces temps où l’on dénonce l’échec total de notre Education nationale, voici une voie qu’elle pourrait explorer : au lieu de chercher à faire entrer ses élèves dans ses normes, s’adapter à leurs talents, en leur apprenant à faire équipe ? 

Mais, pour mener une telle réforme, ne faudrait-il pas recruter un ministre dyslexique ? 

« les difficulté rencontrées par les personnes dyslexiques résultent d’un compromis cognitif entre l’exploration de nouvelles informations et l’exploitation des connaissances existantes, l’avantage étant un biais en faveur de l’exploration qui pourrait expliquer des capacités exceptionnelles de découverte, d’invention et de créativité. »

(Apparemment 20% de la population serait dyslexique…)

Evolution et société

Les générations se suivent et ne se ressemblent pas ? 

Un précédent billet laisse entendre que la génération 68, imitant la génération qui la précédait ?, a été oppressive. La génération actuelle, issue de celle qui a été « opprimée » par celle de 68, cherche à créer le paradis sur terre. 

Mécanisme simple : chaque génération réagit par rapport à celle qui l’a précédée. Curieusement, ce mécanisme simple donne un résultat à la fois logique et imprévisible. L’évolution telle que ne l’avait pas prévue Darwin ?

Grand bleu

Le coucou n’est pas unique. Une espèce de chenilles – papillons a adopté la même tactique. La larve de l’Azuré du serpolet (appelé « Large Blue » en anglais) est confondue par une espèce de fourmis avec une des leurs. Une fois à l’intérieur de la fourmilière, soit la larve se fait nourrir, soit elle consomme les larves des fourmis. Curieusement, bien qu’elle devienne gigantesque par rapport à la fourmi, celle-ci n’y voit que du feu. Même technique que le coucou : elle sème la confusion par ses sécrétions, et par ses cris, identiques à ceux de ses hôtes. 

Encore mieux. Une guêpe a trouvé le moyen de parasiter la larve. Elle est capable de la repérer sous terre, de creuser, de désorganiser les fourmis qui la défendent, en suscitant la zizanie entre elles, puis de lui injecter ses oeufs. Les fourmis, ensuite, vont élever des guêpes ! 

(D’après une émission de David Attenborough, complétée de la lecture de wikipedia.) 

Décidément, dans la nature, tous les coups sont permis ? L’évolution est imprévisible ? 

Drôle d'évolution ?

L’émission de David Attenborough (billets précédents) est une ode à l’évolution. Mais est-ce une ode à Darwin ? 

On y voit des créatures qui sortent de l’eau pour se mettre à marcher, qui s’envolent, ou s’enfouissent… Mais l’adaptation d’une espèce n’est évidente qu’a posteriori. Elle prend des formes totalement imprévisible. Et c’est l’étude des insectes, d’ailleurs, qui le montre bien plus que celles des animaux. 

Contrairement à ce que semblent avoir compris les lecteurs de Darwin, nous ne devons pas nous adapter à des conditions, systématiquement, de plus en plus dures. Il arrive que la vie devienne facile. Ainsi l’oiseau qui n’a plus de prédateur cesse de voler, et s’empâte… Et il se fait cueillir, comme un fruit mûr, par le premier explorateur venu. 

On attribue à Hegel un modèle de ce type, qui s’applique à l’homme. Celui du maître et de l’esclave. L’un contraint l’autre aux travaux forcés. Ce faisant l’un s’amollit, alors que l’autre apprend et se transforme. 

Darwin aurait-il été mal interprété par les « élites » ? Notre position vient de la sélection naturelle dit-elle, remise en cause interdite ? Alors que, pour Darwin, l’être réellement supérieur crée les conditions qui lui permettent de rester en course ?

La sélection du bellâtre

La femelle préfère le virtuose, chez certains singes. Et le couple donne ensuite de magnifiques duos. J’ai entendu cela dans une émission de la BBC. (David Attenborough.) 

Cela contredit apparemment un courant scientifique puissant, qui veut que la sélection naturelle choisisse l’individu le plus résistant. 

(Bien sûr, l’a priori scientifique est non « falsifiable », donc non scientifique : on peut toujours dire que la puissance du chant traduit celle de l’individu.)

Mais n’en est-il pas de même chez les hommes ? La femelle choisit souvent le bellâtre, la star de la chanson, l’intellectuel évaporé, le beau parleur… L’esthétique, par ailleurs, joue un rôle colossal dans notre existence et dans la sélection « naturelle ». Et l’esthétique est tout sauf ce que l’on appelle « rationnel ». 

Et si c’était cela la réelle marche de la dite sélection naturelle ? Un hasard qui fait émerger des formes d’organisation nouvelles ? Organisations qui tiennent ou non, par miracle ? Meilleure garantie de résilience qu’un déterminisme rationaliste, fragile comme tout ce qui est prévisible ? 

L’esthétique, sorte de hasard total dissimulé sous une apparence raisonnable, serait-il une ruse de la sélection naturelle ?…

2022 : année du bourrin ?

1% des élèves actuels parviendraient à entrer parmi les 10 meilleurs % d’il y a 30 ans, disait ce blog. Notre modèle de société est-il en train de changer ? Jadis, quelques grands hommes qui faisaient évoluer les idées et la science. Aujourd’hui, le monde est dominé par des esprits frustes, le reste de la population étant à leurs ordres. Entre-t-on dans un nouveau type de progrès ? 

Ce que l’informatique appelle « l’agilité » nous montre peut-être la voie. L’agilité est l’art du bourrin. C’est le développement de logiciel par essais et erreurs, mais sévèrement encadré, de façon à ne pas trop laisser passer d’erreurs. Et lorsqu’elles parviennent à passer et qu’elles tuent, on fait un procès, on paie les parents des victimes, et on améliore les batteries de test. 

On pourrait donc imaginer un monde « à l’américaine », qui ne chercherait plus à comprendre, comme par le passé, mais dans lequel de gros machos sur le modèle de D.Trump pleins du sentiment de leur supériorité se jetteraient à l’assaut de l’avenir. Certains parviendraient à survivre. De temps à autres leur « science sans conscience » produirait des crises environnementales. D’autres monteraient alors aux créneaux pleins de nouvelles certitudes. 

Après tout, c’est peut être comme cela que la sélection naturelle et le virus procèdent. Ce qu’Hannah Arendt a appelé « l’animal laborans » serait-il l’avenir de l’Homo sapiens ?

Lumière et changement

L’astrophysicien David Elbaz (reçu par Etienne Klein, chez France Culture) disait que l’évolution semblait avoir un sens, celui de la lumière… L’univers produit de plus en plus de lumière. En particulier, les être vivants sont, par kilo, considérablement plus émetteurs que le soleil. Car, plus un corps est « structuré », plus il est émetteur. 

Voilà qui est rassurant. Peut-être que nous ne sommes pas là par hasard, contrairement à ce que dit la théorie de Jay Gould.

Il est régulièrement question, dans les ouvrages qui portent sur le changement, et la vie, d’une sorte de travail difficile d’élaboration de la « complexité ». Un jeu de combat et d’équipe entre principes opposés. Un peu façon Yin et Yang.

L’effet de serre illustrerait peut-être une des phases typiques de cette lutte éternelle, disait David Elbaz. La « serre » empêche l’émission de lumière. Le vivant doit donc adopter une nouvelle organisation, se réinventer, pour ne pas imploser. 

Fin d'épidémie ?

Lorsque l’on a commencé à parler de la version « petit o » du coronavirus, on a entendu dire qu’elle semblait avoir des caractéristiques qui rendraient inefficaces les vaccins actuels, et qu’elle paraissait relativement bénigne. Elle ne tuerait pas. (Mais, elle a commencé en Afrique, qui a une population beaucoup plus jeune que la nôtre, et donc moins à risque, si le nouveau virus se comporte comme l’ancien.)

Intelligent virus ? Il nous propose une sorte de paix des braves ? On le laisse passer, et il ne nous tue plus ? 

Est-ce pour cette raison que les virus ont une telle part dans notre ADN ? Le virus, agent du changement génétique ? 

Pas très scientifique tout cela, mais c’est une belle histoire. En tout cas, cela a une conséquence pratique. Si c’est le cas, il n’est peut-être pas intelligent de concevoir un vaccin qui l’arrête. Car, qui sait ?, notre petit o pourrait laisser la place à une version pi bien plus méchante. Et si la nature obéissait à la loi du Talion ? 

Plancton protecteur

Le plancton aurait joué un rôle décisif dans notre histoire. Une espèce de plancton aurait une carapace. Les carapaces, en se déposant sur le fonds des océans, en grande masse, ont permis de réguler l’acidité des océans. Ce qui a élimé, en grande partie, l’influence des forces extérieures à la vie.

Il semble que plus la vie évolue, plus elle s’abrite de l’influence extérieure pour ne plus être concernée que par les relations qui lui sont propres. Peut-être que, comme le dit Héraclite, du conflit résulte l’harmonie : les conflits entre êtres vivants protègent la vie dans sa globalité ?

Plutôt Martien qu'éteint ?

Sujet du moment. La terre va nécessairement devenir inhabitable. Où aller, pour se sauver ?

Les dinosaures n’ont pas disparu. Ils se sont transformés en oiseaux.

Et si « homme » ne voulait rien dire ? Et si nous n’étions qu’une espèce comme les autres, qui évolue en fonction des modifications de son environnement ?

(Aller sur Mars ne sauverait pas l’homme, il le changerait ?)