Doit-on aider la Grèce à sortir de la zone euro ?

J’entendais hier un interviewé du Journal de France Musique dire que, si la Grèce partait de la zone euro, ce serait le chaos pour elle et pour nous. Elle deviendrait une zone de non droit, une aire de guerre civile, la plaque tournante du vice et du crime.

La question qu’on ne pose pas, curieusement, est : la Grèce peut-elle rester dans la zone euro ? Autrement dit, son problème est-il une question de dettes liée à une activité spéculative dont elle partage la responsabilité avec la finance mondiale ou de comportement, incompatible avec le bon fonctionnement de la zone euro ?

Quant à la zone euro, ne se porterait-elle pas mieux sans la Grèce ? La sortie de ce pays la forcerait à renforcer sa cohésion interne, en urgence. Elle serait aussi une forme de leçon : entrer dans la zone euro se mérite.

Finalement, pourquoi n’envisager qu’une sortie de la Grèce par le drame ? Si l’on est convaincu qu’il est mieux pour tout le monde qu’elle revienne à son ancienne monnaie, pourquoi ne pas lui donner un coup de main, pour lui éviter la crise et le chaos ?

Compléments :

Crises syriennes et grecques : actes manqués ?

L’acte manqué est un désir inconscient dit la psychanalyse. Les nations n’ont-elles pas aussi leurs actes manqués ? La crise syrienne, par exemple, ne sert-elle pas beaucoup d’intérêts ?

Et la crise grecque ? Et s’il y avait une utilité à ce que la souffrance du Grec soit interminable et démonstrative, à ce que la Grèce mette des décennies à se redresser ? Cela ne fournira-t-il pas aux peuples européens un exemple édifiant susceptible de les éloigner du vice ? Mais, aussi, le doute que cela fait planer sur la santé de l’Europe et la faiblesse de l’euro qui en est la conséquence ne servent-ils pas les intérêts des exportateurs allemands ?

Actes machiavéliques ? Ou nos démocraties n’ont bon cœur que lorsque l’intérêt d’un de leurs composants dominants est affecté ?

Référendum grec

Pourquoi le premier ministre grec demande-t’il a son peuple d’approuver le plan de sauvetage de leur pays par référendum ? Je ne lis, ou n’entends, rien de très convainquant.

Et si le billet précédent donnait un indice ? Si la société grecque a pour principe l’assistanat, il est impossible de lui faire prendre la moindre décision responsable. Le seul moyen est de la mettre face au chaos. Soit elle accepte la politique de son gouvernement, et est liée par sa décision. Soit elle la refuse et est la cause de ce qui pourrait bien être, pour elle et le reste de la planète, un cataclysme redoutable.

Technique de la « burning platform » ?

Compléments :

Stratégie allemande

L’Allemagne a-t-elle raison de vouloir guérir l’Europe par la crise ?

Un ami pense que oui. Mon expérience lui répond non. Et que l’attitude allemande est culturelle.

L’Allemand justifie la fin par le moyen. Il est programmé pour concevoir et suivre des procédures. À la manière SAP. Mais, du coup, il ne sait pas où il va, et surtout s’il s’égare. Je l’ai souvent constaté.

N’est-ce pas le cas, ici ? L’Allemagne ne va-t-elle pas se mettre à dos l’Europe, alors qu’elle pourrait en avoir besoin ? Elle vit de l’export, il lui faut donc des clients en bonne santé ; et sa propre situation n’est pas saine : elle a parié sur l’énergie renouvelable, qui passe un triste quart d’heure ; sa démographie est préoccupante ; son système éducatif ne marche plus…
Surtout, mon expérience m’a montré qu’infliger un remède de cheval pour transformer une organisation ne fonctionnait pas. Il faut jouer le « domino » : donner un coup de pouce dès qu’elle a fait un pas dans la bonne direction. Cela l’encourage et accélère le changement.
Appliqué à l’Allemagne, ceci signifierait consommer pour faciliter le redémarrage des économies voisines.
Compléments :

Grèce sous tutelle

Il semblerait que les fonds européens qui ont arrosé la Grèce aient quand même été un peu détournés, et qu’il faille maintenant remettre l’économie du pays dans un mode de fonctionnement plus rationnel.
« La structure de l’économie grecque ressemble d’ailleurs beaucoup à celle des anciens pays de l’Est : forte présence de l’État dans l’économie, forte bureaucratie. » Et si les techniques qui ont été utilisées pour aider les pays communistes à s’adapter à un nouveau régime étaient appropriées ?
C’est ce que semble penser le dirigeant, allemand, de la « task force » venue aider le pays à emprunter le droit chemin.
Compléments :

Taxe pour la fortune

Harald Hau, un économiste, remarque que le plan de secours de l’Europe à la Grèce est l’équivalent d’une subvention de 200md€ des contribuables pauvres, aux banques et aux riches qui les possèdent.

Selon lui il fallait laisser les banques périr de leurs erreurs. L’Etat y aurait alors investi. Cela aurait moins coûté, et aurait permis au contribuable d’entrer en partie dans ses fonds lors de la remise sur le marché après assainissement.

Pourquoi nos gouvernants n’ont-ils pas mieux défendu nos intérêts, ils étaient pourtant en position de force ?

Peur de faire le lit de Mme Le Pen ; pas les compétences de reprendre une banque ; le lobbying bancaire est irrésistible et fait la politique des États ; la BCE a été kidnappée par les banques.

Bientôt, une révolte des contribuables ? (Eurozone bailout: Taxpayer transfer to the wealthy?)

Dettes de Dubaï

Les prêteurs de Dubaï ont accepté une « restructuration » radicale de ses dettes. Ils estiment que le pays a l’avenir pour lui et qu’il est bon pour leurs prochaines affaires qu’il soit un ami.
Si l’Europe n’a pas utilisé de tels arguments, est-ce parce qu’elle doute de son avenir ?
Compléments :
  • L’Islande a procédé comme Doubaï, et s’en porte bien. En tout cas mieux que l’Irlande ou la Grèce. Ce qui va finir par poser un problème d’équilibre entre l’intérêt du financier et celui du citoyen ?