European Political Community

Succès de M.Macron ? Il a réuni 44 pays européens, y compris la Turquie et l’Angleterre.

Certainement une bonne idée, mais comment tout ceci va-t-il fonctionner ? « Suzanne Lynch et Cléa Caulcutt pensent que Macron a créé quelque chose de plus grand que lui qu’il ne peut plus contrôler. L’EPC « risque de s’aliéner les gens avant même d’avoir commencé. Un réseau plus grand signifie un groupe d’acteurs moins homogène. Et le danger, c’est qu’avec tant d’intérêts en jeu, Macron promette tout à tout le monde, sans faire plaisir à personne » » lisait-on dans Politico.eu hier.

Le mal français ? On s’enflamme pour une idée, mais on ne pense pas à ses aspects pratiques ?

Et si l'on jugeait la justice ?

La cours de justice européenne juge que le conseil de l’Europe, en le condamnant, n’a pas respecté les droits d’un premier ministre ukrainien, en fuite en Russie. Cela m’a rappelé un livre américain que je lisais récemment. On y parlait aussi de justice et des exploits de ses défenseurs. Et les exemples qui l’illustraient venaient tous de mafieux.

Théorème de Clint Eastwood ? Les beaux principes de notre justice ne s’appliquent qu’aux criminels ? Ils ont les moyens de plier la justice à leurs intérêts. D’ailleurs, comme le remarquait incidemment le livre précédent, il est curieux qu’une société aussi obsédée par la justice que les USA soit aussi injuste. Donc, dirait Clint Eastwood, si l’on veut la justice, il faut la faire. N’y aurait-il pas d’autres solutions ?

Secteur bancaire informel : bombe à retardement ?

Le secteur financiers’étant montré irresponsable, il est réglementé. Résultat. Il se contracte, avec des conséquences déplaisantes. Les entreprises, en particulier, son asséchées. A sa place apparaît un secteur bancaire informel. Tout un tas d’acteurs économiques ayant de l’argent à placer. Ce pourrait être une bonne chose si cela avait pour conséquence qu’une faillite n’ait pas de conséquence systémique. Malheureusement, le secteur financier (à risque systémique) n’est pas indépendant de ce nouveau monde. En outre, personne n’aime perdre son argent. Et le gouvernement est toujours prêt à secourir le nécessiteux. (Aurait-on crée un secteur financier plus dangereux que le précédent, mais totalement incontrôlé ?)

Et si l’Europe se disloquait ? Moment Tocquevillien. Le danger d’une crise s’éloigne, mais sa population continue à souffrir. Terreau pour populisme, qui paralyse l’action politique. Cercle infernal ? Ukraine. Qu’en dire ? Sauf que la menace de sanctions occidentales aurait amené M.Poutine à un peu de raison. Cela montrerait que l’opinion russe est sensible à son intérêt économique. Plus préoccupant, pour The Economist. L’Allemagne « comprendrait » les raisons de M.Poutine, et s’éloignerait de l’Ouest. OGM. Ils pourraient permettre une nouvelle révolution verte. Bien des pays en développement en ont un besoin urgent. Malheureusement, aux USA, les OGM sont menacés : il pourrait y avoir étiquetage. Et, curieusement, le consommateur américain préférerait les produits sans OGM. La France (hypocrite) s’est convertie au marché. On y trouve partout des galeries marchandes, et quasiment plus rien de ce qu’elle consomme n’est fabriqué chez elle. En Asie, la justice est du côté de l’establishment. Modèle Singapour. Dernier exemple Thaïlande.

La Grande Bretagne s’inquiète. Et si Pfizer achetait AstraZeneca ? La recherche médicale anglaise ne risque-t-elle pas d’être décapitée, et délocalisée ? La domination du monde des affaires internationales par leur droit, fait gagner à l’Angleterre et aux USA une fortune. Mais de plus en plus les entreprises passent par des processus locaux de médiation. Alibaba entre en bourse, aux USA. Après une vie sans nuages, il doit s’adapter au mobile et à la concurrence. Mais l’évolution de l’économie chinoise lui est favorable. Quant à Huawei, c’est un mystère. Les sautes de la demande en énergie créent un nouveau métier. Intermédiaire entre ceux qui en ont trop, et ceux qui en manquent. (Moyen de réduire le besoin de nouvelles centrales ?) Eurotunnelse relève d’années noires. Il est encore à moitié-capacité. Mais ses voies devraient être ouvertes à la concurrence. Ce qui devrait stimuler le trafic.

On aurait trouvé un traitement qui améliore l’intelligence… L’Occidental serait individualiste parce qu’il a cultivé le blé, alors que l’Oriental a cultivé le riz, qui exige l’entraide. Les universités d’élite ne font pas la recherche d’élite. Plus l’homme a de la chance, plus il tend à être prudent et à gagner. Plus il perd, plus il prend de risques, et perd… 

Péril vieux ?

« le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans devrait doubler d’ici 25 ans ». Conséquences du vieillissement mondial ? « un ensemble de forces réduisant l’investissement et augmentant l’épargne, sans action politique les contrebalançant, fait que l’impact du vieillissement (conduit à un monde) de croissance faible (…), un trop plein d’épargne et de très bas taux d’intérêt. Ce sera un monde dans lequel le vieillissement renforce les changements de répartition de revenus que les nouvelles technologies ont provoqués : les vieux qualifiés gagnent beaucoup, les peu qualifiés de tous âges vivent difficilement. Les non qualifiés et les sans emplois s’en tirent particulièrement mal, ne parvenant jamais à acquérir les compétences qui leur permettraient de devenir de vieux travailleurs productifs ».

Mme Merkelcrée un salaire minimum, réduit l’âge de la retraite, encadre les loyers. The Economist regrette M.Schröder. Et M.Blair. Certes, il n’avait pas fait que du bien. Et, il a gagné 60m£ en collaborant avec des régimes peu reluisants ou à qui il avait accordé des faveurs lorsqu’il gouvernait. Mais, en ce temps, la politique anglaise avait une autre mine. A l’Est de l’Europe, les communautés russophones sont autant de pions dans le jeu de M.Poutine. Mais les populations locales voient avant tout leur intérêt matériel. Italie. La Ndrangheta aurait-elle une direction invisible ? Corruption à Bruxelles ? « Les normes éthiques concernant le lobbying sont souvent moins rigoureuses à Bruxelles qu’à Washington. » Les factions palestiniennes pourraient s’unir. Pour une fois elles y ont un réel intérêt. Et The Economist croit à leur succès. Au Yemen, « à chaque fois qu’un drone tue des civils Al Qaeda devient plus fort (…) mais la dernière vague d’attaques laisse penser que cette politique va continuer de plus belle. »

USA. Il devient trop coûteux d’exécuter les condamnés à mort. Les beaux jours de la peine capitale seraient finis. Et on redécouvre James Madison. « La solution de Madison était une république vaste et diverse, dans laquelle les partis et les intérêts se contrebalancent, réduisant le risque qu’une minorité s’unisse pour se liguer contre les autres. »

En Thaïlande, « on est au-delà de la logique et de la raison, c’est devenu une question de foi ». Le pays sombre dans le chaos ? A moins que la famille gouvernante actuelle ne laisse la place à quelqu’un d’autre de son camp. Grève massive en Chine. L’ouvrier sachant son avenir menacé par des pays à bas coûts veut une retraite. Quant aux très riches et aux cadres supérieurs ils sont tentés de passer à l’Ouest. Ils gagnent beaucoup d’argent, ont un travail passionnant, mais leurs conditions de vie sont détestables. La monnaie chinoise peut-elle devenir monnaie de réserve ? Non, car il est dans l’intérêt du pays de contrôler son cours.

L’économie du partage croît et affronte la justice. Comme d’habitude avec Internet, elle attaque à la marge les entreprises en place. C’est suffisant pour menacer leur survie. Mais aussi, elle court-circuite les taxes, les assurances et autres règles que s’est donnée la société.

La dernière mode chez les laboratoires pharmaceutiques est de s’échanger des unités. Pour pouvoir se spécialiser. M.Gentskow est un économiste spécialiste des médias. Il a découvert, en particulier, que « le web (…) siphonne des revenus de là où l’attention du lecteur est durable, et les fait croître, là où elle ne l’est pas » et « si plus de journaux avaient fait payer leur contenu en ligne (…) les ventes de papier et leurs revenus seraient plus élevés. »

La réglementation MiFID1 avait pour but d’accroître la concurrence sur les marchés financiers européens. Elle a eu des conséquences imprévues : perte de contrôle d’une partie des échanges. MiFID2 veut les empêcher. « Les conséquences risquent d’être aussi radicales et imprévisibles que celles de son prédécesseur. » Quant aux entreprises américaines : « Une vague d’acquisitions est un signal classique de la fin d’un cycle haussier, un signe que l’ingénierie financière a pris la place d’une croissance des affaires saine. » 

L’avenir de la centrale nucléaire serait en mer. On y trouve toute l’eau dont elle a besoin. (Et il n’y a pas de voisins ?)

Nouvelles du monde : toujours aussi sombres…

L’Europe est obsédée par la dette de ses Etats alors que c’est la dette de ses entreprises et de ses citoyens qui est dangereuse, dit The Economist. Pendant ce temps, l’entreprise américaine joue avec les lois (et avec le feu ?). Entreprise (américaine), comment ne pas payer d’impôts ? Un montage qui permet de distribuer ce que l’on gagne est de plus en plus utilisé. C’est une association qui ressemble à un fonds d’investissement. (Ou à une expédition pirate ?) Du coup, l’entreprise est totalement dépendante du marché. (Comment peut-elle procéder à des investissements à long terme dans ces conditions ?) L’édifice dépendrait d’une interprétation habile de la loi, du bon vouloir du législateur, et de réseaux relationnels. Et la finance, c’est un casino. Une de ses activités est le « spread betting » : parier sur les mouvements des actions, entre autres.
Le Canada et l’UE ont conclu un partenariat de libre échangequi devrait établir un précédent. Il libéralise ferme, notamment les services. Faut-il s’étonner, lorsqu’un événement aussi important pour nos vies est passé sous silence, que l’on puisse craindre la prise de l’UE par les extrémistes ? En tout cas, pour la combattre, The Economist encourage les gouvernements nationaux à défendre l’UE et à affronter les eurosceptiques. L’alternative, une UE politisée, serait contre-productive.
En Allemagne, grande coalition. 80% des voix à l’assemblée. De quoi changer la constitution. L’opposition, elle, ne pourra plus se faire entendre. En France, le chemin de croix de M.Hollande est sans fin. L’affaire Léonarda montrerait « les limites du compromis ». (Tournant ?) En Angleterre, le gouvernement veut décourager l’immigration en lui rendant la vie impossible. Aux USA, un développement informatique pourrait réussir là où les Républicains ont échoué. Abattre Obamacare. Car il dépend d’un site web, qui ne parvient pas à fonctionner. (Grand classique !) En revanche, lors des prochaines négociations concernant la dette de l’Etat, une partie des Républicains est prête au compromis. Puerta Rico pourrait faire faillite.
Nouvelles encourageantes ? La BCE teste la solidité des banques européennes. Jeu dangereux. Mais « le plan de la BCE va vraisemblablement renforcer la confiance dans les banques de la périphérie ». Les fonds de pension devraient investir dans les infrastructures de transport. Ce que ne peuvent plus faire les gouvernements. Mais trop risqué. Alors, créons une banque d’investissement nationale dont les fonds achèteraient les obligations.
M.Singh, premier ministre indien, est sur le départ. Ne pouvant agir à l’intérieur il semble s’être rabattu sur la politique extérieure. Partenariats locaux visant à contrebalancer les menées chinoises. Son successeur pourrait ne plus, même, avoir cette latitude… Confirmation, Vietnam = Chine, sans son élite éclairée. Quant au Laos, désertification, pauvreté, « kleptocratie », 30% des terres vendues aux étrangers… Et « un tiers du pays toujours contaminé par des munitions américaines qui n’ont pas explosé ». (Ce qui ne le prédispose pas à écouter les voix de la démocratie ?) Aidé notamment par Zodiac, le Mexique veut acquérir des compétences de sous-traitance aéronautique. Les éditions universitaires sont en déficit. Victimes de l’augmentation des prix des journaux scientifiques, qui diminue les ressources des bibliothèques. Pour vendre en Afrique, il faut être du coin. Au Bengladesh, les conditions de travail dans l’industrie textile sont toujours aussi mauvaises. Mais, baisse des prix et manque d’investissement font qu’on ne peut pas les améliorer.
Élever un enfant ? Mission impossible aux USA. Le gamin y est intraitable. Mais on vient de découvrir une contre-mesure. Il est totalement dépendant des jeux électroniques. Il suffit donc de leur faire dire ce qui est bon pour la santé. Pierre Omydiar d’eBay utilise son argent pour construire notre monde selon son goût. Biographie de M.Bush. Son mauvais génie fut M.Cheney. Mais, il est parvenu à s’en débarrasser en fin de mandat. (Je note que ce que j’avais cru comprendre à l’époque est assez près de cette analyse.)

La zone euro contre l’euro ?

Un article sur le cours de l’euro dit, citant Patrick Artus

D’abord, « la zone euro n’a pas de déficit extérieur, ce qui veut dire qu’elle n’a pas à emprunter l’épargne du reste du monde », avance-t-il. Dès lors, un arrêt des investissements en euro des investisseurs non résidents n’entraînerait aucun problème de financement, explique-t-il.
Ensuite, la crise de la zone euro, s’est surtout traduite par « un basculement des portefeuilles des investisseurs des pays « risqués » de la zone euro vers les pays « sûrs », sans effet global sur la demande de titres en euros », affirme-t-il (Devises et crise de la zone euro : Pourquoi l’euro ne baisse-t-il pas davantage ?)

Alors, si je comprends bien, ce sont les pays de la zone euro (leurs banques ?) qui déplacent leurs euros d’un pays à l’autre, en mettant quelques-uns d’entre eux en situation intenable… Comme le dit le billet précédent : les pères de la zone ont commis quelques très grosses erreurs de conception ?

Europe : relance par la demande ou par l’offre ?

Grande question du moment. Tout le monde est plus ou moins d’accord que la rigueur entraine l’Europe par le fond (sauf Mme Merkel ?). Mais comment opérer une relance ?

Certains disent qu’il faut liquider ce qui bloque encore l’efficacité de l’économie, à commencer par la protection de l’emploi. D’autres pensent qu’il faut être keynésien : l’État doit investir.

En Angleterre, qui va très mal, les deux thèses s’affrontent. The Economist fait observerqu’elle est le pays, après l’Amérique, le plus déréglementé. Au moins à court terme, il va falloir tenter autre chose… 

Le Crédit Agricole peut-il être coulé par Emporiki ?

Quel risque fait courir une faillite de la Grèce au Crédit Agricole, qui y possède une filiale ? Pas facile de le dire. On parle de 7md€. (Mais il y a déjà eu des provisions, sont-elles incluses dans ces 7md ?) Ce niveau de pertes, qui devient ordinaire chez les traders, ne devrait pas menacer sa survie (par ailleurs le CA appartient à 55% à ses caisses régionales, si j’ai bien compris).

Si rien de pire ne peut lui arriver, il me semble qu’il serait utile que, pour une fois, une banque apprenne de ses erreurs, et qu’elle ne les attribue pas à quelque vice personnel. Mais, au fait, que s’est-il passé ?
Crise de folie collective ? Il semble que, dans les années 2000, le consensus bancaire, au moins en Europe, était que l’on devait s’internationaliser en marche forcée. Dans ces conditions, lorsque l’on ne dispose de pas beaucoup plus que de l’expérience du prêt à l’agriculteur français, on s’expose probablement à quelques déconvenues. L’achat d’Emporiki, 2 md !, aurait été le résultat imprévu d’un brillant mouvement stratégique, exemple parfait d’arroseur arrosé. À cela s’est ajouté le choix, pour diriger la banque, d’une sorte d’oligarque local qui n’avait jamais été banquier !
Cependant, en dépit de ce début difficile, le Crédit Agricole serait revenu de ses erreurs et serait parvenu à faire d’Emporiki une banque digne de ce nom. C’est alors que survient la crise grecque. La vertu n’est jamais récompensée ?
Compléments :

Le divorce est bon pour l’économie ?

Des chercheurs se demandent pourquoi l’Américain travaille plus que l’Européen. Leur explication :

  • Une grosse partie de l’écart viendrait du travail féminin. Le mariage serait une assurance pour la femme. L’Américaine ayant un plus fort taux de divorce que l’Européenne, elle a besoin, plus que cette dernière, d’être capable de trouver des revenus.
  • Par contre, l’homme tendant à avoir un plus gros salaire est plus touché que la femme par les prélèvements de l’État (progressifs généralement), et à travailler en fonction de ceux-ci – donc un peu moins en Europe qu’en Amérique.