Ethique économique

Recension d’un livre présentant les théories concernant l’éthique en économie. (Un oxymore ?)

Il y en aurait quatre : l’utilitarisme, le marxisme, le libertarisme, la théorie de John Rawls.

Le première porte sur la fin : une société heureuse. Les autres sur le moyen : éliminer l’exploitation de l’homme par l’homme, liberté absolue (anarchisme), accès aux « biens essentiels ».

Si l’on en était resté là, tout aurait été bien, me dis-je. Seulement leurs auteurs ont eu la tentation d’imposer aux hommes la seule façon de bien faire.

En fait, il y a une cinquième théorie. Celle des anthropologues, et de la constitution d’Aristote. Les sociétés humaines conçoivent des « cultures », qui sont des faisceaux de règles implicites qui guident les comportements collectifs et individuels de leurs membres de façon à ce qu’ils puissent atteindre leurs objectifs de manière satisfaisante. C’est un ajustement sans grande théorie.

La mission d’un homme politique

la fin du politique est le bien suprême () la politique met le plus grand soin à faire que les citoyens possèdent certaines qualités, qu’ils soient bons et en mesure d’exécuter ce qui est beau.

Aristote, Ethique à Nicomaque

Lorsque j’ai lu cette remarque, j’ai pensé : manipulation ! Aristote, inventeur du « nudge », et de la leçon de morale ?

Mais nos hommes politiques ne devraient-ils pas s’interroger, aussi ? Ne font-ils pas de l’anti-Aristote ? Ne créent-ils pas, bien souvent, des lois qui poussent au crime ? Ne sont-ils pas victimes de dangereuses utopies ?

Quel est le rôle du politique alors ? Et si c’était le « changement planifié » de Kurt Lewin ? A savoir, faire émerger le désir général, et organiser sa réalisation ?

Ethique et IA

On fait avec l’IA comme on a fait avec l’énergie atomique. Les savants qui l’ont mise au point comprennent qu’elle est dangereuse quand elle est devenue une bombe. Voilà ce que j’ai entendu des informations de la BBC. Un des pères de l’IA se disait « perdu ».

On entendait aussi qu’il serait utile de donner des cours d’éthique aux chercheurs.

Je me suis demandé si cela ne serait pas utile à tout le monde…

PS. Ce que l’on trouve sur le site de la BBC :

Hippocrate

Un pays va plus mal que la France : l’Angleterre. Dernier événement en date :

Les « junior doctors » sont en grève pour 4 jours. Ils demandent une hausse de salaire de 35 %. Et, pour cela, ils sont prêts à mettre en danger la vie de la population.

Depuis que j’entends parler de cette affaire, je pense à Hippocrate. Lorsque l’on est médecin, a-t-on le droit de faire passer son intérêt avant celui de la population ?

Jadis, l’Angleterre avait une tradition. Celle de la manifestation pacifique.

Eloge de la différence

J’aide beaucoup de monde. C’est un trait quasi génétique. Un phénomène qui me surprend toujours est le « réflexe totalitaire ».

Quelqu’un qui souffre tend, paradoxalement, à vouloir renverser l’ordre des choses, en s’affirmant comme le meilleur. Par exemple quelqu’un qui est désorganisé va dire que la désorganisation est mieux que l’organisation, ou quelqu’un qui souffre de la hiérarchie des diplômes en France va affirmer que le sien est meilleur que celui de polytechnique.

Aristote s’est penché sur cette question. Il explique que l’envers d’un vice est un autre vice. La bonne réaction au vice, c’est le « juste milieu » entre lui et son opposé. Juste milieu à chercher au coup par coup.

Ici, je crois que le juste milieu, c’est la différence. Le monde est comme un écosystème naturel, il s’enrichit de la diversité. En revanche, il crève du totalitarisme ?

Profiteurs de guerre ?

La pandémie en cours pose à nouveau la question des « profiteurs de guerre ». Alors que les soignants, les policiers, les caissiers de supermarchés, les routiers et bien d’autres, risquent leur vie, certains vont-ils profiter de la situation ?

On me parlait de RSE et de concepts compliqués. Mais n’est-ce pas une simple question de conviction ?

Je me souviens des étudiants qui cherchaient à comprendre ce qu’ils devaient me dire pour avoir une bonne note. Et je me demande si, au motif d’enseigner le bien, on ne nous fait pas subir un lavage de cerveau qui masque l’essentiel.

Que dit la science ?

Le Monde s’interroge :

PMA : un enfant a-t-il vraiment besoin d’avoir « un papa et une maman » ?
La révision de la loi bioéthique pourrait ouvrir l’accès à la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Les opposants clament qu’un enfant a besoin d’un père et d’une mère pour son bien-être. Qu’est-ce qu’en dit la recherche scientifique ?

Il y a quelques années, Monsanto déclarait qu’il avait la science pour lui. Que l’innocuité des OGM était prouvée. Beaucoup de gens n’ont pas été convaincu. Le grand mouvement pour le développement durable n’est-il pas la remise en cause de tout ce que la science a encouragé l’homme a faire ?

Pour bien aborder la question de la PMA, relisons « Le savant et le politique » de Max Weber ?

Bioéthique

Hier matin j’entendais parler de Bioéthique. Une invitée de France Culture affirmait que nous avions une loi beaucoup trop contraignante. Elle bloquait l’innovation. Elle n’était pas en phase avec l’évolution de la société. Nous étions les seuls dans ce cas. La loi avait été écrite par des vieux, qui n’étaient pas représentatifs. Mais elle n’avait rien contre les vieux, puisqu’elle était elle-même grand mère.

Je ne connais rien à la fameuse loi. Mais cette grand mère est bien de son temps. Elle illustre les travers du débat contemporain. En effet, en quoi est-ce un argument recevable, que de dire que nous avons tort, parce que nous ne pensons pas comme les autres ? ( Et quels autres ?) En quoi une loi bioéthique forte est-elle contradictoire avec l’opinion de la société ? N’entend-on pas que les sondages constatent que cette société croit à la théorie du complot, donc n’a pas confiance en ceux qui décident de son sort ? Cette société a-t-elle envie de relâcher le contrôle sur la manipulation du vivant ?

Avant de parler de bioéthique, parlons éthique ? C’est ce type d’argumentation fautive qui fait le lit de M.Trump ? ( Un autre grand père.)

Ethique et gouvernement

Il y a quelques temps, un journaliste de France Culture citait Max Weber et son analyse de l’éthique (Le savant et le politique). Il m’a semblé qu’il voulait justifier le fait que le gouvernement soit passé de l’éthique de la conviction à l’éthique de la responsabilité, à la suite des attentats du 13 novembre.
L’éthique de la conviction, c’est être piloté par des principes, auxquels on sacrifie tout, et surtout les autres. l’éthique de la responsabilité, justifie le moyen par la fin. Pour ma part, contrairement au journaliste, mais probablement en accord avec Weber, il me semble qu’il faut les deux. Si l’on n’a pas de conviction on n’est rien. La responsabilité, c’est atteindre ses objectifs grâce à ses convictions. Car ces convictions sont aussi une aide à la décision, un moyen de traiter une question. « La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres » dit Churchill, par exemple.
Comment arrive-t-on à avoir des convictions ? Peut-être, comme Churchill, en bataillant avec les éléments, pour savoir ce qui tient et ne tient pas. Ou peut-être ce à quoi on tient suffisamment pour pouvoir tout lui sacrifier ?