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Co production du service public
L’Institut de l’Entreprise publie une « note » sur la co production du service public (un travail d’Elisabeth Lulin), « un partage des rôles entre l’usager et l’administration dans la production de service public« . (NB le service militaire, et la collecte de la TVA par l’entreprise me semblent en être des exemples.) Cette note montre que les réseaux sociaux se prêtent particulièrement bien à une telle réinvention d’un service public « à bout de souffle« .
Ce travail a l’intérêt énorme de soulever une question fondamentale. Le service public ne devrait-il pas être « réinventé » en demandant au citoyen d’y collaborer ? Accessoirement, cela ne serait-il pas un moyen de recréer une forme de lien social qui a disparu ces derniers temps ? De produire un peu d’une chaleur humaine dont nous avons tant besoin ? De nous sortir de notre égoïsme ?… Mais cette question en pose d’autres, qui mériteraient une autre étude :
- La « co production » du service public c’est la Big Society de M.Cameron. Cela me semble avoir fait un flop. Pourquoi ?
- En France, il y a une classe de protégés (héritiers, fonctionnaires…) et une classe flexible qui prend tous les chocs (chômage, impôts, panne de l’ascenseur social…). Cette dernière va comprendre ce projet comme une injustice supplémentaire. L’équivalent des workhouses anglaises dans lesquelles on faisait travailler les pauvres (assimilés à des criminels). Comment répondre à cette crainte ?
- Le livre dit que, de plus en plus, l’Etat nous demande un effort. Comme s’il s’agissait d’une tendance acceptée par le citoyen. Ce qui n’est pas le cas. Je crois qu’il estime, comme Stéphane Hessel, que la France n’a jamais été aussi riche. En conséquence de quoi elle devrait pouvoir se payer aujourd’hui ce dont elle avait les moyens hier.
- Un argument qui mériterait d’être creusé est que, justement, nous demandons aujourd’hui à l’Etat ce qu’il ne nous donnait pas hier. Or, ce faire est non seulement coûteux, mais surtout inefficace. Illustration : la santé dépendrait, selon une étude, à 15% des soins, et à 85% des conditions de vie. Ce qui laisse penser qu’une société un peu plus solidaire améliorerait notre santé tout en réduisant nettement nos dépenses médicales. D’autres sujets évoqués par cette note sont l’accompagnement des personnes âgées et le décrochage scolaire.
Bref, et s’il fallait recentrer l’Etat sur ses « compétences clés » ? Et s’il fallait faire un « reengineering » du fonctionnement de la société ?
Un anthropologue et la fonction publique
L’Etat a-t-il mis l’entreprise sous morphine ?
Alors, le problème est-il l’Etat, comme nous le croyons, ou l’entreprise ? La modélisation à laquelle j’en arrive est la suivante. Notre économie a raté le changement de la globalisation. Elle est structurellement en piqué parce que nos entreprises sont incapables de développer leur avantage compétitif. Les grandes parce qu’elles ne savent plus que réduire leurs coûts, les petites parce qu’elles ne sont pas de vraies entreprises, autonomes et volontaristes, mais des sous-traitants. La perte de notre souveraineté monétaire a probablement amplifié le phénomène. Et l’Etat les a coupées de la nécessité d’une réforme en créant une croissance artificielle. Et il continue à les bercer d’illusions en leur faisant croire qu’il est la raison de leurs maux. Le réveil va-t-il être douloureux ? Ou notre économie va-t-elle crever dans son sommeil ?
Crise et culpabilité de l’Etat
Claude Guéant, ou faut-il réformer l'Etat ou le Français ?
La justice enquête sur Claude Guéant. L’affaire amènerait à se demander, si je comprends bien, si, plus ou moins légalement, les (hauts ?) fonctionnaires peuvent ou ont pu se payer en liquide sur les fonds, secrets, des services secrets.
La déclaration de M. Guéant pourrait donc laisser entendre que, durant cinq ans après le vote de la loi sur les fonds spéciaux, des ministères continuaient de puiser dans ceux destinés au renseignement intérieur pour y prélever, en toute impunité, des primes.
J’avais entendu dire que les fonctionnaires se payaient en notes de frais fictives. Mais, je ne pensais pas que la pratique avait toujours cours.
Dans la feuilleton Etat bananier, on m’a raconté qu’il y avait un bon moyen de s’enrichir facilement. Le crédit d’impôt en premier. Vous créez une société, vous vous versez de gros salaires, vous les déclarez comme recherche et développement. L’Etat vous paie. Bien sûr, vous fermez l’entreprise avant les premiers contrôles. Pour compléter vos ressources vous pouvez créer des sous-traitants auxquels vous passez de grosses commandes. Vous vous faites rembourser la TVA. Encore une fois, il suffit de tout fermer à temps.
Faut-il réformer l’Etat, ou le Français ?
Fête du travail : faut-il plus d’Etat pour moins de chômage ?
Le rond point est la honte de la France. C’est ce que j’ai découvert en écoutant les critiques que l’on porte à l’Etat. Le rond-point est la preuve de la gabegie publique. On ferait mieux de nous donner l’argent des ronds points.
Les principaux opérateurs des marchés des matières premières ont empoché 250md$ en une décennie, faisant des individus et des familles qui contrôlent ce secteur, essentiellement composé d’entreprises familiales, de grands bénéficiaires du développement de la Chine et des autres pays émergents. (Financial Times.)
Et si l’Etat était le problème de la France ?
Gabegie ! On a voulu réformer la feuille de paie des militaires : 10€ par bulletin, 1500 employés, c’était du fait-main ! Alors on a informatisé. Et c’est le désastre. Un exemple ? On a versé 100m€ de trop, sur une seule année ! Plus on réforme l’Etat, plus il nous coûte cher !
L’administration des impôts et le changement en France
Semaine dernière. Impôts annuels du Cabinet Faurie. A payer avant lundi. Mon comptable découvre que je dois faire l’opération par Internet. Je règle déjà ma TVA comme cela, mais les impôts, c’est spécial, il faut que je fasse une nouvelle demande. Je dépose cette demande, mercredi, directement à la perception. On m’a dit qu’elle serait prise en compte dans les 48h. Samedi, la ligne de déclaration de l’IS apparaît dans mon « espace abonné ». Mais elle ne fonctionne pas. Il faut faire un virement direct. Un versement par Internet devrait convenir. Mais mon mot de passe ne va plus. J’en demande un nouveau à mon agence bancaire, qui, heureusement, est ouverte. Mais voilà que le système ne veut pas du RIB des impôts. Apparemment, il y a eu un changement de norme. Nouveau passage à l’agence. Elle a un moyen pour saisir le dit RIB, sans passer par les nouvelles conventions. Sur quoi je vais déposer à la perception la copie de ma déclaration, que m’a envoyée mon comptable, avec un mot d’explication.
Critiquer l’Etat : art national français
– à propos du déficit, un commentateur faisait la remarque que nous avons un problème de riches : on parvient à n’avoir que 3 ou 4% de déficit (rapporté au PIB) alors que les dépenses publiques représentent 54% du même PIB (6 points au-dessus de la moyenne de la zone euro). On en a sous le pied !…
– Bon constat. Alors il faut viser 48% du PIB.

